Reiki Tao Tö Qi

L’état intérieur et l’intention d’aider du praticien sont deux des grandes spécificités du reiki tao tö qi

Liane Feder

maître reiki tao tö qi

La maîtrise de la pensée

Plus encore que l’acquisition de la technique et du savoir-faire, il est demandé au praticien qui fait un traitement de reiki tao tö qi de veiller à la qualité de ses pensées : plus il est capable de faire le vide à l’intérieur, plus fluide et puissante sera à travers lui la circulation énergétique. L’utilisation de la pensée dans les traitements n’est absolument pas secondaire : si on se laisse penser n’importe quoi pendant le traitement, l’énergie circule quand même, mais ce traitement sera de piètre qualité. Les bons praticiens maîtrisent le mouvement de leur pensée : ils savent que plus la pensée est maîtrisée, plus l’énergie afflue facilement…

L’intention d’aider

Pour traiter correctement son client, l’intention du praticien importe plus que le savoir-faire : j’ai l’intention d’aider et pour aider, je me mets au service d’une force plus grande que moi. Le mieux est même que le praticien ne croie pas savoir comment aider son client, qu’il ne se fasse pas une idée de ce qui serait bien pour cette personne : qu’il se mette en retrait et laisse tout cela au mouvement de la force à laquelle il se relie et qui circule à travers lui… La véritable intention d’aider n’impose pas ses solutions à l’autre : elle lui laisse de l’espace. En guise de préparation, le praticien peut se rappeler intérieurement, par exemple : mon intention est d’aider cette personne, je deviens le meilleur instrument possible, au niveau où je suis, et tout le reste dépend de la force du reiki, une force tellement plus grande que moi, qui sait mieux que moi et que je laisse circuler et agir à travers moi.

Le praticien de reiki tao tö qi cultive cet état d’esprit en ne se laissant aller ni à ses mouvements de sympathie, ni à ses mouvements d’antipathie face aux clients qui lui arrivent, pour acquérir une neutralité ouverte et bienveillante avec tous : ayant posé comme intention de servir au meilleur niveau possible et de s’en remettre à la force du reiki, il finit par aimer même les personnes pour qui il a a priori une aversion, et c’est juste ainsi, parce qu’en général, les aversions viennent de problèmes non résolus en soi qu’on projette sur les autres…

L’intention est tellement importante dans la pratique du reiki tao tö qi que si le praticien ne la pose pas pour chaque client, les symboles qu’il active en début de séance n’ont aucun effet ! Etant celui par l’intermédiaire duquel l’aide et la force vont venir, il doit renouveler son intention au début de chaque séance. Ensuite, il s’agit pour lui de faire le vide et de laisser faire. Plus il arrive à être en contact avec ce vide intérieur, qui en fait est une plénitude ressentie comme de la tranquillité, du calme et de la joie, plus le traitement est efficace.

La suite dans la revue n°36

Publié dans la rubrique SANTE, SPIRITUALITE, TRADITION du numéro
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Chanter les stances

Chanter consciemment des paroles sacrées,c’est poser une intention forte pour soi et pour les autres. Impossible qu’elle ne se réalise pas…

Ennea Tess Griffith

chanteuse-interprète et directrice de formation

Dans toutes les traditions spirituelles et religieuses, la répétition et le chant de paroles sacrées sont une activité des plus importantes. Nous le faisons encore le dimanche dans nos églises, mais certains hommes et certaines femmes s’y consacrent pleinement dans le secret de leurs temples, de leurs ermitages ou de leurs monastères. Nous, qui vivons dans le monde, participons de ce travail, dont nous verrons bientôt l’effet immense, chaque fois que nous nous réunissons pour chanter les stances.

Les stances, qu’est-ce que c’est ?

On nomme stance en poésie ce qu’on nommerait strophe dans une chanson, c’est-à-dire un nombre défini de vers ayant un sens complet en eux-mêmes.

Selim Aïssel a retranscrit pour l’homme et la femme d’aujourd’hui des stances d’origine très ancienne et les a rassemblées dans un recueil intitulé Le Chant de l’Eternité : il s’agit de 99 stances - comme les 99 attributs de Dieu ? -, dont chacune décrit sous forme poétique l’une des plus grandes qualités humaines : amour, courage, loyauté, générosité, joie, espérance, pardon, compassion, hospitalité… Selim Aïssel nous dit que nous ne pouvons même pas soupçonner le potentiel d’action des stances, tant il est immense en termes de guérison : la guérison du corps physique et la guérison de l’état psychologique, la guérison de l’âme et la guérison de l’esprit, la guérison de l’individu et la guérison de l’humanité.

Les stances ont une action à la fois à un niveau tout à fait matériel et physique, et à un niveau beaucoup plus subtil, qui est celui de l’âme et de l’esprit.

La suite dans la revue n°36

Publié dans la rubrique ART, CULTURE, SPIRITUALITE, TRADITION du numéro
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Le chemin sextuple

Jocelyne Herz

auteur

Les enseignements traditionnels s’accordent à dire qu’une manière réellement efficace de changer le monde est de commencer en changeant cette petite partie du monde que nous sommes individuellement… et qu’une manière réellement efficace de nous changer individuellement est de forger sa volonté. Comment ? Par la discipline, qui consiste à pratiquer divers exercices, comme le proposent toutes les spiritualités, des dix commandements aux vertus christiques ou aux enseignements bouddhistes…

La pratique des qualités morales du chemin sextuple est une pratique bouddhiste qui a imprégné les “écoles de sagesse” traditionnelles, puis la théosophie et l’anthroposophie. Ce chemin montre de quelle manière on devient présent au monde extérieur et aux autres par le développement intérieur de certaines qualités.

Nécessité du rythme

Pour mener à bien les exercices qui suivent, il est absolument nécessaire d’adopter un rythme, que chacun peut choisir à sa convenance. Il ne s’agit pas de chercher à développer les six qualités simultanément ; il est même souhaitable de pratiquer seulement le premier exercice, cinq minutes par jour, pendant un mois. A l’issue de cette période, l’on rajoutera le deuxième exercice, que l’on pratiquera avec la même régularité. Au bout de six mois, l’on peut être en mesure de pratiquer les six exercices quotidiennement, ou bien de pratiquer de façon rythmique la succession des exercices. Il n’est pas nécessaire de pratiquer chaque exercice strictement pendant un mois, on peut le faire pendant cinq, dix, quinze ou vingt jours : l’important est leur succession juste dans l’ordre indiqué.

La suite dans la revue n°36

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Changer vos pensées

C’est la condition première du changement

Patrick J. Petri

penseur et peintre

Nous sommes ce que nous pensons

Par rapport à tous les autres êtres vivant sur Terre, les êtres humains ont une faculté en plus, qui est à la fois la source de leur emprisonnement et source de leur délivrance : la pensée.

Les gens aiment bien les citations, mais à votre avis, qui a dit : “Nous sommes ce que nous pensons” ? Un personnage célèbre… Celui qui a énoncé “le noble chemin octuple”, celui qu’on appelle Bouddha, en réalité Siddhârta Gautama, le fondateur du bouddhisme (”bouddha” est un mot sanscrit signifiant en réalité “éveillé”).

Nous sommes ce que nous pensons : ceci signifie que vous ne pouvez ni être différent, ni devenir différent de ce que vous pensez. Essayez un instant de saisir ce que cela veut dire pour vous : ce que vous êtes aujourd’hui, c’est ce que vous pensez. Tout ce qui nous arrive, nous arrive par ce que nous pensons, à travers ce que nous pensons.

Nous sommes ce que nous pensons. Qu’est-ce que cela évoque en vous ?

Auditrice : Que ma vie n’est faite que de mes conditionnements mentaux. Ce sont eux qui me font voir la vie comme je la vois…

C’est-à-dire de tout ce qu’on a mis dans votre pensée depuis que vous êtes sur terre ? Oui… Vous nous parlez du passé. Mais qu’est-ce que cela peut évoquer encore ? Tout ce qui nous arrive nous arrive à travers ce que nous pensons, à travers notre façon de penser, à travers nos pensées…

Un immense message d’espoir

Auditeur : Cela signifie que si je veux changer, il faut que je pense différemment ?

Mais oui ! Le noble sentier octuple donné par Bouddha est un sentier qui mène à la libération, donc ce qu’il disait faisait évidemment référence au passé, mais était surtout un immense message d’espoir pour tous ceux qui souffraient, puisque son but était de délivrer l’être humain de la souffrance. En effet, si je suis ce que je pense, cela signifie que je peux, aujourd’hui, changer mes pensées, changer ma façon de penser. Voilà ce que cela signifie. Voilà le message. Changer est possible aujourd’hui, certainement pas toute votre vie immédiatement, puisque ce que vous avez semé dans le passé, vous le récolterez encore un peu aujourd’hui et un peu demain… Si votre vie est belle, ne changez rien, mais si vous avez des souffrances ou des difficultés, vous savez que vous pouvez changer cela parce que ce que vous pensez fait ce que vous êtes et ce que vous vivez. Ce que vous pensez entraîne un certain type de sentiments et d’émotions et, par conséquent, un certain type d’actions et de situations.

La suite dans la revue n°36

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Le grand secret de l’intention

Idris Lahore

psycho-anthropologue

Le champ de nos pensées

Il y a quelques jours, j’ai demandé à un ami psychiatre de vérifier quelques éléments concernant la puissance électrique du cerveau et du cœur. Comme toute activité, l’activité du cerveau et l’activité du cœur produisent des champs électriques et des champs magnétiques. Pour tous ceux qui, comme moi, n’y comprennent pas grand-chose, ceci signifie à peu près ceci : s’il se passe quelque chose dans mon cœur ou dans mon cerveau, c’est comme si des ondes partaient de là, avec une certaine puissance et jusqu’à une certaine distance. Si je pense (ressens) quelque chose, mes pensées (mes émotions) produisent un champ électromagnétique mesurable par les appareils de la science moderne. Ce champ s’étend à mes voisins : ils sont dans le champ de mon activité cérébrale et de mon activité cardiaque. Les personnes qui m’entourent, donc mes voisins ici dans cette salle, baignent dans le champ de ce que je pense et de ce que je ressens. D’un point de vue énergétique, nous baignons tous dans un grand champ où tout ce que nous pensons et ressentons se mélange.

La majorité des personnes présentes essaient de suivre le développement de la pensée que nous sommes en train d’étudier ensemble. Par conséquent, le champ de cette pensée devient relativement puissant, et c’est ce qui permet à certains d’entre nous - qui ne sont peut-être pas très rapides au niveau de la pensée, ou qui ne sont pas spécialement intellectuels - de comprendre des notions qu’ils ne comprendraient pas s’ils ne baignaient pas dans le champ de tous ceux qui sont présents ici. Ceci parce que nous sommes tous affectés par les pensées les plus puissantes qui se trouvent dans les lieux où nous nous trouvons. Ceci signifie que, dans votre vie, la ou les personnes avec qui vous pensez quelque chose n’est pas indifférent.

Le champ de nos émotions

Pour ce qui est de nos émotions, ceux qui font actuellement des recherches dans ce domaine savent que toutes les émotions que nous ressentons affectent le fonctionnement de notre cœur (pas seulement du cœur, mais en particulier du cœur). Cette influence elle aussi se mesure précisément avec certains appareils ; en fonction de l’émotion que nous avons, le champ qui se crée est d’une intensité plus ou moins élevée. Lorsque vous vous trouvez à côté de quelqu’un qui ne va pas bien, vous pouvez souvent le ressentir même si vous ne lui parlez pas et que vous ne connaissez pas son état : vous êtes dans son champ, quelque chose de lui se passe en vous. Plus on est sensible, plus on remarque ces phénomènes. Mais connaissez-vous la différence de puissance entre le champ électrique et magnétique du cerveau et le champ électrique et magnétique du cœur ? Nous allons demander à cet ami psychiatre ce qu’il pensait avant d’avoir vérifié les données que je lui demandais de vérifier…

Auditeur (psychiatre) : Comme le cerveau est pour moi une sorte d’usine électrique du corps, je me disais que ses champs électriques et magnétiques l’emporteraient sur ceux du cœur…

En réalité, le champ électrique créé par les émotions qui nous habitent, donc par l’activité de notre cœur, est entre 10 et 100 fois plus puissant que le champ électrique créé par l’activité de nos pensées et notre cerveau. Ensuite, lorsqu’on examine le champ magnétique créé par l’activité du cœur, la surprise est encore plus grande : le champ de forces de notre cœur, c’est-à-dire de notre monde émotionnel, est entre 100 et 1000, voire 2000 fois, plus puissant que le champ magnétique de nos pensées, de notre activité cérébrale. Etonnant, n’est-ce pas ?

La suite dans la revue n°36

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Avant de poser une intention

… retrouver pour soi,

les notions de bien et de mal, de beau et de laid, de vrai et de faux

Selim Aïssel, fondateur de la P.A.

Penser, non pas refléter les idées des autres

L’une des caractéristiques de l’être humain, c’est qu’il est capable de réfléchir, de penser. Le problème, aujourd’hui, est que la plupart des êtres humains ne pensent pas. Vous ne le croyez peut-être pas, mais c’est la réalité : la plupart des gens ne pensent pas ! Ils ne pensent pas par eux-mêmes, ils ont des idées, mais ce sont des idées reçues, les idées de leur époque, les idées qu’ils trouvent dans les journaux, dans les livres qu’ils ont lus, ce qu’ils ont entendu à la télévision, à la radio, ce que racontent le père ou la mère, le facteur ou la voisine, le patron ou la copine, etc. C’est quand je pense que la pensée commence. Mais quand je ne fais que refléter l’opinion générale, ou les idées des autres, ou celles de l’époque, je ne pense pas encore. La pensée commence lorsque moi-même, je commence à me faire une idée personnelle sur quelque chose qui vient de se passer en moi ou devant moi.

Pour être capable de reconnaître le bien et le mal, pour pouvoir ensuite décider ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, puis pour pouvoir agir juste, il faut vraiment avoir mené une réflexion sur le sujet, il faut avoir pensé la chose, avoir pris le temps de la pensée réelle, et non pas seulement avoir adopté une pensée en fonction de l’idée des autres. Il n’existe pas de pensée réelle dans l’absolu : il existe la pensée réelle que vous pouvez atteindre par votre réflexion.

Une remise en cause globale

Il est vrai que dès que vous commencez à vous poser une question d’ordre moral ou éthique, il faut introduire beaucoup de données différentes. Il y a d’abord la réflexion sur l’événement dont vous partez, puis une remise en question de l’ensemble. L’ensemble de vos valeurs est nécessairement remis en cause, ce qui vous amène, si vous êtes sérieux dans votre pensée, à une réflexion sur le bien et le mal dans l’absolu : influence du mal, présence du bien et du mal, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur, etc. Si vous êtes sérieux ou honnête avec vous-même, vous êtes obligé d’aller jusqu’au bout des choses. Sinon, vous perdez votre temps… Mais pour être réellement sérieux, il n’y a qu’une solution : s’engager sur un chemin de connaissance, et ce peut être de façon très différente selon chacun, aussi bien dans le choix de l’orientation que dans la vitesse à laquelle on s’y engage ; un chemin de connaissance étant un chemin de la pensée, auquel se mêlent ensuite le corps physique et le cœur. L’être entier est engagé, c’est l’ensemble des forces qui existent en vous qui est mis en branle.

La suite dans la revue n°36

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Penser autrement

La seule condition du changement véritable

Ennea Tess Griffith

directrice de formation

Beaucoup trop jeune

La pensée est un bienfait pour l’être humain, mais elle s’est emballée. Ceci est peut-être dû au fait qu’elle est toute jeune, trop jeune : elle est le dernier élément qui s’est ajouté à la nature humaine. L’être humain est terriblement jeune et l’instrument qui lui permet de penser, le néocortex, est trop jeune, il nécessite d’être affiné. L’être humain croit que son cerveau pensant est extrêmement développé, sophistiqué, raffiné : il n’en est rien ! En même temps, il prend le dessus sur tout le reste, il se comporte comme un gosse qui crie et dont il faut tout le temps s’occuper. La pensée humaine ressemble à un bébé qui voudrait tout diriger.

Dans quelques milliers d’années, quand le cerveau aura pris de l’âge, il sera peut-être à sa juste place. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, le cerveau pensant est l’outil humain le moins développé.

Le vrai moi de l’être humain

L’image de la charrette permet de se faire une représentation de l’état de l’être humain : la charrette (le corps physique) sur laquelle est assis un cocher (l’esprit) tenant par les rênes des chevaux (ensations, émotions, sentiments). En principe, le cocher dirige la charrette, mais lorsqu’il s’endort, qui décide ? Les chevaux ! Et l’un tire dans un sens, l’autre dans un autre. Il arrive aussi que la carriole soit en très mauvais état : les essieux se brisent, les roues ne tournent plus, la charrette n’avance plus, on ne va plus nulle part.

C’est ainsi que fonctionne l’être humain. Parfois, c’est son corps physique qui lui indique la direction à suivre ; d’autres fois, ce sont ses émotions ou ses sentiments ; de temps en temps, sa pensée. Mais où se trouve le véritable moi humain, qui n’est ni le corps physique, ni les émotions, ni la pensée. Le vrai moi, l’essence, se situe ailleurs, et si ce n’est pas lui qui dit au cocher où il faut aller, comment il faut soigner les chevaux et entretenir la carriole, l’être humain est tiraillé entre cocher, chevaux et carriole, et, en général, le cocher dort ou bien il se drogue, pas seulement à l’alcool, mais à toutes sortes de sensations, d’émotions et de pensées…

La suite dans la revue n°35

Publié dans la rubrique PSYCHOLOGIE, SOCIETE, SPIRITUALITE du numéro 35
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QUELLE SAGESSE POUR AUJOURD’HUI ?

L’éveil des consciences à grande échelle

Michel Savage

coach

Une sagesse oubliée ou dépassée ?

Notre monde est secoué par une crise sans précédent. Ce n’est plus aujourd’hui un scoop pour personne, bien que peu de gens mesurent l’ampleur des défis qui nous attendent : pression démographique, épuisement des ressources, disparition des abeilles et réchauffement climatique se conjuguent pour menacer notre espèce d’extinction à la suite de tant d’autres, sans parler de l’explosion des maladies liées aux différentes formes de pollution et des risques de cataclysme social. Notre espèce, dernière apparue sur Terre, menace aujourd’hui la planète elle-même avec son modèle de croissance à mesure que les besoins s’accroissent avec quatre pays émergents qui représentent à eux seuls près de la moitié de la population mondiale. Bref, le Titanic est en train de sombrer tandis que l’orchestre continue à jouer. A une telle échelle, nos prouesses technologiques peuvent précipiter notre déclin si nous n’opérons pas un revirement immédiat. Ce ne sont pas tant nos progrès scientifiques et techniques qui sont en cause que notre état d’esprit. De deux choses l’une : soit la sagesse qui a prévalu au cours des derniers millénaires a été perdue, oubliée ou occultée, soit elle est toujours bien vivante mais ne suffit plus à nous préserver du désastre. Dans un cas, il s’agit de la restaurer, dans l’autre de la réviser au plus vite. Quelle option choisir ?

Petite histoire de la sagesse

Pour le savoir, il nous faut observer le monde comme le reflet de la sagesse qui y prévaut. Les crises de société ont toujours marqué le passage d’une logique à une autre. Une nouvelle civilisation surgit chaque fois que la vision du monde dominant jusqu’alors n’offre plus de réponse suffisante pour maintenir l’ancienne en place. A noter que l’apparition d’une nouvelle logique ne fait pas disparaître les plus anciennes, qui vont se maintenir plus ou moins en marge selon le modèle dominant. Or, qu’observe-t-on en tournant notre regard vers les origines de l’humanité ? Les premières tribus nomades vivant de la chasse et de la cueillette nous ont laissé des traces permettant de croire qu’elles percevaient leur environnement animé par des esprits qu’il fallait se concilier. Quiconque n’adhérait pas aux croyances animistes et aux rites de la communauté était passible de mort, car il menaçait sa survie. Aujourd’hui, nous qualifions ce rapport avec le monde invisible de pensée magique. Est vrai ce qui apaise le monde des esprits et permet de survivre.

La suite dans la revue n°35

Publié dans la rubrique CULTURE, SOCIETE, SPIRITUALITE, TRADITION du numéro 34
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LE SAT – DESCRIPTION ET TEMOIGNAGE

Une formation créée par Claudio Naranjo

Karin Reuter

directrice

Institut Hoffman France

Claudio Naranjo

Faut-il encore présenter Claudio Naranjo ? Psychiatre chilien d’origine juive, le Dr Naranjo est toujours considéré comme un des pionniers du mouvement du potentiel humain, mais surtout comme le tout premier à avoir développé l’enseignement de l’Ennéagramme que lui a transmis Oscar Ichazo. Il articule de manière unique le travail de guérison et d’éveil de conscience, se démarquant du courant transpersonnel. On lui doit une œuvre foisonnante dont une analyse lucide du déclin de la civilisation patriarcale qui est la nôtre. Lorsqu’il introduit son programme SAT en France en octobre dernier (SAT signifie “Seekers After Truth”, Chercheurs de Vérité, mais aussi “Etre” en sanskrit), Claudio dresse un parallèle inédit entre nos trois cerveaux – le reptilien, le limbique, le cortex – et les trois dimensions de l’amour qui leur sont liées – le plaisir, la compassion, le respect. Il nous expliquait alors que notre société patriarcale avait sacrifié les deux premiers principes, correspondant à la Mère et à l’Enfant intérieurs, sur l’autel du Père au nom duquel on est encore prêt à tuer. Une société bafouant ainsi l’amour de soi et de l’autre ne peut survivre éternellement, disait-il : dans un tel monde, le seul espoir de changement passe par l’enseignement, car les parents et les médias sont eux-mêmes tellement inféodés à la culture ambiante qu’on ne peut miser sur eux pour transformer le monde. Quant à la thérapie, elle touche trop peu de gens. Par contre, si on pouvait amener les enseignants à restaurer leur amour propre et à le transmettre à leurs élèves, on aurait des chances de voir fleurir à nouveau des êtres humains soucieux de leurs proches, de leur habitat et des générations futures.

Le seul espoir de changement passe par l’enseignement

C’est dans cet esprit que Claudio Naranjo met au point en 1971 un programme de 40 jours répartis sur 4 ans, permettant de restaurer l’amour de soi et de l’autre mis à mal dans le monde moderne. Au terme de plusieurs tentatives, son approche s’affine en associant méditation, Ennéagramme, travail thérapeutique, théâtre et mouvements libres. Elle est aujourd’hui éprouvée depuis plus de 30 ans dans plusieurs pays, d’abord en Amérique Latine, au Chili, au Brésil, au Mexique et en Argentine, puis en Europe, en Italie, en Espagne et en Allemagne. Plusieurs universités ont plébiscité sa démarche et ont intégré le programme SAT dans la formation de leurs enseignants. La France vient de s’ouvrir à son tour à une telle démarche en janvier dernier.

L’expérience du SAT – Que s’y passe-t-il ?

Il est difficile de témoigner du SAT car il faut le vivre pour en percevoir la saveur. Vu de l’extérieur, se déroule un programme d’activités sensiblement pareilles d’un jour à l’autre à quelques variantes près : le matin, méditation, étude de l’ennéagramme et exploration en binômes ou par panels ; l’après-midi, théâtre puis mouvements libres les yeux fermés, parfois des constellations familiales le soir. Tout est ainsi dit, mais rien ne transparaît sauf à reprendre l’âme du travail. Il s’agit bien d’un véritable travail pour déjouer les moindres stratégies de l’ego dans sa course sans fin. Au fil des jours, les masques tombent sous le regard bienveillant de l’équipe et de notre être profond. Le feu de l’attention est mobilisé tour à tour sur les trois cerveaux : l’instinctif, l’émotionnel et le mental. En passant ainsi successivement d’un centre à l’autre au gré des sollicitations, l’identité est amenée hors de ses points de repère habituels et le Témoin, réactivé. Au sein du champ de forces entretenu en permanence par l’équipe, nos trois formes d’amour et d’intelligence se réveillent à l’abri des jugements et des conditionnements sociaux. Elles ne se font pas prier pour sortir de leur cachette. Dans son atelier en octobre dernier, Claudio nous demandait déjà d’observer comment notre quête d’amour bloquait notre capacité d’exprimer notre amour inné. C’est exactement ce dont il s’agit ici. Dès le départ, nous sommes invités à observer comment nous cherchons à nous faire aimer et réagissons au manque. Les comportements de fuite, d’agression ou de séduction apparaissent vite pour ce qu’ils sont et peuvent être déjoués. Mais comment s’articulent les 5 piliers de ce travail d’orfèvre comparable à la taille d’un diamant ?

1. La méditation

Le processus de déconditionnement commence avec le travail de présence à soi-même, favorisé par la méditation assise. Avant même d’éveiller les trois centres, il s’agit d’activer le quatrième, le “Témoin”, qui unifie, équilibre et harmonise les trois autres. Méditer, en essence, revient à poser un regard attentif, sans jugements, sur nos sensations, nos émotions et nos pensées, sans y réagir ni s’y identifier. On fait ainsi l’expérience de soi en tant que Conscience pure au sein de laquelle apparaissent et disparaissent les phénomènes éphémères. C’est le contact direct avec le moi essentiel, notre nature véritable. Cette pratique à elle seule apporte contentement et sérénité. Claudio y introduit la dimension interpersonnelle avec la présence de l’autre. L’effet est très puissant. On médite ainsi par deux. A mesure que le regard se lève pour rencontrer celui de l’autre, l’intimité monte. On se retrouve sans masque, dévisagé par l’autre qui est lui aussi dévisagé. La rencontre se fait d’âme à âme, sans un mot, sans un sourire, en étant simplement soi-même dans l’accueil de notre présence.

La rencontre se fait d’âme à âme

2. L’étude de l’Ennéagramme

Ce travail se poursuit avec l’étude de nos traits de caractère. L’Ennéagramme peut être défini comme un modèle montrant comment chacun de nous se construit son identité au gré des blessures de vie et des défenses qu’il met en place. Il y a des dizaines de livres sur le sujet, inutile donc de le reprendre ici. Tout l’intérêt et l’originalité du travail proposé durant le SAT, ce sont les panels, autrement dit les échantillons de chaque type qui vont témoigner de leur vécu. Au lieu de rester abstraite, la connaissance que l’on acquiert de soi devient extrêmement concrète et permet de toucher du doigt la racine de nos névroses. Par ailleurs, à chaque type correspond un mudra incarnant l’énergie de sa vertu, c’est-à-dire le ressenti associé à une vision juste de la réalité, non pervertie par nos mécanismes de défense habituels. Abordé de cette manière, l’Ennéagramme devient une véritable bombe à retardement pour nos attitudes figées.

3. L’exploration par binômes

Cependant, l’étude des traits de caractère ne suffirait pas si elle n’était accompagnée de la mise à nu de notre fonctionnement. Le SAT prévoit donc un temps d’exploration en binômes sur base de quelques questions très simples. Ces moments d’exploration sont précieux pour saisir nos failles sur le vif et donner corps à la connaissance de notre vie intérieure. Elle devient alors une connaissance intuitive, vivante, associée au ressenti des fardeaux qui s’accumulent… ou se libèrent. Entretenir toute cette fausseté de peur de décevoir et d’être démasqué est un jeu épuisant. Ichazo disait qu’on ne se connaît pas vraiment tant qu’on n’a pas pleuré ni ri à chaudes larmes sur son auguste personne ! Le soir nous est proposé un autre travail thérapeutique sous forme de constellations familiales. Là, quelque chose d’extraordinaire se passe, tout en subtilités, presque sans paroles. Tout se passe à un rythme très lent, suivant les mouvements de l’âme, pour être intégré progressivement. Il est difficile de décrire de l’intérieur ce qui se passe dans une constellation familiale si on ne l’a pas vécu.

4. Le psychodrame et le théâtre-clown

La magie du théâtre est de mettre en scène nos secrets les plus difficiles à assumer : nos haines ou nos rivalités secrètes, nos peurs de se prendre un râteau, de manquer de virilité ou de féminité, nos espoirs déçus, nos hontes et nos fardeaux cachés. Lorsqu’on perd complètement la face devant des gens qui ne sont pas plus fiers que nous mais qui ont de la compassion, une seule chose compte : exprimer notre nécessité, ce qu’on ne peut plus supporter. Cela se traduit bien souvent par le cri du cœur ou dans les larmes après avoir été retenu des années par un barrage de conventions. Contrairement aux apparences, dans ce théâtre là, on ne joue pas un rôle. Du moins, derrière les rôles apparents d’amant, de guerrier, de sorcière, d’esclave, derrière les grimaces, le nez rouge ou le déguisement, notre vérité ressort. Ce qui devrait être simple apparaît tordu et compliqué si on reste dans la résistance, et c’est ce qui en fait le côté burlesque. Remettre un peu de fluidité, de spontanéité dans nos caractères figés nous permet d’épouser notre humanité avec un peu plus de tendresse. Au-delà de l’espace ludique et de l’enfant qu’il touche en nous, le clown vise aussi notre intelligence émotionnelle. Il brise les barrières construites pour se défendre du regard de l’autre, autant dire de nos propres projections. En ce sens, il réveille la compassion.

Le clown réveille la compassion

5. Les mouvements libres

Le mouvement libre a ceci de fascinant qu’il met en jeu aussi bien le rapport à notre propre corps qu’à celui de l’autre, à l’espace et au sol. Chacun a les yeux fermés ou bandés. Au cours de nos errements, on se heurte à des corps, sans savoir s’il s’agit d’hommes ou de femmes. Là aussi, les barrières sautent, à commencer par la peur du rejet. Le regard ne peut plus rien contrôler, il n’y a plus la parole pour communiquer. Seuls subsistent des corps animés qui se cherchent ou s’évitent. Les jugements s’estompent. Les mouvements sont pour la plupart fugitifs, furtifs, on rentre dans le monde du silence. Ça et là quelques voix entonnent des chants ou des harmoniques ; certains dansent et jouent ensemble, d’autres errent comme des âmes en peine, d’autres encore restent là, terrés. Tout est possible. C’est un espace sans pareil pour voir à l’œuvre des comportements instinctifs, très inconscients, auxquels le langage ne donne pas accès.

Et après ?

Malgré, ou grâce à, sa grande douceur, ce processus est vécu par beaucoup comme un raz de marée. Vu de l’extérieur, on rit et on pleure beaucoup. De l’intérieur, les réactions varient du tout au tout selon le cheminement de chacun. Dans tous les cas, l’attention se libère du regard de l’autre. On commence à se retrouver, à se reconnecter à soi-même, à son corps, sa sensibilité, son intuition. Les projections font place à un regard sans complaisance mais sans jugement. Beaucoup traversent un état de grâce, d’émerveillement et de tendresse infinie comme des amoureux. Cela est vécu le plus souvent comme une ouverture du cœur bouleversante, une véritable renaissance. Une nouvelle présence prend place, paisible, disponible à l’autre et à l’instant présent. Cet éveil de conscience n’est pourtant pas une sinécure et peut s’accompagner pour un temps d’un regain d’anxiété. Le cœur peut même se refermer, se durcir encore plus qu’avant, les stratégies habituelles reprendre le dessus avec leur cortège de souffrance. Chacun retourne dans le tourbillon de la vie, pratiquement sans défenses dans un monde plein d’attentes et de jugements. Le choc est parfois rude. L’ouverture du cœur peut-elle se maintenir sous une telle pression ?

La présence du groupe est capitale

C’est toute la différence entre une expérience et un état d’éveil. La vie regorge d’exemples de personnes qui ont entrevu le ciel et sont retombées parfois bien bas, moi la première. La présence du groupe dans ce processus est capitale, mais fondamentalement, c’est la liberté de rencontrer l’autre en laissant tomber les masques qui est le véritable gage de la délivrance, car le groupe n’est là qu’un temps. Pour que la magie des cœurs rencontrés au cours du SAT fasse place à la présence radiante du Cœur sacré, il faut en prendre soin. Il ne suffit pas de prendre un bain de présence quelques jours tous les dix ans : une telle présence s’arrose et s’entretient tous les jours comme une fleur délicate. Cela demande une discipline de l’attention. Reste donc à demeurer vigilant pour mettre notre précieuse connexion à l’épreuve du monde ambiant et ne pas nous laisser reprendre au piège des multiples pressions. Une fois que la présence de l’Etre devient stable et consciente, tout le reste vient par surcroît : le sentiment d’éternité, d’espace, de paix, d’abondance, de créativité. Notre trésor se trouve là où se trouve notre cœur. Le SAT vise l’éveil du moi essentiel et la dissolution progressive de notre structure caractérielle. La guérison de nos blessures est un de ses premiers effets, mais c’est loin d’être le seul : il ouvre aussi des dimensions oubliées de nous-mêmes, libère nos relations à l’autre et nos potentiels enfouis. Au terme des quatre années de SAT, il semble que beaucoup expérimentent durablement la vertu ainsi que l’idée sacrée de leur propre type et qu’ils aient trouvé la clé qui les libère de leur fixation. Les structures de l’ego sont rarement consumées d’un seul coup : cela exige un repentir profond, beaucoup de patience et de détermination.

Le SAT vise l’éveil du moi essentiel

Pour en savoir plus

Institut Hoffman France

www.institut-hoffman.com

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La double biographie de l’être humain

Apprendre à rester serein intérieurement quoi qu’il se passe dans le monde extérieur…

Pascale Ash

auteur, élève de la 4e Voie

La 4e Voie nous dit qu’il existe deux types de psychologies : celles qui considèrent que l’être humain apparaît sur terre comme un être neuf et celles qui considèrent au contraire qu’il vient d’un ailleurs (qui reste à définir). Cette seconde optique considère que l’être humain naît avec une certaine structure de son psychisme et de son esprit, différente selon chaque individu, cette différence étant attribuée, selon les théories, à l’hérédité, au hasard, à la réincarnation ou à la récurrence ou éternel retour.

L’être humain naît avec une structure intérieure

Personnalité et essence

Si l’être humain naît avec une structure intérieure, qu’on peut aussi appeler son être profond ou son “essence”, cette essence n’est que peu capable d’évolution. Dès les premières années de sa vie, les parents commencent à éduquer l’enfant, ce qui revient à dire qu’il arrête de se développer de façon naturelle. Cette période signe l’arrêt du développement de l’essence, qui reste donc dans un état infantile, et le début de la formation de la personnalité.

Comment définir la personnalité ? Elle est tout ce qui a été mis au fil du temps dans l’individu depuis l’enfance : tout ce qui lui est apporté de l’extérieur par l’éducation, les conditionnements, plus tard les études, les expériences de vie, les influences subies… Sous les couches (on parle aussi de voiles) successives de tous ces apports, l’essence disparaît de plus en plus et ne peut pratiquement plus se manifester.

Il peut arriver un moment où l’être humain se rappelle, même confusément, l’existence de quelque chose de différent de ce que le monde extérieur a mis en lui et où il décide de partir à la recherche de son être véritable. C’est le début de la “deuxième éducation”, celle de l’essence, de son monde intérieur. L’essence ayant été recouverte par la personnalité, la première démarche sera un travail de reconnaissance et de dévoilement : l’on commencera à s’observer pour reconnaître et enlever les voiles de la personnalité. La volonté de reconnaître la personnalité, et tout ce qu’il y a d’artificiel en elle, est le début du véritable chemin de connaissance de soi, mais non pas d’après une théorie sur la nature de l’être humain comme il en existe tant - psychologiques, philosophiques, religieuses et même politiques ou économiques - mais par l’observation de soi. A partir de ce moment, la personnalité cède le pas à l’essence, qui redevient le véritable centre de gravité de l’être humain, s’il le décide… car, de façon naturelle, l’être humain ne connaît pas la troisième étape possible de l’évolution : il doit la décider.

La première démarche sera un travail de dévoilement

La deuxième éducation

La première éducation a été celle de la personnalité, faite dans et par la vie ordinaire. Quelque riche qu’elle puisse être, l’éducation de la vie ne rapproche pas de l’essence même si, plus la personnalité est riche et forte, mieux elle permettra à l’essence de se développer, parce que tout ce que la personnalité a acquis de positif devient un jour une nourriture pour l’essence. Mais la seconde éducation, qui est donc la troisième étape du développement possible de l’être humain, le développement de l’essence, ne peut se faire qu’aux dépens de la personnalité : il faut que l’une diminue pour que l’autre croisse, que les attraits du monde extérieur laissent place à l’observation du monde intérieur…

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Eveil et verticalité

Sur le chemin de la transcendance

Olivier Clouzot

écrivain

Horizontalité et verticalité

La vie quotidienne en société constitue la dimension horizontale de l’être humain, de sa naissance à sa mort.

On s’accorde généralement sur le fait que la dimension verticale est celle de sa croissance intérieure, de ses valeurs personnelles et du sens particulier qu’il donne à sa vie, mais cela n’est pas suffisant, car on pourrait en déduire que cette dimension est purement subjective et ne relève d’aucun critère sur lequel on puisse visiblement s’accorder. C’est pourquoi il est nécessaire d’ajouter que la verticalité est essentiellement la dimension de CONSCIENCE de l’être humain capable de “connaissance de soi”, c’est-à-dire d’observer la manière dont il vit, pense et agit dans l’horizontalité de son existence. Car le fait de vivre, d’agir et de penser relève de la dimension horizontale, alors que la dimension verticale va se mettre à exister à partir du moment où nous commençons à sentir la manière dont nous vivons et où nous acquérons la capacité de nous regarder en train d’agir et de penser : ce qui signifie que cette dimension peut très bien rester une simple potentialité au sein de l’individu sans jamais, ou très rarement, avoir l’occasion de s’actualiser. Ce n’est pas du nombrilisme, juste l’aptitude d’être un témoin neutre et impartial de ce qui nous arrive et de la manière dont nous réagissons [NdlR - voir aussi : La double biographie de l’être humain p. 34]. Cette neutralité est un aspect essentiel de la dimension verticale, car sans elle, on reste dans l’horizontalité.

La dimension verticale de la vie est celle de l’évolution

Distanciation

Par exemple, tant que je jouis et que je souffre en restant identifié à ma jouissance ou à ma souffrance, je suis dans l’horizontalité de mon existence, la dimension verticale ne se surajoutant à la première que dans la mesure où je me distancie avec ce que j’éprouve tout en continuant à l’éprouver. Cela est particulièrement important en période de crise, car si je suis en colère, par exemple, et que je vis cette émotion avec une trop grande intensité, c’est-à-dire sans conscience, sans distanciation justement, je peux me laisser entraîner vers une trop grande violence et être amené à commettre des actes irréparables, dont je me sentirais par la suite coupable sans avoir la possibilité de les annuler, alors que la distanciation envers ma colère au moment même où elle m’envahit peut me permettre de ne pas me laisser déborder par elle et d’arrêter mon geste de violence à temps.

La dimension verticale de la vie est celle de l’évolution, alors que la dimension horizontale est celle d’un simple changement apparent, comme celui des modes vestimentaires, où souvent l’on s’agite en vain et tourne en rond, en donnant l’illusion d’un changement alors que tout continue en fait à fonctionner comme avant. De ce fait, on peut dire que la dimension verticale est celle de la construction de l’être, tandis que la dimension horizontale de l’existence est celle de l’avoir et du paraître.

Apprentissages horizontaux et verticaux

Les apprentissages au sein de la dimension horizontale sont les plus évidents et les plus immédiats : ils sont indispensables à la survie. Il faut savoir en effet se tenir debout, communiquer, travailler, se déplacer pour fonctionner normalement dans la société. C’est pourquoi celle-ci fournit très tôt à l’enfant, grâce à l’éducation, des moyens et des méthodes pédagogiques qui viennent prendre le relais de ceux mis en œuvre par les parents dès la naissance, et parfois même avant. Ces méthodes sont au début des techniques de conditionnement, fondées sur l’imitation et la répétition, mais elles se complexifient par la suite.

Quant aux apprentissages dans la dimension verticale, ils sont beaucoup moins évidents, car il n’existe pratiquement pas d’enseignements systématiquement reconnus sur cette question ; ils sont donc laissés à la libre initiative de certains éducateurs ou de certains groupes et relèvent surtout de la liberté et de la responsabilité directes de l’apprenant. Il ne faut pas croire, en effet, que les enseignements moraux et/ou religieux qui sont dispensés aux enfants relèvent de la dimension de verticalité dont nous parlons, parce qu’ils impliquent une croyance et une attitude soumise envers certains principes édictés dans le cadre de normes socioculturelles, principes qui ont nécessairement un caractère dogmatique puisqu’ils ne peuvent pas être discutés. Ce n’est que lorsqu’une pratique religieuse suivie passivement devient une recherche active fondée sur un libre engagement et sur une prise de conscience personnelle et/ou que la morale sociale se transforme en éthique individuelle, que la dimension verticale commence vraiment à se manifester dans l’existence humaine.

Ces deux dimensions sont complémentaires

Réalisation de soi

Remarquons aussi que ces deux dimensions sont complémentaires, et qu’il est dangereux de vivre exclusivement dans l’une d’entre elles. Vivre uniquement dans l’horizontalité, c’est rester dans l’inconscience et l’animalité, et vivre de manière absolue dans la verticalité, c’est se couper progressivement de toutes les actions qui nous relient à la vie matérielle et à la société, donc sombrer irrémédiablement dans le solipsisme, voire dans la folie – seuls des mystiques extrêmement bien entraînés peuvent arriver à vivre dans un total dénuement sans perdre la raison.

Alors que les apprentissages réalisables dans la dimension horizontale sont quasiment infinis, et qu’un individu, de par ses limites physiques, psychiques et temporelles, ne peut réaliser qu’un tout petit nombre d’entre eux (aux niveaux sportif et professionnel, par exemple), il semble au contraire que les apprentissages réalisables dans la dimension verticale soient beaucoup moins nombreux, et qu’ils puissent, dans des cas jusqu’ici exceptionnels il est vrai, être réalisés dans le cadre d’une vie – c’est cet accomplissement que les grandes traditions spirituelles appellent la “réalisation de soi”, l’état de “sainteté” ou d’ “illumination”, le “satori”, etc., mais il est tout à fait possible que des personnes agnostiques atteignent aussi des degrés d’accomplissement spirituel très élevés… Ce qui est sûr, c’est que la dimension verticale de l’existence est celle dans laquelle se développe l’Amour (avec un grand A), celui que les chrétiens appellent “charité” et les bouddhistes “compassion”, et qui est très loin de ce sentiment égoïste ou intéressé que tant de gens recherchent avidement dans la dimension horizontale de la vie.

La dimension verticale est celle dans laquelle se développe l’Amour

La crise comme moyen d’accès à la verticalité

Lorsque les apprentissages du plan horizontal sont suffisamment avancés, ceux du plan vertical peuvent se déclencher, la question métaphysique fondamentale “Qui suis-je ?” étant un très bon catalyseur.

C’est souvent à la puberté, qui correspond à une véritable crise de l’organisme soumis à de nouvelles stimulations hormonales, que le plan vertical commence à exister chez certaines personnes de façon spontanée.

Mais en réalité, n’importe quelle expérience douloureuse vécue sur le plan horizontal peut avoir cet effet (mort d’un être cher, perte ou changement d’emploi, maladie…), au point que l’on pourrait se demander si ce n’est pas la fonction essentielle des épreuves et des accidents de toutes sortes qui perturbent régulièrement l’existence humaine que de jouer un rôle déclencheur de nos apprentissages verticaux.

Le fait est que lorsque la dimension verticale se développe en nous, ces mêmes épreuves, auparavant perçues comme des catastrophes, sont plus facilement acceptées parce qu’elles sont reconnues comme utiles à notre processus, voire nécessaires à des prises de conscience nouvelles ; et, grâce à cette acceptation, les épreuves elles-mêmes diminuent d’intensité, jusqu’à parfois disparaître comme par enchantement, comme on le voit dans l’évolution hors normes de certaines maladies chez des personnes dont le plan vertical est très développé.

Arrive un moment où la mort elle-même est dédramatisée

Une chose cependant doit être prise en compte dans le modèle que nous proposons : c’est que, conformément au principe d’entropie, le plan horizontal est soumis à l’usure du temps qui régit l’existence de notre corps physique voué à la décrépitude et à la désagrégation, tandis que le plan vertical correspond à une intégration progressive d’informations structurantes de plus en plus enrichissantes, qui n’étaient pas reliées auparavant tant qu’elles étaient isolées et cloisonnées, ce qui correspond alors au principe de néguentropie.

Et il arrive un moment où la mort elle-même est dédramatisée, puisqu’elle n’atteint que le corps, tandis que l’âme, la conscience ou l’esprit (selon le nom qu’on lui donne) accède alors à un autre plan d’existence que les grandes religions décrivent dans des termes différents, mais qu’un public de plus en plus large, religieux ou agnostique, commence à décrire dans des termes assez voisins, dans ce qu’on appelle des NDE (”near death experiences”) chaque fois qu’une personne s’est trouvée, à la suite d’un accident par exemple, dans un état de mort clinique et revenait ensuite à la vie.

L’illumination en deux week-ends

Le travail qui se fait dans le plan vertical est beaucoup plus long et difficile, parce que c’est un travail d’intégration, que la plupart des apprentissages que nous sommes amenés à réaliser dans le plan horizontal (apprentissage d’une langue, d’un métier, d’un sport, etc.) ; ce qui dure ici quelques semaines ou quelques mois prend là plusieurs années et occupe souvent une vie entière.

Mais il y a des gens qui ont entendu parler de phénomènes particuliers spécifiques du plan vertical et qui pensent pouvoir en faire l’acquisition comme s’ils se trouvaient en vacances dans un pays étranger, voire dans le supermarché le plus proche de leur quartier ou de leur agglomération ; et il y a aussi, bien entendu, les escrocs de la transcendance, comme il y en a dans tous les corps de métiers, qui vous promettent la réalisation parfaite de soi en trois semaines, l’illumination en deux week-ends ou la lévitation en quelques leçons ; et vous pouvez d’autant plus vous y laisser prendre que les premières expériences de groupe dans la dimension verticale sont souvent des expériences saisissantes, littéralement éblouissantes, tant elles diffèrent de ce que nous vivons normalement dans l’horizontalité. Quelques “asanas” (postures) et “pranayamas” (respirations yoguiques) peuvent effectivement vous faire voir trente-six chandelles si elles sont proposées et exécutées dans la perspective de séduire ou d’étonner. Et il en est de même avec l’usage de drogues, comme celles qui servent dans les initiations chamaniques, mais qui, utilisées sans précaution et sans la présence d’un guide, ne seront qu’une porte ouverte vers une excitation sensorielle d’une grande intensité mais conduisant rapidement à l’aliénation.

Certes, le fait de pratiquer certaines formes de thérapie, de suivre des cours de yoga, de taï-chi chuan ou de méditation, d’apprendre les arts martiaux, de participer à un groupe de prières, ou même de pratiquer de manière assidue la pensée positive, sont des aides précieuses permettant d’avancer dans l’exploration de la verticalité. Mais le fait d’étudier l’histoire des religions, d’apprendre plusieurs langues et de rechercher les ressemblances et les différences existant entre diverses cultures, peut jouer un rôle tout aussi important, parce que cela nous permet de prendre de la distance avec les identifications et les évidences trompeuses que notre langue maternelle et nos représentations socioculturelles ont créées dans notre psyché.

Persévérer dans la durée

Un travail suivi et persévérant dans la dimension verticale permet de faire progressivement l’expérience de ce que l’on appelle des “niveaux de conscience”, c’est-à-dire des points de vue sur soi-même et sur le monde qui correspondent à des changements radicaux de perspective ; littéralement, on ne voit plus les choses de la même façon…

Pour en savoir plus :

Eveil et verticalité, Ed° Le Souffle d’Or

(dont ces pages constituent une introduction)

Parmi les ouvrages écrits ou édités par l’auteur

Apprendre autrement, Ed° d’Organisation

Education pour le 3e millénaire, Ed° Recouvrance

La trialectique, Ed° Holistiques

La suite dans la revue n°35

Publié dans la rubrique CULTURE, PSYCHOLOGIE, SOCIETE, SPIRITUALITE du numéro 34
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LA PSYCHO-ANTHROPOLOGIE ET SON ROLE DANS LE MONDE

Psychologie, philosophie et spiritualité

Idris Lahore

psycho-anthropologue

Interview Maya Ollier

(Suite et fin de l’article qui terminait le numéro précédent de Science de la Conscience).

L’un des grands principes de la psycho-anthropologie est qu’avant de vouloir changer le monde, il faut d’abord essayer de se changer soi-même, et donc, avant de militer pour la paix dans le monde, il est d’abord nécessaire de faire la paix en soi.

Un autre grand principe est le constat que l’être humain est naturellement limité (la science dit bien que l’homme ne fonctionne qu’avec 10% de son cerveau) : s’il veut évoluer au-delà de ce degré d’incomplétude, il doit dépasser les limites que la nature lui a fixées. Il lui faut pour cela faire quelque chose.

Changer d’état de conscience

Selon vous, donc, la possibilité pour l’être humain de dépasser ses limites est bien réelle. Comment ?

Il existe chez l’être humain un certain nombre d’états de conscience différents. Le degré de conscience le moins élevé est l’état d’inconscience, celui du sommeil (malgré les variations de conscience qu’il peut comporter), de l’anesthésie ou de certains comas. L’état suivant est ce que la psychologie habituelle nomme la conscience de veille, qui n’est pas en réalité un état de conscience réel, mais plutôt un état d’inconscience un peu plus évolué puisque si, dans cet état, nous sommes habituellement capables de ressentir à la fois le monde extérieur et nous-mêmes, nous avons tendance à perdre la conscience des autres et du monde lorsque nous fixons notre conscience sur nous. De la même façon, lorsque nous prenons réellement conscience du monde ou des autres, ou que nous entrons dans une activité, nous perdons la conscience de nous-mêmes. Ce que nous appelons habituellement la conscience de veille est donc en réalité une forme de demi-sommeil : nous sommes endormis, soit aux autres, soit à nous-mêmes. Nous croyons être éveillés, nous ne le sommes pas réellement.

La conscience de veille est en réalité une forme de demi-sommeil

Tels sont les deux états de conscience que connaît l’homme ordinaire. La science spirituelle et la psycho-anthropologie nous enseignent qu’il existe un autre état de conscience, habituellement inconnu de l’homme ordinaire, qu’elles appellent la conscience de soi, et qui se caractérise par une conscience à la fois de soi et du monde extérieur sans qu’il y ait de séparation entre notre observation du monde et de nous-mêmes. Alors qu’au stade précédent, nous étions conscients soit du monde extérieur, soit de nous-mêmes, ici notre conscience s’est élargie et devient capable d’intégrer dans la connaissance de nous-mêmes celle du monde extérieur ou de l’autre. Ceux qui pratiquent des méthodes comme la méditation ou le rappel de soi savent qu’il est possible à certains moments d’entrer dans cet état de conscience, mais qu’on ne peut pas y rester longtemps. Chacun peut en faire l’expérience dans l’instant, en étant conscient de soi physiquement, de la façon dont on est assis, de ce qu’on ressent, de ce qu’on pense, en essayant en même temps de suivre ce qu’on est en train de lire et en ayant la conscience de ce qui se passe autour de soi. On se rend compte que, très vite, soit on perd le fil de ce qu’on lit parce qu’on est trop concentré sur soi, soit on se perd soi-même dans l’attention qu’on porte à ce qu’on est en train de lire…

La suite dans la revue n°35

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Un maître vivant

Pous sortir de notre animalité et de nos conditionnements : du savoir, mais aussi et surtout de l’être

Selim Aïssel

fondateur de la psycho-anthropologie

Tripartition de l’être humain

Le point de vue auquel se place la psychologie spirituelle est celui de la tripartition de l’être humain. Composé d’un corps physique et matériel, il est issu de l’évolution terrestre minérale, végétale et animale qui le relie au monde matériel dont il subit les lois : celles de la naissance, de la croissance, de la dégénérescence et de la disparition ou de la mort. L’élément spirituel est celui que nous appelons “esprit” : il est issu de la conscience supérieure, des mondes supérieurs que certains appellent “divins”. Les esprits, un jour, ont commencé à s’incarner dans ces corps physiques. Entre les deux se situe le troisième élément, le psychisme, objet de l’étude de la psychologie. Les religions l’appellent “âme”, lieu de toutes les tribulations émotionnelles, sentimentales et intellectuelles de l’être humain. Une psychologie spirituelle étend son étude du domaine du psychisme à celui de l’esprit et de leur relation au corps physique.

Le défi lancé à l’être humain est de sortir de l’animalité encore totalement présente en lui pour développer l’esprit, qui ne l’est que partiellement. Le psychisme joue le rôle d’intermédiaire entre les deux, tout en étant fortement imprégné d’animalité dans ses parties inférieures et de spiritualité dans ses parties supérieures. La proposition n’est donc pas “ange ou démon” mais “animal prisonnier des instincts ou être humain évolué et réalisé”.

Le défi : sortir de l’animalité et développer l’esprit

Une double limitation

Le constat est que l’homme semble encore en être, en grande partie, au stade de l’animal, et l’humanité dans son ensemble est très loin d’utiliser toutes les ressources de son évolution possible. Du point de vue de l’évolution possible, il est essentiel de comprendre qu’une partie de l’être humain est animale, et que cette nature animale est responsable de la plupart de ses pensées, de ses émotions et de ses actions. Cet état de fait est la première limitation de l’être humain, la seconde étant le conditionnement familial, éducatif, social et religieux. Comprendre cela est le début d’une vision juste de la situation de l’homme qui, sur terre, est tout autre que libre. Cependant, la liberté devient possible lorsque l’être humain, ayant pris conscience de ses limitations et de ses conditionnements, commence un travail de transformation. Ceci est la proposition du travail en psychologie spirituelle, c’est-à-dire l’acquisition de ce que les êtres humains croient posséder déjà, alors que seul un “travail” physique, émotionnel, intellectuel et spirituel y mène. En effet, la liberté n’est pas une caractéristique humaine, mais une acquisition possible.

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Selim Aïssel, à propos du canular spirituel de 2012

Contrairement à ce que racontent tous les amateurs dans le domaine spirituel et ésotérique, 2012 n’est pas une année majeure dans l’évolution des êtres humains ou de la Terre. La vérité est que nous vivons une étape difficile pour la Terre et ses habitants. Pour certains êtres humains, cette étape est une chance, s’ils ne font pas partie de la majorité ne s’intéressant qu’au bien-être matériel. C’est une chance de prise de conscience non seulement terrestre et écologique, mais aussi spirituelle. C’est une possibilité d’élargissement de leur conscience dans un champ de conscience supérieur, à condition de ne pas se laisser entraîner dans les errements fantaisistes des “channelers” et des soi-disant esprits supérieurs qui s’expriment à travers eux, chacun prétendant être l’esprit désincarné d’un maître, d’un ange ou d’un dieu, pour donner plus de valeur aux fausses informations spirituels qu’ils véhiculent.

Heureusement, au plus tard en 2013, chacun pourra se rendre compte de l’ignorance des esprits supérieurs de tous les maîtres ascensionnés et autres anges et dieux qui se sont exprimés à travers les channelers !

Cependant, je ne me fais aucune illusion : tous ces esprits soi-disant supérieurs trouveront toutes sortes de prétextes et de justifications pour leur erreur de pronostic et je sais aussi qu’il y aura une foule de crédules pour les croire encore une fois.

Je considère pourtant notre époque comme extrêmement favorable à l’éveil, la réalisation et la libération spirituels de ceux qui s’y destinent. Pour cette minorité, le contact conscient avec le mouvement et la force de l’Origine, dont tout vient et où tout retourne, peut devenir une réalité concrète, à condition d’être guidé dans la voie spirituelle qui y conduit, guidé non pas par des esprits désincarnés, mais par l’un des maîtres vivants, qui lui-même a reçu cette guidance d’un autre maître vivant.

Je fais actuellement un travail important pour transmettre mon enseignement de la psycho-anthropologie car, au milieu d’un monde d’illusions, elle fait partie des rares voies spirituelles authentiques.

Je fais remarquer également que la peur de catastrophes à venir ne peut pas être une motivation sérieuse sur un chemin spirituel. Seule une aspiration profonde de l’âme peut se mettre en résonance avec l’Esprit de l’Origine.

N.B. - Selim Aïssel, tout en sachant les catastrophes écologiques à venir, ne croit ni à l’inversion des pôles, ni à la date fatidique du calendrier maya et autres prédictions New Age. Selon lui, toutes ces datations sont liées à l’ignorance spirituelle et à des interprétations fantaisistes de chercheurs parfois sincères, mais ignorants.

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Comment méditer ?

Emma Thyloch

Co-fondatrice

de la Libre Université du Samadeva

mettre la couv du livre + la photo d’Emma p. 126

Il existe de très nombreuses techniques de méditation. Nous considérons que la méditation en assise immobile, également appelée méditation zen, est la plus simple, la plus profonde et la plus efficace. Elle est la méditation des tout débutants et la méditation des maîtres…

La posture juste

S’asseoir, les genoux écartés et plus bas que le bassin. Les reins sont légèrement cambrés pour assurer la verticalité de la colonne vertébrale, sans tension musculaire. Pour y arriver, on peut se balancer d’avant en arrière en réduisant tout doucement le mouvement jusqu’à ce qu’on se trouve bien assis. La nuque est droite, légèrement étirée et le menton légèrement rentré. Les yeux sont fermés. On détend le visage, ainsi que les muscles des yeux et du front. On desserre les mâchoires et les lèvres, comme si on voulait sourire intérieurement. Les mains sont posées l’une dans l’autre, les bras et les épaules sont relâchés. Trouver une tension juste du corps, minimale mais sans crispation, un équilibre et une verticalité sans rigidité. La posture est forte et souple à la fois, elle est vivante et droite. Il n’y a en elle rien de mou, mais rien de forcé non plus.

La respiration est abdominale : on se centre sur l’expiration qui doit être lente et profonde, sans forcer. L’inspiration vient naturellement, amplement. l’expir est deux fois plus long que l’inspir, avec rétention de deux secondes entre l’inspir et l’expir.

Lorsque la séance est terminée, on tourne doucement la tête à droite, à gauche, on se frotte les mains, on se balance de gauche à droite et d’avant en arrière, puis on s’incline vers l’avant, on dégage ses jambes, on masse et on bouge un peu les articulations et enfin on se lève pour marcher un peu sur place.

Conseil : la méditation se pratique une à trois fois par jour pendant 20 minutes.

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