Nous devons changer notre vision et maîtriser notre pouvoir sur la nature : notre survie en dépend.
Prof. Gilles-Eric Séralini
Président du Conseil Scientifique du CRIIGEN
Interview Maya Ollier
Le CRIIGEN
Comment est né le CRIIGEN ?
Le CRIIGEN (comité de recherches et d’informations indépendantes sur le génie génétique) est né en 1999, après un an de rencontres, notamment avec l’ancienne ministre de l’environnement, Corinne Lepage. Nous étions plusieurs chercheurs, dès 1996-97, à vouloir faire un moratoire sur les OGM. Nous pensions que l’évaluation scientifique manquait à la fois de profondeur, de critères multidisciplinaires et d’éthique. Le but était d’offrir une expertise scientifique transparente, contradictoire et multidisciplinaire aux associations de citoyens, d’agriculteurs biologiques, de distributeurs alimentaires, etc. Les groupements qui avaient à faire avec l’alimentation ou l’environnement n’avaient pas de structure vers laquelle se tourner pour recevoir des conseils ou des avis sur la faiblesse des expertises qui leur étaient avancées, pour savoir comme faire de l’agriculture biologique sans être contaminés ou distribuer des aliments sans OGM, etc.
Combien d’experts êtes-vous, au sein du CRIIGEN ?
Une vingtaine d’experts dans différentes disciplines : juristes, biologistes moléculaires, sociologues (nous travaillons avec un gros laboratoire de sociologie du risque à l’Université de Caen), allergologues, entomologistes, médecins qui travaillent sur le cancer ou les maladies chroniques. Moi-même, je préside le Conseil Scientifique, et je travaille sur les effets des pesticides sur la santé, plus particulièrement sur les effets du Roundup et des OGM sur les maladies chroniques, spécialement celles qui dépendent des hormones.
La sociologie du risque
Qu’est-ce que la sociologie du risque ?
C’est la première fois dans l’histoire de notre espèce que nous sommes si nombreux sur Terre, la première fois que nous avons autant épuisé ou pollué nos ressources, la première fois que nous vivons une telle crise de la biodiversité, depuis 4 à 6 millions d’années que les hominidés existent. C’est la première fois que nous sommes capables de manipuler le patrimoine héréditaire des êtres vivants en nous substituant aux forces de l’évolution. La sociologie du risque est la prise de conscience de cette capacité à changer de monde, pour pouvoir la maîtriser et la contrôler au lieu de laisser ce pouvoir immense aux mains d’un infime nombre de manipulateurs. Il serait malsain et dangereux de ne pas avoir un contrôle à la mesure de cette puissance. Pour chaque outil, l’humanité s’est dotée de moyens de contrôle. Avec le couteau par exemple, on peut couper de la viande ou tuer son voisin, mais on a une justice et une police… La puissance de notre contrôle est le seul contrepoids pour contrecarrer la puissance de la technique, et ce contrôle va avec un développement de la prise de conscience de nos possibilités et de nos objectifs à long terme : est-ce qu’on favorise un petit nombre d’humains ou la diversité ? Quelle est la valeur de la vie humaine, et de la vie terrestre en général ?
Ce que nous faisons n’est qu’une luciole
sur un monceau d’obscurité
Etes-vous là pour poser ces questions, ou pour que les gens se les posent, ou donnez-vous également des réponses ?
Nous donnons des réponses partielles, à notre mesure, comme toutes les structures, sachant que ce que nous faisons n’est qu’une luciole sur un monceau d’obscurité ! Mais d’abord, nous posons des questions et nous favorisons la multidisciplinarité, puis nous apportons des éclairages dans les domaines de nos compétences.
A courte vue…
Quels éclairages pourriez-vous donner pour ce qui concerne notre avenir ?
Je le disais, nous vivons une crise unique dans l’histoire de l’homme pour ce qui est des capacités qu’a la planète de nous héberger, et nous devons savoir s’il y a des solutions. Nos objectifs sont clairement humanistes, et nous pensons que la diversité est le socle de la résistance. Une espèce ne peut pas survivre seule : nous dépendons d’un écosystème. Nous devons non seulement prendre conscience de cette crise, mais aussi de nos valeurs. Il y a très peu de temps que nous donnons une valeur à la vie humaine : nous sortons d’un siècle qui a vu l’esclavagisme, les camps de concentration, le travail des enfants, un siècle où la vie à court terme était la priorité : la vie des soldats n’avait guère d’importance face aux décisions de quelques hommes au pouvoir. Maintenant, nous devons décider ensemble si la qualité de vie à long terme vaut quelque chose. Il est assez fascinant de constater, même dans les pays les plus développés qui ont la plus longue espérance de vie, que nos critères médicaux ou nos critères d’évaluation des produits et des techniques que nous mettons sur le marché, sont tous dirigés vers un système à court terme. Par exemple sur le sujet qui me concerne, les OGM, on ne fait pas de tests de plus de trois mois, et l’ensemble de la communauté scientifique “réglementaire” nous dit que les OGM sont sains, qu’ils ne présentent aucun problème… : mais nous n’avons pas été capables de les tester plus de trois mois sur des mammifères ! C’est une insuffisance intellectuelle profonde de nos sociétés qui n’arrivent pas à voir à long terme. De même, quand on commercialise un pesticide, on n’est pas capable de le tester dans son écosystème, de voir à quoi il sert exactement, de voir ses effets secondaires, avant de le mettre sur le marché : pour témoin, tous les pesticides qu’on a dû retirer du marché après leur commercialisation.
Je pense que notre conscience évolue
Aujourd’hui encore, le plus grand pesticide du monde, le Roundup, sur lequel je travaille, n’a toujours pas été testé de façon complète, alors que la combinaison des produits qu’on trouve dans le Roundup tel qu’il est vendu, est parfois 100 fois plus toxique que les éléments testés par la firme : il y a là une malhonnêteté profonde, qui montre qu’on raisonne soit à court terme, soit à courte vue, puisqu’on n’évalue qu’une toute petite partie en connaissance de cause, pour favoriser une économie elle-même basée sur le court terme…La crise actuelle le montre : les systèmes régulateurs sont inventés trop tardivement par rapport à la mise en place des produits et à leur impact. Tout l’enjeu est de penser les systèmes régulateurs avant la mise en place d’une technique, mais ceci nécessite une conscience qui dépasse celle qui nous est actuellement “allouée” par le système. Mais je suis de ceux qui savent que rien n’est figé dans l’évolution. Notre conscience a évolué depuis Cro-Magnon, je ne suis pas d’accord avec les philosophes qui disent qu’il y a stagnation de la conscience : ils ne regardent que depuis 4000 ans, et ce n’est rien face à 6 millions d’années. De plus, on est quand même à l’époque des Droits de l’Homme et du respect de la vie, donc je pense que notre conscience évolue, il y a évolution du niveau global de la conscience humaine. Peut-être qu’il ne faut pas la voir comme un phénomène continu et en chacun, mais plutôt comme une espèce de comète avec une tête et une queue, avec des gens qui vont continuer à s’étriper pour rien et vivre sur leurs instincts animaux, mais nous savons quand même vivre dans un milieu relativement confortable. Aucun enfant ne sait apprendre à monter un escalier sans tomber, et l’espèce humaine se casse la figure sur beaucoup de points, mais elle a peut-être besoin de faire ces expériences douloureuses pour progresser.
Il n’est pas trop tard
De toute façon, il y a en tout cas changement progressif et augmentation de l’impact que nous avons sur le monde. En une demi-génération, nous avons changé la surface terrestre, comme cela n’avait jamais été fait depuis 4 milliards d’années. Nous sommes la seule espèce qui a été capable de changer autant l’écosystème en une demi-génération, en une demi-vie de l’espèce : les bactéries l’ont fait, mais sur 1 milliard d’années, et une bactérie vit 20 minutes, donc vous imaginez le nombre de générations qu’il leur a fallu pour créer l’oxygène et complètement modifier l’écosystème ? 26000 milliards !
Est-il trop tard pour nous ? C’est la question qui vient sur toutes les lèvres quand on est dans ce raisonnement. Pour moi, il n’est pas trop tard parce que nous ne sommes pas sous 10 km de glace. Tant que nous serons capables de lire et d’être lus par exemple, il ne sera pas trop tard, c’est une évidence pragmatique. Maintenant, a-t-on enclenché un processus irréversible ? Comme personne n’en sait rien et ne peut l’estimer parce que trop de paramètres nous échappent, nous devons faire comme si nous avions encore des possibilités, d’autant qu’on voit certaines situations se réparer, par exemple dans des milieux qui avaient été complètement détruits… Il y a quand même beaucoup d’espoir dans ce que nous voyons. Je trouve très rassurant aussi le fait même d’avoir construit l’Europe, qui est la plus grande zone de paix de l’histoire des hommes. La prise de conscience des droits de l’homme n’est pas non plus que symbolique : tuer autrui pour avoir le pouvoir, de village à village, de pays à pays, est devenu anormal dans la conscience collective, et c’est important, c’est la première étape vers la marginalisation de ces comportements qui, évidemment, selon moi, vont perdurer, puisque je vois l’histoire de notre évolution comme une comète. Mais moi, je suis terrien avant d’être européen, et européen avant d’être français, et je pense que nous devons trouver ensemble la volonté d’appartenir à une collectivité plus grande, et comprendre que notre intérêt commun est multiplié quand nous recherchons l’intérêt de l’autre.
Nous devons faire comme si
nous avions encore des possibilités
Nous avons tout imaginé
Qu’est-ce qui peut nous aider à avancer dans cette direction ?
À l’évidence, les crises - c’est ainsi qu’a fonctionné le système -, mais aussi l’anticipation de la crise dans nos cerveaux, à partir des expériences précédentes, ce que nous faisons en en parlant, et la richesse que nous avons de prendre conscience de notre pouvoir sur la matière. A l’heure où vos lecteurs liront ces lignes, s’ils tournent la tête autour d’eux, ils pourront remarquer que tout a été imaginé par un ou des humains. La transformation du monde autour de nous est complètement le fait de l’espèce humaine, il n’y a pas un centimètre carré de notre entourage qui n’ait un jour été imaginé par un ou des êtres humains. Nous vivons dans un environnement entièrement “artificiel”, on trouve même dans la jungle des résidus de nos activités industrielles. Chez les Inuits, on trouve des quantités de dioxine ou de pesticides parmi les plus importantes de la planète, alors qu’ils n’en ont pas utilisé un gramme, simplement à cause du tourbillon des vents et des atmosphères. Quelques humains, par intérêt, ont transformé le monde : nous ne fonctionnons pas en démocratie à ce niveau.
Où s’arrête ma conscience ?
Conscience du moi
N’est-ce pas le nœud du problème, que de voir principalement notre intérêt ?
Est-ce que mon intérêt et l’intérêt commun peuvent fusionner ? Est-ce que je dois défendre mon intérêt au détriment de l’intérêt de l’autre ? C’est une façon de raisonner. A quel terme dois-je raisonner : pour demain, après-demain, comme si j’avais une famille, pour une génération, pour plusieurs ? Où s’arrête ma conscience, à ma peau ? Ou bien englobe-t-elle aussi mes voisins ? Sont-ils un peu de ma conscience et suis-je un peu de la leur ? Dans le temps, où s’arrête ma conscience : est-ce que demain suffira ou dois-je voir plus loin ? Finalement, où sont les limites du moi, de ma conscience du moi ? Quelle est ma conception du monde et de l’humanité ? Le noyau chaotique de décideurs ou de transformateurs du monde a à prendre conscience que le moi est plus large qu’il n’y paraît : nous sommes des moments de 4 milliards d’années, nos atomes de carbone se sont constitués dans le cœur d’une étoile et y retourneront. Où est mon moi ? Il est en fait un moment de conscience échangée avec d’autres. Cette conscience pourrait-elle exister sans la conscience des autres ? Certainement, puisqu’on le voit chez les rats ou les enfants laissés à l’abandon, mais elle est réduite à moins que rien s’il n’y a pas d’échange : c’est l’échange qui crée la conscience. En prenant appui sur ces données, on se rend compte que le moi est plus large qu’il n’y paraît, on peut donc avoir une vision plus altruiste et à plus long terme, et il ne faut pas forcément que la majorité de l’espèce humaine ait cette conscience : il n’a pas fallu que la majorité de l’espèce humaine ait la conscience de comment on construit un canon ou une bombe atomique pour transformer l’humanité. Par contre, cette conscience doit imprégner non seulement les décideurs, les politiques ou les élites, mais aussi ceux qui ont une influence sur les autres, les artistes, les créateurs, et nous tous, en réalité. Dès qu’on choisit d’avoir sur les autres une influence positive, on participe à ce changement.
Science et spiritualité
Quand un scientifique comme vous parle de spiritualité, c’est vraiment formidable !
Beaucoup de gens parlent de spiritualité, mieux que moi. Les scientifiques sont comme tout un chacun, ils se bricolent une philosophie avec leur culture, leur passé, leurs traditions, leurs moments de vie et leurs expériences, et ils essaient de confronter ensuite cette philosophie à leur profession, de façon à être en harmonie avec elle. Je n’ai pas eu ce mal-là, car j’ai toujours considéré que la science est une découverte du monde comme la poésie, comme la peinture ou la spiritualité. Elle est une facette du cerveau humain. D’ailleurs, je me suis longtemps demandé si j’allais faire de la littérature ou de la science. J’utilise la science comme un outil dans ma découverte du monde, je suis capable de poser cet outil et d’en prendre un autre. Je déplore que nos scientifiques actuels soient considérés presque comme l’étaient les grands prêtres d’autrefois… On a remplacé le dieu barbu et punisseur par le hasard, et chacun a ses adeptes, mais quand on est dans ce combat-là, on n’est pas dans la science et on n’est pas non plus dans la réflexion spirituelle.
Terrorisme génétique
Vous parlez de la possible fabrication de “monstres génétiques microscopiques aux caractéristiques funestes”. Je n’ai pas très bien compris…
On a identifié le patrimoine génétique de virus très dangereux, comme Ebola ou le sida, ou de bactéries très dangereuses comme celles qui donnent l’anthrax. On peut placer ces gènes dans des bactéries communes, comme les levures, et les répandre ensuite dans de nouveaux écosystèmes comme l’alimentation, donc dans le corps humain. Avec quelques grammes de bactéries génétiquement modifiées - et c’est ce qu’on a craint au début de la présidence de Bush -, on peut faire du terrorisme biologique, génétique, qui consiste à fabriquer de nouveaux micro-organismes virulents, qu’on ne saura pas contrer immédiatement (puisqu’on sait même leur mettre des gènes de résistance aux antibiotiques), en combinant les caractéristiques de microbes qui se répandent beaucoup à des caractéristiques de microbes extrêmement virulents.
L’objectif étant de décimer une population ?
L’objectif est d’abord militaire, comme toujours en ce qui concerne la création d’armes destructrices. Dans les pays du G8, pendant trente ans, on a plus dépensé pour nous détruire que pour nous guérir. Ce qui est grave, c’est que ces manipulations génétiques, plus faciles que le clonage humain, sont aujourd’hui à la portée des laboratoires privés.
Manipulations psychologiques
Je vous cite encore : “Tous les outils sont là aujourd’hui qui auraient permis presque sans effort à Hitler de créer une race à part.” - j’imagine que vous parlez d’eugénisme – “On peut intervenir génétiquement pour guérir ou éviter certaines maladies physiques.” Il est donc envisageable d’intervenir pour modifier l’être humain au niveau psychologique ?
Oui, c’est possible. Certains médicaments chimiques modifient la psychologie de quelqu’un. On sait dérégler un corps pour lui donner l’épilepsie. On a des pesticides qui donnent des maladies nerveuses. On sait développer des neuromédiateurs, c’est-à-dire des hormones, qui changent le fonctionnement électrique du cerveau donc, forcément, la psychologie en est altérée complètement. Maintenant, redresser ou “créer” une psychologie est beaucoup plus difficile. Des essais ont été faits en Californie pour trier les embryons selon une liste de 400 critères génétiques, ou pour inséminer des ovules choisis avec du sperme de Prix Nobel… C’est oublier complètement le fondement même de la génétique, selon lequel une fonction n’est jamais assurée par un seul gène, mais par un réseau de gènes fonctionnant dans un environnement. Nous avons 28000 gènes, nous en utilisons quelques centaines dans une cellule, un gène peut s’exprimer ou pas, nous avons des centaines de fois plus de gènes qui assurent la santé que de gènes qui assurent la maladie, sinon nous ne serions pas vivants, ce qui signifie que lorsqu’un gène génère une possibilité de cancer, d’arthrose ou de maladie mentale, cent gènes compensent cette tendance… Pourtant, en Angleterre par exemple, vous pouvez être limité dans l’achat d’une maison si vous êtes susceptible d’avoir un cancer ou un diabète important dans 10 ans, et votre assurance vous coûte plus ou moins cher selon votre patrimoine génétique.
Ce qu’on sait faire, par contre, c’est cloner tous les mammifères… mais avec à peu près 98% d’échec, ce qui est donc un crime contre l’humanité, puisqu’on crée plus de monstres que de clones sains. Il n’en reste pas moins qu’on a cloné tous les mammifères et qu’on essaie de cloner et de modifier génétiquement l’humain. On sait déjà intégrer de nouveaux gènes dans les spermatozoïdes, et on sait aussi faire entrer des gènes d’autres espèces dans des ovules.
Vous voulez dire des fécondations inter-espèces ?
Oui.
Dont l’humain ? Ou entre espèces végétales et animales ?
Entre espèces végétales, c’est évident. On sait faire des chromosomes artificiels et des chromosomes en kit (j’en parle dans mon livre Génétiquement incorrect) pour rentrer les caractères nouveaux d’autres espèces dans une quelconque autre. Certains chercheurs australiens ont proposé de le faire sur l’humain pour essayer de soigner des déficiences ou des maladies génétiques, ou pour essayer de sélectionner les gènes de la longévité. On a déjà réussi à faire des mouches ou des souris qui vivent 50% plus longtemps que la normale avec ces gènes. Alors pourquoi ne pas les rentrer dans l’espèce humaine ? C’est un danger mal contrôlable mais la pression devient grande qu’il se réalise.
Une fonction ne peut pas
être réduite à un gène
Pourrait-on imaginer manipuler génétiquement l’homme pour qu’il devienne plus altruiste, plus généreux, moins égoïste ?
Non. Votre question est basée sur ce que la génétique a véhiculé de concepts réducteurs et réductionnistes. Une fonction ne peut pas être réduite à un seul gène, elle est toujours liée à un réseau complexe de gènes dans un environnement, et il n’y a pas que les gènes, il y a la réaction cellulaire, etc. Les caractéristiques dont vous parlez dépendent de centaines de gènes, et de critères non génétiques, qui sont régulés différemment en fonction de la position, de l’environnement, etc. Ce qui relève de la conscience ne peut pas être exprimé en termes de gènes : c’est comme si vous exprimiez le volume d’une cathédrale en termes du sable qui a servi à raser la pierre pour lisser les sculptures. C’est un élément qui a servi dans le système, mais à sa place uniquement. De plus, et malheureusement, on peut plus facilement détruire que construire. Nous ne maîtrisons pas tous les paramètres nécessaires pour construire, ou pour créer la vie. Par contre, détruire est plus facile.
Cerveau planétaire
Un aspect intéressant pour moi. Vous dites que “nous disposons d’outils très performants pour nous en sortir, dont Internet.” Pour que l’information circule, je suppose ?
Oui. Pour former des réseaux de gens qui ne se connaissent pas a priori mais qui, à travers la planète, ont des idées ou des intérêts communs. Avant, il fallait quelquefois des centaines d’années pour y arriver. Maintenant, un clic suffit : pensez par exemple aux manifestations altermondialistes. Internet est un outil à double facette, comme tous les outils, mais il peut nous servir, nous aider à nous rencontrer. C’est un cerveau planétaire par la jonction de nos cerveaux personnels, avec tous les inconvénients, mais aussi tous les avantages que vous pouvez imaginer.
Pour en savoir plus
CRIIGEN
Université de Caen
Esplanade de la Paix
14032 Caen Cedex
www.criigen.org
Parmi les ouvrages de l’auteur
Chez Flammarion :
OGM, le vrai débat
Génétiquement incorrect
Ces OGM qui changent le monde
Après nous le déluge ?, avec JM Pelt
Nous pouvons nous dépolluer ! Ed. Josette Lyon
La suite dans la revue n°34