Protocole de libération du subconscient


Pour choisir plus librement les intentions que nous posons…

Idris Lahore

psycho-anthropologue

De mon point de vue, ce protocole est le plus intéressant et le plus efficace de tous les traitements de médecine ou de psychothérapie énergétiques que je connaisse, lorsqu’il est appliqué correctement, mais pour qu’il soit efficace, il faut à la fois en saisir l’esprit et en connaître parfaitement la technique.

Tout d’abord, il est utile de rappeler quelques notions de base du fonctionnement de notre inconscient, de notre subconscient et de notre conscient, avec leurs effets sur notre vie de tous les jours, sur notre bien-être et notre mal-être, sur nos maladies et notre santé, sur notre relation avec les autres et à nous-mêmes. Les définitions que nous en donnerons ne sont pas absolues : elles nous sont utiles pour le protocole dont il est question, et il est probable que vous connaissiez des définitions différentes pour les mêmes mots.

Le conscient

Nous définirons aujourd’hui le conscient de la façon suivante : il est la partie de notre mental, ou de notre psychisme, dans laquelle nous percevons avec nos sens toutes les impressions qui nous viennent du monde extérieur : ce que nous voyons, entendons, sentons, goûtons, touchons consciemment, en sachant que nous percevons avec nos sens beaucoup d’impressions dont nous ne sommes pas conscients. Malgré tout, tout ce qui entre en nous et dont nous ne sommes pas conscients est enregistré en nous, dans notre inconscient.

Nous n’allons pas étudier les différentes parties de cet inconscient, comme mon inconscient personnel qui contient toutes les expériences individuelles que j’ai pu faire, l’inconscient de ma famille, qui m’habite aussi ou plutôt dans lequel j’habite, l’inconscient de ma nation, l’inconscient collectif de l’humanité… Nous n’en parlerons pas, mais nous savons que ces inconscients-là résonnent aussi en nous.

Une partie de notre conscient est la façon dont nous pensons et dont nous remarquons que nous pensons, la façon dont nous vivons nos émotions et nos sentiments et dont nous remarquons que nous les vivons, la façon dont nous avons des sensations physiques et dont nous remarquons que nous les avons. Nos pensées, émotions et sensations sont en partie conscientes et en partie s’accumulent dans notre inconscient. Nous ne vivons pas seulement ce que nous avons décidé consciemment : nous vivons aussi à partir de tout ce qui vit en nous de façon inconsciente. Certains pensent même que nous vivons surtout à partir de ce qui nous agite intérieurement sans même que nous en soyons conscients en dehors du fait que, soudain, les choses se manifestent à notre conscience. Par exemple, nous rencontrons quelqu’un que nous n’aimons pas et nous remarquons que notre gorge se serre ou que nous avons un nœud à l’estomac ; nous voyons la personne dont nous sommes amoureux et nous remarquons que notre cœur se met à battre plus vite, etc. Que sont ces manifestations physiques ? C’est notre inconscient qui donne cet ordre à notre corps, qui lui dit de réagir de cette façon dans cette situation. Nous réagissons la plupart du temps d’une façon qui nous est agréable, mais lorsque nous sommes face à des personnes ou des situations qui nous déplaisent, nous avons des sensations ou des symptômes désagréables : notre corps provoque des réactions déplaisantes ou même douloureuses, des souffrances.

La suite dans la revue n°36

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Visualisation émotionnelle d’intention

Jean du Chemineau

poète et consultant

Le message vient de tomber dans ma boîte mail, un article à écrire, douze mille cinq cents signes… quasiment pour avant-hier… thème : l’Intention !

Non ! Pas maintenant, pas comme cela, pas le temps, plein de choses me viennent en tête, j’ai envie de bouger, de me balader, pas d’écrire et puis je serais si bien devant la télé.… Cet éditeur… pfff…

Les mécaniques intérieures grincent furieusement et m’éloignent de ce qui est important… Quel est mon besoin, mon objectif, mon Intention, mon but ?

Quand j’ai accepté d’écrire, il devait y avoir comme une nécessité, alors ?

Je vous propose de parcourir ensemble la réflexion qui conduira au bout de ces lignes et qui vous montrera ma manière, non seulement d’atteindre le but que je me fixe, mais aussi d’autres nettement plus importants.

Allons donc…

Comment faire face à un impératif, à un besoin, à un objectif ?

D’abord…

Me poser…

Un siège confortable, une position à la fois détendue et soutenue, la respiration calme et profonde. Je sens l’air qui entre en moi et j’expire calmement, échange entre le monde et moi, les pieds bien au sol, attentif à ce qui vient, aux mouvements en moi, tant de l’esprit que du corps.

Et le calme est là, les mots viennent…:

Egaré

Dans un monde

Qui se perd

Et me trouble…

Au-delà de l’espace

Et du temps

Là où l’Esprit libre

Règne à jamais

Là où la Paix et la Joie

Dansent.

Au-delà des destins anciens

Vit le souffle de l’Esprit.

L’Esprit en toi

L’Esprit en moi

Pour la Paix

Et l’harmonie.

Que faudrait-il

Pour que cet instant

Jamais

Ne se termine ?

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Intention ou illusion ?

Ce que nous appelons notre intention, serait-ce une histoire que nous nous racontons à nous-même ? Qui en moi décide ? Que nous disent les récentes expériences en neurophysiologie ?

Dr Fabrice Berna

psychiatre

Décidons-nous de notre vie ?

Nous vivons généralement avec le sentiment que nous décidons de notre vie, le sentiment qu’en tant qu’êtres humains, nous sommes capables de choix. Nos décisions, pensons-nous, sont mûrement pensées, réfléchies, puis seulement ensuite, mises en actes. Notre intention est ainsi considérée comme l’étape qui précède la réalisation d’une action et de ce fait, une des composantes de la volonté. On peut même dire que l’intention est la composante immatérielle de l’action, l’action correspondant en quelque sorte à la matérialisation de cette pensée. Cependant, les recherches scientifiques qui s’intéressent à la volonté et à l’intention apportent sur ces phénomènes une compréhension bien différente de l’expérience que nous en faisons quotidiennement. Examinons de plus près ce qu’il en est.

Action volontaire ou déterminée ?

D’un point de vue neurophysiologique, il est difficile de définir ce qu’est une action volontaire, même lorsqu’on s’intéresse à un simple mouvement de la main, comme prendre un stylo, par exemple. L’action volontaire est plutôt définie par opposition à l’action réflexe. Un réflexe correspond à un mouvement déclenché immédiatement en réponse à un stimulus extérieur. C’est par exemple ce que le médecin recherche lorsqu’il percute le genou avec son marteau réflexe : il observe si la cuisse se contracte. Ce mouvement de la cuisse se fait de façon automatique, indépendamment de notre volonté : c’est un mouvement réflexe. Un mouvement volontaire est donc, par opposition, un mouvement qui ne naît pas en réaction à un stimulus extérieur. Voilà une définition en apparence simple, mais qui mérite quelques précisions. Un mouvement est considéré comme volontaire 1) s’il n’est pas déterminé par une stimulation extérieure identifiable ou 2) si cette stimulation extérieure n’influence le mouvement que de manière très indirecte ou secondaire. Ces précisions suggèrent qu’une action est dite “volontaire” tant que l’on n’a pas réussi à mettre en évidence ce qui l’a “provoquée”. Une autre manière d’exprimer cette idée est de dire qu’une action est “par essence” déterminée et volontaire seulement “par défaut” ou “faute de preuve”.

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La loi de l’attraction


Le positif attire le positif

Maya Ollier

directrice de la rédaction

La loi de l’attraction est aujourd’hui très à la mode dans nos médias. J’ai souhaité vous donner ici un éventail des informations et publicités circulant aujourd’hui sur internet, en mentionnant nécessairement le site source de l’info publiée ici, mais en supprimant toute mention précise de l’ouvrage dont il est question, mon propos n’étant pas de faire la promotion d’un livre, dvd, extrait vidéo ou site web, comme il en existe actuellement pléthore, même en français, et ne parlons pas des sites et ouvrages anglophones ! (Pour info, le moteur de recherches Google recense 369.000 occurrences pour l’expression “loi de l’attraction” et 23.100.000 pour “law of attraction”. No comment !).

Récemment, il y a eu une explosion de discussion autour de la Loi de l’Attraction. Si vous n’êtes pas encore familier avec le concept, en voici une explication simple. Le positif attire le positif et le négatif attire le négatif. En d’autres termes, vous recevrez de bonnes ou de mauvaises choses en fonction de sur quoi vous vous focalisez.

Si vous vous concentrez sur le positif dans votre vie, alors plus de choses positives arriveront sur votre chemin. Si vous passez votre temps et votre énergie à vous focaliser sur le négatif, alors vous attirerez encore plus de choses négatives.

Vous pouvez utiliser ces principes pour exploiter la loi de l’attraction… :

Exprimez de la gratitude, de la reconnaissance. Si vous voulez plus de quelque chose, tel que de l’argent, vous devez d’abord exprimer de la gratitude pour ce que vous avez actuellement. La gratitude est une émotion positive très puissante. Soyez reconnaissant pour tout ce que votre Créateur vous a déjà donné. Vous devez être sincère dans vos remerciements. Si vous ne ressentez pas honnêtement la gratitude, vous ne serez pas capable d’utiliser cette émotion positive pour attirer plus de ce que vous voulez. On ne triche pas avec l’Univers.

Restez concentré sur ce que vous avez plutôt que sur ce que vous n’avez pas…

Débarrassez-vous des pensées négatives. Il est IMPÉRATIF que vous éliminiez autant de sentiments négatifs que possible. Faites consciemment un effort de trouver du positif en tout, car votre négativité ne sera pas récompensée par des résultats positifs.

Ayez la Foi. Il y a d’innombrables cas documentés de personnes qui ont reçu ce que leur cœur désirait en utilisant les principes trouvés dans la Loi de l’Attraction. Ces personnes ne sont pas différentes de vous ! Il est temps de croire profondément que vous méritez tout ce que vous désirez.

www.penseepositive.ne

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Du boomerang à Princeton

Francis Sehl

formateur

Le mystère du boomerang égyptien

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de faire un voyage en Egypte et, à cette occasion, de visiter le fameux musée d’égyptologie du Caire. Lors de cette visite, mon attention fut attirée vers une vitrine du secteur réservé aux trouvailles faites dans le tombeau de Toutankhamon. Cette vitrine contenait une collection importante de différents boomerangs que ce jeune pharaon utilisait pour la chasse. Une gravure d’époque le montre manipulant cette arme. J’étais très profondément étonné : comment se fait-il qu’un pharaon puisse connaître le boomerang, cette arme utilisée ailleurs dans le monde uniquement par les aborigènes d’Australie ? L’hypothèse du voyage d’un Australien vers l’Egypte, ou inversement d’un Egyptien vers l’Australie, me paraissait peu probable, l’Australie étant une île, et les deux pays étant presque diamétralement opposés sur la mappemonde. N’ayant pas la réponse à cette question qui pourtant m’obsédait, je l’ai laissée de côté pendant longtemps.

Quelques explications d’un érudit

Quelques années plus tard, j’eus l’occasion de travailler professionnellement à Paris avec un féru de philosophie et d’ésotérisme à qui je parlai de cette question. Il me répondit qu’il n’y avait peut-être pas eu besoin d’un voyage physique pour que cette connaissance se répande.

Je ne comprenais pas. Comment des connaissances peuvent-elles voyager seules ?

Il m’expliqua que les connaissances, toutes les connaissances humaines, et même des connaissances anciennes, deviennent accessibles à ceux qui ont l’intention d’y accéder.

Il me parla des “chroniques de l’Akasha”, un ensemble de connaissances de tous les événements, de tous les faits et gestes de chaque humain, et dans lesquelles les sages de l’Inde savent lire…

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Les phénomènes psychiques existent

Une caractéristique du vide cosmique est celle d’un champ qui pénétrerait toutes choses, les reliant entre elles, un champ qui conserve et transmet toutes les informations contenues dans l’univers

Pierre Maharan

psychosociologue

De tout temps, les philosophes ont questionné la capacité de l’individu à influer, grâce à sa volonté, à la force de son intention, sur le cours de sa vie et sur son environnement.

Certains se sont penchés sur la nature de cette force et se sont mis en recherche d’éléments d’explications. Plus récemment, la science elle-même commence à dégager quelques pistes.

Ainsi, depuis plus d’un siècle, nombre de scientifiques ont accumulé les expériences cherchant à évaluer la capacité du psychisme d’un individu à influer par la seule pensée sur son environnement et, en particulier, dans le domaine de la relation.

L’influence à distance

Dans ce domaine, il est quelques expériences plus ou moins spectaculaires, qui ont contribué à éveiller la curiosité. Parmi les plus significatives, on trouve celles de Cleve Backster, spécialiste reconnu du “détecteur de mensonge”, qui est à l’occasion utilisé pour vérifier l’authenticité des propos d’une personne interrogée. A partir des années 1960, Backster a consacré sa carrière à expérimenter l’influence des intentions ou des états émotionnels des individus sur les plantes, les bactéries, les humains… Il a notamment découvert que de simples cellules prélevées réagissent aux états émotionnels de leur propriétaire, alors que celui-ci est situé à une distance de plusieurs centaines de kilomètres.

Paranormal et dérapage

Il existe quantité d’expérimentations plus ou moins sérieuses et dignes d’intérêt qui ont évidemMent levé le tollé des sceptiques. Il en découle toute une littérature de théories plus ou moins réalistes et plus ou moins vérifiables.

La fin du 19e siècle avait vu un premier élan d’intérêt pour les phénomènes d’hypnose, le mesmérisme, le spiritisme, l’illusionnisme et tout ce qui a trait au paranormal. Les dérapages et escroqueries divers dans ce domaine, en particulier de ceux qui étaient les plus médiatisés, ont mené les scientifiques à fermer la porte à une étude sérieuse de la psyché dans sa dimension perceptive, subjective, qui correspond aux capacités psychiques telles que la télépathie, la clairvoyance, les états de conscience modifiés…

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L’intention : un chemin de vie

Je peux faire le choix de ce que je veux vraiment vivre

Cécile Kapfer

psychologue clinicienne psychothérapeute

interview Maya Ollier

Science de la Conscience : Quelle est votre définition de l’intention ? Quelles sont les autres formulations possibles ?

Cécile Kapfer : L’intention telle que je la propose annonce un processus, un chemin : la voie, le processus de notre ou de nos intentions. L’intention est aussi un concept de vie : “intention” vient du latin “intentio”, action de diriger, diriger sa vie, diriger son existence. Bien entendu, nous avons perdu ce sens originel de nos intentions.

L’intention est une dynamique de vie qui nous met en action positive et constructive. Dans les temps à venir, elle connaîtra un développement considérable car nos enfants ont vraiment besoin de leurs intentions… Or, de fait, nous avons souvent perdu le fil de nos intentions. Le processus de l’intention dont il est question ici n’a rien à voir avec les bonnes ou les mauvaises intentions, rien à voir avec l’intention dont on entend habituellement parler dans les médias. Au-delà des intentions déclarées des uns et des autres, l’intention traditionnelle est souvent devenue vide de sens, parce que vide de réalisation. Il s’agit de réapprendre à vivre l’intention dans un sens global, qui ne soit plus exclusivement mental.

L’intention dont je parle est notre intention vécue, du dedans de soi, c’est une impulsion qui vient de soi, que l’on vit et partage. Cette intention n’est ni philosophique, ni théorique, ni intellectuelle. Par contre, chaque être vivant - dont l’être humain - vit, exprime, une intention, ou son intention, qu’il en soit conscient ou non. Car l’intention est forcément et avant tout un processus vivant porté et vécu par un être vivant, humain, animal, plante. Chacun, donc, vit son intention propre : c’est inhérent au fait que nous soyons en vie.

D’autres formulations possibles ? L’intention a tout à voir avec faire le choix de ce que je veux vraiment vivre. Donc elle a à voir avec porter son regard plus loin que l’immédiat vécu : regarder vers son propre futur. L’intention va en outre avec l’évocation de potentia-lités que nous avons en nous, individuellement, et que nous exprimons peut-être trop rarement. J’émerge en mon intention, je vis en mon intention, mon intention vit en moi. Mon intention m’est personnelle, je la vis du dedans. Lorsque quelqu’un m’exprime son intention vécue, je comprends mieux ce qu’il vit, son ressenti intérieur.

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Changer vos pensées

C’est la condition première du changement

Patrick J. Petri

penseur et peintre

Nous sommes ce que nous pensons

Par rapport à tous les autres êtres vivant sur Terre, les êtres humains ont une faculté en plus, qui est à la fois la source de leur emprisonnement et source de leur délivrance : la pensée.

Les gens aiment bien les citations, mais à votre avis, qui a dit : “Nous sommes ce que nous pensons” ? Un personnage célèbre… Celui qui a énoncé “le noble chemin octuple”, celui qu’on appelle Bouddha, en réalité Siddhârta Gautama, le fondateur du bouddhisme (”bouddha” est un mot sanscrit signifiant en réalité “éveillé”).

Nous sommes ce que nous pensons : ceci signifie que vous ne pouvez ni être différent, ni devenir différent de ce que vous pensez. Essayez un instant de saisir ce que cela veut dire pour vous : ce que vous êtes aujourd’hui, c’est ce que vous pensez. Tout ce qui nous arrive, nous arrive par ce que nous pensons, à travers ce que nous pensons.

Nous sommes ce que nous pensons. Qu’est-ce que cela évoque en vous ?

Auditrice : Que ma vie n’est faite que de mes conditionnements mentaux. Ce sont eux qui me font voir la vie comme je la vois…

C’est-à-dire de tout ce qu’on a mis dans votre pensée depuis que vous êtes sur terre ? Oui… Vous nous parlez du passé. Mais qu’est-ce que cela peut évoquer encore ? Tout ce qui nous arrive nous arrive à travers ce que nous pensons, à travers notre façon de penser, à travers nos pensées…

Un immense message d’espoir

Auditeur : Cela signifie que si je veux changer, il faut que je pense différemment ?

Mais oui ! Le noble sentier octuple donné par Bouddha est un sentier qui mène à la libération, donc ce qu’il disait faisait évidemment référence au passé, mais était surtout un immense message d’espoir pour tous ceux qui souffraient, puisque son but était de délivrer l’être humain de la souffrance. En effet, si je suis ce que je pense, cela signifie que je peux, aujourd’hui, changer mes pensées, changer ma façon de penser. Voilà ce que cela signifie. Voilà le message. Changer est possible aujourd’hui, certainement pas toute votre vie immédiatement, puisque ce que vous avez semé dans le passé, vous le récolterez encore un peu aujourd’hui et un peu demain… Si votre vie est belle, ne changez rien, mais si vous avez des souffrances ou des difficultés, vous savez que vous pouvez changer cela parce que ce que vous pensez fait ce que vous êtes et ce que vous vivez. Ce que vous pensez entraîne un certain type de sentiments et d’émotions et, par conséquent, un certain type d’actions et de situations.

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Avant de poser une intention

… retrouver pour soi,

les notions de bien et de mal, de beau et de laid, de vrai et de faux

Selim Aïssel, fondateur de la P.A.

Penser, non pas refléter les idées des autres

L’une des caractéristiques de l’être humain, c’est qu’il est capable de réfléchir, de penser. Le problème, aujourd’hui, est que la plupart des êtres humains ne pensent pas. Vous ne le croyez peut-être pas, mais c’est la réalité : la plupart des gens ne pensent pas ! Ils ne pensent pas par eux-mêmes, ils ont des idées, mais ce sont des idées reçues, les idées de leur époque, les idées qu’ils trouvent dans les journaux, dans les livres qu’ils ont lus, ce qu’ils ont entendu à la télévision, à la radio, ce que racontent le père ou la mère, le facteur ou la voisine, le patron ou la copine, etc. C’est quand je pense que la pensée commence. Mais quand je ne fais que refléter l’opinion générale, ou les idées des autres, ou celles de l’époque, je ne pense pas encore. La pensée commence lorsque moi-même, je commence à me faire une idée personnelle sur quelque chose qui vient de se passer en moi ou devant moi.

Pour être capable de reconnaître le bien et le mal, pour pouvoir ensuite décider ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, puis pour pouvoir agir juste, il faut vraiment avoir mené une réflexion sur le sujet, il faut avoir pensé la chose, avoir pris le temps de la pensée réelle, et non pas seulement avoir adopté une pensée en fonction de l’idée des autres. Il n’existe pas de pensée réelle dans l’absolu : il existe la pensée réelle que vous pouvez atteindre par votre réflexion.

Une remise en cause globale

Il est vrai que dès que vous commencez à vous poser une question d’ordre moral ou éthique, il faut introduire beaucoup de données différentes. Il y a d’abord la réflexion sur l’événement dont vous partez, puis une remise en question de l’ensemble. L’ensemble de vos valeurs est nécessairement remis en cause, ce qui vous amène, si vous êtes sérieux dans votre pensée, à une réflexion sur le bien et le mal dans l’absolu : influence du mal, présence du bien et du mal, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur, etc. Si vous êtes sérieux ou honnête avec vous-même, vous êtes obligé d’aller jusqu’au bout des choses. Sinon, vous perdez votre temps… Mais pour être réellement sérieux, il n’y a qu’une solution : s’engager sur un chemin de connaissance, et ce peut être de façon très différente selon chacun, aussi bien dans le choix de l’orientation que dans la vitesse à laquelle on s’y engage ; un chemin de connaissance étant un chemin de la pensée, auquel se mêlent ensuite le corps physique et le cœur. L’être entier est engagé, c’est l’ensemble des forces qui existent en vous qui est mis en branle.

La suite dans la revue n°36

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Entre ciel et terre

L’enjeu véritable des conséquences de nos actions d’aujourd’hui sur notre monde de demain

Antonin Pasquereau

Adjoint de direction

Rédaction et communication

Nous n’héritons pas de la terre de nos parents,
Nous l’empruntons à nos enfants

(Antoine de Saint-Exupéry)

Volonté d’isolement ?

Le dicton selon lequel “Qui n’avance pas, recule’” pourrait être un excellent leitmotiv dans la société occidentale qui impose son modèle au monde depuis plusieurs décennies. L’homme des villes appartenant à une culture économique mondiale est une singularité de l’époque que nous vivons et, alors que nous continuons d’avancer dans les sillons des civilisations précédentes, en prolongeant à l’extrême un mode de vie fondé sur la consommation, nous réalisons aussi peu à peu combien la crise qui commence à nous toucher pourrait remettre en question une vie que nous considérons normale. Normal de vivre en satisfaisant des besoins créés de toute pièce pour pérenniser une économie déjà vacillante ? Nous en venons même à oublier que nous appartenons à un monde qui suit d’autres lois que celle du marché. La capacité d’un système à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes extérieures s’appelle homéostasie. Nous pouvons voir que le monde façonné par l’homme moderne est un prolongement de cette volonté d’isolement d’une nature qu’il considère difficile, prévisible, injuste. Cette grande cassure dont il devient la victime trouve racine dans l’oubli de son appartenance à un environnement, à un univers, avec lequel il est relié. Certains voient, dans le changement individuel et profond, la seule réponse globale aux maux de l’époque ; il s’agit toutefois d’un changement de conscience, seul terme expliquant notre place et notre impact dans un système plus vaste, impliquant la plus grande révolution des consciences jamais connue.

Qui n’avance pas, recule

La suite dans la revue n°35

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Penser autrement

La seule condition du changement véritable

Ennea Tess Griffith

directrice de formation

Beaucoup trop jeune

La pensée est un bienfait pour l’être humain, mais elle s’est emballée. Ceci est peut-être dû au fait qu’elle est toute jeune, trop jeune : elle est le dernier élément qui s’est ajouté à la nature humaine. L’être humain est terriblement jeune et l’instrument qui lui permet de penser, le néocortex, est trop jeune, il nécessite d’être affiné. L’être humain croit que son cerveau pensant est extrêmement développé, sophistiqué, raffiné : il n’en est rien ! En même temps, il prend le dessus sur tout le reste, il se comporte comme un gosse qui crie et dont il faut tout le temps s’occuper. La pensée humaine ressemble à un bébé qui voudrait tout diriger.

Dans quelques milliers d’années, quand le cerveau aura pris de l’âge, il sera peut-être à sa juste place. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, le cerveau pensant est l’outil humain le moins développé.

Le vrai moi de l’être humain

L’image de la charrette permet de se faire une représentation de l’état de l’être humain : la charrette (le corps physique) sur laquelle est assis un cocher (l’esprit) tenant par les rênes des chevaux (ensations, émotions, sentiments). En principe, le cocher dirige la charrette, mais lorsqu’il s’endort, qui décide ? Les chevaux ! Et l’un tire dans un sens, l’autre dans un autre. Il arrive aussi que la carriole soit en très mauvais état : les essieux se brisent, les roues ne tournent plus, la charrette n’avance plus, on ne va plus nulle part.

C’est ainsi que fonctionne l’être humain. Parfois, c’est son corps physique qui lui indique la direction à suivre ; d’autres fois, ce sont ses émotions ou ses sentiments ; de temps en temps, sa pensée. Mais où se trouve le véritable moi humain, qui n’est ni le corps physique, ni les émotions, ni la pensée. Le vrai moi, l’essence, se situe ailleurs, et si ce n’est pas lui qui dit au cocher où il faut aller, comment il faut soigner les chevaux et entretenir la carriole, l’être humain est tiraillé entre cocher, chevaux et carriole, et, en général, le cocher dort ou bien il se drogue, pas seulement à l’alcool, mais à toutes sortes de sensations, d’émotions et de pensées…

La suite dans la revue n°35

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LE SAT – DESCRIPTION ET TEMOIGNAGE

Une formation créée par Claudio Naranjo

Karin Reuter

directrice

Institut Hoffman France

Claudio Naranjo

Faut-il encore présenter Claudio Naranjo ? Psychiatre chilien d’origine juive, le Dr Naranjo est toujours considéré comme un des pionniers du mouvement du potentiel humain, mais surtout comme le tout premier à avoir développé l’enseignement de l’Ennéagramme que lui a transmis Oscar Ichazo. Il articule de manière unique le travail de guérison et d’éveil de conscience, se démarquant du courant transpersonnel. On lui doit une œuvre foisonnante dont une analyse lucide du déclin de la civilisation patriarcale qui est la nôtre. Lorsqu’il introduit son programme SAT en France en octobre dernier (SAT signifie “Seekers After Truth”, Chercheurs de Vérité, mais aussi “Etre” en sanskrit), Claudio dresse un parallèle inédit entre nos trois cerveaux – le reptilien, le limbique, le cortex – et les trois dimensions de l’amour qui leur sont liées – le plaisir, la compassion, le respect. Il nous expliquait alors que notre société patriarcale avait sacrifié les deux premiers principes, correspondant à la Mère et à l’Enfant intérieurs, sur l’autel du Père au nom duquel on est encore prêt à tuer. Une société bafouant ainsi l’amour de soi et de l’autre ne peut survivre éternellement, disait-il : dans un tel monde, le seul espoir de changement passe par l’enseignement, car les parents et les médias sont eux-mêmes tellement inféodés à la culture ambiante qu’on ne peut miser sur eux pour transformer le monde. Quant à la thérapie, elle touche trop peu de gens. Par contre, si on pouvait amener les enseignants à restaurer leur amour propre et à le transmettre à leurs élèves, on aurait des chances de voir fleurir à nouveau des êtres humains soucieux de leurs proches, de leur habitat et des générations futures.

Le seul espoir de changement passe par l’enseignement

C’est dans cet esprit que Claudio Naranjo met au point en 1971 un programme de 40 jours répartis sur 4 ans, permettant de restaurer l’amour de soi et de l’autre mis à mal dans le monde moderne. Au terme de plusieurs tentatives, son approche s’affine en associant méditation, Ennéagramme, travail thérapeutique, théâtre et mouvements libres. Elle est aujourd’hui éprouvée depuis plus de 30 ans dans plusieurs pays, d’abord en Amérique Latine, au Chili, au Brésil, au Mexique et en Argentine, puis en Europe, en Italie, en Espagne et en Allemagne. Plusieurs universités ont plébiscité sa démarche et ont intégré le programme SAT dans la formation de leurs enseignants. La France vient de s’ouvrir à son tour à une telle démarche en janvier dernier.

L’expérience du SAT – Que s’y passe-t-il ?

Il est difficile de témoigner du SAT car il faut le vivre pour en percevoir la saveur. Vu de l’extérieur, se déroule un programme d’activités sensiblement pareilles d’un jour à l’autre à quelques variantes près : le matin, méditation, étude de l’ennéagramme et exploration en binômes ou par panels ; l’après-midi, théâtre puis mouvements libres les yeux fermés, parfois des constellations familiales le soir. Tout est ainsi dit, mais rien ne transparaît sauf à reprendre l’âme du travail. Il s’agit bien d’un véritable travail pour déjouer les moindres stratégies de l’ego dans sa course sans fin. Au fil des jours, les masques tombent sous le regard bienveillant de l’équipe et de notre être profond. Le feu de l’attention est mobilisé tour à tour sur les trois cerveaux : l’instinctif, l’émotionnel et le mental. En passant ainsi successivement d’un centre à l’autre au gré des sollicitations, l’identité est amenée hors de ses points de repère habituels et le Témoin, réactivé. Au sein du champ de forces entretenu en permanence par l’équipe, nos trois formes d’amour et d’intelligence se réveillent à l’abri des jugements et des conditionnements sociaux. Elles ne se font pas prier pour sortir de leur cachette. Dans son atelier en octobre dernier, Claudio nous demandait déjà d’observer comment notre quête d’amour bloquait notre capacité d’exprimer notre amour inné. C’est exactement ce dont il s’agit ici. Dès le départ, nous sommes invités à observer comment nous cherchons à nous faire aimer et réagissons au manque. Les comportements de fuite, d’agression ou de séduction apparaissent vite pour ce qu’ils sont et peuvent être déjoués. Mais comment s’articulent les 5 piliers de ce travail d’orfèvre comparable à la taille d’un diamant ?

1. La méditation

Le processus de déconditionnement commence avec le travail de présence à soi-même, favorisé par la méditation assise. Avant même d’éveiller les trois centres, il s’agit d’activer le quatrième, le “Témoin”, qui unifie, équilibre et harmonise les trois autres. Méditer, en essence, revient à poser un regard attentif, sans jugements, sur nos sensations, nos émotions et nos pensées, sans y réagir ni s’y identifier. On fait ainsi l’expérience de soi en tant que Conscience pure au sein de laquelle apparaissent et disparaissent les phénomènes éphémères. C’est le contact direct avec le moi essentiel, notre nature véritable. Cette pratique à elle seule apporte contentement et sérénité. Claudio y introduit la dimension interpersonnelle avec la présence de l’autre. L’effet est très puissant. On médite ainsi par deux. A mesure que le regard se lève pour rencontrer celui de l’autre, l’intimité monte. On se retrouve sans masque, dévisagé par l’autre qui est lui aussi dévisagé. La rencontre se fait d’âme à âme, sans un mot, sans un sourire, en étant simplement soi-même dans l’accueil de notre présence.

La rencontre se fait d’âme à âme

2. L’étude de l’Ennéagramme

Ce travail se poursuit avec l’étude de nos traits de caractère. L’Ennéagramme peut être défini comme un modèle montrant comment chacun de nous se construit son identité au gré des blessures de vie et des défenses qu’il met en place. Il y a des dizaines de livres sur le sujet, inutile donc de le reprendre ici. Tout l’intérêt et l’originalité du travail proposé durant le SAT, ce sont les panels, autrement dit les échantillons de chaque type qui vont témoigner de leur vécu. Au lieu de rester abstraite, la connaissance que l’on acquiert de soi devient extrêmement concrète et permet de toucher du doigt la racine de nos névroses. Par ailleurs, à chaque type correspond un mudra incarnant l’énergie de sa vertu, c’est-à-dire le ressenti associé à une vision juste de la réalité, non pervertie par nos mécanismes de défense habituels. Abordé de cette manière, l’Ennéagramme devient une véritable bombe à retardement pour nos attitudes figées.

3. L’exploration par binômes

Cependant, l’étude des traits de caractère ne suffirait pas si elle n’était accompagnée de la mise à nu de notre fonctionnement. Le SAT prévoit donc un temps d’exploration en binômes sur base de quelques questions très simples. Ces moments d’exploration sont précieux pour saisir nos failles sur le vif et donner corps à la connaissance de notre vie intérieure. Elle devient alors une connaissance intuitive, vivante, associée au ressenti des fardeaux qui s’accumulent… ou se libèrent. Entretenir toute cette fausseté de peur de décevoir et d’être démasqué est un jeu épuisant. Ichazo disait qu’on ne se connaît pas vraiment tant qu’on n’a pas pleuré ni ri à chaudes larmes sur son auguste personne ! Le soir nous est proposé un autre travail thérapeutique sous forme de constellations familiales. Là, quelque chose d’extraordinaire se passe, tout en subtilités, presque sans paroles. Tout se passe à un rythme très lent, suivant les mouvements de l’âme, pour être intégré progressivement. Il est difficile de décrire de l’intérieur ce qui se passe dans une constellation familiale si on ne l’a pas vécu.

4. Le psychodrame et le théâtre-clown

La magie du théâtre est de mettre en scène nos secrets les plus difficiles à assumer : nos haines ou nos rivalités secrètes, nos peurs de se prendre un râteau, de manquer de virilité ou de féminité, nos espoirs déçus, nos hontes et nos fardeaux cachés. Lorsqu’on perd complètement la face devant des gens qui ne sont pas plus fiers que nous mais qui ont de la compassion, une seule chose compte : exprimer notre nécessité, ce qu’on ne peut plus supporter. Cela se traduit bien souvent par le cri du cœur ou dans les larmes après avoir été retenu des années par un barrage de conventions. Contrairement aux apparences, dans ce théâtre là, on ne joue pas un rôle. Du moins, derrière les rôles apparents d’amant, de guerrier, de sorcière, d’esclave, derrière les grimaces, le nez rouge ou le déguisement, notre vérité ressort. Ce qui devrait être simple apparaît tordu et compliqué si on reste dans la résistance, et c’est ce qui en fait le côté burlesque. Remettre un peu de fluidité, de spontanéité dans nos caractères figés nous permet d’épouser notre humanité avec un peu plus de tendresse. Au-delà de l’espace ludique et de l’enfant qu’il touche en nous, le clown vise aussi notre intelligence émotionnelle. Il brise les barrières construites pour se défendre du regard de l’autre, autant dire de nos propres projections. En ce sens, il réveille la compassion.

Le clown réveille la compassion

5. Les mouvements libres

Le mouvement libre a ceci de fascinant qu’il met en jeu aussi bien le rapport à notre propre corps qu’à celui de l’autre, à l’espace et au sol. Chacun a les yeux fermés ou bandés. Au cours de nos errements, on se heurte à des corps, sans savoir s’il s’agit d’hommes ou de femmes. Là aussi, les barrières sautent, à commencer par la peur du rejet. Le regard ne peut plus rien contrôler, il n’y a plus la parole pour communiquer. Seuls subsistent des corps animés qui se cherchent ou s’évitent. Les jugements s’estompent. Les mouvements sont pour la plupart fugitifs, furtifs, on rentre dans le monde du silence. Ça et là quelques voix entonnent des chants ou des harmoniques ; certains dansent et jouent ensemble, d’autres errent comme des âmes en peine, d’autres encore restent là, terrés. Tout est possible. C’est un espace sans pareil pour voir à l’œuvre des comportements instinctifs, très inconscients, auxquels le langage ne donne pas accès.

Et après ?

Malgré, ou grâce à, sa grande douceur, ce processus est vécu par beaucoup comme un raz de marée. Vu de l’extérieur, on rit et on pleure beaucoup. De l’intérieur, les réactions varient du tout au tout selon le cheminement de chacun. Dans tous les cas, l’attention se libère du regard de l’autre. On commence à se retrouver, à se reconnecter à soi-même, à son corps, sa sensibilité, son intuition. Les projections font place à un regard sans complaisance mais sans jugement. Beaucoup traversent un état de grâce, d’émerveillement et de tendresse infinie comme des amoureux. Cela est vécu le plus souvent comme une ouverture du cœur bouleversante, une véritable renaissance. Une nouvelle présence prend place, paisible, disponible à l’autre et à l’instant présent. Cet éveil de conscience n’est pourtant pas une sinécure et peut s’accompagner pour un temps d’un regain d’anxiété. Le cœur peut même se refermer, se durcir encore plus qu’avant, les stratégies habituelles reprendre le dessus avec leur cortège de souffrance. Chacun retourne dans le tourbillon de la vie, pratiquement sans défenses dans un monde plein d’attentes et de jugements. Le choc est parfois rude. L’ouverture du cœur peut-elle se maintenir sous une telle pression ?

La présence du groupe est capitale

C’est toute la différence entre une expérience et un état d’éveil. La vie regorge d’exemples de personnes qui ont entrevu le ciel et sont retombées parfois bien bas, moi la première. La présence du groupe dans ce processus est capitale, mais fondamentalement, c’est la liberté de rencontrer l’autre en laissant tomber les masques qui est le véritable gage de la délivrance, car le groupe n’est là qu’un temps. Pour que la magie des cœurs rencontrés au cours du SAT fasse place à la présence radiante du Cœur sacré, il faut en prendre soin. Il ne suffit pas de prendre un bain de présence quelques jours tous les dix ans : une telle présence s’arrose et s’entretient tous les jours comme une fleur délicate. Cela demande une discipline de l’attention. Reste donc à demeurer vigilant pour mettre notre précieuse connexion à l’épreuve du monde ambiant et ne pas nous laisser reprendre au piège des multiples pressions. Une fois que la présence de l’Etre devient stable et consciente, tout le reste vient par surcroît : le sentiment d’éternité, d’espace, de paix, d’abondance, de créativité. Notre trésor se trouve là où se trouve notre cœur. Le SAT vise l’éveil du moi essentiel et la dissolution progressive de notre structure caractérielle. La guérison de nos blessures est un de ses premiers effets, mais c’est loin d’être le seul : il ouvre aussi des dimensions oubliées de nous-mêmes, libère nos relations à l’autre et nos potentiels enfouis. Au terme des quatre années de SAT, il semble que beaucoup expérimentent durablement la vertu ainsi que l’idée sacrée de leur propre type et qu’ils aient trouvé la clé qui les libère de leur fixation. Les structures de l’ego sont rarement consumées d’un seul coup : cela exige un repentir profond, beaucoup de patience et de détermination.

Le SAT vise l’éveil du moi essentiel

Pour en savoir plus

Institut Hoffman France

www.institut-hoffman.com

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Eveil et verticalité

Sur le chemin de la transcendance

Olivier Clouzot

écrivain

Horizontalité et verticalité

La vie quotidienne en société constitue la dimension horizontale de l’être humain, de sa naissance à sa mort.

On s’accorde généralement sur le fait que la dimension verticale est celle de sa croissance intérieure, de ses valeurs personnelles et du sens particulier qu’il donne à sa vie, mais cela n’est pas suffisant, car on pourrait en déduire que cette dimension est purement subjective et ne relève d’aucun critère sur lequel on puisse visiblement s’accorder. C’est pourquoi il est nécessaire d’ajouter que la verticalité est essentiellement la dimension de CONSCIENCE de l’être humain capable de “connaissance de soi”, c’est-à-dire d’observer la manière dont il vit, pense et agit dans l’horizontalité de son existence. Car le fait de vivre, d’agir et de penser relève de la dimension horizontale, alors que la dimension verticale va se mettre à exister à partir du moment où nous commençons à sentir la manière dont nous vivons et où nous acquérons la capacité de nous regarder en train d’agir et de penser : ce qui signifie que cette dimension peut très bien rester une simple potentialité au sein de l’individu sans jamais, ou très rarement, avoir l’occasion de s’actualiser. Ce n’est pas du nombrilisme, juste l’aptitude d’être un témoin neutre et impartial de ce qui nous arrive et de la manière dont nous réagissons [NdlR - voir aussi : La double biographie de l’être humain p. 34]. Cette neutralité est un aspect essentiel de la dimension verticale, car sans elle, on reste dans l’horizontalité.

La dimension verticale de la vie est celle de l’évolution

Distanciation

Par exemple, tant que je jouis et que je souffre en restant identifié à ma jouissance ou à ma souffrance, je suis dans l’horizontalité de mon existence, la dimension verticale ne se surajoutant à la première que dans la mesure où je me distancie avec ce que j’éprouve tout en continuant à l’éprouver. Cela est particulièrement important en période de crise, car si je suis en colère, par exemple, et que je vis cette émotion avec une trop grande intensité, c’est-à-dire sans conscience, sans distanciation justement, je peux me laisser entraîner vers une trop grande violence et être amené à commettre des actes irréparables, dont je me sentirais par la suite coupable sans avoir la possibilité de les annuler, alors que la distanciation envers ma colère au moment même où elle m’envahit peut me permettre de ne pas me laisser déborder par elle et d’arrêter mon geste de violence à temps.

La dimension verticale de la vie est celle de l’évolution, alors que la dimension horizontale est celle d’un simple changement apparent, comme celui des modes vestimentaires, où souvent l’on s’agite en vain et tourne en rond, en donnant l’illusion d’un changement alors que tout continue en fait à fonctionner comme avant. De ce fait, on peut dire que la dimension verticale est celle de la construction de l’être, tandis que la dimension horizontale de l’existence est celle de l’avoir et du paraître.

Apprentissages horizontaux et verticaux

Les apprentissages au sein de la dimension horizontale sont les plus évidents et les plus immédiats : ils sont indispensables à la survie. Il faut savoir en effet se tenir debout, communiquer, travailler, se déplacer pour fonctionner normalement dans la société. C’est pourquoi celle-ci fournit très tôt à l’enfant, grâce à l’éducation, des moyens et des méthodes pédagogiques qui viennent prendre le relais de ceux mis en œuvre par les parents dès la naissance, et parfois même avant. Ces méthodes sont au début des techniques de conditionnement, fondées sur l’imitation et la répétition, mais elles se complexifient par la suite.

Quant aux apprentissages dans la dimension verticale, ils sont beaucoup moins évidents, car il n’existe pratiquement pas d’enseignements systématiquement reconnus sur cette question ; ils sont donc laissés à la libre initiative de certains éducateurs ou de certains groupes et relèvent surtout de la liberté et de la responsabilité directes de l’apprenant. Il ne faut pas croire, en effet, que les enseignements moraux et/ou religieux qui sont dispensés aux enfants relèvent de la dimension de verticalité dont nous parlons, parce qu’ils impliquent une croyance et une attitude soumise envers certains principes édictés dans le cadre de normes socioculturelles, principes qui ont nécessairement un caractère dogmatique puisqu’ils ne peuvent pas être discutés. Ce n’est que lorsqu’une pratique religieuse suivie passivement devient une recherche active fondée sur un libre engagement et sur une prise de conscience personnelle et/ou que la morale sociale se transforme en éthique individuelle, que la dimension verticale commence vraiment à se manifester dans l’existence humaine.

Ces deux dimensions sont complémentaires

Réalisation de soi

Remarquons aussi que ces deux dimensions sont complémentaires, et qu’il est dangereux de vivre exclusivement dans l’une d’entre elles. Vivre uniquement dans l’horizontalité, c’est rester dans l’inconscience et l’animalité, et vivre de manière absolue dans la verticalité, c’est se couper progressivement de toutes les actions qui nous relient à la vie matérielle et à la société, donc sombrer irrémédiablement dans le solipsisme, voire dans la folie – seuls des mystiques extrêmement bien entraînés peuvent arriver à vivre dans un total dénuement sans perdre la raison.

Alors que les apprentissages réalisables dans la dimension horizontale sont quasiment infinis, et qu’un individu, de par ses limites physiques, psychiques et temporelles, ne peut réaliser qu’un tout petit nombre d’entre eux (aux niveaux sportif et professionnel, par exemple), il semble au contraire que les apprentissages réalisables dans la dimension verticale soient beaucoup moins nombreux, et qu’ils puissent, dans des cas jusqu’ici exceptionnels il est vrai, être réalisés dans le cadre d’une vie – c’est cet accomplissement que les grandes traditions spirituelles appellent la “réalisation de soi”, l’état de “sainteté” ou d’ “illumination”, le “satori”, etc., mais il est tout à fait possible que des personnes agnostiques atteignent aussi des degrés d’accomplissement spirituel très élevés… Ce qui est sûr, c’est que la dimension verticale de l’existence est celle dans laquelle se développe l’Amour (avec un grand A), celui que les chrétiens appellent “charité” et les bouddhistes “compassion”, et qui est très loin de ce sentiment égoïste ou intéressé que tant de gens recherchent avidement dans la dimension horizontale de la vie.

La dimension verticale est celle dans laquelle se développe l’Amour

La crise comme moyen d’accès à la verticalité

Lorsque les apprentissages du plan horizontal sont suffisamment avancés, ceux du plan vertical peuvent se déclencher, la question métaphysique fondamentale “Qui suis-je ?” étant un très bon catalyseur.

C’est souvent à la puberté, qui correspond à une véritable crise de l’organisme soumis à de nouvelles stimulations hormonales, que le plan vertical commence à exister chez certaines personnes de façon spontanée.

Mais en réalité, n’importe quelle expérience douloureuse vécue sur le plan horizontal peut avoir cet effet (mort d’un être cher, perte ou changement d’emploi, maladie…), au point que l’on pourrait se demander si ce n’est pas la fonction essentielle des épreuves et des accidents de toutes sortes qui perturbent régulièrement l’existence humaine que de jouer un rôle déclencheur de nos apprentissages verticaux.

Le fait est que lorsque la dimension verticale se développe en nous, ces mêmes épreuves, auparavant perçues comme des catastrophes, sont plus facilement acceptées parce qu’elles sont reconnues comme utiles à notre processus, voire nécessaires à des prises de conscience nouvelles ; et, grâce à cette acceptation, les épreuves elles-mêmes diminuent d’intensité, jusqu’à parfois disparaître comme par enchantement, comme on le voit dans l’évolution hors normes de certaines maladies chez des personnes dont le plan vertical est très développé.

Arrive un moment où la mort elle-même est dédramatisée

Une chose cependant doit être prise en compte dans le modèle que nous proposons : c’est que, conformément au principe d’entropie, le plan horizontal est soumis à l’usure du temps qui régit l’existence de notre corps physique voué à la décrépitude et à la désagrégation, tandis que le plan vertical correspond à une intégration progressive d’informations structurantes de plus en plus enrichissantes, qui n’étaient pas reliées auparavant tant qu’elles étaient isolées et cloisonnées, ce qui correspond alors au principe de néguentropie.

Et il arrive un moment où la mort elle-même est dédramatisée, puisqu’elle n’atteint que le corps, tandis que l’âme, la conscience ou l’esprit (selon le nom qu’on lui donne) accède alors à un autre plan d’existence que les grandes religions décrivent dans des termes différents, mais qu’un public de plus en plus large, religieux ou agnostique, commence à décrire dans des termes assez voisins, dans ce qu’on appelle des NDE (”near death experiences”) chaque fois qu’une personne s’est trouvée, à la suite d’un accident par exemple, dans un état de mort clinique et revenait ensuite à la vie.

L’illumination en deux week-ends

Le travail qui se fait dans le plan vertical est beaucoup plus long et difficile, parce que c’est un travail d’intégration, que la plupart des apprentissages que nous sommes amenés à réaliser dans le plan horizontal (apprentissage d’une langue, d’un métier, d’un sport, etc.) ; ce qui dure ici quelques semaines ou quelques mois prend là plusieurs années et occupe souvent une vie entière.

Mais il y a des gens qui ont entendu parler de phénomènes particuliers spécifiques du plan vertical et qui pensent pouvoir en faire l’acquisition comme s’ils se trouvaient en vacances dans un pays étranger, voire dans le supermarché le plus proche de leur quartier ou de leur agglomération ; et il y a aussi, bien entendu, les escrocs de la transcendance, comme il y en a dans tous les corps de métiers, qui vous promettent la réalisation parfaite de soi en trois semaines, l’illumination en deux week-ends ou la lévitation en quelques leçons ; et vous pouvez d’autant plus vous y laisser prendre que les premières expériences de groupe dans la dimension verticale sont souvent des expériences saisissantes, littéralement éblouissantes, tant elles diffèrent de ce que nous vivons normalement dans l’horizontalité. Quelques “asanas” (postures) et “pranayamas” (respirations yoguiques) peuvent effectivement vous faire voir trente-six chandelles si elles sont proposées et exécutées dans la perspective de séduire ou d’étonner. Et il en est de même avec l’usage de drogues, comme celles qui servent dans les initiations chamaniques, mais qui, utilisées sans précaution et sans la présence d’un guide, ne seront qu’une porte ouverte vers une excitation sensorielle d’une grande intensité mais conduisant rapidement à l’aliénation.

Certes, le fait de pratiquer certaines formes de thérapie, de suivre des cours de yoga, de taï-chi chuan ou de méditation, d’apprendre les arts martiaux, de participer à un groupe de prières, ou même de pratiquer de manière assidue la pensée positive, sont des aides précieuses permettant d’avancer dans l’exploration de la verticalité. Mais le fait d’étudier l’histoire des religions, d’apprendre plusieurs langues et de rechercher les ressemblances et les différences existant entre diverses cultures, peut jouer un rôle tout aussi important, parce que cela nous permet de prendre de la distance avec les identifications et les évidences trompeuses que notre langue maternelle et nos représentations socioculturelles ont créées dans notre psyché.

Persévérer dans la durée

Un travail suivi et persévérant dans la dimension verticale permet de faire progressivement l’expérience de ce que l’on appelle des “niveaux de conscience”, c’est-à-dire des points de vue sur soi-même et sur le monde qui correspondent à des changements radicaux de perspective ; littéralement, on ne voit plus les choses de la même façon…

Pour en savoir plus :

Eveil et verticalité, Ed° Le Souffle d’Or

(dont ces pages constituent une introduction)

Parmi les ouvrages écrits ou édités par l’auteur

Apprendre autrement, Ed° d’Organisation

Education pour le 3e millénaire, Ed° Recouvrance

La trialectique, Ed° Holistiques

La suite dans la revue n°35

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LA PSYCHO-ANTHROPOLOGIE ET SON ROLE DANS LE MONDE

Psychologie, philosophie et spiritualité

Idris Lahore

psycho-anthropologue

Interview Maya Ollier

(Suite et fin de l’article qui terminait le numéro précédent de Science de la Conscience).

L’un des grands principes de la psycho-anthropologie est qu’avant de vouloir changer le monde, il faut d’abord essayer de se changer soi-même, et donc, avant de militer pour la paix dans le monde, il est d’abord nécessaire de faire la paix en soi.

Un autre grand principe est le constat que l’être humain est naturellement limité (la science dit bien que l’homme ne fonctionne qu’avec 10% de son cerveau) : s’il veut évoluer au-delà de ce degré d’incomplétude, il doit dépasser les limites que la nature lui a fixées. Il lui faut pour cela faire quelque chose.

Changer d’état de conscience

Selon vous, donc, la possibilité pour l’être humain de dépasser ses limites est bien réelle. Comment ?

Il existe chez l’être humain un certain nombre d’états de conscience différents. Le degré de conscience le moins élevé est l’état d’inconscience, celui du sommeil (malgré les variations de conscience qu’il peut comporter), de l’anesthésie ou de certains comas. L’état suivant est ce que la psychologie habituelle nomme la conscience de veille, qui n’est pas en réalité un état de conscience réel, mais plutôt un état d’inconscience un peu plus évolué puisque si, dans cet état, nous sommes habituellement capables de ressentir à la fois le monde extérieur et nous-mêmes, nous avons tendance à perdre la conscience des autres et du monde lorsque nous fixons notre conscience sur nous. De la même façon, lorsque nous prenons réellement conscience du monde ou des autres, ou que nous entrons dans une activité, nous perdons la conscience de nous-mêmes. Ce que nous appelons habituellement la conscience de veille est donc en réalité une forme de demi-sommeil : nous sommes endormis, soit aux autres, soit à nous-mêmes. Nous croyons être éveillés, nous ne le sommes pas réellement.

La conscience de veille est en réalité une forme de demi-sommeil

Tels sont les deux états de conscience que connaît l’homme ordinaire. La science spirituelle et la psycho-anthropologie nous enseignent qu’il existe un autre état de conscience, habituellement inconnu de l’homme ordinaire, qu’elles appellent la conscience de soi, et qui se caractérise par une conscience à la fois de soi et du monde extérieur sans qu’il y ait de séparation entre notre observation du monde et de nous-mêmes. Alors qu’au stade précédent, nous étions conscients soit du monde extérieur, soit de nous-mêmes, ici notre conscience s’est élargie et devient capable d’intégrer dans la connaissance de nous-mêmes celle du monde extérieur ou de l’autre. Ceux qui pratiquent des méthodes comme la méditation ou le rappel de soi savent qu’il est possible à certains moments d’entrer dans cet état de conscience, mais qu’on ne peut pas y rester longtemps. Chacun peut en faire l’expérience dans l’instant, en étant conscient de soi physiquement, de la façon dont on est assis, de ce qu’on ressent, de ce qu’on pense, en essayant en même temps de suivre ce qu’on est en train de lire et en ayant la conscience de ce qui se passe autour de soi. On se rend compte que, très vite, soit on perd le fil de ce qu’on lit parce qu’on est trop concentré sur soi, soit on se perd soi-même dans l’attention qu’on porte à ce qu’on est en train de lire…

La suite dans la revue n°35

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Un maître vivant

Pous sortir de notre animalité et de nos conditionnements : du savoir, mais aussi et surtout de l’être

Selim Aïssel

fondateur de la psycho-anthropologie

Tripartition de l’être humain

Le point de vue auquel se place la psychologie spirituelle est celui de la tripartition de l’être humain. Composé d’un corps physique et matériel, il est issu de l’évolution terrestre minérale, végétale et animale qui le relie au monde matériel dont il subit les lois : celles de la naissance, de la croissance, de la dégénérescence et de la disparition ou de la mort. L’élément spirituel est celui que nous appelons “esprit” : il est issu de la conscience supérieure, des mondes supérieurs que certains appellent “divins”. Les esprits, un jour, ont commencé à s’incarner dans ces corps physiques. Entre les deux se situe le troisième élément, le psychisme, objet de l’étude de la psychologie. Les religions l’appellent “âme”, lieu de toutes les tribulations émotionnelles, sentimentales et intellectuelles de l’être humain. Une psychologie spirituelle étend son étude du domaine du psychisme à celui de l’esprit et de leur relation au corps physique.

Le défi lancé à l’être humain est de sortir de l’animalité encore totalement présente en lui pour développer l’esprit, qui ne l’est que partiellement. Le psychisme joue le rôle d’intermédiaire entre les deux, tout en étant fortement imprégné d’animalité dans ses parties inférieures et de spiritualité dans ses parties supérieures. La proposition n’est donc pas “ange ou démon” mais “animal prisonnier des instincts ou être humain évolué et réalisé”.

Le défi : sortir de l’animalité et développer l’esprit

Une double limitation

Le constat est que l’homme semble encore en être, en grande partie, au stade de l’animal, et l’humanité dans son ensemble est très loin d’utiliser toutes les ressources de son évolution possible. Du point de vue de l’évolution possible, il est essentiel de comprendre qu’une partie de l’être humain est animale, et que cette nature animale est responsable de la plupart de ses pensées, de ses émotions et de ses actions. Cet état de fait est la première limitation de l’être humain, la seconde étant le conditionnement familial, éducatif, social et religieux. Comprendre cela est le début d’une vision juste de la situation de l’homme qui, sur terre, est tout autre que libre. Cependant, la liberté devient possible lorsque l’être humain, ayant pris conscience de ses limitations et de ses conditionnements, commence un travail de transformation. Ceci est la proposition du travail en psychologie spirituelle, c’est-à-dire l’acquisition de ce que les êtres humains croient posséder déjà, alors que seul un “travail” physique, émotionnel, intellectuel et spirituel y mène. En effet, la liberté n’est pas une caractéristique humaine, mais une acquisition possible.

La suite dans la revue n°35

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