Stress et régénération

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Pierre Ollier

Comprendre le phénomène du stress pour pouvoir s’en libérer

Durée de vie

Les recherches scientifiques dans le domaine de la chronobiologie nous ont appris que chaque être humain possédait une durée de vie potentielle déterminée par ses gènes : on nomme ce principe “l’horloge biologique”. De façon approximative, celle-ci définit la durée de vie potentielle, tout en sachant qu’en accélérant le rythme de cette horloge, la durée se raccourcit. Ceci signifie que les processus de dévitalisation et de vieillissement s’accélèrent à cause, par exemple, des maladies ou de modes de vie pathogènes : trop boire, trop manger, trop fumer, ne pas se reposer suffisamment, vivre dans le stress ou encore subir des chocs, des traumatismes, des accidents. Tous ces phénomènes altèrent également la qualité de la vie.

Le stress est un facteur fondamental qui accélère les processus de dévitalisation.

L’organisme humain possède naturellement deux systèmes de revitalisation : le sommeil et le biorythme du système nerveux autonome, qui active périodiquement les fonctions de régénération de l’organisme. Il s’agit d’un mécanisme de revitalisation qui se manifeste environ toutes les 1h40 et dont le cycle complet dure normalement 20 minutes. En effet, de même que l’activité de veille active et le repos du sommeil se succèdent selon une amplitude qui se mesure en heures, il existe une alternance entre des phases d’activité plus courtes d’1h40 et des phases de régénération d’environ 20 minutes, formant des cycles de deux heures. Pour bien comprendre cette bipolarité, il est nécessaire de s’intéresser au fonctionnement du système nerveux autonome (système neurovégétatif sympathique et parasympathique), en particulier dans sa relation au phénomène que nous appelons “stress”.

Différents stress

A l’origine, le mot “stress” n’a pas forcément de connotation négative. Il prend racine dans le vieux mot français “étrécir”, qui signifie rendre plus étroit. C’est l’industrie qui, dans la première moitié du 20e siècle, commence à l’utiliser comme terme générique pour désigner le syndrome général d’adaptation. Dans sa description classique, ce syndrome comportait trois phases : la phase d’alarme, la phase de résistance et l’épuisement.

La suite dans la revue n°37

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Pour une écologie de l’esprit II

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La chronique de Jean de Laprace

Pour une écologie de l’esprit II

La valeur temps de l’argent est un des principes fondamentaux de la finance, à savoir : “Un euro aujourd’hui peut être placé à un certain taux d’intérêt et il deviendra donc plus qu’un euro demain”… et pourtant, les grandes religions monothéistes comme le christianisme et l’Islam ont fermement condamné l’usure. L’usure étant définie comme l’accumulation de l’argent et la pratique du taux d’intérêt.

Devant les grandes débâcles de la finance internationale, on parle aujourd’hui de plus en plus d’une finance éthique et participative, de fonds d’investissement éthiques et des financements socialement responsables. C’est-à-dire qu’on commence à utiliser des critères éthiques, environnementaux, sociaux pour les décisions d’investissement, avec des processus plus transparents. Pourtant, nous avons des difficultés à défier les fondements même du système économique et financier, eux-même fruits d’un système de pensée non adapté à la vraie nature de l’être humain. Pour le moment, seule la finance islamique - basée sur les principes de la Charia - qui ose mettre en cause la valeur temps de l’argent. Le sens de l’équité, la redistribution des richesses (principe de la “zakat” de l’Islam) et l’enrichissement par le seul capital productif tiré du commerce légitime sont les principes éthiques de cette finance islamique.

L’interdit de l’usure, y compris les intérêts bancaires, a pour fondement le fait que la richesse ne peut pas générer de la richesse sans travail et sans risque. Les pauvres ne doivent pas devenir plus pauvres juste parce qu’ils sont pauvres. Les riches ne doivent pas devenir plus riches juste parce qu’ils sont riches. Aujourd’hui, le service de la dette étouffe les pays les plus endettés et, à l’échelle microéconomique, le remboursement des dettes tue les pauvres. Le résultat est que, pendant la deuxième moitié du siècle dernier, le fossé entre les 20% plus riches et les 20% plus pauvres de la planète a plus que doublé.

Nous ignorons par exemple la théologie de Saint Thomas d’Aquin qui s’appuyait sur les enseignements d’Aristote selon qui l’argent ne peut pas produire d’enfants. Le prélèvement d’intérêts est caractérisé comme un moyen injuste, déshonorant et contre nature d’accaparer le bien d’autrui. Nous ignorons aussi qu’au XIIème siècle, Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Frédéric Barberousse, empereur romain germanique, a interdit l’accumulation d’argent, à travers un ingénieux mécanisme de dévalorisation annuelle des pièces de monnaie en circulation, et l’utilisation des taux d’intérêt. Cela a conduit dans les royaumes germaniques à trois siècles de prospérité économique sans précédent.

Les modèles actuels de la pensée dominante sont faux, ne sont pas éternels et arrivent à leur terme. Nous avons le choix entre attendre tranquillement l’écroulement naturel mais catastrophique de ces modèles et de ces valeurs ou alors (re)découvrir d’autres modèles plus humanistes, plus humains, au sens le plus élevé du terme. Il y a maintenant l’urgence du choix et la question reste : est-il encore temps d’agir ?

Deux hommes qui traversaient un champ aperçoivent soudain un taureau furieux. Ils courent vers la clôture, mai celle-ci est assez loin ; ils courent, ils courent et le taureau est presque en train de les attraper. Un des hommes crie : “On va être pris ! Une prière, vite ! Rien d’autre ne pourra nous sauver !”… L’autre, en courant encore plus vite : “Mais, je n’ai jamais priez de ma vie !”… “Nous allons mourir, n’importe quoi fera l’affaire”, dit le premier. Le deuxième pense soudain à quand il était tout petit et que son père bénissait le repas, et dit, essoufflé : “Pour ce que nous sommes en train de recevoir, Seigneur, rends-nous vraiment reconnaissants !”

La suite dans la revue n°36

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Matière et esprit

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Le rôle de la technologie dans l’avenir de l’humanité

 

Françoise Antier

ingénieur

 

Etat des lieux

Lorsqu’on regarde les relations qui existent entre l’état de l’humanité d’aujourd’hui et le développement de la technologie dans tous les domaines de la vie, nombre de peurs se manifestent et de questions se posent. Impuissance à l’égard de la fascination qu’elle exerce maintenant sur toute la planète, horreur vis-à-vis de ses effets secondaires dévastateurs, angoisse face aux menaces qu’elle fait peser sur l’avenir de l’humanité, révolte contre son emprise déshumanisante dans le monde du travail… Qu’est-il donc advenu de l’espérance qu’elle soit le vecteur d’un monde meilleur ?

 

Contre-forces nécessaires

Il y a presque un siècle, en pleine guerre mondiale, alors que l’ère technologique en était à ses balbutiements, un grand visionnaire, Rudolf Steiner, enseignait à ses élèves le rôle dévolu à la mécanisation dans l’évolution de l’humanité. En ce début de XXIe siècle où la civilisation technologique, voire même la vie humaine, semblent perdre leur sens, il peut être important de chercher à se référer à une vision clairvoyante, comme celle de R. Steiner, quant au sens que peut avoir ce développement prépondérant de la technologie. Souvenons-nous que c’est lui l’instigateur, entre autres, de ce qui est devenu l’agriculture biologique, aujourd’hui devenue une nécessité vitale de plus en plus reconnue, alors que de son temps, personne n’imaginait ce qui allait advenir de notre alimentation et n’en soupçonnait les conséquences. Selon lui, l’humanité était appelée au cours de son évolution à introduire les machines dans son environnement de façon considérable. Les hommes allaient se spécialiser et s’automatiser de plus en plus dans leur profession. Il expliquait dans ses conférences que c’était une préparation de l’avenir cosmique lointain de l’humanité. Mais il en annonçait aussi les risques, si des contre-forces à cette hypermécanisation n’étaient pas créées : “Le progrès strictement extérieur dans l’évolution des métiers conduirait à la dissolution de tous les liens humains… Il ne faut pas que cela arrive, sinon l’espèce humaine tombera dans une complète décadence. Pour que cela ne se produise pas, il faut que la science de l’esprit se répande…”.

 

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Le développement durable

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Elisabeth Laville

conseil en développement durable

interview Maya Ollier

 

L’émotion met en mouvement

Quand vous réfléchissez à notre avenir, êtes-vous plutôt confiante ou pessimiste ?

J’entends ceux qui disent que l’espèce humaine court à sa perte, mais je reste optimiste. J’ai confiance dans la capacité de l’humanité à prendre conscience de ses impacts, à réagir et à inverser le mouvement. Selon moi, il faut plutôt se demander quels moyens développer, non seulement pour que la prise de conscience se fasse, mais surtout pour qu’elle se fasse d’une manière qui donne aux gens l’envie et les moyens d’agir. Que ce soit à la tête des entreprises ou de manière plus individuelle, certains pensent qu’on fonce dans le mur, mais ils sont tellement tétanisés qu’ils ne font rien ; d’autres qu’on nous en parle depuis 30 ans et qu’on n’est toujours pas dans le mur, avec un petit côté “Après nous, le déluge”. Moi, à ces gens-là, je leur demande de penser à leurs enfants. Ce qui me rappelle le film d’Al Gore, “Une vérité qui dérange”. Quand il est sorti, beaucoup d’intellectuels ont dit que c’est vraiment trop américain, cette façon de parler de sa femme qui a failli mourir, etc., que ces considérations personnelles n’ont rien à voir avec le sujet, et même qu’elles le desservent. J’ai constaté le contraire : des membres de ma famille, alors que je les saoule avec le sujet depuis longtemps, ont décidé en sortant du film de changer toutes les ampoules à la maison. L’émotion est une façon de toucher et, littéralement, étymologiquement, de mettre en mouvement. Mais la France est le pays de Descartes, on utilise peu l’émotion, elle fait peur, on la trouve manipulatoire, alors qu’on manipule tout autant, et probablement plus, avec des chiffres et des infos rationnelles.

Par contre, ce que la rationalité ne fait pas et que l’émotion arrive à faire, c’est mettre les gens en mouvement. Des études ont été faites aux Etats-Unis avec des gens souffrant de maladies cardio-vasculaires graves, un homme avait même subi un triple pontage coronarien. Quand on leur dit (rationnellement) : “Il faut changer de mode de vie, arrêter de fumer, avoir une activité physique, etc., parce que, sinon, vous êtes mort…”, dans 90% des cas, ils ne changent pas et ils meurent. Le taux est quasi inversé avec des personnes souffrant des mêmes maladies, à qui on tient le même discours, mais à qui on propose parallèlement d’imaginer ce qu’elles vont pouvoir faire qui leur ferait vraiment plaisir, si elles vivent. Parce qu’on les fait travailler sur une dimension plus émotionnelle, comme se rapprocher de leurs enfants parce qu’elles ont tellement bossé qu’elles ne les ont pas vraiment vu grandir… La seule prise de conscience ne suffit pas à changer les comportements. Il faut trouver les moyens et les outils pour donner aux gens envie de changer. Dans quel monde mon fils, ma fille, vont-ils grandir ? Si tout le monde faisait ce lien-là, tout serait différent.

 

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Produire du sens

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De la nécessité d’acquérir une vision globale

 

Maurice Meyer

agriculteur en biodynamie

 

 

Respect de la terre

Souvent, les visiteurs de passage à la ferme me demandent le pourquoi de mon engagement pour l’agriculture biologique et biodynamique. Je leur réponds : “Pour produire du sens”. Devenir paysan pour empoisonner la terre, l’air, l’eau et les aliments dont nous avons besoin n’a pas de sens pour moi.

Adolescent dans les années 70, je refusais déjà instinctivement de faire les travaux d’épandage d’engrais chimiques et de pesticides de synthèse sur l’exploitation familiale, au grand dam de mes parents.

Trente ans plus tard, l’agriculture industrielle dans nos pays occidentaux est encore plus enferrée dans les excès sur tous les plans : utilisation massive d’intrants de synthèse, spécialisation et mécanisation à outrance, élevage industriel dégradant la condition animale, saccage des paysages, perte de fertilité et érosion forte des sols, et avec peu de prise en compte de sa dimension sociétale (lien avec son terroir et les besoins des habitants).

Les discours récents font miroiter comme solutions techniques le recours en masse aux organismes génétiquement modifiés pour la production végétale, et au clonage à échelle industrielle pour les productions animales, pour venir en aide aux populations affamées dans de nombreux pays en voie de développement et pour produire des aliments à bas coût en période de crise économique généralisée.

 

Vérités sur la filière coton

Étant devenu un “spécialiste” en matière d’agriculture, l’idée me vint un jour que cette tendance destructrice pourrait aussi être à l’œuvre dans d’autres domaines d’activités humaines. Après quelques prises d’informations et des rencontres pertinentes, je pus constater que rien - industrie, transports, recherche, éducation, santé… - n’échappe au rouleau compresseur de la pensée unique.

Quelque temps plus tard, j’eus l’occasion de collaborer avec l’industrie textile et de me faire une idée personnelle et concrète de la situation. J’étais chargé d’un audit d’une filière de production de coton qui me conduisit des champs de production en Afrique et en Asie jusqu’aux locaux des importateurs européens, en passant par toutes les étapes de transformation, des usines immenses et ultramodernes aux ateliers exigus des sous-traitants divers. Dans l’habillement, on note une proportion de plus en plus grande d’articles fabriqués à base de fibres de synthèse issues de l’industrie du pétrole, et une marginalisation de l’utilisation de fibres d’origine agricole comme le lin, le chanvre ou encore la laine, le mohair et l’alpaga. Seul le coton a tiré son épingle du jeu et, du coup, gagne notre sympathie. Mais lorsqu’on y regarde de plus près, on se rend compte que le qualificatif de “naturel”, en opposition aux fibres de synthèse, est à relativiser. Le coton est devenu une des grandes productions mondialisées, comme le café ou le sucre, en occupant près de 2,5% des terres cultivables dans le monde. Le cotonnier, arbuste rustique à l’origine, a été hyper sélectionné pour devenir une plante annuelle qui produit ses fibres en trois mois. Introduit sous toutes les latitudes, il est devenu la cible de nombreux prédateurs et on utilise actuellement pour sa production près de 25% des insecticides consommés dans le monde ! On lui réserve les meilleures terres, il est souvent cultivé en monoculture, le recours à l’irrigation intensive a fortement contribué à des catastrophes écologiques telles que l’assèchement de la mer d’Aral.

 

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Focus sur les déchets

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Des chiffres qui donnent à réfléchir… et à agir !

 

Philippe Kieffer

directeur industriel

dans le traitement des déchets

 

Le poids des déchets

Pour qui s’intéresse à l’environnement, il apparaît très vite que la quantité de déchets générés par notre société de consommation est impressionnante et que leur gestion devient une préoccupation de plus en plus essentielle. En Europe par exemple, plus de 1,8 milliard de tonnes de déchets sont générés chaque année, soit 3,5 tonnes par personne. En moyenne, chaque citoyen européen a généré 460 kg de déchets municipaux en 1995, 520 kg en 2004, et une augmentation à 680 kg est prévue d’ici 2020, soit un accroissement de près de 50% en 25 ans, alors que moins d’un tiers des déchets est recyclé. Le poids des déchets, image de la croissance et de nos modes de consommation actuels, augmente plus rapidement que le PIB.

Bien que les pays industrialisés tentent tant bien que mal de les éliminer proprement, notre empreinte écologique dépasse de 20% la capacité de notre planète à absorber nos pollutions et à se régénérer (d’après le Global Footprint Network). Il se crée donc actuellement une distorsion de plus en plus grande dont nous payons le prix fort ; l’aggravation de bon nombre d’indicateurs environnementaux se poursuit malgré une prise de conscience de plus en plus grande. L’information passe, mais avec peu de résultats concrets.

Effets sur les humains

Aucune strate de la biosphère n’est épargnée par l’activité humaine, que l’impact soit visible ou invisible, par exemple au niveau de l’exploitation des ressources minières, avec la production et la dissémination de métaux lourds dans la nature, les dérivés du pétrole tels que les plastiques, la désertification qui touche 3,5 milliards d’hectares dans le monde, ou encore toutes les pollutions chimiques invisibles qui voyagent et rejoignent la mer (exutoire ultime), pour s’accumuler durablement en s’amplifiant dans les organismes vivants et les écosystèmes, comme ces poissons contenant des dioxines et de l’arsenic, pour finir comme un boomerang stockées dans notre corps. En polluant la Terre, nous nous polluons nous-mêmes.

Sur les 100000 substances chimiques fabriquées dans le monde, à peine 30000 ont été testées au niveau toxicologique et écotoxicologique. Une étude française montre que plus de 7,5% des fruits et légumes dépassent les normes en termes de résidus de produits de traitements… La pollution chimique diffuse menace la santé et la reproduction humaines : le nombre et la qualité des spermatozoïdes ont diminué d’environ 50% par rapport à 1950. L’Inserm a exposé le 2 octobre dernier les liens avérés ou possibles entre des facteurs environnementaux et une dizaine de cancers en progression.

 

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Entreprendre avec cœur

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Amandine Estran,

Entreprendre avec cœur

 

Une histoire de famille et deux modèles

Amandine Estran, chef d’entreprise

 

Je suis née dans une famille d’autodidactes entrepreneurs. Mon grand-père a commencé son activité au fond d’une cour avec une machine à coudre et des morceaux de tissu récupérés, avant de devenir un riche fabriquant de vêtements de travail occupant 500 employés ; mon frère a commencé par dessiner des meubles sur un coin de table face à des sponsors dédaigneux, avant de devenir un industriel respecté dans le monde entier ; un oncle s’est caché pendant des années au fond de son grenier pour créer des bandes dessinées, avant de devenir un grand cinéaste…

A côté d’eux, il y avait les autres. Ceux qui rêvaient de changer de vie, de réaliser de grands projets et qui dépérissaient de ne pouvoir y parvenir, accusant les autres, la société, la politique, la malchance… de vivre une vie médiocre faite de regrets et d’amertume.

 

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La métavision

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Ennea Tess Griffith,

La métavision

 

Pour sortir des conflits dans sa vie relationnelle (et professionnelle !)

Ennea Tess Griffith, directrice de la Libre Université du Samadeva

 

Quelques préalables

Lorsqu’on a pour intention de sortir d’une relation conflictuelle (ou, exprimé plus positivement, de cultiver des relations harmonieuses), le préalable est d’avoir acquis la capacité de se voir agir, ce qui n’est pas toujours facile lorsqu’on est sous l’emprise d’une contrariété ou d’une blessure d’amour-propre. Il faut être suffisamment authentique avec soi-même pour démasquer le fait qu’on est en train de réagir à partir de son orgueil, de sa vanité, de sa peur, de ses exigences… C’est quand on se rappelle à soi et qu’on fait un effort pour en sortir que le processus de changement se met en marche. ..

 

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L’entreprise réconciliée

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Jean-Marie Descarpentries, Philippe Korda,

L’entreprise réconciliée

 

Comment libérer son potentiel économique et humain

Jean-Marie Descarpentries, chef d’entreprise, Philippe Korda, conseil et formateur

 

Il  n’y a pas de fatalité au capitalisme sans projet humain, à la dictature du résultat financier trimestriel, au profond désengagement des salariés. Nous sommes au contraire convaincus que d’immenses gisements de progrès sont accessibles à chaque entreprise, à la société tout entière et à chaque individu au travail.

 

Oser inverser l’ordre des priorités

Aujourd’hui, l’heure est encore à la revanche de l’actionnaire : seuls les résultats financiers comptent, l’argent est devenu la valeur dominante.

La mondialisation a aussi apporté la revanche du client, puis celle du métier : les entreprises gagnantes sont celles qui choisissent leurs clients et se concentrent sur leur cœur de métier et savent inventer de nouveaux métiers.

Et l’homme ? Il est encore souvent traité comme un moyen, un coût et une variable d’ajustement, et non comme une finalité et un investissement créateur de richesses. Heureusement, les leaders pionniers osent inverser l’ordre des priorités. Inverser les priorités, c’est placer le collaborateur avant le métier, et le métier avant l’actionnaire. En effet, les collaborateurs compétents et heureux professionnellement rendent leurs clients heureux, puis leurs actionnaires satisfaits. Trois cercles vertueux de progrès se mettent ainsi en place : le partage des résultats financiers récompense et encourage les collaborateurs à continuer à progresser ; le progrès de ces résultats nourrit une vision métier(s) de plus en plus ambitieuse ; l’augmentation de la création de valeur permet de rémunérer de mieux en mieux et de fidéliser les actionnaires.

 

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Leadership & management éclairés

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Françoise Antier,

Leadership & management éclairés

 

Apprendre à penser et à faire autrement

Françoise Antier, directrice de formation

 

Le capital humain

Le monde est confronté à une complexité croissante liée à la mondialisation, et à l’accélération des changements technologiques et environnementaux. De plus en plus de responsables, dans tous les domaines - politique, entreprise, social, éducation… -, ont de la difficulté à trouver leurs repères pour mener à bien leurs responsabilités. Entraînés dans l’emballement général de l’activité économique, ils naviguent à vue plus qu’ils ne dirigent et risquent d’y perdre tant leur âme que leur santé. L’automatisation, l’informatisation, la communication à distance… ont favorisé la croissance économique, mais ont rendu la pratique du leadership de plus en plus éloignée des réalités humaines, tant en externe qu’en interne pour ce qui est du monde de l’entreprise. Il devient de plus en plus patent que les entreprises appelées à émerger de cette impasse, seront celles dont les dirigeants sauront se situer dans une véritable dimension humaine et prendre en compte de façon adéquate cet élément essentiel qu’est son capital humain. L’enjeu est également primordial vis-à-vis de la maîtrise des risques industriels et technologiques, qui sont devenus une préoccupation majeure.

 

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Management, stress et motivation

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Pierre Ollier,

Management, stress et motivation

 

Le changement doit passer par l’exemplarité du haut management

Pierre Ollier, formateur et énergéticien

 

Alors que les heures faciles de l’économie occidentale semblent être derrière nous, le salarié stressé et désabusé, cadres inclus, se désengage progressivement.

 

Gestion du stress

De nombreuses techniques de gestion du stress peuvent être transposées et utilisées dans l’entreprise, le préalable étant de savoir qu’il existe plusieurs niveaux d’approche.

Le premier niveau est individuel : chacun peut apprendre à gérer son stress, pour améliorer tant ses conditions de vie que ses conditions de travail. C’est là un apprentissage volontaire, afin d’acquérir des techniques permettant d’avoir un corps plus sain et un esprit plus clair ; au-delà, on peut souhaiter améliorer ses performances ou simplement se sentir plus détendu, plus disponible avec ses proches.

Le deuxième niveau est celui des managers et des responsables d’équipes. Le but est d’améliorer le cadre de travail, de créer un climat propice, de motiver et fédérer les équipes, de gérer les conflits au mieux (les conflits étant le principal facteur de stress dans l’entreprise), ceci pour améliorer certes la productivité, mais aussi la créativité et la réactivité de l’entreprise. Le manager “éclairé” aura appris à gérer son stress mais, en parallèle, et si son entreprise lui en donne la possibilité, aura mis en place une démarche permettant à ses collaborateurs d’acquérir des outils pour gérer leur propre stress.

 

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Bettina Laville

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Muriel Olivier,

Bettina Laville

 

Muriel Olivier, journaliste

 

La “surgé” des débats du Grenelle

Dans la catégorie sherpa vert, Bettina Laville est une pointure. Depuis trente ans que cette avenante quinqua grenouille dans le monde politico-environnemental, elle est devenue incontournable, et elle fait l’unanimité.

Le grand public ne la connaît guère, non pas qu’elle aime œuvrer dans l’ombre, mais c’est ainsi. Elle arbore pourtant un CV rutilant, elle qui a été successivement directrice de cabinet du ministre de l’environnement, Brice Lalonde, puis conseillère pour l’environnement de Bérégovoy. Elle rejoint la présidence de la République - et Mitterrand - jusqu’en 1995, puis retourne à Matignon pour conseiller Jospin, en 1997. A l’époque, elle qui roule pour le PS joue même le trait d’union entre son parti et les Verts. “Elle est l’une des personnes les plus intelligentes et les plus cultivées qu’il m’ait été donné de rencontrer dans ce domaine”, reconnaît Pierre Radanne, expert en énergie…

 

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La responsabilité professionnelle

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Nicole Tachau-Jacquot,

La responsabilité professionnelle

 

Quelques pistes de réflexion

Nicole Tachau-Jacquot, conseil en entreprise

 

A chaque manager ses collaborateurs

Cet article concerne la responsabilisation de chacun dans le monde de l’entreprise. Nous nous adressons aux chefs, aux dirigeants car, de même qu’un orchestre a besoin de tous ses membres, c’est le chef d’orchestre qui permet que le concert ait lieu. Il est le lien et l’âme du groupe, il coordonne, il donne le “la”… Cependant… chaque salarié est important, son moral, son énergie et sa motivation font partie intégrante de l’organisation et participent à sa construction et à sa longévité.

 

D’autre part, le manager a les salariés qui correspondent à sa vision ou sa problématique. Soit ses collaborateurs correspondent à sa vision, qu’il clarifie, et tout va bien, soit il a des collaborateurs qui ne suivent pas, voire tirent dans le sens inverse, alors la société est en danger… Il faudra donc qu’il passe d’un style “Je n’ai pas les bons collaborateurs” à : “Qu’est-ce que je mets en place pour ne pas avoir les bons collaborateurs ?… Quels sont les jeux psychologiques qui m’empêchent de progresser ?”

 

Assumer son statut de chef

Se responsabiliser lorsqu’on est dirigeant, responsable, cadre, animateur, semble évident. Toutefois ce statut crée bien des difficultés lorsqu’on en revêt l’uniforme. Tout à coup, la personne se retrouve “à la tête” de quelque chose. Elle est en première ligne et doit assumer la réaction de ses collaborateurs, de ses élèves, clients ou autres. Elle doit négocier avec l’économique et la collectivité.

 

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L’approche systémique et constructiviste

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Françoise Kourilsky,

L’approche systémique et constructiviste

 

Pour concilier “élégance des relations” et “performance des résultats”

Françoise Kourilsky, coach, spécialiste du changeme

 

Les limites de la logique binaire et linéaire

Comme l’ont brillamment démontré les théoriciens de l’Ecole de Palo Alto et de la pensée complexe, notamment Edgar Morin, il est urgent de réformer nos modes classiques de réflexion et d’interaction pour manager et conduire le changement. En effet, ce sont les prémisses et les logiques classiques de pensée qui rendent difficiles le changement dans les interactions ou l’entravent en nous piégeant dans des cercles vicieux, hâtivement nommés “scénarios” ou “compulsion de répétition”. Alors, nous devons nous interroger sur leur pertinence.

L’être humain, complexe et paradoxal, déjoue le déterminisme des modèles traditionnels pour l’appréhender. Sans exclure le mode analytique de pensée fondé sur une logique binaire, linéaire et déterministe, il s’agit de limiter celui-ci à ses domaines de validité, c’est-à-dire aux problèmes matériels, mécaniques et techniques qui peuvent être très compliqués sans pour autant être complexes.

Cette remise en question des schémas traditionnels de pensée qui ont formaté nos cerveaux depuis des siècles ne doit pas être vécue comme une défaite, mais comme une ouverture épistémologique plus adéquate pour le développement et le management  humains.

 

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La créativité en entreprise

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Corinne Asselin,

La créativité en entreprise

 

Pourquoi vouloir développer la créativité dans les organisations ?

L’attrait du nouveau

Qui n’a jamais remarqué la mention “nouveau” sur les produits dans les rayons des grandes surfaces où il va faire ses courses ? Selon les experts de la mercatique, cette mention est l’un des sésames pour attirer le client potentiel. Et d’ailleurs, on ne peut nier que la nouveauté exerce un attrait certain sur nos comportements. En effet, la nouveauté, l’innovation, l’inventivité, sont autant d’espoirs d’améliorer notre quotidien et, pourquoi pas, notre avenir. Cela explique pourquoi les entreprises sont contraintes d’innover et de lancer régulièrement (et le plus souvent possible) de nouveaux produits pour nourrir ces espoirs et répondre aux besoins naissants. Automobile, cosmétiques, électronique, alimentation, produits financiers, tous les secteurs sont soumis à la loi du nouveau.

Pour diminuer les coûts, rester compétitif, gagner des parts de marché et accroître les profits, pratiquer l’amélioration continue ne suffit pas. Dans bien des cas, il faut savoir changer les procédures et l’innovation constitue le seul atout. Quand tout un système dépend des notions de créativité et d’innovation, on pourrait s’attendre à ce que ces qualités soient mises en valeur, amplifiées et facilitées au sein des organisations. À en croire les témoignages et le travail au quotidien, la réalité est bien différente. Les organisations faisant face à une économie de marché fortement concurrentielle sont astreintes au changement permanent. Elles sont souvent obligées de privilégier la réorganisation, la rentabilité et l’investissement à court terme au détriment de ce qui leur est le plus précieux, la performance des salariés ainsi que la pertinence de leurs produits…

 

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