Développement personnel et chemin spirituel

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Pierre Maharan

Des différences évidentes, mais d’abord une source commune

Les dernières décennies ont vu naître un engouement important pour le développement personnel, la connaissance de soi et les techniques de communication. Au point qu’aujourd’hui, dans le monde de l’entreprise, le taux le plus important de demandes individuelles de formation porte sur ce domaine.

Connais-toi toi-même

Le développement personnel correspond la plupart du temps à un besoin de compréhension de la nature humaine afin de mieux gérer ses relations, qu’elles soient familiales ou professionnelles, avec pour objectif, exprimé simplement : se sentir mieux et être plus efficace. Dans ce but, la proposition principale est d’apprendre à se connaître, ce qui permet aussi de mieux comprendre les autres pour mieux communiquer.

Le 20e siècle a vu s’édifier une science du fonctionnement de l’esprit à travers l’émergence d’une multiplicité de branches des sciences humaines. Pour donner une idée de mesure de cet essor, pour ce qui est du seul champ de la psychothérapie, il se recense aujourd’hui près de 400 méthodes et/ou courants.

Développement personnel

Certains désignent Carl Gustav Jung comme étant à la racine de l’idée de développement personnel, qui n’existait pas à son époque. Avec Adler, et contrairement à Freud, il se refusa à limiter la psychologie à son rôle thérapeutique.

Jung propose le concept d’individuation, qu’il définit comme la voie individuelle de réalisation personnelle : ”La voie de l’individuation signifie : tendre à devenir un être réellement individuel…” ; “J’emploie l’expression d’individuation pour désigner le processus par lequel un être devient un in-dividu psychologique, c’est-à-dire une unité autonome et indivisible, une totalité”.  Pour Jung, la nature de l’être humain est d’évoluer, et l’individuation est un processus ayant pour but le développement de la personnalité de l’individu, dans le sens de la réalisation de ce qu’il appelle le Soi, c’est-à-dire la réalisation de ce qu’on est fondamentalement, et non pas ce que l’on croit être, le moi.

Cette idée de réalisation personnelle est reprise par la psychologie humaniste, entre autres par Abraham Maslow, spécialiste de la motivation dans le domaine du management en entreprise. Sur sa pyramide bien connue, il situe la réalisation personnelle au sommet des besoins fondamentaux de l’être humain. Il définit le “besoin d’actualisation de soi” comme impliquant la réalisation du degré le plus élevé possible du potentiel personnel dans tous les secteurs vitaux, l’être humain ayant besoin de se perfectionner continuellement. La psychologie humaniste propose d’éveiller les ressources latentes en chacun pour “devenir soi-même”.

La suite dans la revue n°37

Publié dans la rubrique CULTURE, PSYCHOLOGIE, SOCIETE, SPIRITUALITE du numéro 37
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Chanter les stances

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Chanter consciemment des paroles sacrées,c’est poser une intention forte pour soi et pour les autres. Impossible qu’elle ne se réalise pas…

Ennea Tess Griffith

chanteuse-interprète et directrice de formation

Dans toutes les traditions spirituelles et religieuses, la répétition et le chant de paroles sacrées sont une activité des plus importantes. Nous le faisons encore le dimanche dans nos églises, mais certains hommes et certaines femmes s’y consacrent pleinement dans le secret de leurs temples, de leurs ermitages ou de leurs monastères. Nous, qui vivons dans le monde, participons de ce travail, dont nous verrons bientôt l’effet immense, chaque fois que nous nous réunissons pour chanter les stances.

Les stances, qu’est-ce que c’est ?

On nomme stance en poésie ce qu’on nommerait strophe dans une chanson, c’est-à-dire un nombre défini de vers ayant un sens complet en eux-mêmes.

Selim Aïssel a retranscrit pour l’homme et la femme d’aujourd’hui des stances d’origine très ancienne et les a rassemblées dans un recueil intitulé Le Chant de l’Eternité : il s’agit de 99 stances - comme les 99 attributs de Dieu ? -, dont chacune décrit sous forme poétique l’une des plus grandes qualités humaines : amour, courage, loyauté, générosité, joie, espérance, pardon, compassion, hospitalité… Selim Aïssel nous dit que nous ne pouvons même pas soupçonner le potentiel d’action des stances, tant il est immense en termes de guérison : la guérison du corps physique et la guérison de l’état psychologique, la guérison de l’âme et la guérison de l’esprit, la guérison de l’individu et la guérison de l’humanité.

Les stances ont une action à la fois à un niveau tout à fait matériel et physique, et à un niveau beaucoup plus subtil, qui est celui de l’âme et de l’esprit.

La suite dans la revue n°36

Publié dans la rubrique ART, CULTURE, SPIRITUALITE, TRADITION du numéro
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La loi de l’attraction

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Le positif attire le positif

Maya Ollier

directrice de la rédaction

La loi de l’attraction est aujourd’hui très à la mode dans nos médias. J’ai souhaité vous donner ici un éventail des informations et publicités circulant aujourd’hui sur internet, en mentionnant nécessairement le site source de l’info publiée ici, mais en supprimant toute mention précise de l’ouvrage dont il est question, mon propos n’étant pas de faire la promotion d’un livre, dvd, extrait vidéo ou site web, comme il en existe actuellement pléthore, même en français, et ne parlons pas des sites et ouvrages anglophones ! (Pour info, le moteur de recherches Google recense 369.000 occurrences pour l’expression “loi de l’attraction” et 23.100.000 pour “law of attraction”. No comment !).

Récemment, il y a eu une explosion de discussion autour de la Loi de l’Attraction. Si vous n’êtes pas encore familier avec le concept, en voici une explication simple. Le positif attire le positif et le négatif attire le négatif. En d’autres termes, vous recevrez de bonnes ou de mauvaises choses en fonction de sur quoi vous vous focalisez.

Si vous vous concentrez sur le positif dans votre vie, alors plus de choses positives arriveront sur votre chemin. Si vous passez votre temps et votre énergie à vous focaliser sur le négatif, alors vous attirerez encore plus de choses négatives.

Vous pouvez utiliser ces principes pour exploiter la loi de l’attraction… :

Exprimez de la gratitude, de la reconnaissance. Si vous voulez plus de quelque chose, tel que de l’argent, vous devez d’abord exprimer de la gratitude pour ce que vous avez actuellement. La gratitude est une émotion positive très puissante. Soyez reconnaissant pour tout ce que votre Créateur vous a déjà donné. Vous devez être sincère dans vos remerciements. Si vous ne ressentez pas honnêtement la gratitude, vous ne serez pas capable d’utiliser cette émotion positive pour attirer plus de ce que vous voulez. On ne triche pas avec l’Univers.

Restez concentré sur ce que vous avez plutôt que sur ce que vous n’avez pas…

Débarrassez-vous des pensées négatives. Il est IMPÉRATIF que vous éliminiez autant de sentiments négatifs que possible. Faites consciemment un effort de trouver du positif en tout, car votre négativité ne sera pas récompensée par des résultats positifs.

Ayez la Foi. Il y a d’innombrables cas documentés de personnes qui ont reçu ce que leur cœur désirait en utilisant les principes trouvés dans la Loi de l’Attraction. Ces personnes ne sont pas différentes de vous ! Il est temps de croire profondément que vous méritez tout ce que vous désirez.

www.penseepositive.ne

La suite dans la revue n°36

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Du boomerang à Princeton

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Francis Sehl

formateur

Le mystère du boomerang égyptien

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de faire un voyage en Egypte et, à cette occasion, de visiter le fameux musée d’égyptologie du Caire. Lors de cette visite, mon attention fut attirée vers une vitrine du secteur réservé aux trouvailles faites dans le tombeau de Toutankhamon. Cette vitrine contenait une collection importante de différents boomerangs que ce jeune pharaon utilisait pour la chasse. Une gravure d’époque le montre manipulant cette arme. J’étais très profondément étonné : comment se fait-il qu’un pharaon puisse connaître le boomerang, cette arme utilisée ailleurs dans le monde uniquement par les aborigènes d’Australie ? L’hypothèse du voyage d’un Australien vers l’Egypte, ou inversement d’un Egyptien vers l’Australie, me paraissait peu probable, l’Australie étant une île, et les deux pays étant presque diamétralement opposés sur la mappemonde. N’ayant pas la réponse à cette question qui pourtant m’obsédait, je l’ai laissée de côté pendant longtemps.

Quelques explications d’un érudit

Quelques années plus tard, j’eus l’occasion de travailler professionnellement à Paris avec un féru de philosophie et d’ésotérisme à qui je parlai de cette question. Il me répondit qu’il n’y avait peut-être pas eu besoin d’un voyage physique pour que cette connaissance se répande.

Je ne comprenais pas. Comment des connaissances peuvent-elles voyager seules ?

Il m’expliqua que les connaissances, toutes les connaissances humaines, et même des connaissances anciennes, deviennent accessibles à ceux qui ont l’intention d’y accéder.

Il me parla des “chroniques de l’Akasha”, un ensemble de connaissances de tous les événements, de tous les faits et gestes de chaque humain, et dans lesquelles les sages de l’Inde savent lire…

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Le grand secret de l’intention

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Idris Lahore

psycho-anthropologue

Le champ de nos pensées

Il y a quelques jours, j’ai demandé à un ami psychiatre de vérifier quelques éléments concernant la puissance électrique du cerveau et du cœur. Comme toute activité, l’activité du cerveau et l’activité du cœur produisent des champs électriques et des champs magnétiques. Pour tous ceux qui, comme moi, n’y comprennent pas grand-chose, ceci signifie à peu près ceci : s’il se passe quelque chose dans mon cœur ou dans mon cerveau, c’est comme si des ondes partaient de là, avec une certaine puissance et jusqu’à une certaine distance. Si je pense (ressens) quelque chose, mes pensées (mes émotions) produisent un champ électromagnétique mesurable par les appareils de la science moderne. Ce champ s’étend à mes voisins : ils sont dans le champ de mon activité cérébrale et de mon activité cardiaque. Les personnes qui m’entourent, donc mes voisins ici dans cette salle, baignent dans le champ de ce que je pense et de ce que je ressens. D’un point de vue énergétique, nous baignons tous dans un grand champ où tout ce que nous pensons et ressentons se mélange.

La majorité des personnes présentes essaient de suivre le développement de la pensée que nous sommes en train d’étudier ensemble. Par conséquent, le champ de cette pensée devient relativement puissant, et c’est ce qui permet à certains d’entre nous - qui ne sont peut-être pas très rapides au niveau de la pensée, ou qui ne sont pas spécialement intellectuels - de comprendre des notions qu’ils ne comprendraient pas s’ils ne baignaient pas dans le champ de tous ceux qui sont présents ici. Ceci parce que nous sommes tous affectés par les pensées les plus puissantes qui se trouvent dans les lieux où nous nous trouvons. Ceci signifie que, dans votre vie, la ou les personnes avec qui vous pensez quelque chose n’est pas indifférent.

Le champ de nos émotions

Pour ce qui est de nos émotions, ceux qui font actuellement des recherches dans ce domaine savent que toutes les émotions que nous ressentons affectent le fonctionnement de notre cœur (pas seulement du cœur, mais en particulier du cœur). Cette influence elle aussi se mesure précisément avec certains appareils ; en fonction de l’émotion que nous avons, le champ qui se crée est d’une intensité plus ou moins élevée. Lorsque vous vous trouvez à côté de quelqu’un qui ne va pas bien, vous pouvez souvent le ressentir même si vous ne lui parlez pas et que vous ne connaissez pas son état : vous êtes dans son champ, quelque chose de lui se passe en vous. Plus on est sensible, plus on remarque ces phénomènes. Mais connaissez-vous la différence de puissance entre le champ électrique et magnétique du cerveau et le champ électrique et magnétique du cœur ? Nous allons demander à cet ami psychiatre ce qu’il pensait avant d’avoir vérifié les données que je lui demandais de vérifier…

Auditeur (psychiatre) : Comme le cerveau est pour moi une sorte d’usine électrique du corps, je me disais que ses champs électriques et magnétiques l’emporteraient sur ceux du cœur…

En réalité, le champ électrique créé par les émotions qui nous habitent, donc par l’activité de notre cœur, est entre 10 et 100 fois plus puissant que le champ électrique créé par l’activité de nos pensées et notre cerveau. Ensuite, lorsqu’on examine le champ magnétique créé par l’activité du cœur, la surprise est encore plus grande : le champ de forces de notre cœur, c’est-à-dire de notre monde émotionnel, est entre 100 et 1000, voire 2000 fois, plus puissant que le champ magnétique de nos pensées, de notre activité cérébrale. Etonnant, n’est-ce pas ?

La suite dans la revue n°36

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QUELLE SAGESSE POUR AUJOURD’HUI ?

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L’éveil des consciences à grande échelle

Michel Savage

coach

Une sagesse oubliée ou dépassée ?

Notre monde est secoué par une crise sans précédent. Ce n’est plus aujourd’hui un scoop pour personne, bien que peu de gens mesurent l’ampleur des défis qui nous attendent : pression démographique, épuisement des ressources, disparition des abeilles et réchauffement climatique se conjuguent pour menacer notre espèce d’extinction à la suite de tant d’autres, sans parler de l’explosion des maladies liées aux différentes formes de pollution et des risques de cataclysme social. Notre espèce, dernière apparue sur Terre, menace aujourd’hui la planète elle-même avec son modèle de croissance à mesure que les besoins s’accroissent avec quatre pays émergents qui représentent à eux seuls près de la moitié de la population mondiale. Bref, le Titanic est en train de sombrer tandis que l’orchestre continue à jouer. A une telle échelle, nos prouesses technologiques peuvent précipiter notre déclin si nous n’opérons pas un revirement immédiat. Ce ne sont pas tant nos progrès scientifiques et techniques qui sont en cause que notre état d’esprit. De deux choses l’une : soit la sagesse qui a prévalu au cours des derniers millénaires a été perdue, oubliée ou occultée, soit elle est toujours bien vivante mais ne suffit plus à nous préserver du désastre. Dans un cas, il s’agit de la restaurer, dans l’autre de la réviser au plus vite. Quelle option choisir ?

Petite histoire de la sagesse

Pour le savoir, il nous faut observer le monde comme le reflet de la sagesse qui y prévaut. Les crises de société ont toujours marqué le passage d’une logique à une autre. Une nouvelle civilisation surgit chaque fois que la vision du monde dominant jusqu’alors n’offre plus de réponse suffisante pour maintenir l’ancienne en place. A noter que l’apparition d’une nouvelle logique ne fait pas disparaître les plus anciennes, qui vont se maintenir plus ou moins en marge selon le modèle dominant. Or, qu’observe-t-on en tournant notre regard vers les origines de l’humanité ? Les premières tribus nomades vivant de la chasse et de la cueillette nous ont laissé des traces permettant de croire qu’elles percevaient leur environnement animé par des esprits qu’il fallait se concilier. Quiconque n’adhérait pas aux croyances animistes et aux rites de la communauté était passible de mort, car il menaçait sa survie. Aujourd’hui, nous qualifions ce rapport avec le monde invisible de pensée magique. Est vrai ce qui apaise le monde des esprits et permet de survivre.

La suite dans la revue n°35

Publié dans la rubrique CULTURE, SOCIETE, SPIRITUALITE, TRADITION du numéro 34
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Eveil et verticalité

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Sur le chemin de la transcendance

Olivier Clouzot

écrivain

Horizontalité et verticalité

La vie quotidienne en société constitue la dimension horizontale de l’être humain, de sa naissance à sa mort.

On s’accorde généralement sur le fait que la dimension verticale est celle de sa croissance intérieure, de ses valeurs personnelles et du sens particulier qu’il donne à sa vie, mais cela n’est pas suffisant, car on pourrait en déduire que cette dimension est purement subjective et ne relève d’aucun critère sur lequel on puisse visiblement s’accorder. C’est pourquoi il est nécessaire d’ajouter que la verticalité est essentiellement la dimension de CONSCIENCE de l’être humain capable de “connaissance de soi”, c’est-à-dire d’observer la manière dont il vit, pense et agit dans l’horizontalité de son existence. Car le fait de vivre, d’agir et de penser relève de la dimension horizontale, alors que la dimension verticale va se mettre à exister à partir du moment où nous commençons à sentir la manière dont nous vivons et où nous acquérons la capacité de nous regarder en train d’agir et de penser : ce qui signifie que cette dimension peut très bien rester une simple potentialité au sein de l’individu sans jamais, ou très rarement, avoir l’occasion de s’actualiser. Ce n’est pas du nombrilisme, juste l’aptitude d’être un témoin neutre et impartial de ce qui nous arrive et de la manière dont nous réagissons [NdlR - voir aussi : La double biographie de l’être humain p. 34]. Cette neutralité est un aspect essentiel de la dimension verticale, car sans elle, on reste dans l’horizontalité.

La dimension verticale de la vie est celle de l’évolution

Distanciation

Par exemple, tant que je jouis et que je souffre en restant identifié à ma jouissance ou à ma souffrance, je suis dans l’horizontalité de mon existence, la dimension verticale ne se surajoutant à la première que dans la mesure où je me distancie avec ce que j’éprouve tout en continuant à l’éprouver. Cela est particulièrement important en période de crise, car si je suis en colère, par exemple, et que je vis cette émotion avec une trop grande intensité, c’est-à-dire sans conscience, sans distanciation justement, je peux me laisser entraîner vers une trop grande violence et être amené à commettre des actes irréparables, dont je me sentirais par la suite coupable sans avoir la possibilité de les annuler, alors que la distanciation envers ma colère au moment même où elle m’envahit peut me permettre de ne pas me laisser déborder par elle et d’arrêter mon geste de violence à temps.

La dimension verticale de la vie est celle de l’évolution, alors que la dimension horizontale est celle d’un simple changement apparent, comme celui des modes vestimentaires, où souvent l’on s’agite en vain et tourne en rond, en donnant l’illusion d’un changement alors que tout continue en fait à fonctionner comme avant. De ce fait, on peut dire que la dimension verticale est celle de la construction de l’être, tandis que la dimension horizontale de l’existence est celle de l’avoir et du paraître.

Apprentissages horizontaux et verticaux

Les apprentissages au sein de la dimension horizontale sont les plus évidents et les plus immédiats : ils sont indispensables à la survie. Il faut savoir en effet se tenir debout, communiquer, travailler, se déplacer pour fonctionner normalement dans la société. C’est pourquoi celle-ci fournit très tôt à l’enfant, grâce à l’éducation, des moyens et des méthodes pédagogiques qui viennent prendre le relais de ceux mis en œuvre par les parents dès la naissance, et parfois même avant. Ces méthodes sont au début des techniques de conditionnement, fondées sur l’imitation et la répétition, mais elles se complexifient par la suite.

Quant aux apprentissages dans la dimension verticale, ils sont beaucoup moins évidents, car il n’existe pratiquement pas d’enseignements systématiquement reconnus sur cette question ; ils sont donc laissés à la libre initiative de certains éducateurs ou de certains groupes et relèvent surtout de la liberté et de la responsabilité directes de l’apprenant. Il ne faut pas croire, en effet, que les enseignements moraux et/ou religieux qui sont dispensés aux enfants relèvent de la dimension de verticalité dont nous parlons, parce qu’ils impliquent une croyance et une attitude soumise envers certains principes édictés dans le cadre de normes socioculturelles, principes qui ont nécessairement un caractère dogmatique puisqu’ils ne peuvent pas être discutés. Ce n’est que lorsqu’une pratique religieuse suivie passivement devient une recherche active fondée sur un libre engagement et sur une prise de conscience personnelle et/ou que la morale sociale se transforme en éthique individuelle, que la dimension verticale commence vraiment à se manifester dans l’existence humaine.

Ces deux dimensions sont complémentaires

Réalisation de soi

Remarquons aussi que ces deux dimensions sont complémentaires, et qu’il est dangereux de vivre exclusivement dans l’une d’entre elles. Vivre uniquement dans l’horizontalité, c’est rester dans l’inconscience et l’animalité, et vivre de manière absolue dans la verticalité, c’est se couper progressivement de toutes les actions qui nous relient à la vie matérielle et à la société, donc sombrer irrémédiablement dans le solipsisme, voire dans la folie – seuls des mystiques extrêmement bien entraînés peuvent arriver à vivre dans un total dénuement sans perdre la raison.

Alors que les apprentissages réalisables dans la dimension horizontale sont quasiment infinis, et qu’un individu, de par ses limites physiques, psychiques et temporelles, ne peut réaliser qu’un tout petit nombre d’entre eux (aux niveaux sportif et professionnel, par exemple), il semble au contraire que les apprentissages réalisables dans la dimension verticale soient beaucoup moins nombreux, et qu’ils puissent, dans des cas jusqu’ici exceptionnels il est vrai, être réalisés dans le cadre d’une vie – c’est cet accomplissement que les grandes traditions spirituelles appellent la “réalisation de soi”, l’état de “sainteté” ou d’ “illumination”, le “satori”, etc., mais il est tout à fait possible que des personnes agnostiques atteignent aussi des degrés d’accomplissement spirituel très élevés… Ce qui est sûr, c’est que la dimension verticale de l’existence est celle dans laquelle se développe l’Amour (avec un grand A), celui que les chrétiens appellent “charité” et les bouddhistes “compassion”, et qui est très loin de ce sentiment égoïste ou intéressé que tant de gens recherchent avidement dans la dimension horizontale de la vie.

La dimension verticale est celle dans laquelle se développe l’Amour

La crise comme moyen d’accès à la verticalité

Lorsque les apprentissages du plan horizontal sont suffisamment avancés, ceux du plan vertical peuvent se déclencher, la question métaphysique fondamentale “Qui suis-je ?” étant un très bon catalyseur.

C’est souvent à la puberté, qui correspond à une véritable crise de l’organisme soumis à de nouvelles stimulations hormonales, que le plan vertical commence à exister chez certaines personnes de façon spontanée.

Mais en réalité, n’importe quelle expérience douloureuse vécue sur le plan horizontal peut avoir cet effet (mort d’un être cher, perte ou changement d’emploi, maladie…), au point que l’on pourrait se demander si ce n’est pas la fonction essentielle des épreuves et des accidents de toutes sortes qui perturbent régulièrement l’existence humaine que de jouer un rôle déclencheur de nos apprentissages verticaux.

Le fait est que lorsque la dimension verticale se développe en nous, ces mêmes épreuves, auparavant perçues comme des catastrophes, sont plus facilement acceptées parce qu’elles sont reconnues comme utiles à notre processus, voire nécessaires à des prises de conscience nouvelles ; et, grâce à cette acceptation, les épreuves elles-mêmes diminuent d’intensité, jusqu’à parfois disparaître comme par enchantement, comme on le voit dans l’évolution hors normes de certaines maladies chez des personnes dont le plan vertical est très développé.

Arrive un moment où la mort elle-même est dédramatisée

Une chose cependant doit être prise en compte dans le modèle que nous proposons : c’est que, conformément au principe d’entropie, le plan horizontal est soumis à l’usure du temps qui régit l’existence de notre corps physique voué à la décrépitude et à la désagrégation, tandis que le plan vertical correspond à une intégration progressive d’informations structurantes de plus en plus enrichissantes, qui n’étaient pas reliées auparavant tant qu’elles étaient isolées et cloisonnées, ce qui correspond alors au principe de néguentropie.

Et il arrive un moment où la mort elle-même est dédramatisée, puisqu’elle n’atteint que le corps, tandis que l’âme, la conscience ou l’esprit (selon le nom qu’on lui donne) accède alors à un autre plan d’existence que les grandes religions décrivent dans des termes différents, mais qu’un public de plus en plus large, religieux ou agnostique, commence à décrire dans des termes assez voisins, dans ce qu’on appelle des NDE (”near death experiences”) chaque fois qu’une personne s’est trouvée, à la suite d’un accident par exemple, dans un état de mort clinique et revenait ensuite à la vie.

L’illumination en deux week-ends

Le travail qui se fait dans le plan vertical est beaucoup plus long et difficile, parce que c’est un travail d’intégration, que la plupart des apprentissages que nous sommes amenés à réaliser dans le plan horizontal (apprentissage d’une langue, d’un métier, d’un sport, etc.) ; ce qui dure ici quelques semaines ou quelques mois prend là plusieurs années et occupe souvent une vie entière.

Mais il y a des gens qui ont entendu parler de phénomènes particuliers spécifiques du plan vertical et qui pensent pouvoir en faire l’acquisition comme s’ils se trouvaient en vacances dans un pays étranger, voire dans le supermarché le plus proche de leur quartier ou de leur agglomération ; et il y a aussi, bien entendu, les escrocs de la transcendance, comme il y en a dans tous les corps de métiers, qui vous promettent la réalisation parfaite de soi en trois semaines, l’illumination en deux week-ends ou la lévitation en quelques leçons ; et vous pouvez d’autant plus vous y laisser prendre que les premières expériences de groupe dans la dimension verticale sont souvent des expériences saisissantes, littéralement éblouissantes, tant elles diffèrent de ce que nous vivons normalement dans l’horizontalité. Quelques “asanas” (postures) et “pranayamas” (respirations yoguiques) peuvent effectivement vous faire voir trente-six chandelles si elles sont proposées et exécutées dans la perspective de séduire ou d’étonner. Et il en est de même avec l’usage de drogues, comme celles qui servent dans les initiations chamaniques, mais qui, utilisées sans précaution et sans la présence d’un guide, ne seront qu’une porte ouverte vers une excitation sensorielle d’une grande intensité mais conduisant rapidement à l’aliénation.

Certes, le fait de pratiquer certaines formes de thérapie, de suivre des cours de yoga, de taï-chi chuan ou de méditation, d’apprendre les arts martiaux, de participer à un groupe de prières, ou même de pratiquer de manière assidue la pensée positive, sont des aides précieuses permettant d’avancer dans l’exploration de la verticalité. Mais le fait d’étudier l’histoire des religions, d’apprendre plusieurs langues et de rechercher les ressemblances et les différences existant entre diverses cultures, peut jouer un rôle tout aussi important, parce que cela nous permet de prendre de la distance avec les identifications et les évidences trompeuses que notre langue maternelle et nos représentations socioculturelles ont créées dans notre psyché.

Persévérer dans la durée

Un travail suivi et persévérant dans la dimension verticale permet de faire progressivement l’expérience de ce que l’on appelle des “niveaux de conscience”, c’est-à-dire des points de vue sur soi-même et sur le monde qui correspondent à des changements radicaux de perspective ; littéralement, on ne voit plus les choses de la même façon…

Pour en savoir plus :

Eveil et verticalité, Ed° Le Souffle d’Or

(dont ces pages constituent une introduction)

Parmi les ouvrages écrits ou édités par l’auteur

Apprendre autrement, Ed° d’Organisation

Education pour le 3e millénaire, Ed° Recouvrance

La trialectique, Ed° Holistiques

La suite dans la revue n°35

Publié dans la rubrique CULTURE, PSYCHOLOGIE, SOCIETE, SPIRITUALITE du numéro 34
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La condition humaine

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Description des moyens de la dépasser…

Clotilde Richard

documentaliste

et chercheur de vérité

“Si un homme pouvait comprendre toute l’horreur de la vie des gens ordinaires qui tournent en rond dans un cercle d’intérêts insignifiants et de buts insignifiants, s’il pouvait comprendre tout ce qu’il perd, alors il saurait que la seule chose sérieuse pour lui, c’est de s’évader, d’être libre. Qu’est-ce qui peut être sérieux pour un homme en prison qui est condamné à mort ? Seulement une chose : comment sauver sa vie, comment s’évader ; rien d’autre n’est sérieux.”

(G.I. Gurdjieff)

Derrière le miroir

Lorsqu’un homme “s’éveille à lui-même” et devient conscient de sa situation, il se rend compte qu’il ne sait rien de ses origines et encore moins de son destin, malgré toutes les idées et théories religieuses, scientifiques ou philosophiques que l’éducation a mises en lui.

Reconnaître la prison et trouver la sortie

Dans sa vie familiale, sociale ou professionnelle, il subit toutes sortes d’influences extérieures : les unes consciemment, les autres inconsciemment ; certaines qu’il peut changer, d’autres qui sont inévitables. Il prend également conscience des influences intérieures qui sont les moteurs de ses actions. Les cinq principales, que la 4e Voie appelle les “traits négatifs principaux du caractère”, sont : l’avidité, la peur, l’orgueil, l’abus de sexe et le mensonge. Dès qu’il s’observe sérieusement, il voit l’un de ces cinq traits le pousser à agir, comme source non seulement de toutes ses actions, mais aussi de presque toutes ses pensées. Il ne sait pas pourquoi et croit que c’est tout simplement sa nature, qu’il est ainsi fait, que la vie est ainsi faite. Mais au fond de lui, il sent confusément qu’il existe une autre réalité au-delà de cette vie, de la vie ordinaire. Lorsque ce sentiment devient plus fort, il va chercher à voir derrière le miroir, la réalité cachée : il peut alors devenir un “chercheur de vérité”. Différentes possibilités se présentent à lui : soit il étudie l’une ou l’autre théorie philosophique ou spirituelle et, tout en reconnaissant ses limites, s’en satisfait car elle répond à certaines de ses interrogations ; quant aux lacunes, il les oublie pour se contenter de demi-vérités. Soit il s’invente une théorie qui le sécurise quant à l’inconnu qui se situe au-delà de la vie ordinaire… jusqu’au jour où il se rend compte que cette théorie est terriblement limitée car elle se construit uniquement autour de son raisonnement personnel relatif et subjectif sans la moindre dimension objective. Mais :

“Il est possible de sortir de ce piège. Cependant, pour s’évader de prison, il faut d’abord voir qu’on est dans une prison. Le piège de l’être humain, c’est sa structure émotionnelle, sa structure caractérielle. Toutes ces théories qui parlent de la nature de la prison n’ont que peu d’utilité. Pour s’évader, une seule chose compte : reconnaître la prison et en trouver la sortie.”

(Wilhem Reich) 

Trouver la Voie

La troisième possibilité est la rencontre avec l’une des formes véritables du “Chemin”, de la “Voie”, ou du “Travail”. La Voie est ce fil rouge (voir aussi Science de la Conscience n°6) de la connaissance la plus profonde qui traverse toutes les religions et qui le mènera à la découverte du sens de son destin personnel, de celui de l’humanité et de celui de toute la création. Il comprendra alors le sens de l’évolution : de son évolution personnelle et de son lien avec celle de l’univers tout entier. Au contact de la Voie, on lui enseignera les moyens physiques, psychologiques, intellectuels et spirituels pour trouver sa propre place dans l’univers afin d’y accomplir son destin le plus élevé. Pour cela, il lui faudra se libérer de tous ses conditionnements afin de dépasser les limites de sa nature inférieure et développer les facultés supérieures de sa conscience. Sinon, il restera confronté aux limites de sa raison logique, de ses émotions vagabondes et de ses instincts physiques.

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Anthropogenèse

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Les conclusions scientifiques modernes confirment les données des spiritualités traditionnelles

Patrick J. Petri

Conférencier, naturopathe

Les implications de la physique quantique

Il va de soi que, sans une formation mathématique de haut niveau et une connaissance de la physique, il est impossible de comprendre la théorie des quantas. Ce qu’on peut essayer de comprendre, cependant, ce sont les conséquences “humaines” qu’implique cette théorie, en étant conscient d’une part que les scientifiques s’occupant de physique quantique n’ont rien de rêveurs mystiques et que, d’autre part, ces théories sont à l’origine, dans notre monde matériel, de l’essentiel de notre civilisation technologique. Pour ne citer qu’eux, les transistors, lasers et autres circuits électroniques, dont nous devenons chaque jour plus dépendants dans de très nombreux secteurs d’activité, reposent sur la validité de ces théories.

Le principe de départ de la physique quantique est que la matière se présente sous deux aspects : l’un ondulatoire et l’autre corpusculaire, l’examen d’un phénomène matériel pouvant se faire de ces deux points de vue. Selon la méthode et le type d’expérience utilisés, le phénomène se révélera différent : on percevra les ondes ou les particules.

Qu’est-ce que la science spirituelle ?

Selon le mot de Rudolf Steiner, père de l’anthroposophie, la science spirituelle est un chemin de connaissance, qui conduit l’esprit qui vit en l’homme vers l’esprit qui vit dans l’univers. En termes plus religieux, cette science mène le fils au Père, l’humain au divin.

La science spirituelle est non seulement un chemin de connaissance, mais aussi une façon de vivre. Elle répond aux questions que l’homme se pose sur sa propre nature, sur son origine et sur son avenir, et conduit à une connaissance de soi-même, du monde matériel et du monde suprasensible. Cependant, elle n’est pas une mystique nébuleuse et nouvel âge : elle mène à une connaissance exacte à laquelle chacun peut parvenir s’il suit lui-même le chemin qu’elle indique.

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L’homme et l’évolution

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Servir l’évolution des mondes en évoluant soi-même

Ennea Tess Griffith

formatrice en Psychologie Essentielle

Interdépendance

Nous l’avons vu dans le dernier numéro de Science de la Conscience, le principe du maintien réciproque des différentes classes d’êtres peut être considéré comme la grande loi de l’écologie cosmique universelle. Ce principe explique l’interdépendance de tous les êtres dans tous les mondes, aussi bien le monde matériel que le monde suprasensible ou spirituel. Toutes les classes d’êtres sont liées de façon indissociable les unes aux autres dans ce grand système que représente l’univers. Chacune de ces classes d’êtres produit une énergie nécessaire au fonctionnement d’une ou plusieurs autres, et si l’une venait à ne plus produire l’énergie suffisante, une autre classe devrait y suppléer. Sinon, il y aurait un trou dans le système, une sorte de trou noir qui démantèlerait l’ensemble du système cosmique et aurait pour conséquence l’arrêt de toute évolution possible pour toutes les classes d’êtres qui en font partie, du moins jusqu’à un certain niveau. Seules seraient sauvées les classes d’êtres créatrices, capables de créer à nouveau des mondes inférieurs à elles-mêmes. Pour les autres, cela signifierait la disparition.

Toutes les classes d’êtres sont liées

de façon indissociable

Le rôle des espèces animales

Nous pourrions étudier les rouages de cette interdépendance à n’importe quel niveau. Prenons le monde animal, dont nous avons expliqué qu’il est comme un retardataire de l’évolution humaine. Chaque espèce animale porte en elle une qualité, une faculté, une caractéristique, que l’homme aussi porte en lui, mais comme un défaut… puisque cette “qualité” ne devrait pas caractériser l’humain. Comme ce défaut vit dans l’espèce animale, il se manifeste peu (ou devrait se manifester peu) dans la psychologie humaine. Nous allons en réalité découvrir que les “qualités” qui caractérisent les différentes espèces animales correspondent en l’être humain aux diverses émotions négatives : la peur de la souris, l’orgueil du coq sur son tas du fumier, la malice du singe, la vanité du paon, la férocité du tigre…

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la chronique de Jean de Laprace

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La vaine gloire

Dans mon village, au bistrot, le maire est le sujet de conversation préféré des habitués : “C’est un menteur et un tricheur !”, dit le propriétaire du bistrot. “C’est un âne plein de suffisance !”, affirme l’épicier. “Il ne faut absolument plus voter pour lui !”, s’écrie le pharmacien. “Il est le politicien le plus corrompu que j’aie jamais connu !”, assure le maître d’école. Ces propos éveillent ma curiosité, et quand je rencontre le maire, ancien compagnon de classe, je lui demande : “Combien te rapporte ton nouveau poste de maire ?”. “Quoi !”, s’exclame-t-il. “Je ne reçois aucun salaire !”. “Mais alors pourquoi le fais-tu ?”. “Pour l’honneur !”, me répond-il, en se redressant, tout fier.

 

La nature humaine est ce qu’elle est. Elle est pourtant la seule responsable de l’état de notre monde, qu’elle conduit à la destruction avec ignorance, insouciance et arrogance…

 

Une pensée sclérosée trouve toujours les grandes solutions qui perpétueront un système en faillite : le réchauffement climatique est dû aux émissions de CO2 dans l’atmosphère, alors utilisons l’énergie nucléaire, même si nous ne savons pas exactement quoi faire des déchets, qui resteront radioactifs pendant quelques millénaires. Capturons le CO2 industriel à la source et stockons-le sous terre, même si nous ignorons les risques d’un tel procédé : combien de temps va-t-il vraiment rester sous terre ? On oublie qu’en 1986, au Cameroun, une gigantesque bulle de CO2 s’est échappée des profondeurs du lac Nyos, tuant quelque 1700 personnes et d’innombrables animaux. La biodiversité se dégrade, des milliers d’espèces végétales et animales disparaissent chaque année ? Pas de problème : créons-en de nouvelles grâce à l’ingénierie génétique, ou alors créons de nouvelles générations de machines-robots !

 

Le grand thème du réchauffement climatique est actuellement quelque peu oublié en faveur de la crise financière qui, entre-temps, est devenue économique, et commence à devenir sociale. Au vu de ce nouveau type de crise, les experts se prononcent, de grandes mesures sont avancées en fanfare. Le malade s’écroule sous l’effet du poison, et on lui injecte encore des doses massives de ce même poison. Les problèmes structurels et systémiques - recherche du profit à tout prix et d’une croissance illimitée, création de richesse virtuelle, manque de solidarité sociale, manque de respect de l’individu et de la Nature… - sont ignorés. On cherche les solutions faciles.

 

… jusqu’à un jour, certain, mais dont nous ignorons la date.

 

On raconte qu’Alexandre le Grand, au moment de sa mort, a promis la moitié de son empire à quiconque pourrait prolonger sa vie juste le temps nécessaire pour pouvoir à nouveau rendre visite à sa mère. Tous les grands docteurs rassemblés à son chevet furent incapables d’ajouter un seul souffle à sa vie, même en échange de son immense empire. Le visage d’Alexandre devint de plus en plus triste, des larmes coulaient. Avec la grandeur qui le caractérisait, il dit : “Si j’avais connu la valeur d’un seul souffle, je n’en aurais jamais autant gaspillé dans de vaines poursuites”. Il donna alors ses dernières instructions pour ses funérailles : lors de l’enterrement, ses mains devraient rester hors du couffin, paumes vers le ciel. Pour que tout le monde voie qu’Alexandre le Grand, qui avait voulu conquérir le monde, l’avait quitté les mains vides.

 

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Matière et esprit

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Le rôle de la technologie dans l’avenir de l’humanité

 

Françoise Antier

ingénieur

 

Etat des lieux

Lorsqu’on regarde les relations qui existent entre l’état de l’humanité d’aujourd’hui et le développement de la technologie dans tous les domaines de la vie, nombre de peurs se manifestent et de questions se posent. Impuissance à l’égard de la fascination qu’elle exerce maintenant sur toute la planète, horreur vis-à-vis de ses effets secondaires dévastateurs, angoisse face aux menaces qu’elle fait peser sur l’avenir de l’humanité, révolte contre son emprise déshumanisante dans le monde du travail… Qu’est-il donc advenu de l’espérance qu’elle soit le vecteur d’un monde meilleur ?

 

Contre-forces nécessaires

Il y a presque un siècle, en pleine guerre mondiale, alors que l’ère technologique en était à ses balbutiements, un grand visionnaire, Rudolf Steiner, enseignait à ses élèves le rôle dévolu à la mécanisation dans l’évolution de l’humanité. En ce début de XXIe siècle où la civilisation technologique, voire même la vie humaine, semblent perdre leur sens, il peut être important de chercher à se référer à une vision clairvoyante, comme celle de R. Steiner, quant au sens que peut avoir ce développement prépondérant de la technologie. Souvenons-nous que c’est lui l’instigateur, entre autres, de ce qui est devenu l’agriculture biologique, aujourd’hui devenue une nécessité vitale de plus en plus reconnue, alors que de son temps, personne n’imaginait ce qui allait advenir de notre alimentation et n’en soupçonnait les conséquences. Selon lui, l’humanité était appelée au cours de son évolution à introduire les machines dans son environnement de façon considérable. Les hommes allaient se spécialiser et s’automatiser de plus en plus dans leur profession. Il expliquait dans ses conférences que c’était une préparation de l’avenir cosmique lointain de l’humanité. Mais il en annonçait aussi les risques, si des contre-forces à cette hypermécanisation n’étaient pas créées : “Le progrès strictement extérieur dans l’évolution des métiers conduirait à la dissolution de tous les liens humains… Il ne faut pas que cela arrive, sinon l’espèce humaine tombera dans une complète décadence. Pour que cela ne se produise pas, il faut que la science de l’esprit se répande…”.

 

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Du Big Bang à l’apparition de la vie 2

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Anthroposophie et astrophysique : deux visions inconciliables

 

Jean-Marie Gries

enseignant

 

La loi de la réincarnation

Pour l’anthroposophie de R. Steiner, l’homme occupe dans l’univers une place centrale et la loi de la réincarnation s’applique aussi bien au microcosme qu’au macrocosme. Pour l’être humain, cette loi peut se comprendre de la façon suivante : l’être humain vit dans un environnement qu’il s’est lui-même façonné par ses actes. L’environnement correspond exactement à ce qu’est devenu l’être humain. Notre présent s’appuie sur notre passé, il y a dans notre vie une cohérence, et elle est liée à notre mémoire. Pendant notre sommeil, nous perdons conscience de nos activités du jour, mais le lendemain, au réveil, nous nous retrouvons dans les situations que nous avons créées la veille (le bureau que nous n’avons pas rangé, le reproche que nous avons fait à notre conjoint…), dans la suite logique de nos occupations ou réalisations de la veille. Il en va de même pour nos incarnations successives : notre esprit intègre un nouveau corps soumis aux lois physiques du moment, mais ce sont les actes, les qualités développées ou les fautes commises dans une vie précédente qui conditionnent notre nouvelle vie.

 

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Les classes d’êtres

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Comprendre le principe du maintien réciproque

 

Ennea Tess Griffith

formatrice en Psychologie Essentielle

 

Préambule

Dans la Genèse, Dieu dit à l’homme : “Voici, je t’ai placé devant la vie et la mort, je t’ai placé devant la bénédiction et la malédiction. Choisis, choisis la vie pour toi et tes descendants, afin que vous viviez.” L’homme est placé devant un choix, à chaque instant. A chaque instant, il peut choisir entre la vie ou la mort, la vie ou la mort de l’esprit, la vie ou la mort de l’âme, la bénédiction ou la malédiction, la paix ou la guerre. Ensuite, il ne fait pas seulement ce choix pour lui, mais aussi pour les siens et pour les générations futures : il s’agit de permettre l’évolution de toute l’humanité.

Le principe du maintien réciproque est celui qui peut le mieux faire comprendre à l’être humain le sens de sa propre évolution et le lien qui le relie à toute la créa­tion. Malheureusement, il en est de ce principe spirituel comme des autres : la plupart des hommes l’ignorent, et même lorsqu’ils le connaissent, ils n’en tiennent pas compte, par ignorance ou par égoïsme. Ils ne se rendent pas compte qu’en polluant la Terre, ils se polluent eux-mêmes. La pollution a non seulement une influence sur notre état physique, mais aussi sur notre psychisme et par là, peu à peu, sur notre évolution spirituelle elle-même. C’est pourquoi il est important de soutenir les mouvements écologistes qui se battent pour la Terre, les plus matérialistes comme les plus spirituels.

 

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De la reproductibilité de la conscience

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Pierre Maharan, psychosociologue

Introduire de la conscience dans l’inanimé

Qui pose la question de la reproductibilité de la conscience ? Quel est le but ? Une première réaction pourrait être de la considérer comme naïve, voire absurde : comment faire entrer dans un programme une notion a priori aussi complexe que la conscience ? Une deuxième réaction peut être la méfiance : que n’a-t-on déjà envisagé dans le domaine de la manipulation de la conscience, entre autres à des fins militaires ou simplement commerciales ? C’est une question à laquelle il est difficile d’apporter de réponses certaines, mais elle est pourtant sérieusement posée par une partie de ceux qui œuvrent dans le développement de l’intelligence artificielle (IA) et de la robotique. Si la robotique pure ne dépasse pas le domaine de la recherche et si l’image du robot domestique qui fait le ménage tout seul en singeant le comportement d’un humain ressemble à un rêve d’adolescent, on ne se représente pas bien à quel point l’automatisation des tâches a intégré tous les domaines de la vie, dans des systèmes de plus en plus complexes. On peut banalement programmer à l’avance, et même à distance, sa cafetière et son toaster, mais on en est aussi, concrètement, à introduire dans le corps humain, sous diverses formes, de l’électronique et des puces informatiques, au moins à des fins médicales. De même, il est devenu possible, après l’avoir détecté grâce à son Gsm, d’envoyer un missile sur un chef de guerre ennemi.

Cependant, le questionnement qui nous intéresse ici est une étape supplémentaire, car il sous-tend l’idée de rendre possible l’introduction de la conscience dans de l’inanimé.

 

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