la chronique de Jean de Laprace

NOTRE NOUVEAU SITE

Les abonnements et les revues (dont la nouvelle revue: N° 38) sont dorénavant disponibles sur notre nouveau site (cliquez ici)

http://www.sciencedelaconscience-magazine.com

La vaine gloire

Dans mon village, au bistrot, le maire est le sujet de conversation préféré des habitués : “C’est un menteur et un tricheur !”, dit le propriétaire du bistrot. “C’est un âne plein de suffisance !”, affirme l’épicier. “Il ne faut absolument plus voter pour lui !”, s’écrie le pharmacien. “Il est le politicien le plus corrompu que j’aie jamais connu !”, assure le maître d’école. Ces propos éveillent ma curiosité, et quand je rencontre le maire, ancien compagnon de classe, je lui demande : “Combien te rapporte ton nouveau poste de maire ?”. “Quoi !”, s’exclame-t-il. “Je ne reçois aucun salaire !”. “Mais alors pourquoi le fais-tu ?”. “Pour l’honneur !”, me répond-il, en se redressant, tout fier.

 

La nature humaine est ce qu’elle est. Elle est pourtant la seule responsable de l’état de notre monde, qu’elle conduit à la destruction avec ignorance, insouciance et arrogance…

 

Une pensée sclérosée trouve toujours les grandes solutions qui perpétueront un système en faillite : le réchauffement climatique est dû aux émissions de CO2 dans l’atmosphère, alors utilisons l’énergie nucléaire, même si nous ne savons pas exactement quoi faire des déchets, qui resteront radioactifs pendant quelques millénaires. Capturons le CO2 industriel à la source et stockons-le sous terre, même si nous ignorons les risques d’un tel procédé : combien de temps va-t-il vraiment rester sous terre ? On oublie qu’en 1986, au Cameroun, une gigantesque bulle de CO2 s’est échappée des profondeurs du lac Nyos, tuant quelque 1700 personnes et d’innombrables animaux. La biodiversité se dégrade, des milliers d’espèces végétales et animales disparaissent chaque année ? Pas de problème : créons-en de nouvelles grâce à l’ingénierie génétique, ou alors créons de nouvelles générations de machines-robots !

 

Le grand thème du réchauffement climatique est actuellement quelque peu oublié en faveur de la crise financière qui, entre-temps, est devenue économique, et commence à devenir sociale. Au vu de ce nouveau type de crise, les experts se prononcent, de grandes mesures sont avancées en fanfare. Le malade s’écroule sous l’effet du poison, et on lui injecte encore des doses massives de ce même poison. Les problèmes structurels et systémiques - recherche du profit à tout prix et d’une croissance illimitée, création de richesse virtuelle, manque de solidarité sociale, manque de respect de l’individu et de la Nature… - sont ignorés. On cherche les solutions faciles.

 

… jusqu’à un jour, certain, mais dont nous ignorons la date.

 

On raconte qu’Alexandre le Grand, au moment de sa mort, a promis la moitié de son empire à quiconque pourrait prolonger sa vie juste le temps nécessaire pour pouvoir à nouveau rendre visite à sa mère. Tous les grands docteurs rassemblés à son chevet furent incapables d’ajouter un seul souffle à sa vie, même en échange de son immense empire. Le visage d’Alexandre devint de plus en plus triste, des larmes coulaient. Avec la grandeur qui le caractérisait, il dit : “Si j’avais connu la valeur d’un seul souffle, je n’en aurais jamais autant gaspillé dans de vaines poursuites”. Il donna alors ses dernières instructions pour ses funérailles : lors de l’enterrement, ses mains devraient rester hors du couffin, paumes vers le ciel. Pour que tout le monde voie qu’Alexandre le Grand, qui avait voulu conquérir le monde, l’avait quitté les mains vides.

 

SE PROCURER LA REVUE N°33 CONTENANT CET ARTICLE

Publié dans la rubrique CULTURE, SOCIETE, SPIRITUALITE du numéro 33
Commander le numéro 33 contenant l'intégralité de cet article

Laisser un commentaire

Note: Comment moderation is enabled and may delay your comment. There is no need to resubmit your comment.