L’intention : un chemin de vie
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Je peux faire le choix de ce que je veux vraiment vivre
psychologue clinicienne psychothérapeute
interview Maya Ollier
Science de la Conscience : Quelle est votre définition de l’intention ? Quelles sont les autres formulations possibles ?
Cécile Kapfer : L’intention telle que je la propose annonce un processus, un chemin : la voie, le processus de notre ou de nos intentions. L’intention est aussi un concept de vie : “intention” vient du latin “intentio”, action de diriger, diriger sa vie, diriger son existence. Bien entendu, nous avons perdu ce sens originel de nos intentions.
L’intention est une dynamique de vie qui nous met en action positive et constructive. Dans les temps à venir, elle connaîtra un développement considérable car nos enfants ont vraiment besoin de leurs intentions… Or, de fait, nous avons souvent perdu le fil de nos intentions. Le processus de l’intention dont il est question ici n’a rien à voir avec les bonnes ou les mauvaises intentions, rien à voir avec l’intention dont on entend habituellement parler dans les médias. Au-delà des intentions déclarées des uns et des autres, l’intention traditionnelle est souvent devenue vide de sens, parce que vide de réalisation. Il s’agit de réapprendre à vivre l’intention dans un sens global, qui ne soit plus exclusivement mental.
L’intention dont je parle est notre intention vécue, du dedans de soi, c’est une impulsion qui vient de soi, que l’on vit et partage. Cette intention n’est ni philosophique, ni théorique, ni intellectuelle. Par contre, chaque être vivant - dont l’être humain - vit, exprime, une intention, ou son intention, qu’il en soit conscient ou non. Car l’intention est forcément et avant tout un processus vivant porté et vécu par un être vivant, humain, animal, plante. Chacun, donc, vit son intention propre : c’est inhérent au fait que nous soyons en vie.
D’autres formulations possibles ? L’intention a tout à voir avec faire le choix de ce que je veux vraiment vivre. Donc elle a à voir avec porter son regard plus loin que l’immédiat vécu : regarder vers son propre futur. L’intention va en outre avec l’évocation de potentia-lités que nous avons en nous, individuellement, et que nous exprimons peut-être trop rarement. J’émerge en mon intention, je vis en mon intention, mon intention vit en moi. Mon intention m’est personnelle, je la vis du dedans. Lorsque quelqu’un m’exprime son intention vécue, je comprends mieux ce qu’il vit, son ressenti intérieur.
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Publié dans la rubrique PSYCHOLOGIE, SOCIETE du numéro
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22 juillet 2010 à 12:52
” L’intention dont je parle est notre intention vécue, du dedans de soi, c’est une impulsion qui vient de soi, que l’on vit et partage. Cette intention n’est ni philosophique, ni théorique, ni intellectuelle. Par contre, chaque être vivant - dont l’être humain - vit, exprime, une intention, ou son intention, qu’il en soit conscient ou non. Car l’intention est forcément et avant tout un processus vivant porté et vécu par un être vivant, humain, animal, plante. Chacun, donc, vit son intention propre : c’est inhérent au fait que nous soyons en vie. ”
Pourquoi appeler cela : intention ? L’intention suggère fortement un auteur, une volonté propre, et un but. L’intention va avec la connaissance et l’existence de quelqu’un qui a l’intention.
Or, l’impulsion, le procesus vivant, la non-conscience, le fait que ce soit inhérent à la vie impliquent quelque chose d’impersonnel, de non volontaire, de non soumis à la pensée.
L’intention est une notion fondamentale dans nos sociétés, mais aussi une idée pernicieuse. Croyant au pouvoir de l’intention, jugeant les gens sur l’efficacité de leur intention, on se méprend gravement sur la nature humaine.