Hérédité ou mémoire ?

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Ce que n’explique pas la génétique, le célèbre biochimiste britannique Rupert Sheldrake l’explique par la résonance morphique

Rupert Sheldrake

biochimiste

Interview Maya Ollier

 

Mémoire collective

Vous êtes un scientifique de renom, biologiste de surcroît, et cependant, vous mettez à mal la génétique avec vos recherches sur la résonance morphique et la mémoire collective… Cette dernière s’apparente-t-elle à la notion jungienne d’inconscient collectif ?

L’inconscient collectif est en effet une mémoire collective, mais strictement appliquée à l’humain. Or selon moi, la mémoire collective s’applique à tous les règnes de la nature et pas seulement aux espèces vivantes comme les humains, les animaux et les végétaux, mais aussi au monde minéral, les cristaux par exemple. Pour moi, la nature toute entière a une mémoire collective.

Limites de la génétique

Mais alors, comment cette mémoire se transmet-elle, dans les végétaux par exemple ? A travers le code génétique ?

Non, pas par les gènes. La résonance morphique n’est pas génétique. Elle est un transfert direct d’informations, sur la base d’une similarité entre l’émetteur et le récepteur. Elle transmet non seulement la forme et la structure des organismes vivants, mais aussi leurs comportements. Les gènes ne transmettent que des informations génétiques, et celles-ci ne concernent que les séquences d’acides aminés et de protéines. Rien de plus.

 

Certains scientifiques aujourd’hui disent pourtant que l’esprit lui-même est transmis génétiquement !

C’est absurde. Le rôle des gènes est grandement surestimé, alors que nous savons exactement ce que font les gènes : ils codent pour les protéines. En d’autres termes, ils nous permettent de fabriquer des protéines au niveau organique. Sans cette capacité-là, nous n’existerions pas, ou alors nous deviendrions des mutants en fabriquant des gènes défectueux, qui à leur tour fabriqueraient des protéines défectueuses, ce qui veut dire que nos corps physiques seraient eux aussi défectueux. Accorder aux gènes une autre fonction relève du fantasme. L’idée que tout ce dont vous héritez est codé dans votre A.D.N. (la forme de votre nez, les schémas de comportement répétitifs dans votre système familial, l’instinct d’une hirondelle qui sait qu’elle doit migrer de la France vers l’Afrique en automne même si elle n’a pas été élevée par ses parents ou par d’autres hirondelles…), cette idée est une illusion : c’est impossible ! L’A.D.N. code pour les protéines, et rien d’autre. Comment un gène peut-il passer de la capacité de fabriquer la bonne protéine à la capacité de migrer instinctivement vers le bon pays d’Afrique !?

 

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Publié dans la rubrique PSYCHOLOGIE, SCIENCE, SOCIETE du numéro 33
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