Evolution : génétique et philosophie

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Comment minimiser l’ampleur des catastrophes à venir…

Professeur Pierre-Henri Gouyon

biologiste

interview Maya Ollier

Recherche d’équilibre

Dans l’optique d’une disparition de l’espèce humaine, beaucoup de scénarios ont été avancés. Quel serait le plus plausible selon vous ?

J’ai trouvé l’idée la plus intéressante chez Hubert Reeves. Il dit que tous les systèmes recherchent un état d’équilibre, une des plus jolies définitions de l’équilibre que je connaisse étant “quand les forces à court terme ont cessé d’agir et que les forces à long terme n’ont pas encore commencé”. Si un élément déséquilibre le système en permanence, le seul recours est de se débarrasser de l’élément qui fabrique le déséquilibre (en l’occurrence l’espèce humaine), et tous les moyens seront bons : épidémie, catastrophe, guerre… Le système bouge jusqu’au moment où ce qui le dérange disparaît, donc si des conditions existent pour faire disparaître l’espèce humaine, le système les trouvera un jour ou l’autre, il continuera même à bouger jusque là, ce qui peut prendre encore beaucoup de temps et signifie que nous risquons d’être secoués encore longtemps.

Tous les systèmes recherchent

un état d’équilibre

Des gènes et des hommes

Vous avez écrit un livre intitulé “Les avatars du gène”. Si j’ai bien compris, les gènes utilisent l’homme pour leur propre évolution ?

Les gènes ont progressivement constitué tous les êtres vivants, dont l’homme parmi beaucoup d’autres. Si les combinaisons génétiques fabriquent un organisme qui les reproduit bien, on les retrouve dans les générations futures. Dans le cas contraire, elles disparaissent. Le processus évolutif ne conserve pas les individus, qui sont des structures transitoires, mais l’information génétique. De ce point de vue, les êtres vivants, dont les humains, sont des artifices inventés par les gènes pour se reproduire. D’une certaine façon, la génétique évolutive répond à la fameuse question : “Pourquoi suis-je là ?”, dans le sens de “Quel est le processus qui m’a amené ici ?”. Dans le sens : “Quel est mon but dans la vie ?”, la biologie n’a évidemment rien à répondre.

La suite dans la revue n°34

Publié dans la rubrique SCIENCE, SOCIETE du numéro 34
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