Quelle rencontre ?
Georges Didier, Psychothérapeute
D’abord un peu d’histoire. Le remarquable travail de Bert Hellinger a récemment densifié les mots constellations familiales. Comme d’autres, j’anime des groupes depuis plus de trente ans et déjà, à l’époque, nous travaillions ce que nous appelions les énergies antérieures. Cette recherche sur l’avant d’aujourd’hui familial est très ancienne dans le monde de la thérapie.L’évolution de l’inconscient collectif permet aujourd’hui d’aborder une question centrale qui peut paraître banale : quelle est la rencontre souhaitée, voire idéalisée, dans les constellations familiales ?Mais de quelle histoire parle-t-on ? Là, la question devient intéressante.Dans une approche au premier degré des constellations, l’être rencontre sa famille, les non-dits, les relations inachevées et enkystées dans le transgénérationnel, l’inconscient familial et ses souffrances. N’y a-t-il pas alors, dans cette rencontre-là, un risque de trop valoriser la dépendance, justement, au corps familial sous le prétexte de rechercher des fidélités ? Nous savons tous le danger de trop appartenir à notre famille et notamment à notre famille souffrante. Comme une fixation au corps de la mère (violente ou dépressive), dirait la psychanalyse. Je connais bien les groupes de constellations familiales et souvent je crois y voir cette recherche de l’appartenance à la grande mère, dans une dépendance au groupe et au nombre.
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Publié dans la rubrique PSYCHOLOGIE, SCIENCE, SOCIETE du numéro
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