Cognition et conscience
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De l’étude de la conscience
“La conscience est au psychologue ce que la gravité est au physicien : inévitable” (Bernard Baars), mais est-elle tout aussi inévitable pour l’informaticien qui s’intéresse à l’intelligence artificielle ? Voilà le point principal que je voudrais examiner ici… Pendant de longues années, les chercheurs se sont gardés d’aborder le thème de la conscience, qui apparaissait comme une notion trop vague pour permettre une étude scientifique et pour fonder la cognition. Des Grecs à Descartes, les rapports entre le cerveau et l’esprit sont fondés sur le dualisme et l’interaction d’un corps et d’un esprit matériels. Descartes fut le premier à tenter d’expliciter comment un esprit non matériel interagissait avec le corps (par l’intermédiaire de la glande pinéale). Les “occasionnalistes” (Malebranche, mais aussi de façon un peu plus lointaine, Spinoza et Leibniz) conçoivent l’idée fantastique d’un parallèle, commandé par Dieu, entre le corps et l’esprit, par ailleurs indépendants. Puis, faute d’idée nouvelle, cette question reste longtemps en sommeil. Ainsi, Bertrand Russell prétendait les résultats de l’introspection scientifiquement inutilisables car n’obéissant pas aux lois physiques. De même, le behaviourisme, voulant fonder la psychologie comme science exacte, exclut toute notion d’état mental, et rejette ce qui concerne la conscience comme fondamentalement hors de son domaine.
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Publié dans la rubrique PSYCHOLOGIE, SCIENCE, SOCIETE du numéro 32
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