L’agriculture bio
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Revenons à une logique de territoire
Jacques Caplat
agronome et ethnologue
interview Maya Ollier
Jacques Caplat, qui êtes-vous ?
Je suis à la fois agronome et ethnologue. J’ai notamment travaillé huit ans à la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique, où je contribuais à coordonner les groupements régionaux d’agriculture bio et à négocier les politiques agricoles avec Bruxelles, avec le ministère de l’agriculture et le ministère de l’environnement. Vaste dossier !
Bio dans les cantines scolaires
Vous êtes à l’origine des repas bio dans les cantines scolaires ?
Pas directement. J’ai participé à l’introduction de la bio dans les cantines scolaires à Paris en tant qu’élu d’arrondissement, grâce à un adjoint à la Mairie de Paris, Eric Ferrand, qui était aux affaires scolaires dans la mandature précédente et issu du même arrondissement que moi. Sachant que je travaillais dans l’agriculture biologique, il m’avait demandé de lui expliquer l’intérêt de ce projet et j’avais, je pense, contribué à lui faire prendre conscience de ce qu’était vraiment l’agriculture bio. Au départ, il en avait une image assez négative, et la considérait plutôt comme une mode “bobo”. Je lui ai expliqué toutes les valeurs que porte le bio en matière de protection de l’environnement et de lien au territoire, ce qui lui a beaucoup plu et lui a peut-être permis d’être plus dynamique dans la mise en place des repas bio en cantines scolaires, ce qu’il aurait fait de toute façon dans la mesure où l’accord de mandature le lui imposait, mais je pense qu’il l’a fait avec plus de conviction une fois qu’il en a compris l’intérêt.
Maîtrise du vivant
Au-delà de l’intérêt gourmand d’une bonne alimentation, quel est l’intérêt de l’agriculture bio, en termes de rapport au territoire, par exemple ?
Mon entrée ethnologique m’a amené à creuser le lien entre le territoire et l’agriculture. De toute façon, une agriculture, c’est la manière dont une société prend la maîtrise de son environnement. Ce peut être une maîtrise modérée et respectueuse, ou ce peut être une maîtrise de domination absolue comme certaines agricultures “déviantes” du type agriculture intensive agro-industrielle qui, finalement, nient l’environnement : on est les maîtres et on fait ce qu’on veut, on se positionne comme des dieux tout-puissants face à la nature, on se veut capables de faire pousser des cultures sans terre, de modifier le vivant avec des manipulations génétiques…
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Publié dans la rubrique ECOLOGIE, SOCIETE du numéro 33
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