Nourrir l’esprit aussi

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Comprendre le lien entre les aliments et le chemin spirituel

 

Selim Aïssel

fondateur de la Psycho-Anthropologie

Interview Pascale Ash

 

Les trois nourritures

En lisant divers textes sur les recherches menées par Aurobindo, je pense avoir saisi une dimension nouvelle de votre enseignement. D’après ce que je comprends, Aurobindo cherchait à faire naître un “homme nouveau” à partir d’un travail au niveau cellulaire. Ce qui m’est apparu clairement, c’est que l’enseignement que vous nous donnez, de façon beaucoup moins violente, beaucoup plus subtile aussi peut-être, a un effet à ce niveau-là aussi. Je pense par exemple aux efforts que vous nous proposez de faire sur la non manifestation de nos émotions négatives, un travail qui change certainement jusqu’à notre biologie… Est-il juste de penser que s’effectue par ce biais-là un changement au niveau cellulaire qui permettra éventuellement de faire émerger un homme nouveau ?

Oui ! Vous connaissez les trois nourritures de l’être humain : les aliments, l’air, les impressions. Ces nourritures doivent être de qualité. Certains “maîtres”, comme Auro­bindo et quelques autres, dont R. Steiner en Occident, essaient d’introduire une transformation dans l’être humain jusqu’au niveau cellulaire, ce qui semble loin du spirituel mais qui, en réalité, en est tout proche. Pourquoi ? Parce qu’ils ont constaté que l’être humain est en train de se densifier, de se matérialiser, de s’enfermer dans la matière, à cause des nourritures dénaturées dont il se remplit : aliments industriels, médicaments chimiques, air pollué, impressions néfastes. L’être humain est depuis deux siècles environ en train de se matérialiser de plus en plus fortement, ce qui signifie qu’en lui, bientôt, ne pourra plus s’incarner un esprit. Ce qui fait qu’Aurobindo, Steiner et quelques autres, dont je fais partie, s’efforcent de faire entrer dans la matière, et jusque dans la moindre cellule du corps humain, des impulsions curatives de ces forces matérialisantes que subissent aujourd’hui les êtres humains par le biais des aliments, de l’air et des impressions.

 

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Publié dans la rubrique PSYCHOLOGIE, SPIRITUALITE du numéro 33
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