la chronique de Jean de Laprace, Pour une écologie de l’esprit II

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A Kampala, un ami ougandais me fait part de son point de vue à propos du modèle de développement économique occidental.  Il me raconte l’histoire de l’ancien président de la Banque Mondiale, James D. Wolfensohn, en visite au pays, qui retrouve Mbabazi (son nom veut dire “pour la grâce de Dieu”) allongé sur les berges du lac Victoria. Il est 10 h du matin et Wolfensohn étonné lui demande : “Qu’est-ce que tu fais là ? Ne travailles-tu pas ?” Mbabazi se réveille tranquillement, le regarde et lui répond : “Si, j’ai un métier, je suis pêcheur !” “Alors pourquoi n’es-tu pas en train de pêcher ?”, insiste Wolfensohn. “J’étais à la pêche hier, j’ai attrapé trois gros poissons, j’en ai rapporté un à la maison pour ma famille, j’ai offert le deuxième à mon cousin et le troisième à mon voisin”, rétorque Mbabazi. “Vraiment ! Tu devrais être en train de pêcher pour pouvoir avoir plus de poisson”, dit le banquier. “Pourquoi faire ?” “Tu pourrais le vendre et avoir de l’argent” “Pourquoi faire ?” “Tu achèterais un petit bateau et des filets et tu pourrais avoir plus d’argent”. “Pourquoi faire ?” “Tu achèterais un vrai bateau, tu engagerais d’autres pêcheurs et tu aurais beaucoup de poisson à vendre”. “Pourquoi faire ?” “Tu pourrais avoir une grosse entreprise, plein de bateaux, un gros chiffre d’affaires”. “Pourquoi faire ?” “Tu serais très riche, tu pourrais même arrêter de travailler et te payer du bon temps !”, ajoute Wolfensohn en désespoir de cause.  Mbabazi, maintenant vraiment amusé : “Qu’est-ce que vous croyez que je fais là ?”

L’Ouganda reste un des pays les plus pauvres au monde (154e sur 177 pays en termes de richesse) et ce malgré l’aide massive des institutions internationales. Pourtant, là-bas, j’ai souvent entendu ce proverbe : “Habyahangirwe, ne mpanga ibiika” (Pour les gens bénis, même les coqs pondent des œufs).

Ce qui est vraiment en cause, et mis en exergue par cette anecdote, est la croissance continue - toujours avoir plus - comme condition de réussite et de bonheur. Cela commence au niveau de l’individu. Pour avoir les objets de ses rêves – l’homme ou la femme parfait(e), une voiture de plus en plus puissante ou luxueuse, une grande maison, des vacances de rêve, les grands restaurants –, il faut avoir de plus en plus d’argent. Cela induit la nécessité de succès professionnels et financiers continus, la course aux diplômes (synonymes de mérite) depuis le plus jeune âge, la compétition sauvage, enfin la méritocratie. Plus je veux, plus je désespère, indépendamment du fait que je réussisse à l’avoir ou pas. Dans un cycle infernal, la méritocratie augmente cette insatiable insatisfaction et conduit inexorablement à la destruction de toute trace d’humanité.

Les modèles économiques actuels sont mêmes arrivés à l’absurdité de considérer cette croissance continue comme condition de survie du système. Nous avons l’obsession du produit intérieur brut (PIB) comme mesure de la croissance économique et du volume de la production. Cette croissance est basée sur l’innovation, le progrès technique continu et la disponibilité des ressources naturelles. Pourtant, les travaux de Nikolai Kondratiev*, un des premiers économistes à montrer l’existence de cycles dans l’économie, ont été mis au placard. Aujourd’hui, les tenants de la décroissance sont marginalisés : ils considèrent la croissance infinie comme une impossibilité physique et biologique et expriment de sévères réserves sur la possibilité de poursuivre le modèle actuel de croissance, entre autres en raison de la nature finie des ressources naturelles.

Or, l’expérience phénoménologique de la nature nous montre que tout processus passe par un cycle de naissance, croissance, maturité, décroissance et mort. Dans sa folie des grandeurs, les faiseurs de la pensée dite moderne semblent vouloir surpasser les dieux…

(à suivre)

La suite dans la revue n°37


* Nikolaï Dmitrievitch Kondratiev (1892-1938) est un économiste soviétique célèbre pour sa théorie des cycles économiques dits “cycles Kondratiev”. Il est mort fusillé au Goulag où il avait été déporté à la fin d’un procès initié par Staline.

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Devenir responsable de son bien-être et de sa santé

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Olivier Benhamou

Un praticien euphoniste est un professionnel de santé, un éducateur au bien-être et à la santé

Il n’est pas médecin et ne pose aucun diagnostic. Il n’est pas psychothérapeute et n’engage aucune psychothérapie, qui relève de thérapeutes spécialement formés. Par contre, il travaille en collaboration avec les autres professionnels de santé. Ses connaissances et son savoir-faire lui permettent d’aider ses clients à trouver les ressources nécessaires pour conserver ou retrouver l’équilibre, le bien-être et la santé.

Quelles sont les méthodes utilisées ?

Elles sont de trois types :

des méthodes de bien-être et de santé ;

des méthodes de développement personnel et d’équilibre psychologique ;

pour ceux qui sont intéressés par une connaissance plus profonde de leur être, des méthodes qui peuvent conduire à ce que certains appellent le “spirituel”.

Mais qu’est-ce que l’état de santé ? Et qu’entend-on par troubles du bien-être ?

Nous pouvons reconnaître plusieurs niveaux de santé :

La santé physique, celle des organes et du fonctionnement des organes : le foie, les poumons, le système digestif, fonctionnent bien. Nous en oublions même leur existence.

La santé émotionnelle, ou psychologique : elle nous permet de résister aux stress de la vie, d’entrer en relation saine avec les autres, d’avoir un bon sommeil, d’être joyeux et optimiste… Elle est aussi la capacité à se libérer des blessures de l’enfance, conscientes ou inconscientes.

La santé intellectuelle nous permet d’avoir une bonne mémoire et de nous concentrer facilement. Elle est aussi la capacité à raisonner de façon juste et à avoir une pensée claire.

Ces trois niveaux de santé sont en interrelation permanente. Chacun est le reflet de ce qui se produit dans les autres. L’état de bien-être est le résultat d’un fonctionnement non pas parfait, mais satisfaisant de ces trois niveaux. En d’autres termes, l’état de bien-être que chacun de nous peut ressentir, soit de façon régulière, soit de façon épisodique, correspond à un état où le corps, le cœur et l’esprit sont en harmonie.

Un déséquilibre, à un ou plusieurs niveaux, altère le sentiment de bien-être qui est, rappelons-le, l’état naturel d’un être humain sain. Une mauvaise digestion, une douleur à une dent, une colère qui ne passe pas, des pensées qui reviennent sans cesse, et voilà l’état de bien-être disparu.

Le praticien euphoniste a une vision un peu plus large encore de l’état de santé.

Cette vision, il la doit aux connaissances traditionnelles de la médecine derviche, auxquelles il a été formé. Les derviches Hakim (Hakim veut dire médecin) reliaient les différents niveaux de santé sur une figure appelée ennéagramme, qui représentait le symbole de tout ce qui vit sur terre. Ennea veut dire neuf et grammos point. C’est une figure à neuf points.

La suite dans la revue n°37

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Rétrospective

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Liane Feder

Une possibilité de reprendre sa vie en mains quand on a dérapé

Accumulation d’énergies résiduelles

Quand vous vous levez de mauvaise humeur dès le matin, quelle est la nature de ce qui vous habite ? Des résidus de ce qui n’a pas été digéré la veille : vos difficultés de la veille n’ont pas été conscientisées puis éliminées, elles ne sont pas simplement passées à travers vous, elles restent accrochées et deviennent des résidus. C’est un processus normal, il fait partie de la vie humaine, mais pour autant, il est facteur de perte de force et d’énergie. Ces résidus peuvent être des difficultés d’ordre psychologique, émotionnel, relationnel, mais aussi d’ordre instinctif ou physique… Votre corps ne fonctionne peut-être pas bien, vous avez peut-être une mauvaise digestion qui fabrique - autrefois on disait - de la “bile noire”, ou bien vous étiez mal couché, vous avez mal respiré et votre mauvaise respiration fait que d’autres résidus, des substances chimiques, entrent dans votre sang. N’étant pas correctement éliminés, ils vous plombent dès le matin.

Le phénomène d’accumulation des énergies résiduelles existe bel et bien et, pendant longtemps, vous êtes obligé d’observer, pour percevoir la nature de ce qui vous habite quand vous êtes négatif. Quand c’est positif aussi, mais le positif pose moins de problèmes, même si l’on se perd plus facilement, si l’on s’oublie dans ce qui est positif. Dans le négatif, on est souvent identifié, donc trop faible pour faire quoi que ce soit. Or le négatif laisse des traces et vouloir agir pour en sortir est évidemment très intéressant.

Comment se libérer du négatif…

Pour perdre le moins d’énergie possible, voire même pour en gagner, il vous faut donc connaître la nature de votre négativité parce que vous connaissez alors la façon la plus rapide d’en sortir. On peut dépasser certaines situations négatives simplement en ayant une activité physique, par exemple en entrant dans le mouvement, en buvant beaucoup d’eau, en prenant une douche froide ou chaude… Dans d’autres situations, il faut faire un travail émotionnel ou intellectuel de compréhension. Il y a une multitude de solutions possibles, mais si vous ne savez pas de quelle nature est le négatif qui vous habite, il sera difficile de vous en libérer : vous allez le refouler, ne pas vous y intéresser suffisamment, ne pas le reconnaître assez pour le dépasser. C’est ce qui se passe pour la majorité des gens : comme ils ne reconnaissent pas la nature de ce qui les habite de négatif, ils ne peuvent pas prendre les moyens pour le dépasser et ce négatif laisse en eux des résidus toujours plus graves, parce qu’ils se cristallisent, de couche en couche, selon le même processus que pour les couches de sédiments qui forment peu à peu des montagnes !

La suite dans la revue n°37

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Protocole de libération du subconscient

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Idris Lahore

Pour prendre plus librement sa vie en mains…

Rappel

Notre conscient est cette partie de notre psychisme dans laquelle nous percevons les sensations, dans laquelle nous sommes conscients de nos pensées, émotions et sentiments ainsi que de toutes les informations qui nous viennent du monde extérieur par nos sens. C’est cette partie avec laquelle nous réfléchissons, prenons des décisions, faisons des choix, tandis que notre subconscient est un processus de notre psychisme, de notre mental, qui agit dans les dimensions de notre être corporel, émotionnel, intellectuel et spirituel dont nous sommes inconscients. Notre subconscient enregistre toutes les informations - toutes les perceptions, toutes les pensées, tous les événements de notre vie - même celles que notre conscient ne perçoit pas, et les garde en mémoire. C’est lui qui fait tous nos apprentissages inconscients et, une fois qu’il a appris une réponse (comportement, perception, pensée…), il réagit toujours de façon automatique et spécifique à toutes les situations extérieures. En d’autres termes, il nous fait toujours réagir de la même façon.

Le but de notre protocole

Notre protocole a pour but de traiter les émotions négatives et les schémas de pensée qui sont la cause de nos problèmes et de nos difficultés, pour qu’ensuite, notre psychisme oblige notre subconscient à réagir de façon plus autonome. Il s’agit de changer en nous les systèmes de croyance qui déterminent la façon dont nous réagissons aux situations extérieures et les expériences que nous faisons.

Nos réactions négatives sont toujours liées à des perturbations non intégrées, c’est-à-dire des émotions non intégrées dans le passé qui ont créé des schémas de pensée : ceux qui nous font réagir négativement aujourd’hui. Nous avons accumulé une très grande quantité de perturbations non intégrées dans notre psychisme et il s’agit de le nettoyer car tous ces schémas de pensée, toutes ces croyances sont ancrés dans notre psychisme, qui nous fait réagir de manière spécifique et mécanique dans une situation donnée, alors même que, la plupart du temps, quand il s’agit d’émotions négatives et de schémas de pensée qui nous emprisonnent, nous aimerions pouvoir réagir autrement… Mais notre subconscient ne nous le permet pas, car nos expériences de vie l’ont programmé de la façon dont il nous oblige à réagir. Notre méthode a pour but de déprogrammer notre subconscient de ses programmes négatifs, afin de les remplacer par la liberté de réagir consciemment et volontairement : par ce protocole, nous décidons d’enseigner à notre subconscient à réagir plus sainement.

Votre intention consciente incitera votre subconscient à réagir pour neutraliser ou éliminer le problème que vous aurez décidé de traiter. C’est votre subconscient qui fait le traitement pour vous et son travail consiste à éliminer les racines des émotions négatives, des schémas de pensée négatifs, des croyances négatives qui déterminent vos expériences actuelles. Nous voulons aider le subconscient à guérir de tous les blocages, toutes les limitations, toutes les expériences désagréables ou non adaptées qui viennent de vos vécus passés. Le subconscient ne réagit plus alors automatiquement sur ces bases négatives qui sont toujours liées au passé. Nous n’avons pas pu achever ou intégrer un grand nombre d’expériences négatives ; dans de nombreuses situations, nous n’avons pas pu exprimer ce que nous pensions ou ce que nous ressentions : notre subconscient enregistre (et réactive ensuite) toutes ces perturbations non intégrées, toutes ces expériences inachevées. Face à toute situation présente, le subconscient nous fait réagir sur la base d’un vécu passé : il déroule cette réaction, ce programme, tout à fait automatiquement, de façon toujours fidèle, précise et spécifique. En réalité, nous ne voudrions pas de ces réactions mécaniques, nous voudrions changer, nous voudrions réagir autrement : voilà ce que va nous permettre notre méthode. Des questions ?

Premiers enregistrements subconscients

A quel moment cela a-t-il commencé si, aujourd’hui, je subis la mécanique de l’enfant ? Lorsque l’enfant fait une première expérience, ce qui s’impose à lui, est-ce le subconscient de sa famille, un subconscient collectif, autre chose ?

Si nous nous limitons au début de cette vie, la réaction inconsciente a pu commencer à la naissance. Vous aviez peut-être déjà faim dès votre naissance, et comme vous n’avez pas eu la tétée tout de suite, vous vous êtes mis en colère… Ou bien, à la naissance, vous vous êtes senti arraché à ce monde auquel vous apparteniez avant, puis abandonné… : peut-être que votre peur a commencé tout de suite, à cet instant-là, à cause de cet arrachement. D’autres sont peut-être devenus tristes tout de suite, etc. Ces expériences de retard - des aliments, d’un regard, d’un signe d’attention de la part de la mère ou du père - suffisent à créer des réactions. Mais on peut reculer encore un peu dans le temps. Peut-être que, dans le ventre de votre mère, vous avez déjà reçu un certain nombre d’informations : à travers votre mère, à travers ses propres expériences, vous avez peut-être déjà pris sur vous ou en vous ses émotions, et non pas vos propres émotions : les mêmes hormones, les mêmes neurotransmetteurs, les mêmes vitamines (ou le manque de vitamines), les sels minéraux… ont été déversés dans le corps de la mère et ensuite sont passés dans le corps de l’enfant, et vous avez commencé à faire des expériences de peur. De joie aussi. Nous traitons ici les émotions et situations négatives, donc nous ne parlons pas de tout ce que le subconscient fait de bien ! Notre but est de voir ce que l’on peut améliorer.

Vous avez peut-être vécu déjà toutes ces expériences dans le ventre de votre mère, des expériences qui venaient d’elle, qui lui appartenaient à elle. Peut-être aussi êtes-vous influencé par la mémoire qui existe dans toutes vos cellules, et pas seulement la mémoire de votre mère : vos cellules contiennent évidemment aussi la mémoire de ce qui vient de votre père… et dans votre mère et dans votre père, il y a la mémoire de leurs propres parents. Dans la mémoire cellulaire de vos grands-parents, il y a la mémoire de vos arrière-grands-parents. On peut remonter ainsi sur quelques générations et peut-être même jusqu’au début des temps humains. Peut-être est-ce à ce moment-là que les humains ont fait pour la première fois l’apprentissage de la peur. Nous avons en nous un programme génétique qui nous permet de vivre la peur non seulement comme une émotion négative, mais parfois comme une réaction qui nous sauve la vie ! Nous avons en nous des programmes génétiques, qui sont en nous comme une base, mais ils ne s’imposent pas à nous : il faut que, de l’extérieur, nous soyons en contact avec des situations particulières pour que nous puissions mettre en œuvre les programmes génétiques qui sont les nôtres ou bien les changer, grâce à un apprentissage. Deux influences en nous sont toujours possibles : soit être totalement soumis à notre programmation génétique, soit apprendre de nouvelles attitudes, et l’un peut transformer l’autre, en tout cas l’un a une influence sur l’autre. Vos réactions inconscientes ont probablement leur source dans un passé lointain, mais aujourd’hui, nous allons nous restreindre aux éléments qui nous sont accessibles directement.

La mémoire du subconscient

Lorsqu’on parle devant un groupe, le fait de ressentir…

Que ressentez-vous maintenant ? Puisque vous avez parlé devant notre groupe.

J’ai le cœur qui bat vite, la respiration un peu bloquée…

Oui. Ce sont ces réactions mécaniques qu’il faudra que vous voyiez vous-même lorsque vous appliquerez notre protocole. Il ne suffit pas de dire “J’ai peur de parler en public”, par exemple ; il vous faudra savoir où et comment votre subconscient vous fait ressentir votre peur.

Ces sensations, je les ai eues quand j’ai dû commencer à enseigner devant ma classe puisque je suis enseignante, et ensuite, elles ont disparu. Est-ce que ça veut dire que le programme a changé ?

Un peu, mais vous en avez encore des traces puisque lorsque vous n’êtes pas devant votre classe, mais ici, les mêmes symptômes reviennent. Cela signifie que votre subconscient a une très bonne mémoire et il vous dit comment réagir dès que vous parlez devant un public (il faut que votre cœur batte plus vite et que votre respiration se bloque un peu). Avec l’apprentissage et l’expérience, beaucoup de choses changent, mais malgré tout, si l’on n’a pas éradiqué la racine du conditionnement, il revient à un moment ou à un autre, surtout face à des situations nouvelles.

Les perturbations non intégrées

Notre méthode a donc pour but de traiter les émotions négatives et les schémas de pensées qui sont la cause de nos problèmes et de nos difficultés pour qu’ensuite, notre subconscient réagisse de façon plus adéquate aux situations. Il s’agit bien de changer nos systèmes de croyance, qui déterminent la façon dont nous réagissons aux situations extérieures et les expériences que nous faisons. Prenons un système de croyance : par exemple, la peur des chiens. Sur quoi cette peur est-elle basée ? Sur une mauvaise expérience, qui a généré une fausse croyance selon laquelle tous les chiens vont nous mordre, tous les chiens sont dangereux. Une expérience, positive ou négative, induit des croyances, ou ce que nous appelons des schémas de pensées, beaucoup plus complexes encore que cet exemple. Donc le subconscient induit non seulement en nous des réactions physiques, mais également des croyances, et nous les appelons des croyances limitantes ou des schémas de pensées négatifs : c’est-à-dire des “perturbations non intégrées”.

Nous avons dans notre subconscient des milliers de ces perturbations non intégrées et il va s’agir de les traiter. Si nous devions les traiter une à une, ce serait impossible. Notre traitement permet d’en saisir un certain nombre et de les traiter. Ensuite, nous induisons un processus de globalisation. Nous pouvons traiter notre peur du chien du voisin : il est probable qu’à un moment, nous n’aurons plus peur de ce chien… mais dès qu’en arrivera un autre, la peur reviendra. Par contre, si nous utilisons l’effet de globalisation, nous n’aurons plus peur d’aucun chien, sauf s’il en va de notre survie réelle, c’est-à-dire que notre traitement ne fera pas disparaître les peurs basées sur un discernement sain, qui sont souvent des peurs instinctives naturelles et non pas des peurs psychologiques. Ce sur quoi notre traitement a une influence, ce sont les perturbations psychologiques qui font de nous des handicapés psychologiques, puis physiques après, dans certains domaines de notre vie en tout cas. Donc les émotions et les réactions saines se manifesteront encore plus facilement, et avec encore plus d’intuition et d’instinct que lorsque ce sont nos blocages qui nous imposent les choses.

Le but est bien de déprogrammer ce dont nous ne voulons plus en nous et non de programmer autre chose. Le but est de nous rendre libres, ce qui nous permet d’introduire petit à petit le ou les programmes adaptés. Il ne s’agit pas de remplacer un programme par un autre : il s’agit de faire des expériences plus saines et plus positives, qui deviennent évidemment aussi de nouveaux programmes, mais nous ne les pensons pas à l’avance. Nous permettons à notre sagesse intérieure, à notre instinct, aux expériences positives que nous avons faites par le passé, à tout ce que nous avons étudié et compris, de devenir la matière de nos réactions à venir.

Pour en savoir plus

Idris Lahore - coffret 3DVDs

Stage d’approfondissement du protocole
de libération du subconscient

Ed° Farren Bel

La suite dans la revue n°37

Publié dans la rubrique BIEN-ÊTRE, PSYCHOLOGIE, SOCIETE du numéro 37
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Sortir de l’identification

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Pascale Ash

Etre dans sa force et mieux appréhender la réalité

Pour prendre sa vie en mains et avancer vers ses buts, il est nécessaire d’être dans sa force et de sortir de l’illusion. Prendre conscience et se libérer du processus dit de l’identification est d’une importance capitale dans cette optique : l’identification, à la fois nous affaiblit et nous maintient dans une vision tout à fait illusoire et fragmentaire de notre réalité. Voyons de quoi il s’agit.

Prisonnier d’un fragment de soi

L’état habituel de l’être humain est l’identification à tout ce qui se passe en lui et autour de lui : il est ce qu’il fait, ce qu’il voit, ce qu’il dit, ce qu’il pense ou ressent, c’est-à-dire qu’il n’est jamais lui-même ! Une pensée nous vient et nous partons avec elle, une émotion monte et nous nous prenons pour elle – nous nous mettons en colère par exemple et nous ne sommes plus que cette colère, nous ne sommes plus nous-mêmes, nous sommes hors de nous, nous nous sommes perdus nous-mêmes –, nous nous levons de mauvaise humeur et nous sommes cette humeur. En devenant entièrement (en nous identifiant à) la pensée, l’émotion, la sensation qui nous habite, nous n’existons, pendant ce laps de temps, plus que par elle. Une toute petite partie de nous a pris toute la place et est devenue toute notre identité.

S’identifier signifie bien être “prisonnier” de ce à quoi l’on s’identifie : nous sommes l’esclave de ce qui s’empare de nous : une rage de dents se déclare et nous sommes “pris” par cette douleur ; un livre ou un film nous “captive”, nous sommes captifs, tout notre être est pris. Etre continuellement pris ainsi, par des humeurs, des pensées, des émotions, des sensations, c’est n’avoir aucune liberté, c’est être enfermé dans une infime partie de soi, c’est perdre son centre et son axe, c’est réagir et non plus agir.

Les deux courants de la vie

L’identification est en fait un processus de réaction au monde extérieur. Nous réagissons, ou plus précisément une toute petite partie de nous réagit, aux événements qui nous arrivent. Il importe de comprendre que la vie d’un être humain est faite de deux courants : les situations dans lesquelles il se trouve et ses états d’être face à ces situations, le courant du monde extérieur et le courant de son monde intérieur.

Si quelqu’un nous interroge sur notre biographie, nous pouvons lui parler des événements marquants qui ont jalonné notre existence et nous pouvons aussi lui expliquer comment nous avons vécu ces événements. Nous réaliserons vite que notre façon personnelle de vivre les événements a finalement assez peu à voir avec l’événement lui-même : tout d’abord un autre, frère ou sœur par exemple, aura vécu le même événement très différemment ; mais aussi nous-mêmes, à différentes époques de notre vie, ou dans des états intérieurs différents, ne vivrons pas les choses de la même façon.

La suite dans la revue n°37

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Méditation euphonique d’harmonisation énergétique

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Luce Van Rittem

Harmonisez votre circulation énergétique en dix minutes

La Méditation Euphonique d’Harmonisation Energétique est une pratique méditative active, qui dure dix minutes et permet une harmonisation de la circulation énergétique dans les lignes énergétiques ou méridiens, que les derviches appellent Silsilla.

Elle se pratique en prononçant certaines phrases, tout en posant la main sur certaines zones du corps qui correspondent à des points d’acupuncture.

Ces phrases énoncent les qualités de notre essence, notre être véritable, dont chacune résonne sur une ligne énergétique.

Par l’amélioration des flux énergétiques, elle a une action favorable sur la santé corporelle, sur l’équilibre psychologique, la clarté de la pensée, et commence à nous éveiller à notre nature supérieure.

Vous voulez vous libérer du stress, et mobiliser vos forces de guérison ? Conserver votre état de santé ? Vous voulez avancer vers un meilleur niveau de vous-même sur les plans psychologique, relationnel et même spirituel ? Vous cherchez une méthode simple, rapide et efficace pour y parvenir ?

La méditation euphonique d’harmonisation énergétique est faite pour vous.

Vous pouvez la pratiquer comme une hygiène de vie, ou en complément des traitements médicaux, auxquels elle ne se substitue pas.

MEHE et circulation énergétique

Notre état de santé, notre équilibre, dépendent de la circulation fluide de l’énergie dans les lignes énergétiques, que les Chinois appellent des méridiens d’acupuncture, les yogis de l’Inde des nadis et les derviches des silsilla.

Dans ces lignes énergétiques, ou bioélectriques, qui parcourent notre corps, circule l’énergie vitale. C’est le Qi des chinois, le Prâna des hindous, l’énergie Oya des derviches.

Dans les moments où nous nous sentons forts, équilibrés psychologiquement, joyeux et pleins d’entrain, notre énergie vitale est forte et circule librement, et notre état de santé et de bien-être s’améliore.

Chaque ligne énergétique est en relation avec un organe, une vertèbre, certains processus enzymatiques, une zone cutanée, certains muscles, un état émotionnel, un certain type de pensées… tout un ensemble que les derviches appellent makam et les scientifiques champ morphique. Les énergies sont le support qu’utilisent pour se manifester les émotions, les sentiments et les pensées.

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Accédez à vos ressources mentales

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Francesca Giulia Mereu

Les bienfaits de la Brain Gym®

Métaphore de l’eau

Notre approche s’inspire de l’eau, et de la logique de l’eau : ses apparences changent, mais elle s’adapte à son environnement et avance suivant le chemin de moindre résistance. Elle intègre ce qu’elle rencontre : son équilibre est dynamique et est basé sur l’acceptation des changements.

Il arrive que nous nous figions dans une seule approche des choses, par acquis, par crainte ou à cause du stress. Les sources de notre calme ou de notre force semblent taries. Comment retrouver cette fluidité qui nous permettrait de puiser dans toutes nos capacités ? Transposée à l’être humain, la logique de l’eau permet de nous accorder avec les événements, d’utiliser pleinement nos ressources tout en restant fidèles à nous-mêmes.

Accéder à nos ressources signifie savoir comment passer d’un état à l’autre, par exemple de l’anxiété à la confiance, ou de la confusion à la clarté. Il ne s’agit pas de nier les faits ou de fuir un problème. Il s’agit d’observer, reconnaître et accepter ce qui se passe en nous ou à l’extérieur de nous, et d’accueillir ces informations avec sérénité. L’action – et non plus le blocage – qui en résulte est seulement l’étape finale de ce processus. Elle résulte d’un choix conscient, aligné avec nos objectifs, et non d’une réalité incontrôlée et dispersée.

Quatre niveaux de ressources

Nous considérons que le “stress” est de l’énergie bloquée. La “ressource” indique que cette énergie, alors débloquée, circule librement dans les quatre niveaux (physique, mental, émotionnel et spirituel) et que vous en percevez les bénéfices.

Pour chacun de ces quatre niveaux, nous proposons une série d’exercices. Nous en développons certains ci-dessous, pour illustrer le niveau des ressources mentales.

Ressources physiques

Pour ce qui est de vos ressources physiques, nous vous proposons de considérer le corps comme le point de rencontre tangible de nos pensées et de nos émotions. S’il est écouté et respecté, notre corps contribue réellement à augmenter notre niveau d’énergie, à clarifier nos pensées et à équilibrer nos émotions. Souvent, il est un outil négligé qui supporte comme il peut les multiples changements et soubresauts de notre vie, et essaie de les compenser au mieux. Le corps nous soutient, au sens propre comme au sens figuré, mais comme vous le savez, en cas d’excès, il envoie des signaux d’alarme, jusqu’à lâcher prise s’il en a besoin…

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Le yoga derviche

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Sylvie Loos

A consommer sans modération !

L’homme vit dans un monde qu’il se rend souvent hostile et qui l’éloigne toujours plus de sa réelle nature. Ceci le conduit vers un état de stress, de mal être, voire de maladie. Si nous voulons retrouver l’équilibre et l’harmonie, nous sommes obligés de changer de façon de vivre, d’accéder à plus de maturité car notre santé dépend également de notre état émotionnel et de nos pensées.

Pour dépasser ce mal être et reprendre notre vie en main, une solution se trouve dans la pratique d’une ou plusieurs méthodes psychocorporelles. Après une séance seulement, les témoignages de sensations de calme, de paix, de bien-être affluent. Pourquoi ? Parce que ces méthodes répondent directement aux problèmes de l’homme d’aujourd’hui. Par leurs effets restructurants, réharmonisants, elles offrent au pratiquant la possibilité de retrouver le lien rompu avec lui-même. Elles mobilisent le corps, et le corps est notre outil pour retrouver toutes les sensations perdues ; chaque sensation retrouvée est un immense bonheur.

Les mouvements s’adressent à chaque système, chaque organe, chaque cellule du corps. Prenant soin de nous-mêmes, il est évident que nous ne pouvons que mieux nous porter. Dans la pratique, nous trouvons une oasis de paix, de plénitude, de sérénité, de tranquillité et, par là-même, exactement les effets inverses de la vie moderne que sont le stress, le mal être, la fatigue et la maladie. J’encourage chacun à faire sa propre expérience. J’encourage chacun à renouer le contact avec son corps. Très vite, vous serez surpris de retrouver une joie de vivre, une meilleure résistance physique et psychique, une nouvelle jeunesse.

Moi-même, chaque fois que je suis connectée aux sensations de mon corps, j’éprouve une réelle plénitude, que ce soit dans le mouvement ou dans l’immobilité : quelques instants dans quelque chose d’immense, qui me dépasse et dont je fais partie. Là, tout pourrait s’arrêter ! L’avantage de la pratique est que cette action se prolonge dans les diverses situations de la vie, elle nous transforme. Là où j’aurais stressé auparavant face à une situation désagréable, la concentration au corps, les acquis de la pratique, permettent le recul nécessaire pour ne pas me laisser totalement envahir par le négatif.

Notre mal être ne vient-il pas essentiellement de notre impuissance à gérer nos émotions, nos pensées et même notre corps physique ?

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Publié dans la rubrique BIEN-ÊTRE, SCIENCE, TRADITION du numéro 37
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Bienfaits des méthodes psychocorporelles

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Sylvia Torrès

Constat

Si l’on observe la vie d’un être humain, il y a de quoi se poser de réelles questions ! Après quoi court-il ? Que recherche-t-il dans cette frénésie à la consommation : que ce soit dans l’alimentaire, le vestimentaire, les voyages, les sports à se donner des frissons, pour certains le travail ou les médicaments ? On pourrait croire que l’homme a tout ce qu’il faut pour vivre heureux et pourtant ! Pourquoi tant d’antidépresseurs sont-ils consommés, de petites pilules pour se faire dormir ?

La consommation effrénée entretient l’homme dans un monde d’illusions, lui faisant croire qu’il est libre. Notre monde se virtualise, le temps s’accélère, tout va de plus en plus vite, pas le temps de vivre, surtout si nous nous laissons envahir par ce que propose la société. Nous sommes constamment happés par l’extérieur, à la recherche constante de la satisfaction de désirs toujours renouvelés.

Un grand vide intérieur s’installe. Quel genre d’hommes sommes-nous alors ? Dans la rue, nous croisons des visages tristes, fermés, soucieux, tendus, stressés, pressés. Où est la joie de vivre ? Chacun à ses affaires, se souciant très peu de son prochain ; pourquoi lui accorder le moindre sourire ? Serions-nous devenus des machines ? Nous n’arrivons plus à gérer notre stress, notre mal être, notre mal de vivre. Y a-t-il un sens à la vie, un sens à ma maladie ? Y a-t-il un sens à vouloir guérir ?

Dans un tel trouble, il est urgent de proposer des solutions. Comment faire face à toutes ces sollicitations stressantes de la vie quotidienne ? Il me semble très intéressant de nous tourner vers les méthodes psychocorporelles. L’expérience montre qu’elles apportent une aide très efficace et permettent de surmonter, de dépasser, voire même de se libérer de nos déficiences et troubles physiques, psychiques.

Le corps messager

En restant en contact avec notre corps, nous apprenons non seulement à mieux nous connaître, mais aussi à mieux accepter le monde, les autres, la société, qui nous deviennent moins hostiles. Nous nous intégrons mieux parce que nos perceptions s’affinent et deviennent plus subtiles. Le corps est comme un messager, qui nous montre qui nous sommes, à travers ses tensions, ses souffrances, sa manière de bouger, d’agir, son aspect extérieur. Il est l’expression, le langage, de ce qui est au plus profond de nous-même. Si nous lui redonnons toute sa valeur, il saura toujours nous guider vers ce vers quoi nous tendons au plus profond de nous-même. Plus nous nous éloignons de cela, plus notre corps réagira par toutes sortes de maux, allant des plus bénins aux plus malins. A nous de rester attentifs, car la vie moderne nous dicte des comportements qui nous éloignent de plus en plus de notre nature profonde. Il arrive que nos responsabilités sociales deviennent trop importantes, que nous vivions avec un sentiment de culpabilité ou des désirs non accomplis. Il nous est demandé d’assumer toujours plus et souvent, nos responsabilités dépassent nos capacités d’assumer. Tout ceci provoque en nous une tension, donc un stress.

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Les esprits du rythme

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Carl F. Hessin

Installer dans sa vie des rythmes pour augmenter sa force d’action

“Le rythme donne de la force parce qu’il apporte une cadence, la force se perd dans le chaos… Je pense que le temps qu’on consacre aux choses peut être réduit au moins de moitié dès qu’on change d’état d’esprit. Il peut encore être réduit de moitié lorsqu’on connaît d’autres ingrédients comme le rythme, l’amour, la motivation ou la conscience qu’on introduit dans ce qu’on fait. Ceci ne veut pas dire qu’il faille ensuite multiplier les activités : lorsqu’on arrive à réduire le temps nécessaire pour faire ce qu’on a à faire, il s’agit de consacrer le temps ainsi gagné à une activité de nature supérieure, l’intelligence la plus intéressante étant celle qui alterne l’action et le repos, toutes les formes de repos. La réelle intelligence, c’est même de savoir à quel moment il faut se reposer.” (Idris Lahore)

Force de nos pensées et émotions

Il y a quelques dizaines d’années, les physiciens quantiques ont mis en évidence, de façon théorique au départ, puis de façon expérimentale, l’importance de l’intention dans la réalisation d’un processus, quel qu’il soit. En cela, ils n’ont fait que confirmer ce que les sages affirmaient déjà de tout temps : le champ de nos pensées et encore davantage de nos émotions (enthousiasme, peur, etc.) est capable d’attirer ce qui nous arrive. Une remarque importante ici est qu’il s’agit principalement des pensées et émotions que nous entretenons, et non de pensées qui nous traversent l’esprit, ou d’émotions fugaces. L’élément de régularité, de rythme est donc une composante importante de ce processus, et je vais essayer de donner quelques éléments permettant de saisir davantage l’importance des rythmes dans le succès des entreprises humaines, des plus ordinaires aux plus élevées.

Les exemples démontrant dans la vie courante comment nos pensées ou émotions récurrentes peuvent influencer les événements de notre vie, ne manquent pas. J’ai à l’esprit l’expérience de ce collègue provincial qui, lors de ses très rares déplacements à Paris, avait très peur d’être agressé dans le métro. Deux fois de suite, ce qu’il redoutait lui est arrivé : en fin de soirée, il a rencontré dans les couloirs du métro parisien, par deux fois, des bandes de jeunes qui l’ont roué de coups, sans rien lui voler, alors que les agressions de cette nature sont en fait statistiquement assez rares.

J’ai aussi une amie, qui est très régulière et constante dans son travail professionnel dans une administration. Malheureusement pour elle, elle a gardé de son éducation et de sa jeunesse difficile l’idée qu’elle ne méritait pas d’évoluer professionnellement. Elle est toujours en queue des tableaux de notation et n’a jamais osé formuler de réclamation à ce sujet alors que d’autres, plus jeunes dans leur grade, bien moins méritants qu’elle, à force de manigances et de réclamations, avancent beaucoup plus vite. Ceci renforce son idée qu’elle a bien raison de penser qu’elle ne mérite pas d’avancement, elle en a la preuve : même ses patrons le pensent et le lui montrent en ne la récompensant pas.

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Se relaxer pour mieux vivre

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Jean-Dominique Larmet

Pour nous repositionner dans la vie, en lien avec notre corps et avec la partie spirituelle de notre être

Introduction

Sous le titre de relaxation, nous rencontrons de multiples méthodes et pratiques. Au-delà des applications strictement corporelles, on ne peut plus passer sous silence les effets de la détente sur la gestion de nos pensées et de nos réactions émotionnelles. Un grand nombre de douleurs peuvent être provoquées par des tensions musculaires chroniques inconscientes qui disparaissent lorsque, nous relaxant, nous laissons les circulations sanguine, lymphatique, énergétique… irriguer à nouveau nos organes. Les effets en sont souvent encore plus spectaculaires dans les domaines du traitement des psycho-somatisations et de la prévention. En effet, détente physique et détente psychologique sont intimement liées. Par la relaxation, nous pouvons réguler notre tonus corporel, émotionnel, psychique, procéder à la prise de conscience des mécanismes de défense de notre Moi et mieux nous positionner dans la vie, en lien avec notre corps et avec la partie spirituelle en nous (si nous en concevons une).

Dans notre corps

Le corps est le point de départ de la relaxation. Il est le lieu où elle se manifeste et c’est par lui que nous vivons les expériences de notre vie.

Afin de nous adapter aux différentes situations de notre vie, nous possédons deux systèmes (le parasympathique et l’orthosympathique) dont l’interaction permanente dirige notre vie végétative et nos réactions de fuite, de défense et d’attaque. Nos actions apprises, conscientes et construites, ainsi que notre pensée, dépendent de notre cortex, et les liens sont étroits entre :

•  le système neuro-végétatif et l’inconscient,

•  le cortex et le conscient,

•  à la jonction des deux, communiquant avec chacun, notre musculature consciente et notre vie émotionnelle.

Orthosympathique et parasympathique

L’orthosympathique est stimulateur et nous permet d’être dans l’action. Il met toute notre énergie à la disposition de nos activités et de notre vie relationnelle.

Le parasympathique est plutôt calmant et met nos énergies à la disposition de nos fonctions vitales. C’est lui qui nous permet de nous reposer. Il favorise la relaxation et le sommeil. C’est son action que nous mettons en œuvre pour nous détendre. C’est pourquoi nous ferons en sorte, lors des relaxations, que notre corps se trouve dans des situations comportant le minimum de stimulations extérieures, ou bien nous choisirons des stimulations adaptées, comme la musique.

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Stress et régénération

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Pierre Ollier

Comprendre le phénomène du stress pour pouvoir s’en libérer

Durée de vie

Les recherches scientifiques dans le domaine de la chronobiologie nous ont appris que chaque être humain possédait une durée de vie potentielle déterminée par ses gènes : on nomme ce principe “l’horloge biologique”. De façon approximative, celle-ci définit la durée de vie potentielle, tout en sachant qu’en accélérant le rythme de cette horloge, la durée se raccourcit. Ceci signifie que les processus de dévitalisation et de vieillissement s’accélèrent à cause, par exemple, des maladies ou de modes de vie pathogènes : trop boire, trop manger, trop fumer, ne pas se reposer suffisamment, vivre dans le stress ou encore subir des chocs, des traumatismes, des accidents. Tous ces phénomènes altèrent également la qualité de la vie.

Le stress est un facteur fondamental qui accélère les processus de dévitalisation.

L’organisme humain possède naturellement deux systèmes de revitalisation : le sommeil et le biorythme du système nerveux autonome, qui active périodiquement les fonctions de régénération de l’organisme. Il s’agit d’un mécanisme de revitalisation qui se manifeste environ toutes les 1h40 et dont le cycle complet dure normalement 20 minutes. En effet, de même que l’activité de veille active et le repos du sommeil se succèdent selon une amplitude qui se mesure en heures, il existe une alternance entre des phases d’activité plus courtes d’1h40 et des phases de régénération d’environ 20 minutes, formant des cycles de deux heures. Pour bien comprendre cette bipolarité, il est nécessaire de s’intéresser au fonctionnement du système nerveux autonome (système neurovégétatif sympathique et parasympathique), en particulier dans sa relation au phénomène que nous appelons “stress”.

Différents stress

A l’origine, le mot “stress” n’a pas forcément de connotation négative. Il prend racine dans le vieux mot français “étrécir”, qui signifie rendre plus étroit. C’est l’industrie qui, dans la première moitié du 20e siècle, commence à l’utiliser comme terme générique pour désigner le syndrome général d’adaptation. Dans sa description classique, ce syndrome comportait trois phases : la phase d’alarme, la phase de résistance et l’épuisement.

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La spirale de la réalisation

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Ennea Tess Griffith

Rien ne peut se réaliser en dehors des lois de fonctionnement de l’univers

L’univers fonctionne selon un certain nombre de lois, dont deux sont essentielles et nécessaires pour toute création, qui sont la loi de la triade (tout ce qui existe résulte de l’interaction de trois forces : affirmation, opposition, conciliation) et la loi de l’octave, que nous allons étudier aujourd’hui. Rien ne peut se réaliser en dehors de la loi de l’octave. Toute action passe nécessairement par toutes ces étapes pour arriver à son terme, en particulier toute action entreprise sur un chemin spirituel. La loi de l’octave est habituellement symbolisée par la gamme musicale inscrite sur un cercle, mais le processus prend la forme d’une spirale, nous verrons pourquoi.

Les étapes obligées

Toute action commence par une prise d’information préalable Do, que l’on étudie, à laquelle on réfléchit, que l’on repense et fait sienne intellectuellement, Ré. Ce sont là deux étapes obligatoires, ce qui veut dire que chaque fois qu’on saute une étape, qu’on croit avoir compris parce qu’on a peut-être tout simplement saisi la logique de l’information, l’octave ne se poursuit pas. On a accumulé des connaissances, comme un livre ou un magnétophone. Une fois qu’on a étudié l’information reçue, on la passe au crible de l’esprit critique. Si elle est inintéressante, on la rejette ; si on la trouve intéressante, c’est qu’on lui accorde une certaine valeur. C’est la troisième étape : Mi, la valorisation. Si l’on n’accorde pas ou pas assez de valeur à un principe, on ne peut pas aller au bout. Accorder de la valeur, c’est aimer ce à quoi on a réfléchi et il y a un début de compréhension : on comprend que ce qu’on vient d’étudier est bien, beau, grand, vrai…

Franchir l’intervalle

Après le Mi, étape de la valorisation, on se trouve devant un intervalle. On a entendu quelque chose, on a reçu une information, on l’a étudiée et repensée par soi-même, on lui accorde une valeur. Mais va-t-on réellement mettre en œuvre ? Va-t-on réellement se l’appliquer à soi-même ? Voilà l’intervalle dans lequel on peut rester bloqué, alors qu’il faut le franchir pour poursuivre l’octave de la réalisation. Cet intervalle est plein de tous les doutes qu’on peut avoir sur soi, sur ses capacités, plein aussi de toutes les bonnes raisons qu’on a de ne pas appliquer ce qu’on a compris… On n’est plus dans le doute quant au principe, puisqu’on l’a déjà repensé et apprécié, mais quant à soi-même. C’est soi-même qu’on remet en question à cette étape, c’est avec soi-même qu’on a un problème (même s’il est plus facile de remettre en cause le principe que de reconnaître honnêtement qu’on n’a pas la force de passer à l’action).

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Développement harmonieux

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Clotilde Richard

L’équilibre des trois centres

La 4e Voie de Gurdjieff - et à sa suite la Psycho-Anthropologie de Selim Aïssel - parle des trois “centres” de l’être humain : centre intellectuel, centre émotionnel, centre physique (lui-même subdivisé en centre des mouvements, centre des instincts, centre sexuel). Gurdjieff avait d’ailleurs créé un institut “pour le développement harmonieux de l’être humain”. C’est un constat que nous pouvons faire : en dehors de quelques cas exceptionnels, les gens qui sont plus développés dans l’un de leurs centres et déficients dans les autres, réussissent moins bien que des gens plus ordinaires, mais plus équilibrés dans leurs centres. Le fait d’avoir trop de lacunes dans un centre, handicape l’évolution des deux autres, donc on réussit moins bien ce qu’on entreprend. Dans le domaine professionnel, on peut être supérieurement intelligent, si l’on a des lacunes au niveau de la mise en œuvre, si l’on n’incarne pas correctement les projets dans des actions bien précises, on ne réussit pas. On peut aussi être handicapé au niveau émotionnel, par exemple par la timidité ou, à l’opposé, par une trop grande agressivité. Dans le domaine physique, des sportifs extrêmement doués et capables d’exploits à un moment, peuvent saboter leur carrière à cause d’un manque d’intelligence ou bien durer moins longtemps que d’autres pourtant moins doués parce qu’ils ont un psychisme moins fort, par exemple.

Plus le développement est harmonieux, meilleure est l’adaptabilité, donc l’adaptation à la vie. Gurdjieff considérait que l’évolution, la transformation de soi, était pour l’être humain une entreprise très difficile, qui demandait justement la plus haute adaptation à la vie, et à la vie dans ce qu’elle a de plus élevé. Donc, plutôt que d’être extrêmement doué dans un domaine, il vaut mieux développer l’ensemble de sa nature.

Reconnaître ses faiblesses

C’est ce que Gurdjieff avait compris, d’où le nom donné à son institut, et la forme que prend le travail qu’il propose dans le cadre de la 4e Voie. Ce travail de connaissance de soi, par l’observation de soi et l’interaction avec les autres au service d’un but élevé, permet de voir le lieu de ses faiblesses. Lorsqu’on sait que sa faiblesse la plus grande est dans le domaine physique, une trop grande sédentarité par exemple, et qu’on comprend le handicap que cela représente, on peut travailler à s’équilibrer dans cette direction. L’observation permet de cerner ses propres limites, ses propres faiblesses, pour pouvoir y remédier et atteindre plus vite l’équilibre. Il est évident qu’on pourra utiliser les autres centres pour faire ce travail. Quelqu’un qui est faible émotionnellement pourra utiliser son centre physique pour sortir d’une émotion négative en allant courir ou jardiner ou faire du ménage, et ensuite, il pourra avoir recours à son centre intellectuel pour raisonner, comprendre mieux, penser plus clairement au sujet de cette colère qui l’a submergé : il utilise ses forces physiques et intellectuelles pour équilibrer son centre émotionnel. Mais pour cela, il faut évidemment avoir observé et compris quelles sont ses limites et ses faiblesses.

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Changer un peu

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Coline d’Aubret

Il est très difficile de changer, d’évoluer. Mais peu importe dans quel état on est, on peut toujours changer, un peu. N’importe qui peut commencer, faire un peu. Ce qui importe n’est pas de changer complètement, ni d’être parfait, c’est de commencer, de transformer une petite chose pour s’inscrire dans le mouvement de la vie, sans se comparer à un autre et sans vouloir en faire trop. Juste un peu.

Reconnaître les mécanismes en soi

Le comportement de l’enfant est très vite perturbé, soit dès la naissance, soit dans les semaines ou les mois qui suivent. Un phénomène, notamment, risque de s’installer très vite : la peur. Le petit enfant est effrayé parfois, mais face à cette peur, tout va dépendre de l’attitude de sa mère. Si la mère approche en étant elle-même dans la peur, elle accentue la peur de l’enfant, qui deviendra un enfant peureux. Si elle voit cet enfant qui a peur et lui dit : “Tu as mal au ventre, ce n’est rien…” et le caresse sur le ventre, cela fera un enfant qui, au lieu de sentir sa peur, commencera à somatiser, à avoir des tensions, à avoir mal au ventre ou à la tête. Si la mère vient et dit : “Oh, mon petit, tu as peur, mais je suis là…”, l’enfant se sent reconnu, il sent et reçoit de la force. Les attitudes de la mère et de l’entourage créent le caractère et induisent la façon dont l’enfant (et l’adulte qu’il deviendra) réagit au monde. Sauf si une autre éducation, qui reconnaît ces influences, est donnée au cours de l’enfance ou de l’âge adulte : alors, soudain, on commence à reconnaître ces mécanismes en soi et on peut les transformer.

La sphère du confort

Changer est très difficile parce qu’il y a deux mouvements dans l’être humain. L’un cherche constamment à se dépasser, à changer, mais l’autre cherche constamment la sécurité et le confort (le confort est une forme de sécurité), et ce mouvement est très fort, parce que lié à la peur de l’enfance. Quand cette peur n’a pas été bien traitée, tout est perturbé et on recherche constamment la sécurité, le confort, la tranquillité, que ce soit au niveau physique, émotionnel, intellectuel ou spirituel. Cette recherche est évidemment un frein parce qu’elle empêche de changer. Ce qu’il faut, c’est se créer un espace de confort et de sécurité à partir duquel on peut évoluer. Ceci signifie qu’on doit d’abord, obligatoirement, s’accepter et accepter la situation dans laquelle on est et, effectivement, la rendre la plus confortable possible. Il y a cependant une limite. Si on la rend confortable au-delà de cette limite, on empêche aussi toute évolution. Rendre sa situation confortable jusqu’à cette limite signifie avoir une excellente connaissance de soi, cela signifie aussi arriver à repérer à quel moment la situation devient trop confortable et empêche d’évoluer. Sinon, on s’enferme dans son confort ou on bascule dans l’excès inverse : on en veut trop, on en fait trop, on n’est plus dans sa force. C’est la raison pour laquelle personne ne peut imiter un autre pour changer et évoluer : chacun est obligé de repérer la sphère de force à partir de laquelle il peut évoluer. Une fois qu’on l’a bien fixée, bien calée, bien comprise, on y ajoute quelque chose, plus ou moins selon qui on est, selon le tempérament qu’on a. Si l’on quitte cette sphère de sécurité intérieure, et parfois extérieure, pour en faire trop, on est dans l’autre excès et il fait perdre l’équilibre aussi. Selon le contexte, plutôt que de confort, il vaut mieux parler du besoin d’une forme d’assurance, ou de sécurité, ou de confiance en soi, d’estime de soi, de relation à un autre, etc. ; toutes ces notions décrivent la sphère de force à partir de laquelle l’action, l’évolution devient possible. Si cette sphère manque, il n’y a pas action, mais agitation. On ne peut se dépasser, évoluer, se réaliser, s’éveiller, qu’à partir de ce contexte bien défini qu’est la sphère de la force, et il faut de plus que ce contexte soit stable.

Influençabilité

Le temps fait partie de cette sphère : dès que le temps est utilisé comme une pression, l’équilibre est perturbé, quelque chose commence à s’agiter en soi et la seule possibilité ensuite, c’est de retrouver le contact avec un temps intérieur, c’est-à-dire avec un état d’esprit : on ne se laisse plus imposer le temps ou le rythme par l’extérieur, on se donne soi-même un rythme. On décide de prendre et de faire les choses comme elles viennent, et tout ce qu’on ne peut pas faire, on le laisse. On utilise là un autre élément que seul l’être humain possède : le non attachement, qui permet de prendre une distance par rapport à tout ce qui veut s’imposer à lui en le sortant de la sphère de sécurité à partir de laquelle il est capable d’agir de façon correcte. C’est une question d’influençabilité : le petit enfant ne peut pas faire autrement qu’être influencé, il porte tout en lui, mais rien n’est formé encore et donc tout va être formé ou déformé, bien formé ou mal formé, à commencer par l’attitude de la mère : comment réagit-elle à ce que vit l’enfant, une peur par exemple ? La peur est normale, elle est une des émotions humaines. Mais comment le monde y réagit, c’est ce qui va le former ou le déformer, le point essentiel étant que l’enfant ne peut pas grand-chose contre ces influences. Mais dès qu’on arrive à un certain âge, on peut commencer à les changer, et même totalement.

Apprendre sans pression

En effet, un changement psychologique, un changement spirituel, un changement de pensée, un changement physique… est toujours possible, à n’importe quel moment, parce que l’être humain est capable de se dépasser. Sinon, son évolution ne serait pas possible. Les chimpanzés n’ont guère de marge d’évolution et quand ils évoluent, c’est parce qu’ils sont en contact avec des êtres plus évolués qu’eux, qu’ils imitent parce qu’ils les apprécient. C’est vraiment là le point étonnant : quand ils ne les apprécient pas, ils ne les imitent pas. De même, l’être humain ne peut apprendre de façon juste que s’il est dans une émotion positive ou un lien positif avec celui qui enseigne. Tout ce qu’il apprend sous la pression, que ce soit la pression de l’autorité extérieure ou la pression du temps, devient mécanique en lui. Un lien d’amitié ou d’amour permet d’assimiler ce qu’on apprend à un tout autre endroit, c’est intégré dans l’être et se transforme en force d’être. La plupart des gens, étant conditionnés depuis la naissance, sont, comme le dit Gurdjieff, des machines, des mécaniques. Trop de choses ont été mises en eux de façon autoritaire, ou bien sans suffisamment d’amour, avec de la pression, ne serait-ce que la pression du temps parfois.

Soif essentielle

A l’évidence, la motivation personnelle, la valorisation, la concentration sur un objectif, annulent ou réduisent ces influences perturbantes et sont des facteurs de changement essentiels puisqu’on reçoit toujours en fonction de sa propre soif… Si l’on a beaucoup de soifs, pour beaucoup de choses différentes, la soif pour l’éveil, pour la libération, pour la réalisation de soi, diminue d’autant. Plus on est dispersé, plus on a de désirs, de besoins, d’attentes en direction de l’ego, de la personnalité, de l’enfant insatisfait, et plus on met d’énergie dans ces directions-là, la conséquence étant que d’autant moins d’énergie est disponible pour la soif essentielle, au niveau de l’être.

Trouver la force dans toutes les situations

Pour changer, même un peu, il faut donc de la force et il est très important d’apprendre à trouver la force dans tout ce qu’on vit, même dans l’adversité, dans les difficultés… C’est face à chaque situation qu’il faut aller chercher la force en soi, en se disant que la situation est vraiment là pour permettre cet entraînement, elle est vraiment l’occasion d’être plus en contact encore avec la force en soi. Il ne fait aucun doute qu’ainsi, on devient davantage, intérieurement et souvent extérieurement. En même temps, on accélère son processus d’évolution : c’est dans le quotidien, face à tout ce qui nous perturbe habituellement, face à tout ce qui est cause de notre souffrance intérieure que nous pouvons trouver la force. Pas besoin d’exercice spirituel particulier : la vie de tous les jours est suffisante, la vie telle qu’elle est apporte exactement à chacun ce qu’il lui faut. L’entraînement possible se fait face à l’adversité, la difficulté, face à ce qui nous déplaît, ce qui ne nous convient pas, en nous exerçant à ne plus réagir mécaniquement et négativement, car ceci nous affaiblit.

Changer à l’intérieur : le travail essentiel

Cet entraînement se fait nécessairement à partir d’une meilleure compréhension de la situation. Quand notre vision d’une situation nous rend négatif, elle nous affaiblit et elle est nécessairement fausse. Donc il faut changer de vision de la situation, c’est un travail intérieur. C’est en changeant de point de vue qu’on contacte la force : déjà, la volonté de changer de point de vue met en contact avec la force en soi. Arriver ensuite à le changer fait qu’on monte d’un palier dans sa propre évolution. Mais le processus essentiel consiste à vouloir changer de vision en comprenant qu’une vision erronée affaiblit et fait souffrir. Ce processus de changement est déjà un appel de la force parce qu’il est basé sur l’intention (NdlR : voir Science de la Conscience n°36). Tant que nous ne comprenons pas que c’est notre propre vision que nous devons changer, nous ne pouvons pas trouver la force.

La vision du monde extérieur est relativement simple à définir puisque, à l’extérieur, les choses ne sont pas toujours belles ou bonnes ou agréables mais si, à l’intérieur, nous pouvons faire en sorte que notre vision devienne : “C’est comme ça !”, nous entrons dans l’acceptation et nous savons que si nous avons des réactions négatives par rapport au monde extérieur, c’est cette réaction négative qu’il s’agit de changer en priorité. Ensuite, nous pouvons nous occuper de changer l’extérieur si c’est possible et si c’est nécessaire. Mais d’abord la situation négative intérieure. Cette compréhension est la base de tout chemin spirituel véritable. Tant qu’on ne veut pas ou peut pas changer à cet endroit-là, on erre beaucoup, on souffre beaucoup et on fait souffrir les autres. Si on ne devait retenir qu’un seul travail, ce serait celui-là, on pourrait éliminer tout le reste.

Alterner activité et repos

L’être humain porte au fond de lui le mouvement de la vie, qui est mouvement permanent de dépassement, de croissance et de création. C’est de cette manière qu’il survit d’un instant à l’autre, toute sa physiologie fonctionne ainsi. Non seulement on est tout le temps en train de croître, mais on est tout le temps obligé de dépasser les forces de destruction en soi. C’est le mouvement perpétuel de la vie extérieure et c’est le même mouvement au niveau de la vie intérieure. Pour changer, il s’agit de se mettre au diapason de ce mouvement de la nature humaine et de la nature du monde, qui est croissance, transformation, évolution permanente, dépassement de ce qui a été vers ce qui va être. Pour changer, il s’agit donc d’occuper son temps en faisant des choses belles, justes ou bonnes. Quand on est fatigué, on se repose pour pouvoir ensuite continuer à faire. Quand on est confronté aux difficultés et aux responsabilités de la vie, on les prend comme des occasions de grandir, de changer, de se fortifier. Les difficultés n’affaiblissent pas, elles renforcent… à condition qu’on les voie de cette façon : si on devient négatif, elles nous affaiblissent.

Equilibre nécessaire

La vie est intéressante quand on la voit ainsi, parce que chaque situation est un défi, un challenge. Pendant longtemps. Jusqu’à ce que cette façon de voir la vie, de vivre la vie, devienne un processus naturel en soi. Mais pour ce faire, il faut aussi, par ailleurs, être attelé à toutes sortes d’activités créatives. Une fois qu’on a rempli ses responsabilités professionnelles pour se nourrir et pour nourrir sa famille, pour veiller au bien de ceux dont on a la responsabilité, les activités doivent être dirigées dans la direction de la créativité, du service, ce qui permet d’accumuler les forces qui seront nécessaires pour faire face aux situations négatives. Tout ceci est un équilibre, un mouvement ne va pas sans l’autre : il est évident que se retirer dans son coin à traîner, à ne rien faire de créatif ou de productif, ne fait pas avancer.

Pour en savoir plus

www.libre-universite-samadeva.com

La suite dans la revue n°37

Publié dans la rubrique PSYCHOLOGIE, SOCIETE du numéro 37
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