Entre ciel et terre

L’enjeu véritable des conséquences de nos actions d’aujourd’hui sur notre monde de demain

Antonin Pasquereau

Adjoint de direction

Rédaction et communication

Nous n’héritons pas de la terre de nos parents,
Nous l’empruntons à nos enfants

(Antoine de Saint-Exupéry)

Volonté d’isolement ?

Le dicton selon lequel “Qui n’avance pas, recule’” pourrait être un excellent leitmotiv dans la société occidentale qui impose son modèle au monde depuis plusieurs décennies. L’homme des villes appartenant à une culture économique mondiale est une singularité de l’époque que nous vivons et, alors que nous continuons d’avancer dans les sillons des civilisations précédentes, en prolongeant à l’extrême un mode de vie fondé sur la consommation, nous réalisons aussi peu à peu combien la crise qui commence à nous toucher pourrait remettre en question une vie que nous considérons normale. Normal de vivre en satisfaisant des besoins créés de toute pièce pour pérenniser une économie déjà vacillante ? Nous en venons même à oublier que nous appartenons à un monde qui suit d’autres lois que celle du marché. La capacité d’un système à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes extérieures s’appelle homéostasie. Nous pouvons voir que le monde façonné par l’homme moderne est un prolongement de cette volonté d’isolement d’une nature qu’il considère difficile, prévisible, injuste. Cette grande cassure dont il devient la victime trouve racine dans l’oubli de son appartenance à un environnement, à un univers, avec lequel il est relié. Certains voient, dans le changement individuel et profond, la seule réponse globale aux maux de l’époque ; il s’agit toutefois d’un changement de conscience, seul terme expliquant notre place et notre impact dans un système plus vaste, impliquant la plus grande révolution des consciences jamais connue.

Qui n’avance pas, recule

La suite dans la revue n°35

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Penser autrement

La seule condition du changement véritable

Ennea Tess Griffith

directrice de formation

Beaucoup trop jeune

La pensée est un bienfait pour l’être humain, mais elle s’est emballée. Ceci est peut-être dû au fait qu’elle est toute jeune, trop jeune : elle est le dernier élément qui s’est ajouté à la nature humaine. L’être humain est terriblement jeune et l’instrument qui lui permet de penser, le néocortex, est trop jeune, il nécessite d’être affiné. L’être humain croit que son cerveau pensant est extrêmement développé, sophistiqué, raffiné : il n’en est rien ! En même temps, il prend le dessus sur tout le reste, il se comporte comme un gosse qui crie et dont il faut tout le temps s’occuper. La pensée humaine ressemble à un bébé qui voudrait tout diriger.

Dans quelques milliers d’années, quand le cerveau aura pris de l’âge, il sera peut-être à sa juste place. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, le cerveau pensant est l’outil humain le moins développé.

Le vrai moi de l’être humain

L’image de la charrette permet de se faire une représentation de l’état de l’être humain : la charrette (le corps physique) sur laquelle est assis un cocher (l’esprit) tenant par les rênes des chevaux (ensations, émotions, sentiments). En principe, le cocher dirige la charrette, mais lorsqu’il s’endort, qui décide ? Les chevaux ! Et l’un tire dans un sens, l’autre dans un autre. Il arrive aussi que la carriole soit en très mauvais état : les essieux se brisent, les roues ne tournent plus, la charrette n’avance plus, on ne va plus nulle part.

C’est ainsi que fonctionne l’être humain. Parfois, c’est son corps physique qui lui indique la direction à suivre ; d’autres fois, ce sont ses émotions ou ses sentiments ; de temps en temps, sa pensée. Mais où se trouve le véritable moi humain, qui n’est ni le corps physique, ni les émotions, ni la pensée. Le vrai moi, l’essence, se situe ailleurs, et si ce n’est pas lui qui dit au cocher où il faut aller, comment il faut soigner les chevaux et entretenir la carriole, l’être humain est tiraillé entre cocher, chevaux et carriole, et, en général, le cocher dort ou bien il se drogue, pas seulement à l’alcool, mais à toutes sortes de sensations, d’émotions et de pensées…

La suite dans la revue n°35

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QUELLE SAGESSE POUR AUJOURD’HUI ?

L’éveil des consciences à grande échelle

Michel Savage

coach

Une sagesse oubliée ou dépassée ?

Notre monde est secoué par une crise sans précédent. Ce n’est plus aujourd’hui un scoop pour personne, bien que peu de gens mesurent l’ampleur des défis qui nous attendent : pression démographique, épuisement des ressources, disparition des abeilles et réchauffement climatique se conjuguent pour menacer notre espèce d’extinction à la suite de tant d’autres, sans parler de l’explosion des maladies liées aux différentes formes de pollution et des risques de cataclysme social. Notre espèce, dernière apparue sur Terre, menace aujourd’hui la planète elle-même avec son modèle de croissance à mesure que les besoins s’accroissent avec quatre pays émergents qui représentent à eux seuls près de la moitié de la population mondiale. Bref, le Titanic est en train de sombrer tandis que l’orchestre continue à jouer. A une telle échelle, nos prouesses technologiques peuvent précipiter notre déclin si nous n’opérons pas un revirement immédiat. Ce ne sont pas tant nos progrès scientifiques et techniques qui sont en cause que notre état d’esprit. De deux choses l’une : soit la sagesse qui a prévalu au cours des derniers millénaires a été perdue, oubliée ou occultée, soit elle est toujours bien vivante mais ne suffit plus à nous préserver du désastre. Dans un cas, il s’agit de la restaurer, dans l’autre de la réviser au plus vite. Quelle option choisir ?

Petite histoire de la sagesse

Pour le savoir, il nous faut observer le monde comme le reflet de la sagesse qui y prévaut. Les crises de société ont toujours marqué le passage d’une logique à une autre. Une nouvelle civilisation surgit chaque fois que la vision du monde dominant jusqu’alors n’offre plus de réponse suffisante pour maintenir l’ancienne en place. A noter que l’apparition d’une nouvelle logique ne fait pas disparaître les plus anciennes, qui vont se maintenir plus ou moins en marge selon le modèle dominant. Or, qu’observe-t-on en tournant notre regard vers les origines de l’humanité ? Les premières tribus nomades vivant de la chasse et de la cueillette nous ont laissé des traces permettant de croire qu’elles percevaient leur environnement animé par des esprits qu’il fallait se concilier. Quiconque n’adhérait pas aux croyances animistes et aux rites de la communauté était passible de mort, car il menaçait sa survie. Aujourd’hui, nous qualifions ce rapport avec le monde invisible de pensée magique. Est vrai ce qui apaise le monde des esprits et permet de survivre.

La suite dans la revue n°35

Publié dans la rubrique CULTURE, SOCIETE, SPIRITUALITE, TRADITION du numéro 34
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LE SAT – DESCRIPTION ET TEMOIGNAGE

Une formation créée par Claudio Naranjo

Karin Reuter

directrice

Institut Hoffman France

Claudio Naranjo

Faut-il encore présenter Claudio Naranjo ? Psychiatre chilien d’origine juive, le Dr Naranjo est toujours considéré comme un des pionniers du mouvement du potentiel humain, mais surtout comme le tout premier à avoir développé l’enseignement de l’Ennéagramme que lui a transmis Oscar Ichazo. Il articule de manière unique le travail de guérison et d’éveil de conscience, se démarquant du courant transpersonnel. On lui doit une œuvre foisonnante dont une analyse lucide du déclin de la civilisation patriarcale qui est la nôtre. Lorsqu’il introduit son programme SAT en France en octobre dernier (SAT signifie “Seekers After Truth”, Chercheurs de Vérité, mais aussi “Etre” en sanskrit), Claudio dresse un parallèle inédit entre nos trois cerveaux – le reptilien, le limbique, le cortex – et les trois dimensions de l’amour qui leur sont liées – le plaisir, la compassion, le respect. Il nous expliquait alors que notre société patriarcale avait sacrifié les deux premiers principes, correspondant à la Mère et à l’Enfant intérieurs, sur l’autel du Père au nom duquel on est encore prêt à tuer. Une société bafouant ainsi l’amour de soi et de l’autre ne peut survivre éternellement, disait-il : dans un tel monde, le seul espoir de changement passe par l’enseignement, car les parents et les médias sont eux-mêmes tellement inféodés à la culture ambiante qu’on ne peut miser sur eux pour transformer le monde. Quant à la thérapie, elle touche trop peu de gens. Par contre, si on pouvait amener les enseignants à restaurer leur amour propre et à le transmettre à leurs élèves, on aurait des chances de voir fleurir à nouveau des êtres humains soucieux de leurs proches, de leur habitat et des générations futures.

Le seul espoir de changement passe par l’enseignement

C’est dans cet esprit que Claudio Naranjo met au point en 1971 un programme de 40 jours répartis sur 4 ans, permettant de restaurer l’amour de soi et de l’autre mis à mal dans le monde moderne. Au terme de plusieurs tentatives, son approche s’affine en associant méditation, Ennéagramme, travail thérapeutique, théâtre et mouvements libres. Elle est aujourd’hui éprouvée depuis plus de 30 ans dans plusieurs pays, d’abord en Amérique Latine, au Chili, au Brésil, au Mexique et en Argentine, puis en Europe, en Italie, en Espagne et en Allemagne. Plusieurs universités ont plébiscité sa démarche et ont intégré le programme SAT dans la formation de leurs enseignants. La France vient de s’ouvrir à son tour à une telle démarche en janvier dernier.

L’expérience du SAT – Que s’y passe-t-il ?

Il est difficile de témoigner du SAT car il faut le vivre pour en percevoir la saveur. Vu de l’extérieur, se déroule un programme d’activités sensiblement pareilles d’un jour à l’autre à quelques variantes près : le matin, méditation, étude de l’ennéagramme et exploration en binômes ou par panels ; l’après-midi, théâtre puis mouvements libres les yeux fermés, parfois des constellations familiales le soir. Tout est ainsi dit, mais rien ne transparaît sauf à reprendre l’âme du travail. Il s’agit bien d’un véritable travail pour déjouer les moindres stratégies de l’ego dans sa course sans fin. Au fil des jours, les masques tombent sous le regard bienveillant de l’équipe et de notre être profond. Le feu de l’attention est mobilisé tour à tour sur les trois cerveaux : l’instinctif, l’émotionnel et le mental. En passant ainsi successivement d’un centre à l’autre au gré des sollicitations, l’identité est amenée hors de ses points de repère habituels et le Témoin, réactivé. Au sein du champ de forces entretenu en permanence par l’équipe, nos trois formes d’amour et d’intelligence se réveillent à l’abri des jugements et des conditionnements sociaux. Elles ne se font pas prier pour sortir de leur cachette. Dans son atelier en octobre dernier, Claudio nous demandait déjà d’observer comment notre quête d’amour bloquait notre capacité d’exprimer notre amour inné. C’est exactement ce dont il s’agit ici. Dès le départ, nous sommes invités à observer comment nous cherchons à nous faire aimer et réagissons au manque. Les comportements de fuite, d’agression ou de séduction apparaissent vite pour ce qu’ils sont et peuvent être déjoués. Mais comment s’articulent les 5 piliers de ce travail d’orfèvre comparable à la taille d’un diamant ?

1. La méditation

Le processus de déconditionnement commence avec le travail de présence à soi-même, favorisé par la méditation assise. Avant même d’éveiller les trois centres, il s’agit d’activer le quatrième, le “Témoin”, qui unifie, équilibre et harmonise les trois autres. Méditer, en essence, revient à poser un regard attentif, sans jugements, sur nos sensations, nos émotions et nos pensées, sans y réagir ni s’y identifier. On fait ainsi l’expérience de soi en tant que Conscience pure au sein de laquelle apparaissent et disparaissent les phénomènes éphémères. C’est le contact direct avec le moi essentiel, notre nature véritable. Cette pratique à elle seule apporte contentement et sérénité. Claudio y introduit la dimension interpersonnelle avec la présence de l’autre. L’effet est très puissant. On médite ainsi par deux. A mesure que le regard se lève pour rencontrer celui de l’autre, l’intimité monte. On se retrouve sans masque, dévisagé par l’autre qui est lui aussi dévisagé. La rencontre se fait d’âme à âme, sans un mot, sans un sourire, en étant simplement soi-même dans l’accueil de notre présence.

La rencontre se fait d’âme à âme

2. L’étude de l’Ennéagramme

Ce travail se poursuit avec l’étude de nos traits de caractère. L’Ennéagramme peut être défini comme un modèle montrant comment chacun de nous se construit son identité au gré des blessures de vie et des défenses qu’il met en place. Il y a des dizaines de livres sur le sujet, inutile donc de le reprendre ici. Tout l’intérêt et l’originalité du travail proposé durant le SAT, ce sont les panels, autrement dit les échantillons de chaque type qui vont témoigner de leur vécu. Au lieu de rester abstraite, la connaissance que l’on acquiert de soi devient extrêmement concrète et permet de toucher du doigt la racine de nos névroses. Par ailleurs, à chaque type correspond un mudra incarnant l’énergie de sa vertu, c’est-à-dire le ressenti associé à une vision juste de la réalité, non pervertie par nos mécanismes de défense habituels. Abordé de cette manière, l’Ennéagramme devient une véritable bombe à retardement pour nos attitudes figées.

3. L’exploration par binômes

Cependant, l’étude des traits de caractère ne suffirait pas si elle n’était accompagnée de la mise à nu de notre fonctionnement. Le SAT prévoit donc un temps d’exploration en binômes sur base de quelques questions très simples. Ces moments d’exploration sont précieux pour saisir nos failles sur le vif et donner corps à la connaissance de notre vie intérieure. Elle devient alors une connaissance intuitive, vivante, associée au ressenti des fardeaux qui s’accumulent… ou se libèrent. Entretenir toute cette fausseté de peur de décevoir et d’être démasqué est un jeu épuisant. Ichazo disait qu’on ne se connaît pas vraiment tant qu’on n’a pas pleuré ni ri à chaudes larmes sur son auguste personne ! Le soir nous est proposé un autre travail thérapeutique sous forme de constellations familiales. Là, quelque chose d’extraordinaire se passe, tout en subtilités, presque sans paroles. Tout se passe à un rythme très lent, suivant les mouvements de l’âme, pour être intégré progressivement. Il est difficile de décrire de l’intérieur ce qui se passe dans une constellation familiale si on ne l’a pas vécu.

4. Le psychodrame et le théâtre-clown

La magie du théâtre est de mettre en scène nos secrets les plus difficiles à assumer : nos haines ou nos rivalités secrètes, nos peurs de se prendre un râteau, de manquer de virilité ou de féminité, nos espoirs déçus, nos hontes et nos fardeaux cachés. Lorsqu’on perd complètement la face devant des gens qui ne sont pas plus fiers que nous mais qui ont de la compassion, une seule chose compte : exprimer notre nécessité, ce qu’on ne peut plus supporter. Cela se traduit bien souvent par le cri du cœur ou dans les larmes après avoir été retenu des années par un barrage de conventions. Contrairement aux apparences, dans ce théâtre là, on ne joue pas un rôle. Du moins, derrière les rôles apparents d’amant, de guerrier, de sorcière, d’esclave, derrière les grimaces, le nez rouge ou le déguisement, notre vérité ressort. Ce qui devrait être simple apparaît tordu et compliqué si on reste dans la résistance, et c’est ce qui en fait le côté burlesque. Remettre un peu de fluidité, de spontanéité dans nos caractères figés nous permet d’épouser notre humanité avec un peu plus de tendresse. Au-delà de l’espace ludique et de l’enfant qu’il touche en nous, le clown vise aussi notre intelligence émotionnelle. Il brise les barrières construites pour se défendre du regard de l’autre, autant dire de nos propres projections. En ce sens, il réveille la compassion.

Le clown réveille la compassion

5. Les mouvements libres

Le mouvement libre a ceci de fascinant qu’il met en jeu aussi bien le rapport à notre propre corps qu’à celui de l’autre, à l’espace et au sol. Chacun a les yeux fermés ou bandés. Au cours de nos errements, on se heurte à des corps, sans savoir s’il s’agit d’hommes ou de femmes. Là aussi, les barrières sautent, à commencer par la peur du rejet. Le regard ne peut plus rien contrôler, il n’y a plus la parole pour communiquer. Seuls subsistent des corps animés qui se cherchent ou s’évitent. Les jugements s’estompent. Les mouvements sont pour la plupart fugitifs, furtifs, on rentre dans le monde du silence. Ça et là quelques voix entonnent des chants ou des harmoniques ; certains dansent et jouent ensemble, d’autres errent comme des âmes en peine, d’autres encore restent là, terrés. Tout est possible. C’est un espace sans pareil pour voir à l’œuvre des comportements instinctifs, très inconscients, auxquels le langage ne donne pas accès.

Et après ?

Malgré, ou grâce à, sa grande douceur, ce processus est vécu par beaucoup comme un raz de marée. Vu de l’extérieur, on rit et on pleure beaucoup. De l’intérieur, les réactions varient du tout au tout selon le cheminement de chacun. Dans tous les cas, l’attention se libère du regard de l’autre. On commence à se retrouver, à se reconnecter à soi-même, à son corps, sa sensibilité, son intuition. Les projections font place à un regard sans complaisance mais sans jugement. Beaucoup traversent un état de grâce, d’émerveillement et de tendresse infinie comme des amoureux. Cela est vécu le plus souvent comme une ouverture du cœur bouleversante, une véritable renaissance. Une nouvelle présence prend place, paisible, disponible à l’autre et à l’instant présent. Cet éveil de conscience n’est pourtant pas une sinécure et peut s’accompagner pour un temps d’un regain d’anxiété. Le cœur peut même se refermer, se durcir encore plus qu’avant, les stratégies habituelles reprendre le dessus avec leur cortège de souffrance. Chacun retourne dans le tourbillon de la vie, pratiquement sans défenses dans un monde plein d’attentes et de jugements. Le choc est parfois rude. L’ouverture du cœur peut-elle se maintenir sous une telle pression ?

La présence du groupe est capitale

C’est toute la différence entre une expérience et un état d’éveil. La vie regorge d’exemples de personnes qui ont entrevu le ciel et sont retombées parfois bien bas, moi la première. La présence du groupe dans ce processus est capitale, mais fondamentalement, c’est la liberté de rencontrer l’autre en laissant tomber les masques qui est le véritable gage de la délivrance, car le groupe n’est là qu’un temps. Pour que la magie des cœurs rencontrés au cours du SAT fasse place à la présence radiante du Cœur sacré, il faut en prendre soin. Il ne suffit pas de prendre un bain de présence quelques jours tous les dix ans : une telle présence s’arrose et s’entretient tous les jours comme une fleur délicate. Cela demande une discipline de l’attention. Reste donc à demeurer vigilant pour mettre notre précieuse connexion à l’épreuve du monde ambiant et ne pas nous laisser reprendre au piège des multiples pressions. Une fois que la présence de l’Etre devient stable et consciente, tout le reste vient par surcroît : le sentiment d’éternité, d’espace, de paix, d’abondance, de créativité. Notre trésor se trouve là où se trouve notre cœur. Le SAT vise l’éveil du moi essentiel et la dissolution progressive de notre structure caractérielle. La guérison de nos blessures est un de ses premiers effets, mais c’est loin d’être le seul : il ouvre aussi des dimensions oubliées de nous-mêmes, libère nos relations à l’autre et nos potentiels enfouis. Au terme des quatre années de SAT, il semble que beaucoup expérimentent durablement la vertu ainsi que l’idée sacrée de leur propre type et qu’ils aient trouvé la clé qui les libère de leur fixation. Les structures de l’ego sont rarement consumées d’un seul coup : cela exige un repentir profond, beaucoup de patience et de détermination.

Le SAT vise l’éveil du moi essentiel

Pour en savoir plus

Institut Hoffman France

www.institut-hoffman.com

La suite dans la revue n°35

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Enfin de bonnes nouvelles !

Alors, qu’est-ce qu’on attend ?

Yann Arthus-Bertrand

Isabelle Delannoy

Tewfik Fares

co-auteurs du film “Home”

Il est trop tard pour être pessimiste.

Il est trop tard pour être pessimiste. Je sais qu’un homme, même seul, peut abattre tous les murs. Il est trop tard pour être pessimiste. Dans le monde, quatre enfants sur cinq vont à l’école. Jamais l’instruction n’a été donnée à tant d’êtres humains. Chacun peut agir, du plus pauvre au plus riche. Le Lesotho, l’un des pays les plus démunis de la planète, est celui qui investit le plus largement ses richesses dans l’éducation. Le Qatar, l’un des plus riches, s’ouvre aux meilleures universités du monde. La culture, l’éducation, la recherche, l’innovation, sont des ressources inépuisables. Face aux malheurs et aux souffrances, des millions d’O.N.G. apportent la preuve que la solidarité des peuples est plus forte que l’égoïsme des nations. Au Bengladesh, un homme a eu l’idée de créer une banque impensable : elle ne prête qu’aux pauvres. En 30 ans à peine, elle a changé la vie de 150 millions de personnes dans le monde.

La solidarité des peuples est plus forte que l’égoïsme des nations

L’Antarctique est un continent aux ressources immenses que personne ne pourra plus s’approprier, une réserve dédiée à la paix et à la science. Un traité signé par 49 états en a fait le bien de l’humanité entière. Il est trop tard pour être pessimiste. Les gouvernements protègent près de 2% de leur eau territoriale : c’est peu, mais c’est déjà deux fois plus qu’il y a dix ans. Les premiers parcs naturels ont un peu plus d’un siècle, ils recouvrent près de 13% des continents, ils créent des espaces où l’activité humaine se conjugue à la préservation des espèces, des sols et des paysages. Cet accord des hommes et de la terre peut devenir la règle, et non plus l’exception. Aux Etats-Unis, New York a compris les services que rend la nature. Ses forêts et ses lacs fournissent l’eau potable de toute la ville. En Corée du sud, les forêts avaient été dévastées lors de la dernière guerre. Grâce à un programme national de reboisement, elles couvrent de nouveau 65% de la surface du pays. Plus de 75% du papier est recyclé. Le Costa Rica a fait son choix entre dépenses militaires et préservation de son territoire. Le pays n’a plus d’armée. Il a préféré mettre ses ressources dans l’éducation, l’écotourisme et la protection de sa forêt primaire. Le Gabon est l’un des plus grands producteurs de bois au monde. Il a imposé la coupe sélective : pas plus d’un arbre pour chaque hectare. Sa forêt est l’une de ses principales ressources économiques, mais elle a le temps de se régénérer. Des labels existent qui garantissent la bonne exploitation des forêts. Ils doivent devenir la norme obligatoire. Entre producteur et consommateur, la justice est une chance pour tous. Quand le commerce est équitable, qu’il bénéficie à la fois au vendeur et à l’acheteur, chacun peut faire prospérer son travail et en vivre dignement. Quelle justice et quelle équité peuvent-elles s’établir entre ceux qui travaillent à la main et ceux qui engrangent leurs récoltes à la machine avec l’aide de leurs états ? Soyons des consommateurs responsables. Réfléchissons à ce que nous achetons. Il est trop tard pour être pessimiste. J’ai vu une agriculture à la mesure de l’homme. Elle peut nourrir la terre entière si la production de viande n’accapare pas la nourriture des hommes. J’ai vu des pêcheurs responsables de leurs prises et soucieux de la prospérité des mers.

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La double biographie de l’être humain

Apprendre à rester serein intérieurement quoi qu’il se passe dans le monde extérieur…

Pascale Ash

auteur, élève de la 4e Voie

La 4e Voie nous dit qu’il existe deux types de psychologies : celles qui considèrent que l’être humain apparaît sur terre comme un être neuf et celles qui considèrent au contraire qu’il vient d’un ailleurs (qui reste à définir). Cette seconde optique considère que l’être humain naît avec une certaine structure de son psychisme et de son esprit, différente selon chaque individu, cette différence étant attribuée, selon les théories, à l’hérédité, au hasard, à la réincarnation ou à la récurrence ou éternel retour.

L’être humain naît avec une structure intérieure

Personnalité et essence

Si l’être humain naît avec une structure intérieure, qu’on peut aussi appeler son être profond ou son “essence”, cette essence n’est que peu capable d’évolution. Dès les premières années de sa vie, les parents commencent à éduquer l’enfant, ce qui revient à dire qu’il arrête de se développer de façon naturelle. Cette période signe l’arrêt du développement de l’essence, qui reste donc dans un état infantile, et le début de la formation de la personnalité.

Comment définir la personnalité ? Elle est tout ce qui a été mis au fil du temps dans l’individu depuis l’enfance : tout ce qui lui est apporté de l’extérieur par l’éducation, les conditionnements, plus tard les études, les expériences de vie, les influences subies… Sous les couches (on parle aussi de voiles) successives de tous ces apports, l’essence disparaît de plus en plus et ne peut pratiquement plus se manifester.

Il peut arriver un moment où l’être humain se rappelle, même confusément, l’existence de quelque chose de différent de ce que le monde extérieur a mis en lui et où il décide de partir à la recherche de son être véritable. C’est le début de la “deuxième éducation”, celle de l’essence, de son monde intérieur. L’essence ayant été recouverte par la personnalité, la première démarche sera un travail de reconnaissance et de dévoilement : l’on commencera à s’observer pour reconnaître et enlever les voiles de la personnalité. La volonté de reconnaître la personnalité, et tout ce qu’il y a d’artificiel en elle, est le début du véritable chemin de connaissance de soi, mais non pas d’après une théorie sur la nature de l’être humain comme il en existe tant - psychologiques, philosophiques, religieuses et même politiques ou économiques - mais par l’observation de soi. A partir de ce moment, la personnalité cède le pas à l’essence, qui redevient le véritable centre de gravité de l’être humain, s’il le décide… car, de façon naturelle, l’être humain ne connaît pas la troisième étape possible de l’évolution : il doit la décider.

La première démarche sera un travail de dévoilement

La deuxième éducation

La première éducation a été celle de la personnalité, faite dans et par la vie ordinaire. Quelque riche qu’elle puisse être, l’éducation de la vie ne rapproche pas de l’essence même si, plus la personnalité est riche et forte, mieux elle permettra à l’essence de se développer, parce que tout ce que la personnalité a acquis de positif devient un jour une nourriture pour l’essence. Mais la seconde éducation, qui est donc la troisième étape du développement possible de l’être humain, le développement de l’essence, ne peut se faire qu’aux dépens de la personnalité : il faut que l’une diminue pour que l’autre croisse, que les attraits du monde extérieur laissent place à l’observation du monde intérieur…

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Eveil et verticalité

Sur le chemin de la transcendance

Olivier Clouzot

écrivain

Horizontalité et verticalité

La vie quotidienne en société constitue la dimension horizontale de l’être humain, de sa naissance à sa mort.

On s’accorde généralement sur le fait que la dimension verticale est celle de sa croissance intérieure, de ses valeurs personnelles et du sens particulier qu’il donne à sa vie, mais cela n’est pas suffisant, car on pourrait en déduire que cette dimension est purement subjective et ne relève d’aucun critère sur lequel on puisse visiblement s’accorder. C’est pourquoi il est nécessaire d’ajouter que la verticalité est essentiellement la dimension de CONSCIENCE de l’être humain capable de “connaissance de soi”, c’est-à-dire d’observer la manière dont il vit, pense et agit dans l’horizontalité de son existence. Car le fait de vivre, d’agir et de penser relève de la dimension horizontale, alors que la dimension verticale va se mettre à exister à partir du moment où nous commençons à sentir la manière dont nous vivons et où nous acquérons la capacité de nous regarder en train d’agir et de penser : ce qui signifie que cette dimension peut très bien rester une simple potentialité au sein de l’individu sans jamais, ou très rarement, avoir l’occasion de s’actualiser. Ce n’est pas du nombrilisme, juste l’aptitude d’être un témoin neutre et impartial de ce qui nous arrive et de la manière dont nous réagissons [NdlR - voir aussi : La double biographie de l’être humain p. 34]. Cette neutralité est un aspect essentiel de la dimension verticale, car sans elle, on reste dans l’horizontalité.

La dimension verticale de la vie est celle de l’évolution

Distanciation

Par exemple, tant que je jouis et que je souffre en restant identifié à ma jouissance ou à ma souffrance, je suis dans l’horizontalité de mon existence, la dimension verticale ne se surajoutant à la première que dans la mesure où je me distancie avec ce que j’éprouve tout en continuant à l’éprouver. Cela est particulièrement important en période de crise, car si je suis en colère, par exemple, et que je vis cette émotion avec une trop grande intensité, c’est-à-dire sans conscience, sans distanciation justement, je peux me laisser entraîner vers une trop grande violence et être amené à commettre des actes irréparables, dont je me sentirais par la suite coupable sans avoir la possibilité de les annuler, alors que la distanciation envers ma colère au moment même où elle m’envahit peut me permettre de ne pas me laisser déborder par elle et d’arrêter mon geste de violence à temps.

La dimension verticale de la vie est celle de l’évolution, alors que la dimension horizontale est celle d’un simple changement apparent, comme celui des modes vestimentaires, où souvent l’on s’agite en vain et tourne en rond, en donnant l’illusion d’un changement alors que tout continue en fait à fonctionner comme avant. De ce fait, on peut dire que la dimension verticale est celle de la construction de l’être, tandis que la dimension horizontale de l’existence est celle de l’avoir et du paraître.

Apprentissages horizontaux et verticaux

Les apprentissages au sein de la dimension horizontale sont les plus évidents et les plus immédiats : ils sont indispensables à la survie. Il faut savoir en effet se tenir debout, communiquer, travailler, se déplacer pour fonctionner normalement dans la société. C’est pourquoi celle-ci fournit très tôt à l’enfant, grâce à l’éducation, des moyens et des méthodes pédagogiques qui viennent prendre le relais de ceux mis en œuvre par les parents dès la naissance, et parfois même avant. Ces méthodes sont au début des techniques de conditionnement, fondées sur l’imitation et la répétition, mais elles se complexifient par la suite.

Quant aux apprentissages dans la dimension verticale, ils sont beaucoup moins évidents, car il n’existe pratiquement pas d’enseignements systématiquement reconnus sur cette question ; ils sont donc laissés à la libre initiative de certains éducateurs ou de certains groupes et relèvent surtout de la liberté et de la responsabilité directes de l’apprenant. Il ne faut pas croire, en effet, que les enseignements moraux et/ou religieux qui sont dispensés aux enfants relèvent de la dimension de verticalité dont nous parlons, parce qu’ils impliquent une croyance et une attitude soumise envers certains principes édictés dans le cadre de normes socioculturelles, principes qui ont nécessairement un caractère dogmatique puisqu’ils ne peuvent pas être discutés. Ce n’est que lorsqu’une pratique religieuse suivie passivement devient une recherche active fondée sur un libre engagement et sur une prise de conscience personnelle et/ou que la morale sociale se transforme en éthique individuelle, que la dimension verticale commence vraiment à se manifester dans l’existence humaine.

Ces deux dimensions sont complémentaires

Réalisation de soi

Remarquons aussi que ces deux dimensions sont complémentaires, et qu’il est dangereux de vivre exclusivement dans l’une d’entre elles. Vivre uniquement dans l’horizontalité, c’est rester dans l’inconscience et l’animalité, et vivre de manière absolue dans la verticalité, c’est se couper progressivement de toutes les actions qui nous relient à la vie matérielle et à la société, donc sombrer irrémédiablement dans le solipsisme, voire dans la folie – seuls des mystiques extrêmement bien entraînés peuvent arriver à vivre dans un total dénuement sans perdre la raison.

Alors que les apprentissages réalisables dans la dimension horizontale sont quasiment infinis, et qu’un individu, de par ses limites physiques, psychiques et temporelles, ne peut réaliser qu’un tout petit nombre d’entre eux (aux niveaux sportif et professionnel, par exemple), il semble au contraire que les apprentissages réalisables dans la dimension verticale soient beaucoup moins nombreux, et qu’ils puissent, dans des cas jusqu’ici exceptionnels il est vrai, être réalisés dans le cadre d’une vie – c’est cet accomplissement que les grandes traditions spirituelles appellent la “réalisation de soi”, l’état de “sainteté” ou d’ “illumination”, le “satori”, etc., mais il est tout à fait possible que des personnes agnostiques atteignent aussi des degrés d’accomplissement spirituel très élevés… Ce qui est sûr, c’est que la dimension verticale de l’existence est celle dans laquelle se développe l’Amour (avec un grand A), celui que les chrétiens appellent “charité” et les bouddhistes “compassion”, et qui est très loin de ce sentiment égoïste ou intéressé que tant de gens recherchent avidement dans la dimension horizontale de la vie.

La dimension verticale est celle dans laquelle se développe l’Amour

La crise comme moyen d’accès à la verticalité

Lorsque les apprentissages du plan horizontal sont suffisamment avancés, ceux du plan vertical peuvent se déclencher, la question métaphysique fondamentale “Qui suis-je ?” étant un très bon catalyseur.

C’est souvent à la puberté, qui correspond à une véritable crise de l’organisme soumis à de nouvelles stimulations hormonales, que le plan vertical commence à exister chez certaines personnes de façon spontanée.

Mais en réalité, n’importe quelle expérience douloureuse vécue sur le plan horizontal peut avoir cet effet (mort d’un être cher, perte ou changement d’emploi, maladie…), au point que l’on pourrait se demander si ce n’est pas la fonction essentielle des épreuves et des accidents de toutes sortes qui perturbent régulièrement l’existence humaine que de jouer un rôle déclencheur de nos apprentissages verticaux.

Le fait est que lorsque la dimension verticale se développe en nous, ces mêmes épreuves, auparavant perçues comme des catastrophes, sont plus facilement acceptées parce qu’elles sont reconnues comme utiles à notre processus, voire nécessaires à des prises de conscience nouvelles ; et, grâce à cette acceptation, les épreuves elles-mêmes diminuent d’intensité, jusqu’à parfois disparaître comme par enchantement, comme on le voit dans l’évolution hors normes de certaines maladies chez des personnes dont le plan vertical est très développé.

Arrive un moment où la mort elle-même est dédramatisée

Une chose cependant doit être prise en compte dans le modèle que nous proposons : c’est que, conformément au principe d’entropie, le plan horizontal est soumis à l’usure du temps qui régit l’existence de notre corps physique voué à la décrépitude et à la désagrégation, tandis que le plan vertical correspond à une intégration progressive d’informations structurantes de plus en plus enrichissantes, qui n’étaient pas reliées auparavant tant qu’elles étaient isolées et cloisonnées, ce qui correspond alors au principe de néguentropie.

Et il arrive un moment où la mort elle-même est dédramatisée, puisqu’elle n’atteint que le corps, tandis que l’âme, la conscience ou l’esprit (selon le nom qu’on lui donne) accède alors à un autre plan d’existence que les grandes religions décrivent dans des termes différents, mais qu’un public de plus en plus large, religieux ou agnostique, commence à décrire dans des termes assez voisins, dans ce qu’on appelle des NDE (”near death experiences”) chaque fois qu’une personne s’est trouvée, à la suite d’un accident par exemple, dans un état de mort clinique et revenait ensuite à la vie.

L’illumination en deux week-ends

Le travail qui se fait dans le plan vertical est beaucoup plus long et difficile, parce que c’est un travail d’intégration, que la plupart des apprentissages que nous sommes amenés à réaliser dans le plan horizontal (apprentissage d’une langue, d’un métier, d’un sport, etc.) ; ce qui dure ici quelques semaines ou quelques mois prend là plusieurs années et occupe souvent une vie entière.

Mais il y a des gens qui ont entendu parler de phénomènes particuliers spécifiques du plan vertical et qui pensent pouvoir en faire l’acquisition comme s’ils se trouvaient en vacances dans un pays étranger, voire dans le supermarché le plus proche de leur quartier ou de leur agglomération ; et il y a aussi, bien entendu, les escrocs de la transcendance, comme il y en a dans tous les corps de métiers, qui vous promettent la réalisation parfaite de soi en trois semaines, l’illumination en deux week-ends ou la lévitation en quelques leçons ; et vous pouvez d’autant plus vous y laisser prendre que les premières expériences de groupe dans la dimension verticale sont souvent des expériences saisissantes, littéralement éblouissantes, tant elles diffèrent de ce que nous vivons normalement dans l’horizontalité. Quelques “asanas” (postures) et “pranayamas” (respirations yoguiques) peuvent effectivement vous faire voir trente-six chandelles si elles sont proposées et exécutées dans la perspective de séduire ou d’étonner. Et il en est de même avec l’usage de drogues, comme celles qui servent dans les initiations chamaniques, mais qui, utilisées sans précaution et sans la présence d’un guide, ne seront qu’une porte ouverte vers une excitation sensorielle d’une grande intensité mais conduisant rapidement à l’aliénation.

Certes, le fait de pratiquer certaines formes de thérapie, de suivre des cours de yoga, de taï-chi chuan ou de méditation, d’apprendre les arts martiaux, de participer à un groupe de prières, ou même de pratiquer de manière assidue la pensée positive, sont des aides précieuses permettant d’avancer dans l’exploration de la verticalité. Mais le fait d’étudier l’histoire des religions, d’apprendre plusieurs langues et de rechercher les ressemblances et les différences existant entre diverses cultures, peut jouer un rôle tout aussi important, parce que cela nous permet de prendre de la distance avec les identifications et les évidences trompeuses que notre langue maternelle et nos représentations socioculturelles ont créées dans notre psyché.

Persévérer dans la durée

Un travail suivi et persévérant dans la dimension verticale permet de faire progressivement l’expérience de ce que l’on appelle des “niveaux de conscience”, c’est-à-dire des points de vue sur soi-même et sur le monde qui correspondent à des changements radicaux de perspective ; littéralement, on ne voit plus les choses de la même façon…

Pour en savoir plus :

Eveil et verticalité, Ed° Le Souffle d’Or

(dont ces pages constituent une introduction)

Parmi les ouvrages écrits ou édités par l’auteur

Apprendre autrement, Ed° d’Organisation

Education pour le 3e millénaire, Ed° Recouvrance

La trialectique, Ed° Holistiques

La suite dans la revue n°35

Publié dans la rubrique CULTURE, PSYCHOLOGIE, SOCIETE, SPIRITUALITE du numéro 34
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LA PSYCHO-ANTHROPOLOGIE ET SON ROLE DANS LE MONDE

Psychologie, philosophie et spiritualité

Idris Lahore

psycho-anthropologue

Interview Maya Ollier

(Suite et fin de l’article qui terminait le numéro précédent de Science de la Conscience).

L’un des grands principes de la psycho-anthropologie est qu’avant de vouloir changer le monde, il faut d’abord essayer de se changer soi-même, et donc, avant de militer pour la paix dans le monde, il est d’abord nécessaire de faire la paix en soi.

Un autre grand principe est le constat que l’être humain est naturellement limité (la science dit bien que l’homme ne fonctionne qu’avec 10% de son cerveau) : s’il veut évoluer au-delà de ce degré d’incomplétude, il doit dépasser les limites que la nature lui a fixées. Il lui faut pour cela faire quelque chose.

Changer d’état de conscience

Selon vous, donc, la possibilité pour l’être humain de dépasser ses limites est bien réelle. Comment ?

Il existe chez l’être humain un certain nombre d’états de conscience différents. Le degré de conscience le moins élevé est l’état d’inconscience, celui du sommeil (malgré les variations de conscience qu’il peut comporter), de l’anesthésie ou de certains comas. L’état suivant est ce que la psychologie habituelle nomme la conscience de veille, qui n’est pas en réalité un état de conscience réel, mais plutôt un état d’inconscience un peu plus évolué puisque si, dans cet état, nous sommes habituellement capables de ressentir à la fois le monde extérieur et nous-mêmes, nous avons tendance à perdre la conscience des autres et du monde lorsque nous fixons notre conscience sur nous. De la même façon, lorsque nous prenons réellement conscience du monde ou des autres, ou que nous entrons dans une activité, nous perdons la conscience de nous-mêmes. Ce que nous appelons habituellement la conscience de veille est donc en réalité une forme de demi-sommeil : nous sommes endormis, soit aux autres, soit à nous-mêmes. Nous croyons être éveillés, nous ne le sommes pas réellement.

La conscience de veille est en réalité une forme de demi-sommeil

Tels sont les deux états de conscience que connaît l’homme ordinaire. La science spirituelle et la psycho-anthropologie nous enseignent qu’il existe un autre état de conscience, habituellement inconnu de l’homme ordinaire, qu’elles appellent la conscience de soi, et qui se caractérise par une conscience à la fois de soi et du monde extérieur sans qu’il y ait de séparation entre notre observation du monde et de nous-mêmes. Alors qu’au stade précédent, nous étions conscients soit du monde extérieur, soit de nous-mêmes, ici notre conscience s’est élargie et devient capable d’intégrer dans la connaissance de nous-mêmes celle du monde extérieur ou de l’autre. Ceux qui pratiquent des méthodes comme la méditation ou le rappel de soi savent qu’il est possible à certains moments d’entrer dans cet état de conscience, mais qu’on ne peut pas y rester longtemps. Chacun peut en faire l’expérience dans l’instant, en étant conscient de soi physiquement, de la façon dont on est assis, de ce qu’on ressent, de ce qu’on pense, en essayant en même temps de suivre ce qu’on est en train de lire et en ayant la conscience de ce qui se passe autour de soi. On se rend compte que, très vite, soit on perd le fil de ce qu’on lit parce qu’on est trop concentré sur soi, soit on se perd soi-même dans l’attention qu’on porte à ce qu’on est en train de lire…

La suite dans la revue n°35

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Un maître vivant

Pous sortir de notre animalité et de nos conditionnements : du savoir, mais aussi et surtout de l’être

Selim Aïssel

fondateur de la psycho-anthropologie

Tripartition de l’être humain

Le point de vue auquel se place la psychologie spirituelle est celui de la tripartition de l’être humain. Composé d’un corps physique et matériel, il est issu de l’évolution terrestre minérale, végétale et animale qui le relie au monde matériel dont il subit les lois : celles de la naissance, de la croissance, de la dégénérescence et de la disparition ou de la mort. L’élément spirituel est celui que nous appelons “esprit” : il est issu de la conscience supérieure, des mondes supérieurs que certains appellent “divins”. Les esprits, un jour, ont commencé à s’incarner dans ces corps physiques. Entre les deux se situe le troisième élément, le psychisme, objet de l’étude de la psychologie. Les religions l’appellent “âme”, lieu de toutes les tribulations émotionnelles, sentimentales et intellectuelles de l’être humain. Une psychologie spirituelle étend son étude du domaine du psychisme à celui de l’esprit et de leur relation au corps physique.

Le défi lancé à l’être humain est de sortir de l’animalité encore totalement présente en lui pour développer l’esprit, qui ne l’est que partiellement. Le psychisme joue le rôle d’intermédiaire entre les deux, tout en étant fortement imprégné d’animalité dans ses parties inférieures et de spiritualité dans ses parties supérieures. La proposition n’est donc pas “ange ou démon” mais “animal prisonnier des instincts ou être humain évolué et réalisé”.

Le défi : sortir de l’animalité et développer l’esprit

Une double limitation

Le constat est que l’homme semble encore en être, en grande partie, au stade de l’animal, et l’humanité dans son ensemble est très loin d’utiliser toutes les ressources de son évolution possible. Du point de vue de l’évolution possible, il est essentiel de comprendre qu’une partie de l’être humain est animale, et que cette nature animale est responsable de la plupart de ses pensées, de ses émotions et de ses actions. Cet état de fait est la première limitation de l’être humain, la seconde étant le conditionnement familial, éducatif, social et religieux. Comprendre cela est le début d’une vision juste de la situation de l’homme qui, sur terre, est tout autre que libre. Cependant, la liberté devient possible lorsque l’être humain, ayant pris conscience de ses limitations et de ses conditionnements, commence un travail de transformation. Ceci est la proposition du travail en psychologie spirituelle, c’est-à-dire l’acquisition de ce que les êtres humains croient posséder déjà, alors que seul un “travail” physique, émotionnel, intellectuel et spirituel y mène. En effet, la liberté n’est pas une caractéristique humaine, mais une acquisition possible.

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La condition humaine

Description des moyens de la dépasser…

Clotilde Richard

documentaliste

et chercheur de vérité

“Si un homme pouvait comprendre toute l’horreur de la vie des gens ordinaires qui tournent en rond dans un cercle d’intérêts insignifiants et de buts insignifiants, s’il pouvait comprendre tout ce qu’il perd, alors il saurait que la seule chose sérieuse pour lui, c’est de s’évader, d’être libre. Qu’est-ce qui peut être sérieux pour un homme en prison qui est condamné à mort ? Seulement une chose : comment sauver sa vie, comment s’évader ; rien d’autre n’est sérieux.”

(G.I. Gurdjieff)

Derrière le miroir

Lorsqu’un homme “s’éveille à lui-même” et devient conscient de sa situation, il se rend compte qu’il ne sait rien de ses origines et encore moins de son destin, malgré toutes les idées et théories religieuses, scientifiques ou philosophiques que l’éducation a mises en lui.

Reconnaître la prison et trouver la sortie

Dans sa vie familiale, sociale ou professionnelle, il subit toutes sortes d’influences extérieures : les unes consciemment, les autres inconsciemment ; certaines qu’il peut changer, d’autres qui sont inévitables. Il prend également conscience des influences intérieures qui sont les moteurs de ses actions. Les cinq principales, que la 4e Voie appelle les “traits négatifs principaux du caractère”, sont : l’avidité, la peur, l’orgueil, l’abus de sexe et le mensonge. Dès qu’il s’observe sérieusement, il voit l’un de ces cinq traits le pousser à agir, comme source non seulement de toutes ses actions, mais aussi de presque toutes ses pensées. Il ne sait pas pourquoi et croit que c’est tout simplement sa nature, qu’il est ainsi fait, que la vie est ainsi faite. Mais au fond de lui, il sent confusément qu’il existe une autre réalité au-delà de cette vie, de la vie ordinaire. Lorsque ce sentiment devient plus fort, il va chercher à voir derrière le miroir, la réalité cachée : il peut alors devenir un “chercheur de vérité”. Différentes possibilités se présentent à lui : soit il étudie l’une ou l’autre théorie philosophique ou spirituelle et, tout en reconnaissant ses limites, s’en satisfait car elle répond à certaines de ses interrogations ; quant aux lacunes, il les oublie pour se contenter de demi-vérités. Soit il s’invente une théorie qui le sécurise quant à l’inconnu qui se situe au-delà de la vie ordinaire… jusqu’au jour où il se rend compte que cette théorie est terriblement limitée car elle se construit uniquement autour de son raisonnement personnel relatif et subjectif sans la moindre dimension objective. Mais :

“Il est possible de sortir de ce piège. Cependant, pour s’évader de prison, il faut d’abord voir qu’on est dans une prison. Le piège de l’être humain, c’est sa structure émotionnelle, sa structure caractérielle. Toutes ces théories qui parlent de la nature de la prison n’ont que peu d’utilité. Pour s’évader, une seule chose compte : reconnaître la prison et en trouver la sortie.”

(Wilhem Reich) 

Trouver la Voie

La troisième possibilité est la rencontre avec l’une des formes véritables du “Chemin”, de la “Voie”, ou du “Travail”. La Voie est ce fil rouge (voir aussi Science de la Conscience n°6) de la connaissance la plus profonde qui traverse toutes les religions et qui le mènera à la découverte du sens de son destin personnel, de celui de l’humanité et de celui de toute la création. Il comprendra alors le sens de l’évolution : de son évolution personnelle et de son lien avec celle de l’univers tout entier. Au contact de la Voie, on lui enseignera les moyens physiques, psychologiques, intellectuels et spirituels pour trouver sa propre place dans l’univers afin d’y accomplir son destin le plus élevé. Pour cela, il lui faudra se libérer de tous ses conditionnements afin de dépasser les limites de sa nature inférieure et développer les facultés supérieures de sa conscience. Sinon, il restera confronté aux limites de sa raison logique, de ses émotions vagabondes et de ses instincts physiques.

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Quelle médecine pour demain ?

Vision globale, inclusion, coopération

Dr Clara Naudi

A la fin de mes études, lors de mon premier remplacement médical, je me trouvai face à un homme qui avait une plaie superficielle. Ne trouvant pas la boîte à sutures dans le cabinet, je lui dis : “Je ne trouve pas les fils, je vais vous mettre une suture collante”.

A la fin de la consultation, le médecin, qui était dans la pièce à côté et avait tout entendu, m’appela et m’énonça avec force cette phrase : On dit : “Votre plaie ne nécessite pas de points de suture, je vais vous mettre une suture américaine”.

D’abord ne pas nuire

Ce fut mon premier contact avec le pouvoir de la parole en médecine. Certes, chacun peut prendre cette phrase au niveau d’une technique de communication, destinée à sauver la face. Pour moi, ce fut le premier pas sur un long chemin. Plus de trente ans plus tard, elle résonne encore à l’aphorisme d’Hippocrate : “Primum non nocere”, d’abord ne pas nuire.

Elle résonne aussi aux fondements de toute véritable médecine : le médecin est l’instrument qui doit permettre au malade de mobiliser ses propres forces de guérison. Pour cela, il convient d’agir (ou de se taire) afin que le patient ressorte du cabinet dans sa force, alors qu’il y est entré dans la faiblesse, l’angoisse et le doute. Le médecin ne doit pas affaiblir le malade par des mots porteurs de ses propres doutes, de ses propres angoisses, de son propre manque d’attention.

Médecin, malade et maladie forment un système

Approche systémique

En m’adressant à ce blessé, j’avais oublié de penser à l’effet que mes paroles auraient sur lui. C’est la première leçon que nous pouvons tirer, nous, médecins et soignants, de nos erreurs de communication. Nous oublions que le malade, le médecin et la maladie forment un ensemble, un système, et que chacun a une influence sur les deux autres.

Ce que dit ou pense le médecin, ce que dit ou pense le malade, y compris leurs schémas de pensée inconscients, va influencer l’autre, et pourra influencer le cours de la maladie.

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L’intelligence collective

Nous vivons déjà une conscience du 3e type…

Jean-François Noubel

fondateur de TheTransitioner

interview Maya Ollier

Définition

D’après mes informations, vous êtes le spécialiste français de l’intelligence collective. Pouvez-vous nous en donner une définition ?

L’intelligence collective (IC) est, d’une part, un phénomène constitutif de la vie : la capacité d’un groupe d’individus à collaborer pour anticiper/construire son propre avenir. Ceci ne concerne pas que les humains et ne dit rien sur la taille du groupe en question, qui peut aller de quelques individus (une équipe de sport, un groupe d’éléphants…) à des millions, comme dans les ruches ou les termitières.

D’autre part, elle est une discipline de recherche et de développement à part entière, avec son cadre formel, son approche empirique, ses outils, ses instruments de mesure, ses applications pratiques, son champ éthique. Elle s’intéresse à la manière dont les êtres vivants s’organisent entre eux pour collaborer, allant jusqu’à composer des sociétés fonctionnant comme un tout uni dont les propriétés montrent clairement que le tout émergeant est bien plus que la somme de ses parties.

Les êtres vivants s’organisent pour collaborer

Vous mentionnez différentes formes d’intelligence collective… Quelles sont-elles ?

Nous en distinguons quatre : en essaim, originelle, pyramidale, globale. Nous pouvons mettre de côté l’IC en essaim, qui concerne surtout les insectes dits sociaux (abeilles, termites, fourmis…), les espèces constituées en grands troupeaux, les bans de poissons, les nuages d’oiseaux… Les trois autres formes d’IC sont, par contre, très présentes dans notre espèce.

Petits groupes

Commençons par l’IC originelle.

L’humain a commencé sa vie sociale sous forme de petits groupes, c’est la forme d’IC dont nous provenons historiquement et biologiquement. Comme les dauphins, les loups, les grands félins et beaucoup d’autres mammifères, nous avons chassé, géré le quotidien, élevé nos petits, assuré notre pérennité en petits groupes d’individus hautement entraînés à opérer ensemble. Nous continuons naturellement aujourd’hui. Les sports d’équipe, une équipe de travail, une loge maçonnique, un comité de direction, une “cellule de crise”… sont autant de manifestations de cette IC originelle.

Notre corps, nos sens, toute notre structure physique sont “conçus” pour fonctionner dans ce mode. C’est dans cette configuration que nous sommes au maximum de nos possibilités d’échange, de perception, de co-création, d’empathie.

La suite dans la revue n°35

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La paix en soi

Les trois racines de la libération systémique

 

Hervé Filloux

consultant en entreprise et constellateur

 

Depuis plusieurs années, nous abordons régulièrement le thème des constellations familiales et systémiques. Notre n° 25, en particulier, avait été consacré entièrement à ce sujet. Ici, nous revenons sur ce thème au travers de l’approche novatrice des ‘’trois racines’’, que nous vous laissons découvrir ci-après.

 

Trois grandes sources de perturbations

Pour pouvoir nous libérer de tout ce qui nous empêche d’être heureux ou de nous réaliser, il est nécessaire de veiller à harmoniser trois types de relations ou connexions, qu’Idris Lahore appelle des racines :

· La racine du sang et de la famille : il nous faut être correctement et harmonieusement relié par le sang à nos parents et, plus particulièrement, à notre mère.

· La racine de la terre et des ancêtres.

· La racine spirituelle, ou sagesse : c’est la connexion à celui ou celle que nous sommes réellement, c’est-à-dire à ce qui est supérieur en nous ou supérieur à nous.

Si une de ces connexions n’est pas correcte, elle est cause de troubles dans la réalisation de ce que nous entreprenons. Nous avons là la cause de nos maladies, accidents, échecs, souffrances, le terme “souffrance” incluant les maladies physiques, les troubles et difficultés psychologiques et relationnelles, les difficultés avec nos parents, enfants, frères et sœurs… Plus notre lien avec ces racines est perturbé, plus il y a de freins, de difficultés et d’empêchements. Cette vision est un raisonnement systémique et l’un des buts du travail en constellations est de nous reconnecter à toutes nos racines, ce qui nous aide à trouver des solutions à tous les autres niveaux et nous met dans de meilleures conditions pour conduire à la réalisation de nous-mêmes, de nos projets, etc.

 La racine du sang et de la famille

En tant qu’adultes, presque tous nos troubles relationnels, que ce soit dans le domaine familial, amoureux, professionnel ou social, sont liés aux troubles qu’a connus l’enfant que nous étions au sein de sa famille et, plus particulièrement, dans sa relation avec sa mère. 90% de nos problèmes seraient liés au fait que nous sommes déconnectés de notre famille. Parmi ceux-ci, 99% seraient dus à une mauvaise relation avec notre mère (même si, en apparence, tout semble aller très bien avec elle !). Se réconcilier avec ses parents, en particulier sa mère, est donc une nécessité pour résoudre nos difficultés en tous genres, tant personnelles que relationnelles ou professionnelles.
Les perturbations les plus importantes sont, par ordre décroissant d’influence :
• La relation que nous avons eue avec notre mère.
• Une relation perturbée avec notre père.
• Une relation perturbée avec un des membres de notre fratrie (frère ou sœur).

La relation avec notre mère

Nous sommes intimement liés à notre mère, de nombreuses manières :
• Génétiquement : non seulement nous portons, pour moitié, le bagage génétique de notre mère, mais la science sait maintenant que l’ADN spécifique contenu dans les mitochondries constitue une imprégnation génétique d’origine quasiment exclusivement maternelle !
• Durant notre gestation, tout ce que vit notre mère a une forte influence sur le bébé que nous sommes (presque aussi forte que le bagage génétique).
• Même si elle se passe dans les meilleures conditions possibles, la naissance reste une expérience traumatisante pour l’enfant.
• Les premières années de vie du jeune enfant se passent en grande majorité aux côtés de la mère…
Voilà pourquoi la plupart des perturbations relationnelles ont pour origine notre relation à notre mère, la plupart des perturbations étant évidemment liées à ce que la mère elle-même a déjà subi comme empreinte, en relation avec sa propre mère. Lorsque quelqu’un a des troubles liés à la relation à sa mère, la seule vraie question qu’il puisse poser n’est pas “Qu’est-ce que ma mère a bien pu faire ?”, mais plutôt : “Qu’est-ce qu’on a bien pu faire à ma mère pour qu’elle n’ait pas réussi à se rendre accessible à son enfant ?”.
Plus profondément encore, notre mère symbolise aussi la Mère originelle, l’Absolu ou Dieu… et il est toujours intéressant de nous relier harmonieusement, non seulement à notre mère en tant que femme, mais avec tout ce qu’elle représente symboliquement : le retour à l’origine, l’union avec le tout, avec chaque chose, chaque être, un lien d’amour qui est un mouvement naturel en chacun.
Nous comprenons maintenant pourquoi un travail de réconciliation avec la mère est toujours nécessaire.

Mère absente

L’une des perturbations majeures du lien à la mère est son inaccessibilité physique, sous de nombreuses formes : certains enfants sont retirés de leur famille ; d’autres ont l’impression que leur mère ne les regarde pas assez, ne les touche pas assez, ne leur sourit pas assez… Pour d’autres, alors même que la mère se comporte extérieurement tout à fait normalement, l’enfant la ressent comme absente, regardant dans une autre direction : vers sa propre mère, son père ou un de ses ancêtres ; vers la terre dont elle a été exilée ; dans la direction de sa propre spiritualité dont elle est coupée… Le lien intérieur ne peut pas se faire entre l’enfant et la mère parce que la mère elle-même est coupée d’une de ses racines. Consciemment ou inconsciemment, lorsqu’il n’arrive pas à être en contact avec la mère, l’enfant est pris  obligatoirement - il ne peut pas faire autrement - par les trois émotions négatives primaires que sont la peur, la tristesse, la colère : la peur d’être seul ou délaissé ; la colère contre le fait d’être séparé ; la tristesse (ou la dépression, la résignation, le retrait) parce que la séparation n’a pas pu être évitée. Personne n’échappe à ces trois émotions primaires qui recouvrent partiellement l’amour qui existe toujours entre la mère et l’enfant, derrière tout ce qui les sépare. Pour certains, cet amour est tellement recouvert par la colère, la tristesse ou la peur, qu’ils ne savent plus retrouver cet amour au fond d’eux. C’est la raison pour laquelle on est dans la souffrance, dans l’échec et les difficultés avec les autres et le monde.
La relation perturbée avec le père
Nous avons longuement détaillé la relation à la mère. L’enfant est toujours pour moitié sa mère et son père. La relation au père peut également être perturbée, mais dans une moindre mesure car, nous l’avons vu, la mère et l’enfant sont toujours liés en plus par cette dimension symbolique de la mère qui représente tout pour l’enfant. Les perturbations liées au père seront généralement dues à un père absent (travail, guerre…) ou violent.

La relation avec un des membres de notre fratrie

La relation que nous avons avec un frère ou une sœur peut aussi être perturbée : peut-être n’avons-nous pas pu vivre à notre juste place dans notre fratrie ? La cause en est généralement l’oubli (in-)volontaire ou l’exclusion (in-)consciente d’un des membres de notre fratrie pour des raisons douloureuses : IVG, fausse couche, enfant mort-né…

La racine de la terre et des ancêtres

Cette racine nous ramène aux origines de l’espèce humaine, jusqu’à la source du premier de nos ancêtres. De la lignée de nos ancêtres vient une force, et le contact avec cette force des ancêtres - ou la réconciliation avec nos ancêtres et avec leur terre d’origine - est essentiel car, sans cela, nous manquerons de force dans notre propre vie. Seuls ceux qui se sont réconciliés avec la force de leur lignée peuvent se réaliser.
En constellations familiales et systémiques, on traite toujours les relations perturbées avec des ancêtres chassés ou exclus de leur terre, les exilés, les émigrés… Si le lien avec notre terre ou notre pays d’origine est coupé, la force de cette racine ne nous nourrit plus…
Notons que cette seconde racine relie la première à la troisième, décrite ci-après…

La racine spirituelle

Cette racine fait le lien avec notre propre nature individuelle, ce qu’il y a de plus profond en nous (notre essence, notre esprit, notre Soi…) mais aussi, avec ce qui, pour nous, existe de plus grand (le Supérieur, l’Absolu, l’Origine, le divin, Dieu, le Tout, l’Esprit, le Tao…). Même les matérialistes, les agnostiques et les incroyants peuvent travailler à ce niveau : il leur suffit de considérer que la racine spirituelle est la source originelle d’où proviennent toutes les manifestations de la vie. La vie ayant commencé avec quelques atomes, porteurs d’une certaine information, et toute information étant de nature plus subtile que la matière elle-même, même les plus matérialistes d’entre nous peuvent ainsi l’appeler la racine spirituelle !

Selon ses croyances ou le problème que l’on souhaite traiter, il existe différentes manières d’aborder cette racine…

Harmoniser la personnalité et l’essence…

On pourra chercher à rétablir ou à harmoniser le lien entre notre personnalité et notre essence, ou entre notre ego et notre Soi, ou entre notre nature conditionnée et notre nature libre… On cherchera à sortir du conflit essence-personnalité, pour avancer vers la non-dualité et l’individuation…

Se réconcilier avec son  destin…

Pour ceux qui croient à la notion de karma et de vies successives, on cherchera à réconcilier notre karma avec notre vie actuelle. Le constellateur se demandera par exemple pourquoi l’esprit de ce client a choisi de s’incarner dans cette lignée, ce qui lui permettra de se connecter à la source karmique des troubles du client. La libération passe par un travail d’acceptation complète de tout ce qui a été et de tout ce qui se manifeste. On accepte ce qui est, mais pas pour continuer à le subir : au contraire, notre travail consiste à nous libérer !

Se reconnecter avec son esprit…

On parle souvent de la sagesse du corps, mais on devrait plutôt parler de la sagesse dans le corps… En effet, les principes du corps ne sont pas les principes de la sagesse, mais les principes de la nature (naissance, croissance, décroissance, mort). Les principes de la sagesse sont les principes de l’esprit, et trois éléments les caractérisent :
• La conscience des lois de la nature
• La compréhension des lois de la nature
• L’amour des lois de la nature

On y retrouve les trois caractéristiques essentielles de l’être humain :
• La conscience
• La compréhension (ou capacité de comprendre)
• L’amour (ou capacité d’aimer)
La plupart des humains vivent dans la fragmentation de ces trois éléments ou caractéristiques. Le travail systémique consiste à les reconnecter et à les harmoniser, permettant ainsi de recontacter la sagesse de ce qui est de la même nature : l’esprit.

Apport du travail systémique

La mère et l’enfant appartenant au même système relationnel, si l’un fait un travail de réconciliation, les deux se rapprochent. A l’âge adulte, si l’enfant ou la mère - peu importe qui fait le travail - fait un travail systémique, l’harmonie du lien sera rétablie. Quand un élément bouge dans un système, tous les autres bougent aussi. C’est la raison pour laquelle ce que nous faisons a une influence non seulement sur notre vie personnelle, mais aussi sur tous les membres de notre système, y compris les défunts. Notre travail agit sur chacun, que les personnes soient présentes ou pas, parce que nous entrons en contact avec le système, avec le champ de force de ce système, et c’est cette force qui agit ensuite pour le bien de tous les membres de ce système.

Démarche progressive

Les trois racines sont comme trois sources d’énergie. Une perturbation de ces racines correspond à un blocage dans le flux de la vie, dans le flux de l’énergie. Une partie de notre travail systémique consiste à mettre en évidence au niveau de quelle racine se trouve la perturbation, pour permettre ensuite à l’énergie, à la vie, de s’écouler.
Dans l’approche des trois racines, on met donc d’abord en évidence un blocage et on cherche à quel niveau il se trouve (de celui du père et de la mère jusqu’à, éventuellement, celui de l’esprit). Dès qu’on a identifié le blocage, on cherche à remettre en marche le mouvement. Le médiateur peut jouer sur les différents niveaux (familial, ancestral, spirituel) en fonction de la demande du client, mais nous recommandons néanmoins de chercher à régler d’abord les problèmes au niveau le plus bas.

Pour en savoir plus
www.constellations-lahore.com

 

La suite dans la revue n°35

Publié dans la rubrique PSYCHOLOGIE, SOCIETE du numéro 34
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Selim Aïssel, à propos du canular spirituel de 2012

Contrairement à ce que racontent tous les amateurs dans le domaine spirituel et ésotérique, 2012 n’est pas une année majeure dans l’évolution des êtres humains ou de la Terre. La vérité est que nous vivons une étape difficile pour la Terre et ses habitants. Pour certains êtres humains, cette étape est une chance, s’ils ne font pas partie de la majorité ne s’intéressant qu’au bien-être matériel. C’est une chance de prise de conscience non seulement terrestre et écologique, mais aussi spirituelle. C’est une possibilité d’élargissement de leur conscience dans un champ de conscience supérieur, à condition de ne pas se laisser entraîner dans les errements fantaisistes des “channelers” et des soi-disant esprits supérieurs qui s’expriment à travers eux, chacun prétendant être l’esprit désincarné d’un maître, d’un ange ou d’un dieu, pour donner plus de valeur aux fausses informations spirituels qu’ils véhiculent.

Heureusement, au plus tard en 2013, chacun pourra se rendre compte de l’ignorance des esprits supérieurs de tous les maîtres ascensionnés et autres anges et dieux qui se sont exprimés à travers les channelers !

Cependant, je ne me fais aucune illusion : tous ces esprits soi-disant supérieurs trouveront toutes sortes de prétextes et de justifications pour leur erreur de pronostic et je sais aussi qu’il y aura une foule de crédules pour les croire encore une fois.

Je considère pourtant notre époque comme extrêmement favorable à l’éveil, la réalisation et la libération spirituels de ceux qui s’y destinent. Pour cette minorité, le contact conscient avec le mouvement et la force de l’Origine, dont tout vient et où tout retourne, peut devenir une réalité concrète, à condition d’être guidé dans la voie spirituelle qui y conduit, guidé non pas par des esprits désincarnés, mais par l’un des maîtres vivants, qui lui-même a reçu cette guidance d’un autre maître vivant.

Je fais actuellement un travail important pour transmettre mon enseignement de la psycho-anthropologie car, au milieu d’un monde d’illusions, elle fait partie des rares voies spirituelles authentiques.

Je fais remarquer également que la peur de catastrophes à venir ne peut pas être une motivation sérieuse sur un chemin spirituel. Seule une aspiration profonde de l’âme peut se mettre en résonance avec l’Esprit de l’Origine.

N.B. - Selim Aïssel, tout en sachant les catastrophes écologiques à venir, ne croit ni à l’inversion des pôles, ni à la date fatidique du calendrier maya et autres prédictions New Age. Selon lui, toutes ces datations sont liées à l’ignorance spirituelle et à des interprétations fantaisistes de chercheurs parfois sincères, mais ignorants.

La suite dans la revue n°35

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Comment méditer ?

Emma Thyloch

Co-fondatrice

de la Libre Université du Samadeva

mettre la couv du livre + la photo d’Emma p. 126

Il existe de très nombreuses techniques de méditation. Nous considérons que la méditation en assise immobile, également appelée méditation zen, est la plus simple, la plus profonde et la plus efficace. Elle est la méditation des tout débutants et la méditation des maîtres…

La posture juste

S’asseoir, les genoux écartés et plus bas que le bassin. Les reins sont légèrement cambrés pour assurer la verticalité de la colonne vertébrale, sans tension musculaire. Pour y arriver, on peut se balancer d’avant en arrière en réduisant tout doucement le mouvement jusqu’à ce qu’on se trouve bien assis. La nuque est droite, légèrement étirée et le menton légèrement rentré. Les yeux sont fermés. On détend le visage, ainsi que les muscles des yeux et du front. On desserre les mâchoires et les lèvres, comme si on voulait sourire intérieurement. Les mains sont posées l’une dans l’autre, les bras et les épaules sont relâchés. Trouver une tension juste du corps, minimale mais sans crispation, un équilibre et une verticalité sans rigidité. La posture est forte et souple à la fois, elle est vivante et droite. Il n’y a en elle rien de mou, mais rien de forcé non plus.

La respiration est abdominale : on se centre sur l’expiration qui doit être lente et profonde, sans forcer. L’inspiration vient naturellement, amplement. l’expir est deux fois plus long que l’inspir, avec rétention de deux secondes entre l’inspir et l’expir.

Lorsque la séance est terminée, on tourne doucement la tête à droite, à gauche, on se frotte les mains, on se balance de gauche à droite et d’avant en arrière, puis on s’incline vers l’avant, on dégage ses jambes, on masse et on bouge un peu les articulations et enfin on se lève pour marcher un peu sur place.

Conseil : la méditation se pratique une à trois fois par jour pendant 20 minutes.

La suite dans la revue n°35

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