Du Big Bang à l’apparition de la vie

Jean-Marie Gries

En réfléchissant à cet article, je pensais mettre en parallèle la vision scientifique de l’origine du monde avec la description donnée par l’anthroposophie de Rudolf Steiner. J’espérai que les deux visions allaient pouvoir se compléter au niveau, entre autres, des descriptions événementielles, mais j’ai rapidement vu la difficulté de faire coïncider des points de vue très différents sur le monde et l’univers. Pour l’un, l’Univers est “habité”, il est le “ciel des dieux” ; pour l’autre, il n’est que matière, et même pire : il est essentiellement “vide”, un grand vide entre des étoiles éparses.

Pour la science, il ne peut être question de dieu créateur. Elle nous décrit les phénomènes qui, selon elle, ont eu lieu en des temps reculés et estimés par elle à 13,7 milliards d’années. L’astrophysique décrit le monde selon ses propres critères (parmi lesquels on trouve les forces, le temps, les particules élémentaires, la matière, l’énergie, la température…), en se référant à la théorie qui est le reflet actuel de son niveau de connaissance mais qui, comme toute théorie, pourra être complétée, voire contredite, par de nouvelles observations, afin de “coller” au mieux aux phénomènes observés.

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La science des idiots

Pascale Ash

Gurdjieff l’appelait l’échelle des Idiots. Idries Shah parlait de la “sagesse” des Idiots et les innombrables histoires de l’incomparable Mulla Nasrudin sont désormais connues d’un vaste public. Selim Aïssel, quant à lui, nous dit que la science des Idiots est un synonyme de “la sagesse des Maîtres”…

Le mot “idiot” vient du grec et signifie : “Selon sa propre nature, être selon sa propre nature”. Il ne s’agit par conséquent pas d’une insulte, même si notre cerveau, dans sa mécanicité, conserve un relent du sens péjoratif dans lequel le mot est habituellement utilisé.En tout état de cause, cette science spirituelle donne un éclairage sur les différents niveaux de conscience qui séparent l’être humain ordinaire de l’éveillé, l’état de conscience le plus bas de l’état de conscience le plus élevé. Un aperçu de cette science donnera, avec humour peut-être, matière à réflexion à qui s’interroge sur l’avènement d’éventuelles machines spirituelles…

 

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De la reproductibilité de la conscience

Pierre Maharan, psychosociologue

Introduire de la conscience dans l’inanimé

Qui pose la question de la reproductibilité de la conscience ? Quel est le but ? Une première réaction pourrait être de la considérer comme naïve, voire absurde : comment faire entrer dans un programme une notion a priori aussi complexe que la conscience ? Une deuxième réaction peut être la méfiance : que n’a-t-on déjà envisagé dans le domaine de la manipulation de la conscience, entre autres à des fins militaires ou simplement commerciales ? C’est une question à laquelle il est difficile d’apporter de réponses certaines, mais elle est pourtant sérieusement posée par une partie de ceux qui œuvrent dans le développement de l’intelligence artificielle (IA) et de la robotique. Si la robotique pure ne dépasse pas le domaine de la recherche et si l’image du robot domestique qui fait le ménage tout seul en singeant le comportement d’un humain ressemble à un rêve d’adolescent, on ne se représente pas bien à quel point l’automatisation des tâches a intégré tous les domaines de la vie, dans des systèmes de plus en plus complexes. On peut banalement programmer à l’avance, et même à distance, sa cafetière et son toaster, mais on en est aussi, concrètement, à introduire dans le corps humain, sous diverses formes, de l’électronique et des puces informatiques, au moins à des fins médicales. De même, il est devenu possible, après l’avoir détecté grâce à son Gsm, d’envoyer un missile sur un chef de guerre ennemi.

Cependant, le questionnement qui nous intéresse ici est une étape supplémentaire, car il sous-tend l’idée de rendre possible l’introduction de la conscience dans de l’inanimé.

 

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Observation vivante

Le développement de l’informatique a soulagé l’homme d’un grand nombre de tâches, et il est indéniable que la puissance et la rapidité de calcul des ordinateurs en ont fait des alliés très précieux dans de nombreuses entreprises humaines. Il n’en reste pas moins que nombreux sont les exemples illustrant comment le recours aux machines a peu à peu transformé l’aide qu’elles apportent en de nouvelles dépendances.

On peut évidemment dire : “Je veux bien accepter l’idée qu’un ordinateur puisse penser ou accomplir une tâche à ma place. Par contre, aucune machine ne pourra jamais répondre à la question qui m’est propre, de savoir qui je suis. L’ordinateur a beau avoir été construit à l’image de la pensée humaine, ce territoire intimement humain restera à jamais hors de portée des puces informatiques”… Mais peut-on en être certain aujourd’hui ? C’est ce que nous nous proposons d’aborder ici en montrant comment, peu à peu, l’appréhension de l’humain par lui-même s’est vu confiée à ce prétendu tiers impartial représenté par l’ordinateur.

 

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Cognition et conscience

Gérard Sabah

De l’étude de la conscience

“La conscience est au psychologue ce que la gravité est au physicien : inévitable” (Bernard Baars), mais est-elle tout aussi inévitable pour l’informaticien qui s’intéresse à l’intelligence artificielle ? Voilà le point principal que je voudrais examiner ici… Pendant de longues années, les chercheurs se sont gardés d’aborder le thème de la conscience, qui apparaissait comme une notion trop vague pour permettre une étude scientifique et pour fonder la cognition. Des Grecs à Descartes, les rapports entre le cerveau et l’esprit sont fondés sur le dualisme et l’interaction d’un corps et d’un esprit matériels. Descartes fut le premier à tenter d’expliciter comment un esprit non matériel interagissait avec le corps (par l’intermédiaire de la glande pinéale). Les “occasionnalistes” (Malebranche, mais aussi de façon un peu plus lointaine, Spinoza et Leibniz) conçoivent l’idée fantastique d’un parallèle, commandé par Dieu, entre le corps et l’esprit, par ailleurs indépendants. Puis, faute d’idée nouvelle, cette question reste longtemps en sommeil. Ainsi, Bertrand Russell prétendait les résultats de l’introspection scientifiquement inutilisables car n’obéissant pas aux lois physiques. De même, le behaviourisme, voulant fonder la psychologie comme science exacte, exclut toute notion d’état mental, et rejette ce qui concerne la conscience comme fondamentalement hors de son domaine.

 

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La conscience morale

Coline d’Aubret

Formatée par l’éducation

Pour mieux comprendre le tout premier principe systémique, qu’on appelle le principe de réalité (ou d’acceptation du réel tel qu’il est), il faut d’abord comprendre la nature de la conscience morale.

C’est l’éducation - familiale, religieuse, sociale, culturelle… - qui donne une forme, ou plutôt même qui formate, la conscience morale des individus. Pour l’individu, est bon ce qui est bon selon la conscience morale qui a été formée en lui. Celui qui a une autre conscience morale, c’est-à-dire d’autres valeurs morales, est considéré comme étranger. C’est la raison pour laquelle des gens très religieux, ou bien encore de bons pères de famille (qui veillent vraiment de tout leur cœur au bien de leurs coreligionnaires, ou de leur famille) sont capables de massacrer d’autres êtres humains avec bonne conscience. Combien de millions d’êtres humains ont été tués au nom d’un dieu ou d’un autre ? On sait que ce sont les causes religieuses qui ont fait, et de très loin, le plus grand nombre de victimes dans l’histoire de l’humanité.

 

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Conscience et états de conscience

Selim Aïssel

Qui est “moi” ?

Avant d’aborder la notion de “conscience”, il est intéressant d’avoir présent à l’esprit que l’être humain, de par sa nature, est divisé en un pôle supérieur - la pensée -, un pôle médian – ses émotions - et un pôle inférieur - son corps physique. Cette division schématique nous aide à comprendre comment nous fonctionnons, à observer peut-être aussi à quel moment nous sommes dans l’un de ces pôles plutôt que dans un autre, à réaliser surtout à quel point nous sommes dominés par ces parties… qui nous empêchent d’être nous-mêmes.

Notre appréhension du monde et des autres se fait toujours et nécessairement de l’extérieur, mais lorsque nous disons “moi” ou “je”, n’abordons-nous pas aussi ce moi, ce je, de l’extérieur ? Quel est le contenu de “moi” ?

Lorsque je dis “moi”, je me situe par rapport à ce qui m’entoure en m’en séparant, mais cette séparation, cette division, est également intérieure : ce moi n’est qu’une partie de moi ! En ce moment, par exemple, vous essayez de comprendre par la pensée ce que vous êtes en train de lire. Peut-être éprouvez-vous aussi un sentiment ou des sensations ? En même temps, vous pouvez vous observer en train de lire. Vous pouvez donc dire : “Je lis” et  “Je m’observe en train de lire”. Deux “moi” à deux niveaux différents : le moi qui lit et celui qui en prend conscience. Il y a donc un “moi” conscient du “moi” qui lit. Vous pouvez aussi être conscient que vous êtes conscient du “moi” qui lit. Un troisième “moi” observe le “moi” observateur du “moi” en train de lire. Lequel de ces “moi” successifs est moi ? Tous ou aucun ?

 

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La conscience : Définition, étude et recherche

Florence Jacques

La notion de conscience en philosophie

Le mot français “conscience” souffre d’une ambiguïté dont semblent indemnes ses équivalents dans d’autres langues. Il y a d’une part le sens moral, dominant jusqu’au 16e siècle, correspondant à “conscience” dans la langue anglaise (en allemand : “Gewissen”), sens qu’on trouve dans des expressions comme “avoir bonne - ou mauvaise – conscience”, “en votre âme et conscience”, “avoir la conscience tranquille”, “conscience professionnelle”, “objection de conscience”, “cas de conscience”. La conscience, en ce sens, c’est la propriété qu’aurait l’esprit humain de distinguer immédiatement et spontanément le bien du mal ; pour qui en défend l’existence, la conscience morale se manifesterait entre autres sous la forme de la voix morale qui défend ou commande, par laquelle nous jugerons de la valeur morale de nos actes futurs, ou par ce retour à soi par lequel nous évaluons nos actes passés, dans la joie (la conscience “en paix” : satisfaction morale) ou la douleur (le remords). Mais peut-être cette conscience morale n’a-t-elle rien de spontané ni d’inné chez ceux qui en seraient dotés : peut-être n’est-elle qu’une intériorisation, dans le cas des éducations morales réussies, des normes morales extérieures ?

 

Le second sens est dominant en philosophie depuis Descartes, et c’est à lui que les lignes suivantes se limiteront : il correspond à l’anglais “consciousness” et à l’allemand “Bewusstsein”, se trouve dans des expressions comme “avoir, prendre, perdre conscience” et dérive plus nettement du latin “scire” qui signifie : savoir. Le problème philosophique central est précisément de savoir ce que sait celui qui “a conscience”, autrement dit quelle connaissance la conscience nous livre, et quelle en est la valeur.

 

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La place de l’homme dans l’univers

Ennea Tess Griffith

Animal ou ange ?

Les traditions disent que l’homme se situe entre l’animal et l’ange : il est voué à l’animalité, sauf s’il comprend l’importance de lutter contre ses instincts animaux, égoïstes. L’homme est le seul être vivant capable de choisir son destin. Il peut choisir de connaître l’état “angélique” ou de n’être rien, et même de devenir pire qu’un animal. Celui qui choisit d’évoluer vers un état réellement humain, aura à commencer un travail, qui le mènera à une plus grande connaissance, une plus grande conscience et une plus grande pratique des qualités humaines.

 

L’énergie animale

Les animaux produisent une énergie particulière et quand celle-ci vient à manquer, l’être humain peut y suppléer et en produire lui-même, par le dévouement conscient et volontaire à une cause élevée, qui peut être la sienne propre lorsqu’il essaie d’évoluer personnellement, ou le bien de ceux qui l’entourent, ou encore une grande idée au service de l’humanité. Si trop peu d’hommes fournissent cette énergie, il faudra, pour compenser, davantage de morts humaines (pandémies, cataclysmes, guerres…).

De plus, moins il y aura d’animaux, plus les humains se multiplieront parce que, dans la mort d’un humain devenu presque un animal, a lieu le même processus nécessaire d’échange d’énergies.

 

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Vertiges… Le post-humanisme

Jean-Pierre Petit

Un quatre zéro neuf quatre quatre zéro un… bien lu : 14-09-4401… Impression d’ouvrir sur le vide l’ascenseur qui conduit du sol oublié au 917e étage où je dors, mange, travaille… vis quoi ! Et n’ose regarder le haut ! Réseau vient d’envoyer ordre de faire disparaître toute trace de “L’affaire Sloterdijk”. Notre PostHum peut en “crever” !

 

Vertiges, car ce message parle de Platon. Me souviens pas trop, mais trouvé : “Philosophe grec, vers -400 ère chrétienne - mythe de la caverne”. Sloterdijk : “Philosophe allemand, vers 2000 ère chrétienne - Règles pour un parc humain”. Me sens en équilibre précaire au bout d’un câble, à l’autre bout Platon, au centre Sloterdijk. Moi devant nier tout, bien plus : n’en laisser  trace ! Car PostHum dirige le monde, trouve ses racines dans ces morceaux d’esprit et ne souhaite pas que l’on se souvienne. C’est mon job, écrire-modifier les visages de l’Histoire pour qu’elle “justifie” notre ici-maintenant !

 

14 septembre 2008, il y a deux heures, je n’avais jamais entendu parler de Sloterdijk ! Qui est-ce ?… Suivez-moi, je vous explique !

 

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Après l’Humanité, la Singularité

Francis Sehl

 

Une prédiction réaliste ?

La plupart d’entre nous avons conscience qu’actuellement l’ordinateur, les machines, les technologies liées à la communication et à l’information imprègnent de plus en plus profondément notre mode de vie. Depuis quelques années, l’ordinateur personnel a envahi nos foyers, le téléphone portable est devenu un outil indispensable en dix années, l’électronique embarquée est de plus en plus présente dans nos voitures. La société et le monde du travail évoluent en fonction de ces technologies : apparition du travail à distance, multiplication des ventes par internet, informatisation des tâches administratives, robotisation dans le domaine industriel, techniques médicales de plus en plus sophistiquées, évolution de la politique, du commerce, du monde des affaires, en fonction de lois statistiques, etc.

Le processus de perfectionnement de ces technologies a tendance à s’accélérer sous la pression des impératifs économiques d’un marché de plus en plus soumis à la compétition.

Bien peu de personnes aujourd’hui se posent la question des conséquences sur l’avenir de l’Homme de ces avancées de plus en plus profondes. Certains prédisent que l’être humain est appelé à disparaître au profit des machines et des ordinateurs. On peut bien sûr traiter ces personnes de pessimistes ou de rebelles au changement. Mais quand ce scénario est développé de façon très documentée, très détaillée, par un scientifique américain, Ray Kurzweil, reconnu dans le monde entier comme un visionnaire futuriste réaliste, il y a lieu de s’interroger un peu plus sérieusement.

 

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Humanoïdes et cyborgs

Elisabeth Baranger

 

Entre réalité et science-fiction

L’être humain est un être de métamorphose, et la vie est un changement permanent : nous savons nous adapter à des situations aux exigences contradictoires, notre corps est un système complexe qui renouvelle 98% de ses atomes chaque année à notre insu. Depuis une vingtaine d’années, dans le sommeil profond de la vie quotidienne, nous nous prenons pour le centre du monde et nous croyons à une société de plaisirs et de loisirs, un monde du sans effort aux paradis ensoleillés et du corps toujours jeune, sans handicap, sans maladie, proche d’une perfection “métallique” dont certains se prennent à rêver. Dans un univers de l’apparence - où être beau signifie ressembler chacun à chacun et chacune à chacune, et tout le monde à celle ou celui en photo sur l’affiche publicitaire, clone du personnage du dernier jeu vidéo, aux mensurations faisant écho aux fantasmes érotiques - que deviennent nos enfants ?

En réfléchissant à cet article, me revenaient à la mémoire les nombreuses lectures d’ouvrages de science-fiction de mon adolescence. A cette époque, je cherchais ce que signifiait le futur. Quel monde ? Quels êtres ? Sur quelles planètes ?

Beaucoup plus tard, j’ai découvert les livres de R. Steiner et j’ai été fascinée par les “Chroniques de l’Akasha” : j’y retrouvais des pans entiers des “Chroniques martiennes”, de Ray Bradbury. Serait-ce que la science-fiction est issue de la science ou que la science cherche à rattraper la SF ? Serait-ce l’annonce de notre futur, à nous les êtres humains ? La science et la spiritualité auraient-elles un cheminement parallèle quant à la destinée de la vie et de l’univers ?

 

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Intelligence artificielle

Claude Josserand

 

L’intelligence : définition

“Intelligence” vient d’un mot latin dont le préfixe inter (entre) et le radical legere (choisir, cueillir) ou ligare (lier) suggèrent essentiellement l’aptitude à relier des éléments qui, sans elle, resteraient séparés. L’intelligence est l’ensemble des facultés mentales permettant de comprendre les choses et les faits, de découvrir les relations entre eux. Elle est également admise comme étant ce qu’elle permet : la faculté d’adaptation.

Au niveau d’évolution de l’humain, la compréhension ne peut se concevoir sans un système de codification diversifié. On aboutit donc à l’intelligence conceptuelle, inséparable d’une maîtrise du langage, permettant le raisonnement complexe, le raisonnement étant l’opération mentale d’analyse qui permet d’établir les relations entre les éléments.

 

Dans la culture occidentale, l’intelligence est intimement liée à l’idée de compréhension, rapide et/ou profonde, d’un problème perçu a priori comme complexe. Cette compréhension peut être singulière ou partagée, et sous-tend souvent l’idée d’une invention, d’une connaissance, d’un langage à découvrir pour résoudre ce problème, pour adapter une solution. Elle peut prendre diverses formes : artistique, corporelle, littéraire, artisanale, scientifique et technologique, et est généralement associée à une activité dont on situe intuitivement la source à la fois dans l’esprit de l’homme et dans son cerveau.

 

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Sauvés par la génétique ?

Idris Lahore

 

Contexte

Si on situe l’invention de l’écriture en Egypte et en Mésopotamie vers – 3.500, et le début des civilisations vers - 10.000 ans, il est cependant nécessaire de remonter bien au-delà de cette étape de l’évolution culturelle pour comprendre l’espèce humaine, son origine, son évolution et sa destruction future, en étudiant également l’évolution cosmique et l’évolution biologique qui l’ont précédée.

En 2008, Claude Lévi-Strauss, l’un des plus grands philosophes, ethnologues et anthropologues contemporains, célébrera son 100e anniversaire. Déjà en 1955, dans son livre “Tristes Tropiques”, il expliquait que le but de l’être humain n’a pas seulement été de survivre, mais également de mener une vie sociale harmonieuse en y trouvant une forme de paix, de contentement et même de bonheur au plan individuel. Pour y parvenir, selon les lieux et les époques, il a utilisé toutes sortes de moyens différents : le but étant toujours et partout le même, et les moyens adaptés au contexte.

 

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Ce que l’humanité a oublié

Antonin Pasquereau

Une histoire tumultueuse

L’aube d’une ère nouvelle se fait sentir, entraînant dans son sillage la nécessité du crépuscule de la nôtre. Le développement de l’espèce humaine est jalonné de découvertes et d’événements qui remettent constamment en cause les visions courantes de l’Histoire, de l’évolution et de la vie. A l’aube du troisième millénaire, les avancées scientifiques et technologiques ont permis de répondre à certaines questions que se posaient nos ancêtres, en en créant toutefois de nouvelles, issues de l’impact même de l’utilisation de ces progrès dans nos vies. Si nos sociétés urbanisées ont apporté un confort plus accessible à tous à travers la mondialisation d’une économie devenue ultra concurrentielle, avons-nous gardé à l’esprit que notre évolution a de tout temps été dépendante de notre environnement ? Y aurait-il, dans ce vent mêlant eschatologie (= “discours sur la fin des temps”) et faits scientifiques, les prémisses d’une catastrophe rationnellement prévisible ?

De fait, alors que l’Homo Sapiens apparaissait en Afrique il y a déjà 200.000 ans, c’est principalement depuis quelques décennies que l’homme perturbe l’environnement qui le porte, en modifiant les conditions de surface qui pourraient, à court terme, causer sa perte.

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