Systémie et manifestations corporelles

Michel Diviné

Qu’est-ce que la systémique ?

La systémique est un concept qui replace un élément dans son contexte et qui accorde plus d’importance aux liens entre éléments qu’aux éléments eux-mêmes. Exprimé plus simplement, dans un système familial, nous sommes inconsciemment fortement reliés à d’autres personnes et nos liens sont plus importants que nous-mêmes. Cette “vue”, dite systémique, accorde plus d’importance au lien, au “fait d’être marié”, qu’à la personne avec qui vous êtes marié. Le fait d’avoir perdu un parent, un enfant ou une autre personne perturbe le système familial. Ces liens “endommagés” influencent notre comportement.

 

Nous faisons partie d’un système familial élargi

La conscience familiale est une conscience “systémique”. Elle comprend comme membres les personnes de notre famille, les frères et les sœurs, les parents, les oncles et les tantes, les grands-parents et les ancêtres.

Ce système n’est pas uniquement “génétique”. Il comprend aussi les personnes avec qui des liens très forts ont été construits. Nous trouvons ainsi les camarades de guerre, de captivité, les victimes ou les bourreaux des personnes de la famille. Les personnes qui ont cédé leur place au profit du système, c’est-à-dire les partenaires précédents des parents, ou les personnes dont le système a profité, comme des esclaves, font aussi partie du système.

 

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La perception du présent

Bertold Ulsamer

 

Différents modes de perception

Pour comprendre l’importance de la perception immédiate, il me semble tout d’abord utile de reprendre la distinction entre les différents modes de perception proposée par le psychothérapeute américain John O. Stevens.

Il y a d’abord les perceptions sensorielles qui nous relient au monde extérieur. Pendant que j’écris, je vois des lettres apparaître à l’écran, j’entends le ronronnement de mon ordinateur et la circulation à l’extérieur, je sens l’odeur de la pluie qui vient de tomber.

Vient ensuite la perception de notre monde intérieur, c’est-à-dire tout ce que je ressens dans mon corps ou sous la peau : les tensions musculaires, les mouvements, l’expression corporelle des émotions, etc. Au moment où j’écris, je sens la pression exercée par mes doigts sur les touches du clavier et la tension dans mon dos contre le dossier de ma chaise.

 

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L’appel du sacré

Carl F. Hessin

Introduction

Nous vivons actuellement à une époque particulière, on pourrait dire dans un système particulier, caractérisé par la perte de valeurs traditionnelles liées à la spiritualité, au sens le plus élevé de ce mot. L’être humain, pris dans le courant de la pensée cartésienne, matérialiste, se prend uniquement pour un être matériel, individuel. A cause de cela, il ressent moins le lien avec la Terre, la nature, avec le cosmos, avec son entourage proche, il est comme coupé des autres, de ses racines. La sensation profonde qui naît de cet état est l’insécurité, une sorte d’angoisse existentielle.

La valeur reconnue par le système actuel est l’accumulation de biens matériels, censée conduire au bonheur. Pour cela, il faut faire preuve d’efficacité, d’esprit de compétition, il faut parfois faire le sacrifice de ses valeurs morales, et l’être humain, logiquement, est devenu une “ressource humaine”, exploitée comme telle. Cette situation se traduit dans nos sociétés occidentales par le phénomène du stress, un état permanent de tensions physiques et psychiques pouvant avoir de graves conséquences sur la santé (dépression, ulcères d’estomac, hypertension sanguine, et beaucoup d’autres maladies dites psychosomatiques).

 

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Nourrir l’esprit, Selim Aïssel

Lors d’un déjeuner-entretien, Selim Aïssel s’adresse à des pratiquants et enseignants en cours de formation aux niveaux supérieurs de la pratique des mouvements dits de Gurdjieff. Les informations données ici sont donc d’un niveau élevé, mais ont un intérêt évident pour tout pratiquant sérieux des méthodes psycho-corporelles, car elles dévoilent des mondes insoupçonnés…

 

Les forces à l’œuvre

En chaque être humain existent des forces correspondant aux différents règnes ou mondes : minéral, végétal, animal, humain, spirituel, et l’ensemble du travail sur un chemin spirituel de connaissance de soi, d’éveil à soi consiste à réharmoniser ces forces. Or la plupart des gens ne perçoivent pas la différence entre toutes ces forces. Beaucoup pensent qu’il s’agit là d’énergies, puisque tout est énergie. Encore faut-il apprendre la nature de ces énergies qui se manifestent en soi, apprendre à connaître les différents types d’énergie ! Il ne suffit pas, comme c’est la mode actuellement, de penser qu’il existe une énergie universelle et que nous baignons tous dedans, même si c’est vrai, parce que cette énergie universelle se diversifie dès qu’elle se manifeste dans le monde créé. Dans ce bol, par exemple, l’énergie se manifeste sous forme minérale. Dans cette salade, elle se manifeste sous forme végétale. Dans les végétaux, il y a pourtant des minéraux ! Mais ils se sont transformés par la force végétale. Dans le bol, l’énergie minérale est non pas transformée par la force végétale, mais sclérosée dans son monde, où elle est à sa juste place. L’important est de comprendre la juste place des forces dont je vous parle. En vous, par exemple, l’énergie minérale permet de fortifier vos os, votre squelette, c’est sa juste place ; mais que se passe-t-il si une force minérale s’empare de vos émotions ? En français, comment appelle-t-on quelqu’un qui a de l’énergie minérale dans ses émotions ? Ne dit-on pas qu’il a un cœur de pierre ? C’est une image, mais elle correspond à la réalité énergétique.

 

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Le chemin du guerrier, Selim Aïssel

Effet sur l’intelligence et sur la mémoire

Ce que vous prenez pour de l’intelligence est en réalité la mémoire, parce que cette mémoire est organisée d’une façon dont on peut dire qu’elle est rationnelle et logique. Tout ce que les êtres humains pensent avec leur intelligence habituelle ne sont que des processus biologiques. En réalité, ils ne pensent pas, ils n’utilisent pas l’intelligence : ils ont une mémoire, qui s’organise selon des lois inscrites dans leur corps physique, leurs cellules cérébrales et autres. Toutes les théories humaines sont des structures énergétiques de pensée qui suivent des lignes informatiques tracées dans le cerveau, des circuits synaptiques. L’intelligence, c’est tout à fait autre chose : étymologiquement, le mot signifie “qui entre dedans” et qui est lié à une réflexion, le mot “réflexion” signifiant aussi “miroir”. La véritable intelligence est un miroir qui reflète une intelligence venue d’ailleurs. S’il ne réfléchit pas à ce qui vient d’ailleurs, l’être humain ne fait que reproduire ce qui est inscrit dans ses cellules de façon biologique ; c’est la raison pour laquelle l’intelligence humaine normale, même la plus grande, n’est que la reproduction de ce qui est écrit dans la matière.

 

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A propos de thérapies brèves…

Pascal Soubeyrand

Monsieur Soubeyrand, qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Je suis psychologue clinicien diplômé de l’Université de Lyon 2, après avoir été infirmier en service d’urgences psychiatriques durant dix ans. Formé à l’approche psycho-dynamique, je me suis assez vite dirigé vers la thérapie familiale systémique, dont j’ai terminé ma formation en 1992.

Je suis formé en thérapie brève centrée sur les solutions (école de Bruges) par Marie-Christine Cabie et Luc Isebaert depuis 1997, une approche épistémologique dans laquelle je m’inscris depuis, tant dans mon travail de psychologue clinicien en exercice libéral que dans mes interventions de supervision et formation.

Je suis membre du comité directeur de l’EBTA, European Brief Therapy Association (association européenne de thérapie brève) et membre de l’EFTA, European Family Therapy Association (association européenne de thérapie familiale).

 

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Le Lou Yong Tao Tö Qi

Ennea Tess Griffith

Origines du Lou Yong

Dans l’ensemble de votre travail, vous accordez une place importante aux techniques psycho-corporelles, et en particulier à des techniques orientales et chinoises, dont le Lou Yong Tao Tö Qi, qui nous intéresse aujourd’hui. Quelle est sa particularité ?

Une grande partie de mon temps est effectivement consacré à l’enseignement de diverses méthodes psycho-corporelles, et notamment des différents niveaux du Lou Yong Tao Tö Qi. Idris Lahore, qui me l’a enseigné directement, m’a longuement expliqué comment il avait élaboré cette méthode et c’est en son nom que je m’exprime ici.

Pendant son enfance, avec son grand-père qui revenait de Chine, il a appris une forme de gymnastique chinoise, qu’on appelle aujourd’hui le qi gong, et que, depuis, il n’a pas cessé de pratiquer. Son grand-père l’appelait “Lou Yong” qui, selon lui, signifiait “la voie du corps”. Bien qu’il n’ait trouvé nulle part, dans aucune technique de qi gong ou de tai chi, les mêmes types d’exercices que ceux que pratiquait son grand-père, il a cependant compris que l’ensemble des méthodes importées de Chine, d’Inde ou du Japon, étaient issues d’une source commune et respectaient un certain nombre de principes communs. En étudiant ces nombreuses techniques psychocorporelles, il y a découvert comme un tronc commun. Ensuite, ses quelque cinquante ans de pratique lui ont permis de créer une forme particulière de technique psycho-corporelle, qui regroupe des techniques avancées à la fois très simples et très puissantes. Il y a mêlé des éléments très anciens et traditionnels à d’autres créés par des maîtres beaucoup plus modernes du qi gong, comme le Dr Pang, ou Maître Chunyi Lin, ou encore Maître Huan Zen Huy. Il faut savoir qu’il existe des centaines, et même des milliers, d’exercices de qi gong, et la plupart sont très complexes et difficiles à apprendre et à pratiquer. Idris Lahore a veillé à choisir des exercices abordables par tous et à tout âge, tout en faisant le choix de la plus grande efficacité. Il a également essayé de sortir l’ensemble de ces exercices de leur gangue de mystère, en expliquant leurs origines et leurs effets.

 

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Le Nadi Yoga

Emma Thyloch & Olivier Benhamou

L’arrière-plan du yoga

Le mot “yoga” signifie “lien”. Pratiquer le yoga, c’est se relier, se reconnecter, c’est le fondement même du Nadi Yoga. Le yoga aborde l’être humain comme un tout dont les parties sont indissociables et permet donc l’émergence d’un être total et unifié. Connaissant la relation étroite et l’interaction permanente entre le corps, le mental et les émotions, les yogis ont mis au point leur discipline en coordonnant les mouvements (asana) nécessaires à la santé physique et les techniques de respiration (pranayama) et de méditation (dhyana) qui mènent à la paix intérieure, au calme, à la santé et à l’équilibre psychologique.

  • Le Nadi Yoga est certainement la façon la plus “personnalisable” de pratiquer cet art et permet de trouver pour chaque type de personne les exercices, mouvements et postures les plus efficaces afin d’harmoniser l’équilibre individuel et de soutenir tous les processus du bien-être, du retour à la santé et de sa conservation, conduisant à plus de sérénité et de confiance en soi. A cet effet, les formations en Nadi Yoga incluent l’apprentissage de techniques issues de l’Ayurveda énergétique du Samadeva (voir Science de la Conscience n° 22 p. 70), qui a pour but de montrer le cheminement des connexions énergétiques que le praticien doit créer pour permettre aux différentes parties, aspects ou éléments du corps, du psychisme et de l’esprit du client de communiquer à nouveau harmonieusement entre elles afin de parvenir à retrouver l’équilibre corps/psychisme/esprit. Un test énergétique, de type kinésiologique, permet de découvrir les exercices respiratoires, mouvements, Arkana thérapeutiques et types de relaxation les plus adaptés à chacun.

 

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Le yoga derviche : ses effets sur le vieillissement

Dr Maria Sanz

Le yoga derviche fait partie de la “Science des Mouvements”, enseignée depuis des siècles dans certaines confréries derviches. Il exerce ses effets sur les muscles, en éliminant les tensions superflues et en donnant le tonus nécessaire à l’activité, mais également sur l’équilibre physique et psychologique, sur le sommeil, la concentration, la mémoire, ainsi que sur tous les organes. L’action de détente physique et psychique en fait une méthode efficace de régénération, permettant de préserver en quelques minutes par jour son capital-santé.

 

L’action sur le psychisme

Toute émotion a un double aspect, physique et psychique : le ressenti et sa manifestation. Il est donc possible de rééquilibrer la vie émotionnelle à partir d’une action sur le corps. La pratique agit sur notre inconscient en le transformant, en l’harmonisant.

 

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Samadeva thérapeutique, Idris Lahore

Le Samadeva, la médecine des derviches, est non seulement un merveilleux instrument de bien-être psycho-corporel qui entretient ou redonne équilibre, force, santé et vitalité ; il est aussi, entre les mains des spécialistes de la santé, un moyen thérapeutique pour soulager la souffrance physique et psychologique, ainsi qu’une excellente méthode de connaissance de soi.

 

 

La maladie de l’homme global

Le Samadeva thérapeutique trouve sa source dans la philosophie traditionnelle qu’on commence seulement à redécouvrir : celle que l’on nomme aujourd’hui écologique. Les derviches Hakim sabéens considéraient l’être humain comme une partie d’un tout (famille, ancêtres, nation, région, pays, religion, air, nourriture, éducation…), avec lequel il était en interrelation continuelle. Son état de santé est le résultat de l’interaction de toutes ces influences. Les cellules, les organes, les tissus sont considérés comme faisant partie de circuits dynamiques reliant les fonctions physiques, émotionnelles et intellectuelles. Les muscles, articulations, organes, systèmes n’ont pas seulement une fonction physiologique, mais également une fonction intellectuelle et émotionnelle. Selon son état de santé, un organe favorise un certain type de pensée, d’émotion ou de sentiment, comme il influence également le fonctionnement.

 

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Indications et bénéfices des méthodes psychocorporelles

Dr Sophie Alaric

L’horloge biologique

La chronobiologie nous a appris que chaque être humain possède une “horloge biologique”, c’est-à-dire, de façon approximative, une durée de vie potentielle déterminée par ses gènes ; tout en sachant que cette durée de vie se raccourcit lorsqu’on accélère le rythme de cette horloge. Maladies et modes de vie pathogènes (trop boire, trop manger, trop fumer, ne pas se reposer suffisamment, vivre dans le stress ou encore subir des chocs, des traumatismes, des accidents…) accélèrent les processus de dévitalisation et de vieillissement, et altèrent la qualité de la vie. L’organisme humain possède naturellement deux systèmes de régénération et de revitalisation : le sommeil et le “réflexe euphonique”.

 

Le réflexe euphonique

Il se manifeste environ toutes les 1h40 et dure normalement 20 minutes. Si l’on considère le fonctionnement du système nerveux autonome (système neurovégétatif sympathique et parasympathique), on voit que la stimulation du système nerveux sympathique conduit plutôt à l’activité et que la stimulation du système nerveux parasympathique conduit plutôt au repos (voir également Science de la Conscience n°17). En principe, les deux systèmes fonctionnent de manière autonome et automatique, se relayant l’un l’autre soit en fonction des stimulations extérieures, soit en fonction des rythmes circadiens (de 24h, comme la veille et le sommeil) ou ultradiens (moins de 24 h), comme sous l’effet du réflexe euphonique. Si votre système nerveux fonctionne correctement, les périodes d’activité sont compensées par les moments de repos. S’il fonctionne mal ou si les stimulations sont trop fréquentes et ne vous laissent pas le temps de vous détendre, un déséquilibre du système nerveux végétatif s’installe progressivement ; c’est ce déséquilibre que l’on appelle habituellement “stress”.

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Les techniques psychocorporelles: quelques définitions

Dorothée Grillet

 

 La thérapie psycho-corporelle passe par le corps pour apaiser les maux de l’esprit et libérer nos émotions les plus enfouies. Elle s’appuie sur un principe cher à William Reich, psychiatre et psychanalyste autrichien, selon lequel nos souvenirs douloureux sont refoulés dans l’inconscient et enregistrés dans le corps, formant une véritable cuirasse. Alternant verbalisation du ressenti et travail corporel (relaxation, libération des émotions, massages thérapeutiques), les différentes méthodes renouent avec l’importance du contact physique et décryptent les messages de la somatisation.

 

Survol historique

L’approche verbale de la psychanalyse met le corps entre parenthèses, même si certains des disciples de Freud, très controversés à leur époque, en avaient perçu l’importance : Reich, Groddeck, Otto Rank… Il faudra attendre les années soixante, les prémices de la grande vague hippie et de la libération sexuelle, pour qu’aux Etats-Unis, des petits groupes de psychothérapeutes décident de se démarquer, d’une part de la psychanalyse freudienne, d’autre part de la psychologie behavioriste, trop portée sur l’étude du comportement. C’est sur la côte Ouest, notamment à Esalen, que les pionniers jettent les bases des nouvelles thérapies psycho-corporelles. Ils sont un certain nombre à renouer avec les fondements biologiques de la vie et le plaisir d’exister dans son corps. Alexander Lowen développe ainsi la bioénergie, Fritz Perls la Gestalt, tandis qu’Arthur Janov invente la thérapie du cri primal et Ida Rolf le rolfing, un massage psychologique.

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