Edito revue 29

Neurones miroirs, Champs morphiques, Constellations familiales

couv-29-v.jpgLe numéro 28 marquait un tournant pour notre revue, avec la prise en mains par un nouvel éditeur (S.E.M. - Sagesse et Modernité) de la dynamique de développement de Science de la Conscience. Ce numéro 29 sera celui de l’audace : nous y parlons du cerveau en des termes plus philosophiques, et des émotions dans un langage plus scientifique, pour nous interroger sur l’actuel amalgame entre cerveau et esprit.

(lire le sommaire)

Notre directrice de la rédaction est allée, pour vous, interviewer de grands scientifiques, comme Rupert Sheldrake, spécialiste de la résonance morphique, ou le professeur Rizzolatti, découvreur des neurones miroirs. Vous aimerez certainement leur point de vue “quantique”, qui s’élève au-dessus du physique comme du psychologique. Le fruit de leurs recherches apporte non seulement des connaissances inestimables sur le fonctionnement de notre cerveau, mais aussi un regard neuf sur le monde qui nous habite et sur le monde que nous habitons. Notre dossier part d’un constat et, après avoir donné quelques repères historiques survolant les progrès de la compréhension humaine du sujet, s’efforce de présenter diverses théories sur la relation entre cerveau, émotions et relations pour nous entraîner vers des solutions et des ressources possibles. Comment trouver le calme, la paix ? Comment aborder constructivement les émotions négatives qui nous gâchent la vie ? Plusieurs pistes vous sont offertes : l’entretien du cerveau, les mouvements oculaires, la cohérence cardiaque, la méditation, la Psychologie Essentielle, les protocoles énergétiques… De quoi gérer sa vie émotionnelle avec une plus grande maturité.

Vous découvrirez aussi plusieurs nouvelles rubriques. Une page de gestes simples et concrets à ne pas oublier de poser lorsqu’on se sent responsable de soi et du monde, citoyen de la terre. Une double page “Coups de cÅ“ur” remplace la rubrique “Réseaux/humanitaire”. Pour saluer des personnes, des livres, des salons, des événements, des idées. En attendant de recevoir les vôtres, que nous publierons volontiers.

Nous sommes toujours en quête des connaissances, traditionnelles ou modernes, qui peuvent nous aider à nous construire valablement. Ce numéro pose des fondations, mais je suis d’ores et déjà convaincue que vous aurez de nombreuses questions en retour, ce dont je me réjouis. Car il est aussi profitable de sortir de table avec un reste de faim que de fermer une revue avec un cerveau et un cœur riches d’interrogations, comme des portes entrouvertes vers tous les possibles.

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Constellations familiales

revue-29web-14.jpgrevue-29web-14.jpgrevue-29web-14.jpg

selon Bert Hellinger et selon Idris Lahore

Idris Lahore, philosophe et psycho-anthropologue

interview Maya Ollier

Madame M.O., directrice de la rédaction de la revue trimestrielle Science de la Conscience, a couvert le colloque international de psychogénéalogie de Lyon en novembre 2007, dont Idris Lahore était l’un des intervenants principaux, à côté d’Anne Ancelin Schutzenberger, “mère de la psychogénéalogie” et auteur du best-seller mondial “Ciel, mes aïeux !”.

 

Hommage à Anne Ancelin Schutzenberger et à Bert Hellinger

Question de M.O. : A côté de vous, l’autre intervenante “vedette” du colloque international de psychogénéalogie de Lyon était Anne Ancelin Schutzenberger. Elle s’est exprimée assez négativement à propos de Bert Hellinger et des constellations familiales. Qu’en pensez-vous ?

I.L. : A l’évidence, Madame Ancelin Schutzenberger n’est pas une spécialiste des constellations familiales. De plus, je ne connais pas son argumentation. Mais je crois avoir compris que sa négativité s’adresse à Bert Hellinger personnellement. Je peux aussi imaginer qu’une femme de cette intelligence peut être critique quant à la façon dont certains utilisent les constellations, ou bien encore qu’elle appartient à une “école de pensée” dont les théories n’intègrent pas nos modèles de constellations ou leurs applications. Chacun a droit à ses idées et à ses théories.

 

Et vous, que pensez-vous de Monsieur Hellinger et de son travail ?

J’aimerais d’abord rendre un hommage appuyé à cet homme, grâce à qui la méthode des constellations s’est répandue dans presque tous les pays du monde. Il a été l’instrument de cet essaimage. Certainement que sa vie et son Å“uvre ont été mises au service, ou plutôt comme il le dit lui-même, “prises au service” de quelque chose de plus grand, peut-être le champ morphique des constellations. Quant à moi, je ne peux que m’incliner devant son destin, pour le moins remarquable…

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Les bienfaits de la méditation

revue-29web-13.jpgAucune connaissance de soi véritable n’est possible sans la méditation.

 

Ennea Tess Griffith

directrice de la Libre Université du Samadeva

 

’imagerie médicale a permis de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau. Elle a également permis de découvrir quelles activités étaient nocives, et quelles activités étaient bénéfiques, pour le cerveau, mais aussi, évidemment, pour l’être humain dans sa globalité. Parmi ces activités, la méditation, qui est devenue à la mode dans des milieux qui lui étaient a priori hostiles auparavant. Même le magazine américain “Time” faisait récemment sa une sur “la science de la méditation”. Et l’on réalise que, progressivement, les scientifiques démontrent comme “vraies” des connaissances transmises depuis toujours dans les traditions spirituelles…

Du silence de la pensée à la conscience véritable

La méditation a comme nature profonde le silence intérieur, et lorsqu’on n’a pas encore atteint cet état, elle consiste à faire les efforts qui peuvent y conduire. Pour cela, il faut que l’esprit devienne réceptif, en se taisant, ce qui permet à “autre chose” de se manifester, qui le dépasse. L’on peut alors entrer dans des couches plus profondes de la conscience, mais encore une fois, ce n’est possible que si l’on arrête de penser et qu’on est calme intérieurement : c’est dans le silence qu’on peut toucher au mystère de la vie, au mystère de l’être, et y toucher non pas uniquement par la pensée ou par l’émotion, mais par tout son être. Il est par conséquent essentiel de comprendre qu’il faut cesser d’être actif en pensée pour qu’une autre activité de l’esprit puisse s’installer…

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Perceptions représentatives

revue-29web-12.jpgNeurones miroirs, physique quantique, champs morphiques et constellations familiales

Idris Lahore

philosophe et psycho-anthropologue

 

Le phénomène de base sur lequel s’appuient les constellations familiales est celui des perceptions représentatives. Celles-ci se manifestent dans les représentants que le client a choisis pour se représenter lui-même et pour représenter certains membres de sa famille. Nous ne discuterons pas de la réalité de ce phénomène qui ne peut plus être mis en doute que par ceux qui ne l’ont pas vécu et sur les bases de critiques théoriques et dogmatiques. Nous essaierons de montrer comment la connaissance actuelle en physique quantique et en neurobiologie du cerveau d’une part, en psychologie et en théorie des champs d’autre part, peut nous conduire à des hypothèses à propos de phénomènes apparemment incompréhensibles, mais observés des milliers de fois lors des constellations. Peut-être ceci permettra-t-il de rattraper le retard cognitif que les constellateurs ont pris par rapport à leurs expériences pratiques ou cliniques lorsque ces constellateurs sont également thérapeutes. Nous sommes également conscients de la nature nécessairement métaphorique de notre réflexion.

 

Constellations familiales

Commençons par rappeler, en résumé, la pratique méthodologique des constellations familiales : le client expose son problème au médiateur (coach, thérapeute, conseiller euphoniste…) qui décide quelles sont les personnes de son système familial à consteller (placer dans un espace déterminé). On ne peut évidemment pas placer tous les membres du système familial, car il y en aurait des dizaines : il s’agit de placer les plus importants par rapport au problème évoqué.

Le client choisit dans l’assistance des représentants pour les membres de son système familial et, selon son ressenti, il les place en relation les uns avec les autres dans l’espace défini. Il se produit alors une chose aussi étonnante et curieuse qu’intéressante : les

représentants commencent à ressentir des sensations, des émotions, des pensées, même des impulsions à la parole ou au mouvement, qui correspondent réellement à la dynamique relationnelle et psychologique des personnes qu’ils représentent : des membres vivants ou décédés du système familial du client. Ces représentants ne connaissent rien ou pratiquement rien de la vie des personnes tout à fait étrangères qu’ils vont représenter : j’insiste sur le fait que les représentants n’ont pas, ou quasiment pas, d’informations (ni détaillées, ni explicites) quant aux personnes qu’ils représentent. Malgré cela, les perceptions représentatives, de façon étonnante, mais tout à fait habituelle, guident le médiateur vers une (meilleure) solution au problème exposé par le client, non seulement au bénéfice de ce dernier, mais aussi pour tous les membres de son système familial concernés par ce problème.

C’est comme si les personnes constellées dans ce nouveau système représentatif entraient en contact, en résonance avec le système familial du client, et ce malgré l’éloignement spatio-temporel. Le biologiste Rupert Sheldrake appelle cela la résonance morphique. Dans le cadre du travail de constellations, je nomme ce phénomène la résonance morpho-systémique.

Inspirés par l’embryologiste allemand Hans Driesch, le Russe Alexander Gurwitsch, de Saint Pétersbourg, et l’Autrichien Paul Weiss à Vienne, scientifiques de renom, ont montré que l’explication biologique classique basée sur la transmission génétique ne suffisait pas à expliquer l’évolution de la vie : ils y associèrent la théorie des champs de forces, se basant sur l’existence d’autres champs comme le champ gravitationnel et le champ électromagnétique. …

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Les champs morphiques

revue-29def-26.jpgDe l’importance du lien émotionnel dans la relation

Dr Rupert Sheldrake, biologiste et philosophe

Interview Maya Ollier

 

La fracture corps / mental

Le dossier dans lequel sera publiée cette interview a pour sujet le cerveau, les émotions et les relations. Quelles réflexions ces mots évoquent-ils pour vous ?

Il est évident que nos relations et nos activités mentales sont influencées par nos émotions, tout le monde le sait… sauf les scientifiques ! Ou plutôt : ils commencent à le reconnaître depuis une quinzaine d’années. Aussi étonnant que ceci puisse paraître aux yeux des gens “normaux”, jusqu’aux années 1990, les scientifiques considéraient que l’activité intellectuelle n’était finalement qu’un programme informatique aussi indépendant du corps que du psychisme. Depuis, les scientifiques ont découvert que l’intellect habite un corps, donc que nos activités mentales sont en lien avec nos activités corporelles, et également, ceci grâce notamment aux travaux de Damasio, en lien avec nos émotions.

Le cerveau et l’esprit

Mais pourquoi une telle dichotomie entre la théorie scientifique et la réalité que connaissent les gens ordinaires ?

Je pense que cette fracture remonte à Descartes, qui a opéré une séparation brutale entre l’intellect “désincarné” et le corps considéré comme une machine. Cette dichotomie a constitué les fondements de la science moderne et son influence s’en ressent encore aujourd’hui. Pourtant, dès l’époque de Descartes, certains avaient souligné à quel point le modèle cartésien était réducteur : selon ce modèle, par exemple, les animaux n’ont pas de pensées, ni d’émotions, et il a fallu attendre ces quinze dernières années pour que les spécialistes du comportement animal admettent que cette idée est fausse, comme le savent depuis des millénaires tous ceux qui ont eu des chiens ou des chats de compagnie !

La métaphore du modèle mécanique, puis informatique, a toujours parfaitement correspondu à l’idée (cartésienne) que les scientifiques se font du mental et de la conscience : mathématique, logique, libre de toute influence du corps ou des émotions… Les métaphores technologiques plaisent aux scientifiques : dans les années 1920 et 30, le cerveau était assimilé à un standard téléphonique - le téléphone était la dernière invention technologique à la mode. Dans les années 1960, le cerveau est devenu un ordinateur, puisque c’était là la dernière invention technologique.

La réalité que chacun connaît est que les animaux ont des émotions. Nous, êtres humains, sommes très proches du fonctionnement animal dans nos comportements émotionnels (l’adrénaline, par exemple, a le même effet chez nous que chez eux). La réalité est également que notre mental est incarné dans notre corps et que notre intellect est influencé par nos émotions, et par nos relations au monde et aux autres, ces relations étant elles aussi fortement influencées par nos émotions. Mais encore une fois, ceci n’est rien de nouveau, tout le monde le sait déjà ! …

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L’énergie : substance de nos relations

revue-29web-11.jpgPour comprendre ces liens invisibles entre moi et le monde…

Elisabeth Baranger, coach, consultante

 

“Une doctrine fausse ne se laisse pas réfuter, car elle repose sur la conviction que le faux est vrai”  GÅ“the

 

Scientifiquement prouvé ?

Le soleil se lève, le soleil se couche, il y a la lumière du jour, il y a l’ombre de la nuit. L’un succède à l’autre et personne ne s’en s’étonne plus. Il est vrai que cela devient farfelu actuellement de se demander comment il se fait que la Terre tourne autour du Soleil ! Tout est expliqué et scientifiquement prouvé : je suis un être humain, donc je suis une sorte d’usine biologique, physique et chimique qui pense. Je n’ai plus à me demander comment tout cela fonctionne : d’autres s’en occupent pour moi et me donnent les informations nécessaires à ma compréhension de néophyte.

Mais je reste quand même curieuse, je voudrais bien en savoir un peu plus : comment se fait-il qu’après une opération chirurgicale, j’ai continué à sentir pendant des mois l’organe manquant ? Comment se fait-il que je peux si difficilement supporter une personne que d’autres apprécient tant ? Pourquoi a-t-il suffi d’une visite chez l’acupuncteur pour soulager un mal de tête tenace ? …

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L’insaisissable nature de l’esprit

revue-29web-10.jpgEmmanuel Ransford

philosophe des sciences

 De la conscience-mystère à la conscience-matière

La conscience (et plus généralement le psychisme, à la fois conscient et inconscient) soulève bien des questions, sur lesquelles il n’est pas toujours évident que nous ayons accompli des progrès décisifs. Par exemple, s’il est acquis que la science a bien son siège dans le cerveau, suffit-il pour autant de tout connaître sur les bases biologiques (ou les “corrélats neuronaux”) de la pensée pour en percer les secrets ? Rien n’est moins sûr. Pas plus qu’une connaissance fine et détaillée des rouages d’une horloge ne donne accès aux minutes et aux secondes.

 

William James écrivait : “Dès qu’on essaie de définir ce qu’est la conscience, elle devient un fantôme insaisissable”. Ce fantôme est-il un don de Dieu ? Est-il au contraire une sécrétion du cerveau ; ou encore, une simple question de calcul neuronal ? Est-il une formule chimique, une réaction moléculaire en chaîne ou une vague électrique, oscillant dans le cortex ? Voire même, n’est-il qu’une façon de parler ?

 

Toutes ces possibilités - plus tant d’autres - ont été envisagées. Leur diversité est en soi un message : elle révèle combien la conscience nous échappe et combien nous la comprenons mal. Nous avons sur elle bien des préjugés, quelques hypothèses, et si peu de vérités démontrables et démontrées. Pourtant, on sait de mieux en mieux comment nos cervelles pensent, rêvent, entendent et voient. On a une idée du comment, mais on ignore encore et toujours le pourquoi. Quand les savants scrutent un cerveau pensant, ils n’y trouvent que matière, qui fait ceci ou cela. …

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Emotions, pensées, cerveau

revue-29web-9.jpgOn peut se libérer de ses réactions neuronales mécaniques,

mais il y faut une connaissance précise et une pratique sérieuse…

Selim Aïssel

Maître de la 4e Voie, entretien avec des élèves

 

Comprendre le fonctionnement du cerveau

Il est très intéressant de comprendre comment tu fonctionnes et comment tu perçois le monde. Le monde entre en toi à travers tes sens, sous forme d’impressions, mais ce que tu perçois entre d’abord en toi de façon inconsciente, c’est-à-dire que tu perçois d’abord inconsciemment, parce que c’est le mode de fonctionnement de ton cerveau. Ton cerveau te permet, grâce à l’ensemble du système nerveux et de tes sens, d’enregistrer une perception qui te vient de l’extérieur. D’abord, dans un tout premier temps, cette perception tombe dans ton inconscient et immédiatement, ton inconscient et tes neurones réagissent selon un schéma déjà établi. Ensuite seulement, tu as conscience de ce qui se passe à l’extérieur de toi, mais ta réaction est déjà là. C’est de cette façon que tu fonctionnes et c’est la raison pour laquelle les maîtres spirituels disent que les êtres humains sont totalement mécaniques. A la fois totalement mécaniques et totalement conditionnés (par leur famille, leur éducation…). La plupart des gens n’ont ni une connaissance psychologique, ni une connaissance neurologique suffisantes et ne savent donc pas que c’est le fonctionnement normal de leur cerveau et de leur psychisme, mais c’est bien la réalité : ils ne font que réagir, constamment, avec les circuits neuronaux du passé. Si tu vis de cette façon-là, à moins qu’un événement vraiment totalement neuf et inconnu t’arrive (et encore ! Parce que là, en général, c’est la panique dans tes neurones), tu ne fais que réagir. Les maîtres spirituels ne connaissaient pas grand-chose à la neurologie du cerveau, mais ils avaient cette connaissance du fonctionnement humain, et c’est ce qu’ils enseignaient dans les Ecoles de Sagesse, depuis le début des temps. Aujourd’hui, les avancées scientifiques permettent d’en donner une explication simple au niveau du fonctionnement du cerveau : tes circuits neuronaux, immédiatement, c’est-à-dire en quelques millisecondes, réagissent à tes perceptions, aux impressions qui te viennent du monde extérieur. Tu ne peux donc qu’être mécanique : ta réaction neuronale est bien trop rapide pour toi. Disons par exemple que tu as peur des chiens. Si tu te promènes et qu’un chien arrive vers toi, l’impression entre en toi ; tu n’en es pas conscient encore parce que ça va tellement vite (quelques millisecondes), mais immédiatement, la peur est là, en toi, et tu la sens. Ensuite seulement, tu réagis en fonction de ta peur, ce qui signifie que tu réagis en fonction d’un circuit mécanique qui est inscrit en toi depuis longtemps. Une fois que tu sais ça, est-ce que tu peux encore penser que tu agis librement dans ta vie ? Jamais ! Tu n’es pas libre ! Tu réagis toujours en fonction des circuits neuronaux qui sont en place. Sauf si tu comprends ce qui vient d’être expliqué. A ce moment-là, il n’y a qu’une seule conclusion possible : pour ne pas réagir en permanence en fonction de circuits neuronaux mis en place dans ton passé, il faut que tu aies décidé d’une attitude autre que celle qui te vient de façon automatique. Il faut que tu aies décidé de ne pas te comporter de façon réactive. En termes du Chemin, il faut que tu aies décidé d’adopter une attitude noble, quelle que soit la situation extérieure et quelle que soit la réaction intérieure qu’elle provoque chez toi. …

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Argent, amour, sécurité

revue-29web-8.jpgL’argent,  fidèle miroir de nos émotions

Philippe Derudder

chef d’entreprise et conférencier

 

L’argent : une énergie ?

Dans les “mouvements alternatifs”, on compare souvent l’argent à une énergie. Précisons ce point : si vous mettez 1000 euros dans une boîte métallique et que vous l’enterrez dans un champ, sa présence dans la terre ne sera d’aucune influence sur la récolte. Si vous déterrez et ouvrez la boîte quelques années plus tard, vous découvrirez également que les 1000 euros n’auront pas fait de petits. Ils n’auront pas “travaillé” pour vous, contrairement à ce qu’on voudrait vous laisser croire. Utilisez ces 1000 euros pour acheter des graines, replanter des arbres, creuser une mare… : cet argent modèlera le champ de multiples façons, aussi diversifiées que ce à quoi il aura servi. Mais il n’y est pour rien : seule compte l’intention qui le gouverne. Il est en soi totalement inerte, ne prend vie qu’entre nos doigts et ne reflète que nos modes de pensée. Il n’incarne que nos désirs, sages, aimants, généreux, bénéfiques, ou fous, haineux, cupides, destructeurs. Fidèle miroir, il ne renvoie que notre image. Parler de l’énergie de l’argent est donc impossible, aucune force ne l’habite en essence mais, tel le fil de cuivre essentiel à l’électricité, il est conducteur de forces qui nous habitent et les révèle dans ce qu’il nous permet de réaliser et qui se traduit par le spectacle que nous offre le monde…

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Théorie des émotions

revue-29web-7.jpgFlorence Métral, documentaliste

 Cet article s’inspire largement du cours “Perception et émotion” d’Alain Berthoz, professeur au Collège de France.

Pas moins de 150 théories des émotions ont été identifiées : il est clair pour nous que toute théorie, aussi juste soit-elle, n’est qu’un fragment inscrit dans l’un des multiples niveaux possibles d’une réalité tellement vaste qu’elle dépasse tous les raisonnements…

 

Le cerveau de l’homme, comme celui de l’animal, entretient avec le monde des objets des relations qui classent ces objets suivant qu’ils sont source de récompense ou de danger, de plaisir ou de punition. Le monde contient des proies et des prédateurs, des partenaires et des compétiteurs, par qui peut arriver soit le malheur, soit le bonheur. Dans l’immense complexité du monde sensible, le cerveau sélectionne et choisit, c’est-à-dire que nous pouvons choisir entre plusieurs comportements pour réaliser un même but. Cette flexibilité, qui a permis aux animaux d’échapper au fonctionnement rigide et peu adaptatif des réflexes, est une des propriétés fondamentales des organismes, apparue tardivement au cours de l’évolution. Les émotions jouent un rôle décisif dans plusieurs de ces mécanismes : sélection des objets dans le monde, guidage de l’action future en fonction du passé, flexibilité des choix de comportement, stratégies cognitives. ..

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Le Cœur qui Résonne

revue-29web-6.jpgPour comprendre la cohérence cardiaque

Docteur David O’Hare

médecin, psychothérapeute

Une révolution en marche

Sommes-nous à l’aube d’une révolution ? Révolution qui ne séparerait plus la tête du corps, mais qui les rassemblerait en une entité humaine ? Les révolutions ont ceci de particulier qu’elles tournent en rond pour revenir aux prémices. Sciences humaines et sciences dites exactes, neurosciences, neurocardiologie et autre neuropsychologie semblent découvrir les notions fondamentales d’unité du corps et de l’esprit, dissociés par les théories dualistes. Physiologie, psychologie et philosophie se rejoignent après quelques siècles de séparation en entités distinctes et souvent opposées.

Les neuro-bio-psycho-chercheurs, armés d’IRM fonctionnels, de dosages neurobiologiques et d’évaluations informatisées, explorent le siège de la conscience et publient ce que les Anciens avaient pressenti, observé et expérimenté : le cœur et la respiration sont au centre des émotions, les émotions sont au centre des relations et par là, au centre de la survie de l’individu et de l’espèce.

La notion d’homéostasie (homeo = identique, stasis = état => capacité d’un organisme vivant à rester en vie en maintenant stable son milieu intérieur malgré les variations du milieu extérieur) est née pour comprendre et expliquer comment l’individu survit en relation constante d’adaptation à son milieu, automatique et involontaire. La respiration et le cœur en sont une composante essentielle physiologique, mais aussi émotionnelle, totalement intégrée dans les processus relationnels et adaptatifs.

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Neurones miroirs

revue-29web-5.jpgL’imitation est un processus très avancé, propre à l’homme

 

Prof. Giacomo Rizzolatti

Université de Parme

Interview Maya Ollier et Luca Urbinati

Pouvez-vous nous rappeler brièvement comment vous avez découvert l’existence des neurones miroirs ?

Nous les avons découverts un peu par hasard, il y a environ dix ans, alors que nous étions occupés à étudier le système moteur du singe. Les neurones miroirs s’activent lorsque le singe fait une certaine action, mais aussi lorsqu’il observe quelqu’un faire la même action. Au début, honnêtement, nous n’y avons pas attaché beaucoup d’importance, mais le phénomène se répétait trop fréquemment et nous avons commencé une série de contrôles et vu que c’était un phénomène bien réel.

 

Que nous disent les neurones miroirs sur le fonctionnement de notre cerveau ?

L’aspect révolutionnaire a été la possibilité de relier immédiatement une connaissance visuelle avec une connaissance motrice. Le modèle classique de fonctionnement de notre cerveau est que nous devons faire des déductions logiques compliquées. En réalité, si l’on y réfléchit, il n’en est pas ainsi. Si vous me voyez prendre ce crayon, vous ne faites pas un grand raisonnement : la signification du fait de saisir est comprise instantanément, sans processus compliqué. Ensuite, l’exécution est beaucoup plus compliquée que la compréhension et que l’aspect formel. Nous avons une sorte de “matching system”, un système de superposition entre ce qui est vu et ce qui est fait. Le système miroir a été la première démonstration neurophysiologique que ce mécanisme, qui avait été posé comme une hypothèse, existe…

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Mouvements oculaires

revue-29web-4.jpg 

Marie-Odile Brus

sophrologue et consultante

 

Les “tu qui tuent”

Depuis le moment de notre conception, nous sommes influencés par notre environnement : les conditions de vie de nos parents, l’histoire de notre famille et de notre espèce, l’ensemble du patrimoine génétique qui nous est transmis, vont déjà faire de nous un être particulier, unique… Je renvoie à l’excellent ouvrage du Dr Sellam, Origines et prévention des maladies, pour comprendre notamment tout ce qui relève des programmes de “fidélités familiales inconscientes”. L’histoire de notre famille est à la source de bon nombre de ce que j’appelle les programmes toxiques. Vous noterez que cette toxicité n’est généralement pas le résultat d’une intention maligne, mais au contraire d’une volonté toute positive de donner à l’enfant les moyens de s’intégrer dans le groupe.Beaucoup ont des souvenirs d’enfance terribles, où une personne qui comptait pour nous ou représentait l’autorité nous a infligé une sentence quasi définitive : “Tu n’écriras jamais proprement”, “Tu ne seras jamais bon à rien”, “Tu ne penses qu’à faire le mal”, “Tu n’es qu’une menteuse (un voleur, un faible…)”… On pourrait appeler ces programmes toxiques les “tu qui tuent” !

Pire, gavé de ces microprogrammes toxiques qui sont comme des virus dans notre disque dur (cerveau), nous souffrons souvent d’une sorte de contamination : nous créons nous-même de nouveaux programmes pervers, qui en sont directement inspirés : “Je n’y arriverai jamais”, “J’ai trop peur”, “Je suis nul”, “Je ne mérite pas…”, “Je ne vaux rien”.

Bien sûr, nous utilisons également un grand nombre de programmes extrêmement positifs et la confiance qu’il nous a fallu pour faire nos premiers pas et marcher sans aide restera dans notre mémoire comme référence positive. Ceci est également vrai pour les “bagages familiaux” : si nous avons grandi belle/beau, intelligent(e) aux yeux de nos parents, nous nous identifions à une personne belle, intelligente et nous saurons en tirer une force accrue qui nous grandira face à l’inconnu. Nous pouvons nous appuyer sur ces programmes de vie pour apprendre à ignorer les programmes toxiques. Si nous n’avons plus cette capacité, il nous faudra utiliser des outils spécifiques pour nous recentrer sur cette capacité, pour désinstaller les programmes toxiques et pour installer des programmes de remplacement allant dans le sens de la vie. (J’utilise la combinaison de trois outils dans ma pratique thérapeutique : la sophrologie, l’IPMO ou Intégration Positive par les Mouvements Oculaires, et l’Emotion Freedom Technique ou EFT du Dr Gary Craig)…

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Exercez vos neurones

revue-29web-3.jpg 

Maya Ollier

directrice de rédaction

Elkhonon Goldberg publiait en 2005 “The Wisdom Paradox”, paru en français en novembre 2007 aux éditions Robert Laffont sous le titre “Les prodiges de votre cerveau, ou comment l’esprit se bonifie avec l’âge”. Après avoir exploré l’énigme de la division du cerveau en deux hémisphères, il propose sa propre thèse : l’hémisphère droit est l’hémisphère de la “nouveauté”, l’hémisphère gauche le dépositaire des formes établies ; avec l’âge, le rôle de l’hémisphère droit diminue, celui de l’hémisphère gauche augmente ; l’hémisphère droit vieillit plus vite que l’hémisphère gauche… Et surtout, nous pouvons, avec des activités ou une gymnastique cognitives adéquates, entretenir la jeunesse de notre cerveau. Mais laissons-lui la parole.

Différences hémisphériques

Contrairement à ce que la plupart des scientifiques ont cru jusqu’à une époque très récente, de nouvelles cellules nerveuses (neurones) naissent et se développent aussi longtemps que nous vivons. L’apparition de ces nouveaux neurones et le lieu où ils s’implantent dans le cerveau sont régulés par l’activité mentale. Plus nous cogitons, plus nous fabriquons de nouveaux neurones, qui s’installent dans les zones du cerveau les plus utilisées. En vieillissant, nous nous servons de plus en plus de notre hémisphère gauche, ce qui a pour conséquence de le protéger de la dégénérescence.

D’où une conclusion surprenante, qui aurait été considérée comme invraisemblable il y a seulement quelques années : vous pouvez augmenter la longévité de votre cerveau en le faisant travailler…

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Mais comment fonctionne notre cerveau ?

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Le cerveau des êtres humains, comme de tous les vertébrés contrôle et coordonne les mouvements, ainsi que l’homéostasie des fonctions internes (température, rythme cardiaque, pression artérielle…). Il présente une organisation fonctionnelle - certaines parties gèrent plus spécifiquement certains aspects du comportement ou de la pensée - mais cette division fonctionnelle n’est pas stricte : il serait par exemple illusoire d’assigner une fonction aussi complexe que la mémoire à une région isolée. On peut néanmoins dessiner une cartographie du cerveau en aires cérébrales selon leur rôle dans la cognition : les fonctions motrices dans le lobe frontal, la vision dans la partie postérieure du lobe occipital, le langage articulé dans le lobe frontal au niveau de l’aire de Broca, etc.

Notre cerveau est l’outil qui nous permet de survivre d’instant en instant à un environnement en permanence changeant et potentiellement hostile. La survie de l’être vivant est son unique objectif. Survie individuelle, survie en tant que groupe (comportements sociaux) ou survie en tant qu’espèce (comportements reproducteurs et de défense du territoire).

Le cerveau possède 100 milliards de neurones, chacun relié à d’autres par environ 10000 connexions. Mathématiquement, la possibilité d’agencement de 10000 neurones parmi 100 milliards en utilisant 10000 connexions est au-delà de ce que nous pouvons concevoir…

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Publié dans la rubrique PSYCHOLOGIE, SCIENCE du numéro
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