La solidarité dans l’enseignement
L’esprit de corps
L’origine du mot “solidaire” est la même que celle du mot “solide”, solidus signifiant à la fois “entier” et “massif”. Il y a dans la solidarité l’idée qu’on est d’une façon ou d’une autre lié aux autres, qu’on a en quelque sorte des responsabilités vis-à-vis de ce groupe auquel on appartient. On fait corps avec les autres membres de la même communauté. La solidarité va au-delà de ce qu’on appelle l’esprit de corps et nous essaierons de faire la distinction entre ces deux aspects, pour voir si dans l’Education Nationale, il est souhaité que les intervenants fassent preuve de solidarité ou si le simple fait de faire corps avec d’autres éléments du groupe suffit à se rassurer face au milieu extérieur tout en laissant à l’intérieur une indépendance, voire une indifférence, vis-à-vis de ce que peuvent faire les autres. Il est sûr qu’on trouve entre les membres d’une même corporation un soutien au moins implicite, qui est de l’ordre de la survie de l’espèce ; on s’arc-boute pour contrer ce qui veut s’opposer ou ce qui veut changer les choses. Cette forme d’autodéfense est évidemment nourrie par la peur : peur du changement, peur de ce qui est différent, peur de ce qui dérange ses propres habitudes. Cette peur paralyse : on a du mal à faire bouger les choses. L’esprit de corps, justement, crée une inertie très grande au sein de la machine qui a pour nom Education Nationale ; en ce sens, on a bien à faire à cette espèce de mammouth dont tout le monde parle, mammouth qu’il est très difficile de faire bouger de l’extérieur.
Publié dans la rubrique SOCIETE du numéro 20
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