Protocole de libération du subconscient

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Idris Lahore

Pour prendre plus librement sa vie en mains…

Rappel

Notre conscient est cette partie de notre psychisme dans laquelle nous percevons les sensations, dans laquelle nous sommes conscients de nos pensées, émotions et sentiments ainsi que de toutes les informations qui nous viennent du monde extérieur par nos sens. C’est cette partie avec laquelle nous réfléchissons, prenons des décisions, faisons des choix, tandis que notre subconscient est un processus de notre psychisme, de notre mental, qui agit dans les dimensions de notre être corporel, émotionnel, intellectuel et spirituel dont nous sommes inconscients. Notre subconscient enregistre toutes les informations - toutes les perceptions, toutes les pensées, tous les événements de notre vie - même celles que notre conscient ne perçoit pas, et les garde en mémoire. C’est lui qui fait tous nos apprentissages inconscients et, une fois qu’il a appris une réponse (comportement, perception, pensée…), il réagit toujours de façon automatique et spécifique à toutes les situations extérieures. En d’autres termes, il nous fait toujours réagir de la même façon.

Le but de notre protocole

Notre protocole a pour but de traiter les émotions négatives et les schémas de pensée qui sont la cause de nos problèmes et de nos difficultés, pour qu’ensuite, notre psychisme oblige notre subconscient à réagir de façon plus autonome. Il s’agit de changer en nous les systèmes de croyance qui déterminent la façon dont nous réagissons aux situations extérieures et les expériences que nous faisons.

Nos réactions négatives sont toujours liées à des perturbations non intégrées, c’est-à-dire des émotions non intégrées dans le passé qui ont créé des schémas de pensée : ceux qui nous font réagir négativement aujourd’hui. Nous avons accumulé une très grande quantité de perturbations non intégrées dans notre psychisme et il s’agit de le nettoyer car tous ces schémas de pensée, toutes ces croyances sont ancrés dans notre psychisme, qui nous fait réagir de manière spécifique et mécanique dans une situation donnée, alors même que, la plupart du temps, quand il s’agit d’émotions négatives et de schémas de pensée qui nous emprisonnent, nous aimerions pouvoir réagir autrement… Mais notre subconscient ne nous le permet pas, car nos expériences de vie l’ont programmé de la façon dont il nous oblige à réagir. Notre méthode a pour but de déprogrammer notre subconscient de ses programmes négatifs, afin de les remplacer par la liberté de réagir consciemment et volontairement : par ce protocole, nous décidons d’enseigner à notre subconscient à réagir plus sainement.

Votre intention consciente incitera votre subconscient à réagir pour neutraliser ou éliminer le problème que vous aurez décidé de traiter. C’est votre subconscient qui fait le traitement pour vous et son travail consiste à éliminer les racines des émotions négatives, des schémas de pensée négatifs, des croyances négatives qui déterminent vos expériences actuelles. Nous voulons aider le subconscient à guérir de tous les blocages, toutes les limitations, toutes les expériences désagréables ou non adaptées qui viennent de vos vécus passés. Le subconscient ne réagit plus alors automatiquement sur ces bases négatives qui sont toujours liées au passé. Nous n’avons pas pu achever ou intégrer un grand nombre d’expériences négatives ; dans de nombreuses situations, nous n’avons pas pu exprimer ce que nous pensions ou ce que nous ressentions : notre subconscient enregistre (et réactive ensuite) toutes ces perturbations non intégrées, toutes ces expériences inachevées. Face à toute situation présente, le subconscient nous fait réagir sur la base d’un vécu passé : il déroule cette réaction, ce programme, tout à fait automatiquement, de façon toujours fidèle, précise et spécifique. En réalité, nous ne voudrions pas de ces réactions mécaniques, nous voudrions changer, nous voudrions réagir autrement : voilà ce que va nous permettre notre méthode. Des questions ?

Premiers enregistrements subconscients

A quel moment cela a-t-il commencé si, aujourd’hui, je subis la mécanique de l’enfant ? Lorsque l’enfant fait une première expérience, ce qui s’impose à lui, est-ce le subconscient de sa famille, un subconscient collectif, autre chose ?

Si nous nous limitons au début de cette vie, la réaction inconsciente a pu commencer à la naissance. Vous aviez peut-être déjà faim dès votre naissance, et comme vous n’avez pas eu la tétée tout de suite, vous vous êtes mis en colère… Ou bien, à la naissance, vous vous êtes senti arraché à ce monde auquel vous apparteniez avant, puis abandonné… : peut-être que votre peur a commencé tout de suite, à cet instant-là, à cause de cet arrachement. D’autres sont peut-être devenus tristes tout de suite, etc. Ces expériences de retard - des aliments, d’un regard, d’un signe d’attention de la part de la mère ou du père - suffisent à créer des réactions. Mais on peut reculer encore un peu dans le temps. Peut-être que, dans le ventre de votre mère, vous avez déjà reçu un certain nombre d’informations : à travers votre mère, à travers ses propres expériences, vous avez peut-être déjà pris sur vous ou en vous ses émotions, et non pas vos propres émotions : les mêmes hormones, les mêmes neurotransmetteurs, les mêmes vitamines (ou le manque de vitamines), les sels minéraux… ont été déversés dans le corps de la mère et ensuite sont passés dans le corps de l’enfant, et vous avez commencé à faire des expériences de peur. De joie aussi. Nous traitons ici les émotions et situations négatives, donc nous ne parlons pas de tout ce que le subconscient fait de bien ! Notre but est de voir ce que l’on peut améliorer.

Vous avez peut-être vécu déjà toutes ces expériences dans le ventre de votre mère, des expériences qui venaient d’elle, qui lui appartenaient à elle. Peut-être aussi êtes-vous influencé par la mémoire qui existe dans toutes vos cellules, et pas seulement la mémoire de votre mère : vos cellules contiennent évidemment aussi la mémoire de ce qui vient de votre père… et dans votre mère et dans votre père, il y a la mémoire de leurs propres parents. Dans la mémoire cellulaire de vos grands-parents, il y a la mémoire de vos arrière-grands-parents. On peut remonter ainsi sur quelques générations et peut-être même jusqu’au début des temps humains. Peut-être est-ce à ce moment-là que les humains ont fait pour la première fois l’apprentissage de la peur. Nous avons en nous un programme génétique qui nous permet de vivre la peur non seulement comme une émotion négative, mais parfois comme une réaction qui nous sauve la vie ! Nous avons en nous des programmes génétiques, qui sont en nous comme une base, mais ils ne s’imposent pas à nous : il faut que, de l’extérieur, nous soyons en contact avec des situations particulières pour que nous puissions mettre en œuvre les programmes génétiques qui sont les nôtres ou bien les changer, grâce à un apprentissage. Deux influences en nous sont toujours possibles : soit être totalement soumis à notre programmation génétique, soit apprendre de nouvelles attitudes, et l’un peut transformer l’autre, en tout cas l’un a une influence sur l’autre. Vos réactions inconscientes ont probablement leur source dans un passé lointain, mais aujourd’hui, nous allons nous restreindre aux éléments qui nous sont accessibles directement.

La mémoire du subconscient

Lorsqu’on parle devant un groupe, le fait de ressentir…

Que ressentez-vous maintenant ? Puisque vous avez parlé devant notre groupe.

J’ai le cœur qui bat vite, la respiration un peu bloquée…

Oui. Ce sont ces réactions mécaniques qu’il faudra que vous voyiez vous-même lorsque vous appliquerez notre protocole. Il ne suffit pas de dire “J’ai peur de parler en public”, par exemple ; il vous faudra savoir où et comment votre subconscient vous fait ressentir votre peur.

Ces sensations, je les ai eues quand j’ai dû commencer à enseigner devant ma classe puisque je suis enseignante, et ensuite, elles ont disparu. Est-ce que ça veut dire que le programme a changé ?

Un peu, mais vous en avez encore des traces puisque lorsque vous n’êtes pas devant votre classe, mais ici, les mêmes symptômes reviennent. Cela signifie que votre subconscient a une très bonne mémoire et il vous dit comment réagir dès que vous parlez devant un public (il faut que votre cœur batte plus vite et que votre respiration se bloque un peu). Avec l’apprentissage et l’expérience, beaucoup de choses changent, mais malgré tout, si l’on n’a pas éradiqué la racine du conditionnement, il revient à un moment ou à un autre, surtout face à des situations nouvelles.

Les perturbations non intégrées

Notre méthode a donc pour but de traiter les émotions négatives et les schémas de pensées qui sont la cause de nos problèmes et de nos difficultés pour qu’ensuite, notre subconscient réagisse de façon plus adéquate aux situations. Il s’agit bien de changer nos systèmes de croyance, qui déterminent la façon dont nous réagissons aux situations extérieures et les expériences que nous faisons. Prenons un système de croyance : par exemple, la peur des chiens. Sur quoi cette peur est-elle basée ? Sur une mauvaise expérience, qui a généré une fausse croyance selon laquelle tous les chiens vont nous mordre, tous les chiens sont dangereux. Une expérience, positive ou négative, induit des croyances, ou ce que nous appelons des schémas de pensées, beaucoup plus complexes encore que cet exemple. Donc le subconscient induit non seulement en nous des réactions physiques, mais également des croyances, et nous les appelons des croyances limitantes ou des schémas de pensées négatifs : c’est-à-dire des “perturbations non intégrées”.

Nous avons dans notre subconscient des milliers de ces perturbations non intégrées et il va s’agir de les traiter. Si nous devions les traiter une à une, ce serait impossible. Notre traitement permet d’en saisir un certain nombre et de les traiter. Ensuite, nous induisons un processus de globalisation. Nous pouvons traiter notre peur du chien du voisin : il est probable qu’à un moment, nous n’aurons plus peur de ce chien… mais dès qu’en arrivera un autre, la peur reviendra. Par contre, si nous utilisons l’effet de globalisation, nous n’aurons plus peur d’aucun chien, sauf s’il en va de notre survie réelle, c’est-à-dire que notre traitement ne fera pas disparaître les peurs basées sur un discernement sain, qui sont souvent des peurs instinctives naturelles et non pas des peurs psychologiques. Ce sur quoi notre traitement a une influence, ce sont les perturbations psychologiques qui font de nous des handicapés psychologiques, puis physiques après, dans certains domaines de notre vie en tout cas. Donc les émotions et les réactions saines se manifesteront encore plus facilement, et avec encore plus d’intuition et d’instinct que lorsque ce sont nos blocages qui nous imposent les choses.

Le but est bien de déprogrammer ce dont nous ne voulons plus en nous et non de programmer autre chose. Le but est de nous rendre libres, ce qui nous permet d’introduire petit à petit le ou les programmes adaptés. Il ne s’agit pas de remplacer un programme par un autre : il s’agit de faire des expériences plus saines et plus positives, qui deviennent évidemment aussi de nouveaux programmes, mais nous ne les pensons pas à l’avance. Nous permettons à notre sagesse intérieure, à notre instinct, aux expériences positives que nous avons faites par le passé, à tout ce que nous avons étudié et compris, de devenir la matière de nos réactions à venir.

Pour en savoir plus

Idris Lahore - coffret 3DVDs

Stage d’approfondissement du protocole
de libération du subconscient

Ed° Farren Bel

La suite dans la revue n°37

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Les esprits du rythme

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Carl F. Hessin

Installer dans sa vie des rythmes pour augmenter sa force d’action

“Le rythme donne de la force parce qu’il apporte une cadence, la force se perd dans le chaos… Je pense que le temps qu’on consacre aux choses peut être réduit au moins de moitié dès qu’on change d’état d’esprit. Il peut encore être réduit de moitié lorsqu’on connaît d’autres ingrédients comme le rythme, l’amour, la motivation ou la conscience qu’on introduit dans ce qu’on fait. Ceci ne veut pas dire qu’il faille ensuite multiplier les activités : lorsqu’on arrive à réduire le temps nécessaire pour faire ce qu’on a à faire, il s’agit de consacrer le temps ainsi gagné à une activité de nature supérieure, l’intelligence la plus intéressante étant celle qui alterne l’action et le repos, toutes les formes de repos. La réelle intelligence, c’est même de savoir à quel moment il faut se reposer.” (Idris Lahore)

Force de nos pensées et émotions

Il y a quelques dizaines d’années, les physiciens quantiques ont mis en évidence, de façon théorique au départ, puis de façon expérimentale, l’importance de l’intention dans la réalisation d’un processus, quel qu’il soit. En cela, ils n’ont fait que confirmer ce que les sages affirmaient déjà de tout temps : le champ de nos pensées et encore davantage de nos émotions (enthousiasme, peur, etc.) est capable d’attirer ce qui nous arrive. Une remarque importante ici est qu’il s’agit principalement des pensées et émotions que nous entretenons, et non de pensées qui nous traversent l’esprit, ou d’émotions fugaces. L’élément de régularité, de rythme est donc une composante importante de ce processus, et je vais essayer de donner quelques éléments permettant de saisir davantage l’importance des rythmes dans le succès des entreprises humaines, des plus ordinaires aux plus élevées.

Les exemples démontrant dans la vie courante comment nos pensées ou émotions récurrentes peuvent influencer les événements de notre vie, ne manquent pas. J’ai à l’esprit l’expérience de ce collègue provincial qui, lors de ses très rares déplacements à Paris, avait très peur d’être agressé dans le métro. Deux fois de suite, ce qu’il redoutait lui est arrivé : en fin de soirée, il a rencontré dans les couloirs du métro parisien, par deux fois, des bandes de jeunes qui l’ont roué de coups, sans rien lui voler, alors que les agressions de cette nature sont en fait statistiquement assez rares.

J’ai aussi une amie, qui est très régulière et constante dans son travail professionnel dans une administration. Malheureusement pour elle, elle a gardé de son éducation et de sa jeunesse difficile l’idée qu’elle ne méritait pas d’évoluer professionnellement. Elle est toujours en queue des tableaux de notation et n’a jamais osé formuler de réclamation à ce sujet alors que d’autres, plus jeunes dans leur grade, bien moins méritants qu’elle, à force de manigances et de réclamations, avancent beaucoup plus vite. Ceci renforce son idée qu’elle a bien raison de penser qu’elle ne mérite pas d’avancement, elle en a la preuve : même ses patrons le pensent et le lui montrent en ne la récompensant pas.

La suite dans la revue n°37

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N°37 - Décidez de votre vie

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SOMMAIRE

Pour lire un extrait d’article cliquer sur un titre

Pierre Maharan

Selim Aïssel

Jean-Pierre Petit

Coline d’Aubret

Clotilde Richard

Ennea Tess Griffith

Pierre Ollier

Jean-Dominique Larmet

Carl F. Hessin

Sylvia Torrès

Sylvie Loos

Francesca Giulia Mereu

Luce Van Rittem

Pascale Ash

Idris Lahore

Liane Feder

Olivier Benhamou

Edito

Chers lecteurs de France et d’ailleurs,

Depuis de nombreuses années, nous nous appliquons à voir changer le monde, le deviner, l’anticiper… avec l’aide de nos auteurs, que je remercie ici de leur participation toujours enthousiaste. Après cette observation attentive, il nous a paru intéressant d’ancrer de nouveaux comportements au quotidien. Maintenant que nous connaissons l’énergie que représentent nos intentions, il est temps de prendre notre vie en mains… Après la réflexion, l’action : concrète, créative, consciente, responsable. Sur tous les plans. Pour poser les bases d’une véritable transformation, celles du rythme indispensable pour recharger ses batteries ; du mieux bouger dans son corps pour lui redonner sa raison d’être : un instrument au service de la vie ; du mieux penser pour creuser des sillons nouveaux dans notre cerveau et utiliser de façon optimale nos ressources internes. Au cas où nous aurions encore quelque doute sur l’utilité de changer, ne serait-ce qu’un peu, nous pourrons réfléchir sur le précieux de notre vie qui file seconde après seconde inexorablement.

Le temps de reprendre notre souffle et voilà la dernière ligne droite, l’étape du comment faire, pour ceux qui ne savent comment entamer ce grand chantier que représente le moindre changement dans nos habitudes. Une loi vieille comme le monde, la loi de l’octave de la réalisation, nous indique pas à pas la route à prendre, les écueils à anticiper et la façon de les contourner… Encore un doute ? Peut-être avez-vous omis de poser une intention et de fixer un but à votre mesure ? Et si vous avez dérapé pendant votre journée, pas d’affolement ! Il existe une technique simple, la rétrospective, dont nous vous indiquons le mode d’emploi pour changer votre passé et transformer votre futur.

Ce numéro 37, c’est aussi un beau portrait sous la plume d’un poète, et ce sont vos rubriques habituelles, vos coups de cœur, vos courriers : vos réactions nous sont arrivées comme un feu d’artifice, de partout. Des bribes de phrases, des poèmes, des témoignages, des mots émotions qui m’ont presque mis la larme à l’œil en les lisant. Ils font chaud au cœur, et nous les prenons comme un encouragement à faire toujours bien et encore mieux.

Puisque c’est le moment des décisions, nous en avons pris nous aussi. Nous vous annonçons l’ouverture prochaine d’un autre site internet et, suite à vos nombreuses demandes, la mise en vente en numérique sur ce site de nos anciens numéros épuisés. La deuxième décision concerne l’édition de nos propres ouvrages, qui seront également vendus sur le site très prochainement, en plus des revues.

Nous vous souhaitons de reprendre joyeusement votre vie en mains, et nous serons heureux de recevoir l’écho de toutes vos bonnes résolutions.

Très chaleureusement,

Coline d’Aubret

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Protocole de libération du subconscient

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Pour choisir plus librement les intentions que nous posons…

Idris Lahore

psycho-anthropologue

De mon point de vue, ce protocole est le plus intéressant et le plus efficace de tous les traitements de médecine ou de psychothérapie énergétiques que je connaisse, lorsqu’il est appliqué correctement, mais pour qu’il soit efficace, il faut à la fois en saisir l’esprit et en connaître parfaitement la technique.

Tout d’abord, il est utile de rappeler quelques notions de base du fonctionnement de notre inconscient, de notre subconscient et de notre conscient, avec leurs effets sur notre vie de tous les jours, sur notre bien-être et notre mal-être, sur nos maladies et notre santé, sur notre relation avec les autres et à nous-mêmes. Les définitions que nous en donnerons ne sont pas absolues : elles nous sont utiles pour le protocole dont il est question, et il est probable que vous connaissiez des définitions différentes pour les mêmes mots.

Le conscient

Nous définirons aujourd’hui le conscient de la façon suivante : il est la partie de notre mental, ou de notre psychisme, dans laquelle nous percevons avec nos sens toutes les impressions qui nous viennent du monde extérieur : ce que nous voyons, entendons, sentons, goûtons, touchons consciemment, en sachant que nous percevons avec nos sens beaucoup d’impressions dont nous ne sommes pas conscients. Malgré tout, tout ce qui entre en nous et dont nous ne sommes pas conscients est enregistré en nous, dans notre inconscient.

Nous n’allons pas étudier les différentes parties de cet inconscient, comme mon inconscient personnel qui contient toutes les expériences individuelles que j’ai pu faire, l’inconscient de ma famille, qui m’habite aussi ou plutôt dans lequel j’habite, l’inconscient de ma nation, l’inconscient collectif de l’humanité… Nous n’en parlerons pas, mais nous savons que ces inconscients-là résonnent aussi en nous.

Une partie de notre conscient est la façon dont nous pensons et dont nous remarquons que nous pensons, la façon dont nous vivons nos émotions et nos sentiments et dont nous remarquons que nous les vivons, la façon dont nous avons des sensations physiques et dont nous remarquons que nous les avons. Nos pensées, émotions et sensations sont en partie conscientes et en partie s’accumulent dans notre inconscient. Nous ne vivons pas seulement ce que nous avons décidé consciemment : nous vivons aussi à partir de tout ce qui vit en nous de façon inconsciente. Certains pensent même que nous vivons surtout à partir de ce qui nous agite intérieurement sans même que nous en soyons conscients en dehors du fait que, soudain, les choses se manifestent à notre conscience. Par exemple, nous rencontrons quelqu’un que nous n’aimons pas et nous remarquons que notre gorge se serre ou que nous avons un nœud à l’estomac ; nous voyons la personne dont nous sommes amoureux et nous remarquons que notre cœur se met à battre plus vite, etc. Que sont ces manifestations physiques ? C’est notre inconscient qui donne cet ordre à notre corps, qui lui dit de réagir de cette façon dans cette situation. Nous réagissons la plupart du temps d’une façon qui nous est agréable, mais lorsque nous sommes face à des personnes ou des situations qui nous déplaisent, nous avons des sensations ou des symptômes désagréables : notre corps provoque des réactions déplaisantes ou même douloureuses, des souffrances.

La suite dans la revue n°36

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Le grand secret de l’intention

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Idris Lahore

psycho-anthropologue

Le champ de nos pensées

Il y a quelques jours, j’ai demandé à un ami psychiatre de vérifier quelques éléments concernant la puissance électrique du cerveau et du cœur. Comme toute activité, l’activité du cerveau et l’activité du cœur produisent des champs électriques et des champs magnétiques. Pour tous ceux qui, comme moi, n’y comprennent pas grand-chose, ceci signifie à peu près ceci : s’il se passe quelque chose dans mon cœur ou dans mon cerveau, c’est comme si des ondes partaient de là, avec une certaine puissance et jusqu’à une certaine distance. Si je pense (ressens) quelque chose, mes pensées (mes émotions) produisent un champ électromagnétique mesurable par les appareils de la science moderne. Ce champ s’étend à mes voisins : ils sont dans le champ de mon activité cérébrale et de mon activité cardiaque. Les personnes qui m’entourent, donc mes voisins ici dans cette salle, baignent dans le champ de ce que je pense et de ce que je ressens. D’un point de vue énergétique, nous baignons tous dans un grand champ où tout ce que nous pensons et ressentons se mélange.

La majorité des personnes présentes essaient de suivre le développement de la pensée que nous sommes en train d’étudier ensemble. Par conséquent, le champ de cette pensée devient relativement puissant, et c’est ce qui permet à certains d’entre nous - qui ne sont peut-être pas très rapides au niveau de la pensée, ou qui ne sont pas spécialement intellectuels - de comprendre des notions qu’ils ne comprendraient pas s’ils ne baignaient pas dans le champ de tous ceux qui sont présents ici. Ceci parce que nous sommes tous affectés par les pensées les plus puissantes qui se trouvent dans les lieux où nous nous trouvons. Ceci signifie que, dans votre vie, la ou les personnes avec qui vous pensez quelque chose n’est pas indifférent.

Le champ de nos émotions

Pour ce qui est de nos émotions, ceux qui font actuellement des recherches dans ce domaine savent que toutes les émotions que nous ressentons affectent le fonctionnement de notre cœur (pas seulement du cœur, mais en particulier du cœur). Cette influence elle aussi se mesure précisément avec certains appareils ; en fonction de l’émotion que nous avons, le champ qui se crée est d’une intensité plus ou moins élevée. Lorsque vous vous trouvez à côté de quelqu’un qui ne va pas bien, vous pouvez souvent le ressentir même si vous ne lui parlez pas et que vous ne connaissez pas son état : vous êtes dans son champ, quelque chose de lui se passe en vous. Plus on est sensible, plus on remarque ces phénomènes. Mais connaissez-vous la différence de puissance entre le champ électrique et magnétique du cerveau et le champ électrique et magnétique du cœur ? Nous allons demander à cet ami psychiatre ce qu’il pensait avant d’avoir vérifié les données que je lui demandais de vérifier…

Auditeur (psychiatre) : Comme le cerveau est pour moi une sorte d’usine électrique du corps, je me disais que ses champs électriques et magnétiques l’emporteraient sur ceux du cœur…

En réalité, le champ électrique créé par les émotions qui nous habitent, donc par l’activité de notre cœur, est entre 10 et 100 fois plus puissant que le champ électrique créé par l’activité de nos pensées et notre cerveau. Ensuite, lorsqu’on examine le champ magnétique créé par l’activité du cœur, la surprise est encore plus grande : le champ de forces de notre cœur, c’est-à-dire de notre monde émotionnel, est entre 100 et 1000, voire 2000 fois, plus puissant que le champ magnétique de nos pensées, de notre activité cérébrale. Etonnant, n’est-ce pas ?

La suite dans la revue n°36

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N°36 - Du secret : la force de l’intention

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SOMMAIRE

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Selim Aïssel

Idris Lahore

Pierre Maharan

Francis Sehl

Maya Ollier

Patrick J. Petri

Carl F. Hessin

Dr Fabrice Berna

Cécile Kapfer

Jean du Chemineau

Gabrielle Schott

Dr Clara Naudi

Ennea Tess Griffith

Jocelyne Herz

Idris Lahore

Liane Feder

Editorial

Nous vous proposons ici une thématique d’actualité : “l’intention”. Certes, c’est traditionnellement soit en début d’année, soit à la rentrée de septembre que l’on pose ses intentions pour l’année. Mais comme vous le constaterez dans ce numéro, les intentions ont besoin d’être renforcées, redites et revalorisées souvent. Et avouons-le, dans l’état où est le monde, il est urgent de ne pas attendre !!!!!

Nous connaissons la force ou le pouvoir de l’intention, de nombreux ouvrages en font état. Il existerait un mode d’emploi pour être heureux et il serait basé sur la force de notre intention. Mais c’est quoi être heureux ? Qu’est-ce qui peut nous rendre heureux ? L’argent ? Le pouvoir ? L’abondance ? Quels sont les outils pratiques, l’intérêt réel ? Qu’arrive-t-il si nous quittons la sphère de l’intention égocentrée visant un bonheur matériel, éphémère et personnel, pour chercher un bénéfice profitable au plus grand nombre ?

C’est ce questionnement qu’un collectif d’auteurs s’efforcera de susciter en vous au gré de votre lecture. Pas question d’entrer dans la tiédeur tranquille d’un petit bonheur à soi sans élargir immédiatement à l’autre, aux autres au sens le plus large. Le citoyen du monde ne peut plus poser d’intention pour lui tout seul, il peut être le ferment d’un changement profitable à tous.

Ce n° 36 ouvre des pistes de réflexion et des possibilités de réponses à quelques questions profondes et éternellement posées. Il revisite nos a priori sur le bien et le mal, donne la parole à d’anciens sages qui savent si bien maîtriser les lois de l’intention, à des scientifiques qui évaluent les répercussions de nos intentions sur notre cerveau. Vous découvrirez diverses thérapies entièrement bâties autour de l’intention, vous bénéficierez sans aucun doute d’un élargissement de votre conscience… et, en refermant ces pages, vous resterez, je pense, un instant silencieux et méditatif. Je l’avoue : nous espérons vous emmener loin des sentiers battus de la pensée positive !

L’être humain qui a conquis le monde n’a pas encore compris que ses intentions négatives, associées à ses émotions négatives vis-à-vis des autres, étaient à l’origine de la souffrance de l’humanité depuis ses débuts. Il est temps que nous nous appropriions l’autre face de cette force qui vit en nous et qui nous rend uniques : nous avons la capacité de changer notre vie et par là même, de changer le monde par notre seule volonté.

Parler d’intention, c’est se relier immédiatement à un savoir millénaire, autrefois réservé à quelques initiés et aujourd’hui accessible à tous.

Non, décidément, ce numéro n’est pas comme les autres ! Vous l’aimerez, nous en sommes certains, si vous savez vous laisser surprendre et osez expérimenter une autre façon d’être dans le monde. C’est l’intention que nous avons posée…

En toute amitié,

Coline d’Aubret

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LA PSYCHO-ANTHROPOLOGIE ET SON ROLE DANS LE MONDE

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Psychologie, philosophie et spiritualité

Idris Lahore

psycho-anthropologue

Interview Maya Ollier

(Suite et fin de l’article qui terminait le numéro précédent de Science de la Conscience).

L’un des grands principes de la psycho-anthropologie est qu’avant de vouloir changer le monde, il faut d’abord essayer de se changer soi-même, et donc, avant de militer pour la paix dans le monde, il est d’abord nécessaire de faire la paix en soi.

Un autre grand principe est le constat que l’être humain est naturellement limité (la science dit bien que l’homme ne fonctionne qu’avec 10% de son cerveau) : s’il veut évoluer au-delà de ce degré d’incomplétude, il doit dépasser les limites que la nature lui a fixées. Il lui faut pour cela faire quelque chose.

Changer d’état de conscience

Selon vous, donc, la possibilité pour l’être humain de dépasser ses limites est bien réelle. Comment ?

Il existe chez l’être humain un certain nombre d’états de conscience différents. Le degré de conscience le moins élevé est l’état d’inconscience, celui du sommeil (malgré les variations de conscience qu’il peut comporter), de l’anesthésie ou de certains comas. L’état suivant est ce que la psychologie habituelle nomme la conscience de veille, qui n’est pas en réalité un état de conscience réel, mais plutôt un état d’inconscience un peu plus évolué puisque si, dans cet état, nous sommes habituellement capables de ressentir à la fois le monde extérieur et nous-mêmes, nous avons tendance à perdre la conscience des autres et du monde lorsque nous fixons notre conscience sur nous. De la même façon, lorsque nous prenons réellement conscience du monde ou des autres, ou que nous entrons dans une activité, nous perdons la conscience de nous-mêmes. Ce que nous appelons habituellement la conscience de veille est donc en réalité une forme de demi-sommeil : nous sommes endormis, soit aux autres, soit à nous-mêmes. Nous croyons être éveillés, nous ne le sommes pas réellement.

La conscience de veille est en réalité une forme de demi-sommeil

Tels sont les deux états de conscience que connaît l’homme ordinaire. La science spirituelle et la psycho-anthropologie nous enseignent qu’il existe un autre état de conscience, habituellement inconnu de l’homme ordinaire, qu’elles appellent la conscience de soi, et qui se caractérise par une conscience à la fois de soi et du monde extérieur sans qu’il y ait de séparation entre notre observation du monde et de nous-mêmes. Alors qu’au stade précédent, nous étions conscients soit du monde extérieur, soit de nous-mêmes, ici notre conscience s’est élargie et devient capable d’intégrer dans la connaissance de nous-mêmes celle du monde extérieur ou de l’autre. Ceux qui pratiquent des méthodes comme la méditation ou le rappel de soi savent qu’il est possible à certains moments d’entrer dans cet état de conscience, mais qu’on ne peut pas y rester longtemps. Chacun peut en faire l’expérience dans l’instant, en étant conscient de soi physiquement, de la façon dont on est assis, de ce qu’on ressent, de ce qu’on pense, en essayant en même temps de suivre ce qu’on est en train de lire et en ayant la conscience de ce qui se passe autour de soi. On se rend compte que, très vite, soit on perd le fil de ce qu’on lit parce qu’on est trop concentré sur soi, soit on se perd soi-même dans l’attention qu’on porte à ce qu’on est en train de lire…

La suite dans la revue n°35

Publié dans la rubrique PSYCHOLOGIE, SOCIETE, SPIRITUALITE du numéro 34
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La paix en soi

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Les trois racines de la libération systémique

 

Hervé Filloux

consultant en entreprise et constellateur

 

Depuis plusieurs années, nous abordons régulièrement le thème des constellations familiales et systémiques. Notre n° 25, en particulier, avait été consacré entièrement à ce sujet. Ici, nous revenons sur ce thème au travers de l’approche novatrice des ‘’trois racines’’, que nous vous laissons découvrir ci-après.

 

Trois grandes sources de perturbations

Pour pouvoir nous libérer de tout ce qui nous empêche d’être heureux ou de nous réaliser, il est nécessaire de veiller à harmoniser trois types de relations ou connexions, qu’Idris Lahore appelle des racines :

· La racine du sang et de la famille : il nous faut être correctement et harmonieusement relié par le sang à nos parents et, plus particulièrement, à notre mère.

· La racine de la terre et des ancêtres.

· La racine spirituelle, ou sagesse : c’est la connexion à celui ou celle que nous sommes réellement, c’est-à-dire à ce qui est supérieur en nous ou supérieur à nous.

Si une de ces connexions n’est pas correcte, elle est cause de troubles dans la réalisation de ce que nous entreprenons. Nous avons là la cause de nos maladies, accidents, échecs, souffrances, le terme “souffrance” incluant les maladies physiques, les troubles et difficultés psychologiques et relationnelles, les difficultés avec nos parents, enfants, frères et sœurs… Plus notre lien avec ces racines est perturbé, plus il y a de freins, de difficultés et d’empêchements. Cette vision est un raisonnement systémique et l’un des buts du travail en constellations est de nous reconnecter à toutes nos racines, ce qui nous aide à trouver des solutions à tous les autres niveaux et nous met dans de meilleures conditions pour conduire à la réalisation de nous-mêmes, de nos projets, etc.

 La racine du sang et de la famille

En tant qu’adultes, presque tous nos troubles relationnels, que ce soit dans le domaine familial, amoureux, professionnel ou social, sont liés aux troubles qu’a connus l’enfant que nous étions au sein de sa famille et, plus particulièrement, dans sa relation avec sa mère. 90% de nos problèmes seraient liés au fait que nous sommes déconnectés de notre famille. Parmi ceux-ci, 99% seraient dus à une mauvaise relation avec notre mère (même si, en apparence, tout semble aller très bien avec elle !). Se réconcilier avec ses parents, en particulier sa mère, est donc une nécessité pour résoudre nos difficultés en tous genres, tant personnelles que relationnelles ou professionnelles.
Les perturbations les plus importantes sont, par ordre décroissant d’influence :
• La relation que nous avons eue avec notre mère.
• Une relation perturbée avec notre père.
• Une relation perturbée avec un des membres de notre fratrie (frère ou sœur).

La relation avec notre mère

Nous sommes intimement liés à notre mère, de nombreuses manières :
• Génétiquement : non seulement nous portons, pour moitié, le bagage génétique de notre mère, mais la science sait maintenant que l’ADN spécifique contenu dans les mitochondries constitue une imprégnation génétique d’origine quasiment exclusivement maternelle !
• Durant notre gestation, tout ce que vit notre mère a une forte influence sur le bébé que nous sommes (presque aussi forte que le bagage génétique).
• Même si elle se passe dans les meilleures conditions possibles, la naissance reste une expérience traumatisante pour l’enfant.
• Les premières années de vie du jeune enfant se passent en grande majorité aux côtés de la mère…
Voilà pourquoi la plupart des perturbations relationnelles ont pour origine notre relation à notre mère, la plupart des perturbations étant évidemment liées à ce que la mère elle-même a déjà subi comme empreinte, en relation avec sa propre mère. Lorsque quelqu’un a des troubles liés à la relation à sa mère, la seule vraie question qu’il puisse poser n’est pas “Qu’est-ce que ma mère a bien pu faire ?”, mais plutôt : “Qu’est-ce qu’on a bien pu faire à ma mère pour qu’elle n’ait pas réussi à se rendre accessible à son enfant ?”.
Plus profondément encore, notre mère symbolise aussi la Mère originelle, l’Absolu ou Dieu… et il est toujours intéressant de nous relier harmonieusement, non seulement à notre mère en tant que femme, mais avec tout ce qu’elle représente symboliquement : le retour à l’origine, l’union avec le tout, avec chaque chose, chaque être, un lien d’amour qui est un mouvement naturel en chacun.
Nous comprenons maintenant pourquoi un travail de réconciliation avec la mère est toujours nécessaire.

Mère absente

L’une des perturbations majeures du lien à la mère est son inaccessibilité physique, sous de nombreuses formes : certains enfants sont retirés de leur famille ; d’autres ont l’impression que leur mère ne les regarde pas assez, ne les touche pas assez, ne leur sourit pas assez… Pour d’autres, alors même que la mère se comporte extérieurement tout à fait normalement, l’enfant la ressent comme absente, regardant dans une autre direction : vers sa propre mère, son père ou un de ses ancêtres ; vers la terre dont elle a été exilée ; dans la direction de sa propre spiritualité dont elle est coupée… Le lien intérieur ne peut pas se faire entre l’enfant et la mère parce que la mère elle-même est coupée d’une de ses racines. Consciemment ou inconsciemment, lorsqu’il n’arrive pas à être en contact avec la mère, l’enfant est pris  obligatoirement - il ne peut pas faire autrement - par les trois émotions négatives primaires que sont la peur, la tristesse, la colère : la peur d’être seul ou délaissé ; la colère contre le fait d’être séparé ; la tristesse (ou la dépression, la résignation, le retrait) parce que la séparation n’a pas pu être évitée. Personne n’échappe à ces trois émotions primaires qui recouvrent partiellement l’amour qui existe toujours entre la mère et l’enfant, derrière tout ce qui les sépare. Pour certains, cet amour est tellement recouvert par la colère, la tristesse ou la peur, qu’ils ne savent plus retrouver cet amour au fond d’eux. C’est la raison pour laquelle on est dans la souffrance, dans l’échec et les difficultés avec les autres et le monde.
La relation perturbée avec le père
Nous avons longuement détaillé la relation à la mère. L’enfant est toujours pour moitié sa mère et son père. La relation au père peut également être perturbée, mais dans une moindre mesure car, nous l’avons vu, la mère et l’enfant sont toujours liés en plus par cette dimension symbolique de la mère qui représente tout pour l’enfant. Les perturbations liées au père seront généralement dues à un père absent (travail, guerre…) ou violent.

La relation avec un des membres de notre fratrie

La relation que nous avons avec un frère ou une sœur peut aussi être perturbée : peut-être n’avons-nous pas pu vivre à notre juste place dans notre fratrie ? La cause en est généralement l’oubli (in-)volontaire ou l’exclusion (in-)consciente d’un des membres de notre fratrie pour des raisons douloureuses : IVG, fausse couche, enfant mort-né…

La racine de la terre et des ancêtres

Cette racine nous ramène aux origines de l’espèce humaine, jusqu’à la source du premier de nos ancêtres. De la lignée de nos ancêtres vient une force, et le contact avec cette force des ancêtres - ou la réconciliation avec nos ancêtres et avec leur terre d’origine - est essentiel car, sans cela, nous manquerons de force dans notre propre vie. Seuls ceux qui se sont réconciliés avec la force de leur lignée peuvent se réaliser.
En constellations familiales et systémiques, on traite toujours les relations perturbées avec des ancêtres chassés ou exclus de leur terre, les exilés, les émigrés… Si le lien avec notre terre ou notre pays d’origine est coupé, la force de cette racine ne nous nourrit plus…
Notons que cette seconde racine relie la première à la troisième, décrite ci-après…

La racine spirituelle

Cette racine fait le lien avec notre propre nature individuelle, ce qu’il y a de plus profond en nous (notre essence, notre esprit, notre Soi…) mais aussi, avec ce qui, pour nous, existe de plus grand (le Supérieur, l’Absolu, l’Origine, le divin, Dieu, le Tout, l’Esprit, le Tao…). Même les matérialistes, les agnostiques et les incroyants peuvent travailler à ce niveau : il leur suffit de considérer que la racine spirituelle est la source originelle d’où proviennent toutes les manifestations de la vie. La vie ayant commencé avec quelques atomes, porteurs d’une certaine information, et toute information étant de nature plus subtile que la matière elle-même, même les plus matérialistes d’entre nous peuvent ainsi l’appeler la racine spirituelle !

Selon ses croyances ou le problème que l’on souhaite traiter, il existe différentes manières d’aborder cette racine…

Harmoniser la personnalité et l’essence…

On pourra chercher à rétablir ou à harmoniser le lien entre notre personnalité et notre essence, ou entre notre ego et notre Soi, ou entre notre nature conditionnée et notre nature libre… On cherchera à sortir du conflit essence-personnalité, pour avancer vers la non-dualité et l’individuation…

Se réconcilier avec son  destin…

Pour ceux qui croient à la notion de karma et de vies successives, on cherchera à réconcilier notre karma avec notre vie actuelle. Le constellateur se demandera par exemple pourquoi l’esprit de ce client a choisi de s’incarner dans cette lignée, ce qui lui permettra de se connecter à la source karmique des troubles du client. La libération passe par un travail d’acceptation complète de tout ce qui a été et de tout ce qui se manifeste. On accepte ce qui est, mais pas pour continuer à le subir : au contraire, notre travail consiste à nous libérer !

Se reconnecter avec son esprit…

On parle souvent de la sagesse du corps, mais on devrait plutôt parler de la sagesse dans le corps… En effet, les principes du corps ne sont pas les principes de la sagesse, mais les principes de la nature (naissance, croissance, décroissance, mort). Les principes de la sagesse sont les principes de l’esprit, et trois éléments les caractérisent :
• La conscience des lois de la nature
• La compréhension des lois de la nature
• L’amour des lois de la nature

On y retrouve les trois caractéristiques essentielles de l’être humain :
• La conscience
• La compréhension (ou capacité de comprendre)
• L’amour (ou capacité d’aimer)
La plupart des humains vivent dans la fragmentation de ces trois éléments ou caractéristiques. Le travail systémique consiste à les reconnecter et à les harmoniser, permettant ainsi de recontacter la sagesse de ce qui est de la même nature : l’esprit.

Apport du travail systémique

La mère et l’enfant appartenant au même système relationnel, si l’un fait un travail de réconciliation, les deux se rapprochent. A l’âge adulte, si l’enfant ou la mère - peu importe qui fait le travail - fait un travail systémique, l’harmonie du lien sera rétablie. Quand un élément bouge dans un système, tous les autres bougent aussi. C’est la raison pour laquelle ce que nous faisons a une influence non seulement sur notre vie personnelle, mais aussi sur tous les membres de notre système, y compris les défunts. Notre travail agit sur chacun, que les personnes soient présentes ou pas, parce que nous entrons en contact avec le système, avec le champ de force de ce système, et c’est cette force qui agit ensuite pour le bien de tous les membres de ce système.

Démarche progressive

Les trois racines sont comme trois sources d’énergie. Une perturbation de ces racines correspond à un blocage dans le flux de la vie, dans le flux de l’énergie. Une partie de notre travail systémique consiste à mettre en évidence au niveau de quelle racine se trouve la perturbation, pour permettre ensuite à l’énergie, à la vie, de s’écouler.
Dans l’approche des trois racines, on met donc d’abord en évidence un blocage et on cherche à quel niveau il se trouve (de celui du père et de la mère jusqu’à, éventuellement, celui de l’esprit). Dès qu’on a identifié le blocage, on cherche à remettre en marche le mouvement. Le médiateur peut jouer sur les différents niveaux (familial, ancestral, spirituel) en fonction de la demande du client, mais nous recommandons néanmoins de chercher à régler d’abord les problèmes au niveau le plus bas.

Pour en savoir plus
www.constellations-lahore.com

 

La suite dans la revue n°35

Publié dans la rubrique PSYCHOLOGIE, SOCIETE du numéro 34
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Les yeux de l’amour

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De la souffrance animale à la libération

Idris Lahore

psycho-anthropologue

entretien avec des élèves en formation

Emotions animales

Les animaux vertébrés sont des êtres à deux cerveaux, l’un physique ou reptilien, l’autre émotionnel ou limbique. Il leur manque le troisième cerveau, le cerveau pensant ou néocortex. Ceci signifie qu’ils ont des émotions, mais pas des pensées, celles-ci étant l’apanage de l’être humain (voir aussi le précédent numéro de Science de la Conscience).

Les animaux ont des émotions

Ayant une dimension émotionnelle, les animaux sont donc capables de curiosité, de cruauté, d’excitation, de colère, etc. Ces émotions sont à leur place chez les animaux, mais nous les avons qualifiées de négatives lorsqu’elles se manifestent chez l’être humain, justement parce qu’elles sont d’origine animale. L’être humain se situe entre l’animal et l’ange, et sa dimension animale est celle qui est liée à ces émotions. Qu’est-ce qui caractérise la souris ? La peur. Elle vit dans la peur, constamment agitée. C’est une caractéristique de son espèce. Lorsqu’un être humain a peur, ou lorsqu’il est peureux de tempérament, il est comme une souris. Il peut aller jusqu’à prendre l’aspect physique de la souris. Regardez autour de vous. Si vous trouvez ce qui caractérise le plus un de vos proches au niveau émotionnel, vous mettrez peu de temps à trouver à quel animal il ressemble. Vous risquez même d’être étonnés en réalisant à quel point certains de ses traits physiques rappellent l’animal en question !

La science crée, par croisements, de nouvelles espèces. Y a-t-il une différence entre les espèces fabriquées par l’homme et les espèces naturelles ?

Les espèces créées ne compensent pas la disparition des autres. Il vaudrait beaucoup mieux conserver les espèces existantes et leur permettre d’évoluer normalement, plutôt que d’en créer artificiellement.

Qu’en est-il des animaux de compagnie ?

Je ne pourrais rien vous en dire de négatif, j’ai toujours eu des chiens et des chats… Je pense qu’il est très important de donner au monde animal des forces d’origine humaine. Tout sentiment positif éprouvé par un humain pour un animal est une aide pour le monde animal. La relation entre les animaux de compagnie et les hommes n’est pas toujours positive, parce que souvent mal pratiquée, mais il vaut mieux n’en retenir que l’élément positif.

Retour à la bestialité

Vous évoquez souvent la souffrance des animaux pour les hommes, en disant aussi qu’elle a été nécessaire pour que l’évolution puisse continuer à se faire à travers les êtres humains ?

Oui, c’est comme ça.

Je me suis dit que pour les êtres humains, ça va être pareil. Une partie va connaître la souffrance pour qu’une autre partie puisse continuer à évoluer ?

C’est déjà le cas. Nous sommes en train d’assister à un retour des hommes vers l’état de bestialité, à cause de la destruction du monde animal [voir aussi Science de la Conscience n°33, p.15]. Pour que l’équilibre soit rétabli et que la vie de l’ensemble puisse se poursuivre, de par le principe du maintien réciproque et de l’interdépendance, des êtres humains se chargent du rôle normalement imparti aux animaux que nous détruisons. Des êtres humains redeviennent des animaux, au lieu de nourrir l’esprit en eux. Ils ont une vie dépourvue de toute dimension élevée, naissent, vivent et meurent comme des animaux. De plus en plus d’hommes connaissent ce sort, et il y en aura de plus en plus. C’est l’un des processus que Saint Jean décrit dans son “Apocalypse”, celui qui mènera à la séparation de ceux qu’il appelle les bons et les mauvais. Les mauvais sont ceux qui dégénéreront vers cette dimension bestiale.

La plupart des êtres humains

ne s’humanisent pas suffisamment

Développer son esprit

De plus, la vie humaine est souffrance (ce constat est à l’origine du bouddhisme), tous les êtres humains sont déjà dans la souffrance. Pour la plupart des individus, le peu de joies ou de plaisirs qu’ils connaissent ne compense pas la souffrance qu’ils subissent, et beaucoup d’autres sont dans une souffrance quasi permanente, qu’elle soit psychologique, matérielle ou corporelle. C’est l’état de l’humanité : elle est dans la souffrance parce qu’elle ne s’est pas suffisamment émancipée du monde animal. Une très grande partie de l’humanité vit encore avec des émotions et des mouvements animaux, la plupart des êtres humains ne s’humanisent pas suffisamment, ne développent pas suffisamment ce qui manque à l’animal, c’est-à-dire leur esprit, leur essence. N’éveillant pas suffisamment leur essence, ils ne peuvent pas se libérer de la souffrance et sont donc parfaitement en résonance avec la souffrance animale. Ce qui, en vous, souffre, n’est pas très élevé, contrairement à ce qu’en pensent les romantiques et quelques autres. C’est par la souffrance que l’être humain ressemble encore au monde animal. Les êtres humains se font croire que leur souffrance est élevée, mais ce n’est pas le cas. Il existe une souffrance “élevée”, la compassion, mais on ne peut plus l’appeler souffrance : elle est une métamorphose de la souffrance.

Est-ce que la souffrance d’une mère pour son enfant est une souffrance animale ?

Je ne vois pourquoi elle serait différente des autres types de souffrance. Par contre, la compassion d’une mère est un grand sentiment.

Comment se libérer de la souffrance

L’être humain est capable de se hisser à un niveau plus élevé, en étant dans la conscience, mais peut-être qu’il continue à souffrir comme il le fait parce qu’il se sent indigne d’être un être humain, donc il régresse à un niveau plus animal. Comme s’il se sentait coupable, comme s’il ne méritait pas ou qu’il ne faisait pas assez pour mériter de dépasser cette souffrance. Peut-être que les êtres humains continuent à s’infliger de la souffrance intérieure ou physique par sentiment d’indignité. Ils ne se rendent pas compte que s’ils adoptaient des attitudes nobles et essayaient d’être dans la présence que leur permet leur conscience humaine, dans l’éveil à eux-mêmes, dans le rappel d’eux-mêmes, ils pourraient facilement se libérer de la souffrance et mériter cette libération, donc vivre à ce niveau-là, et tout le monde en profiterait, les humains comme les animaux.

Aujourd’hui, je vois dans ma vie des blocages et des difficultés, mais je ne les ressens plus comme une souffrance…

Oui. C’est une autre manière d’aborder la souffrance. Vous avez appris à gérer vos difficultés différemment, vous avez choisi l’effort plutôt que la souffrance. C’est ce que vous voulez dire ?

Choisir l’effort est une façon

de se libérer de la souffrance

Oui.

Oui, et ceci, c’est le chemin que je vous propose. Choisir l’effort, un effort de compréhension, un effort relationnel ou un effort de cœur, et souvent des efforts physiques, est une façon de commencer à se libérer de la souffrance. Arrêtez vos efforts et la souffrance reviendra…

Comment percevoir la souffrance de notre être profond, de notre essence ?

L’essence ne souffre pas, elle a la nostalgie d’elle-même et de ce qui est plus grand qu’elle. Alors, pour se réaliser, soit elle entre en résonance avec des aspirations élevées et fait entrer la personnalité en résonance avec des aspirations élevées ; soit, si tu ne veux pas entendre tout cela, elle essaie autre chose et, en général, cette autre chose est la souffrance. Mais l’essence ne souffre pas, elle se manifeste à travers une nostalgie, un mouvement d’aspiration vers sa propre perfection ou sa propre complétude. Celui qui arrive à se nourrir de choses élevées et n’a besoin que de peu de satisfactions matérielles plus basses, a beaucoup de chance. Il y a des gens qui aspirent à ce qui est élevé et qui arrivent à simplement assumer sans plaintes et sans pleurs, sans cris, sans gémissements, toutes les autres difficultés plus matérielles de la vie. C’est la meilleure des situations, et c’est la situation normale d’un être humain.

Quand je souffre émotionnellement et que je prends un peu de recul, donc que je me rends compte intellectuellement que je n’ai pas tant de raisons de souffrir émotionnellement, je ressens la honte de cette souffrance. Elle est de quelle nature, cette honte ?

Cette honte-là me semble très positive. C’est une façon de s’éveiller un peu à la réalité. Il y a deux formes de honte : une honte imposée par l’essence, c’est celle que tu viens de décrire, et la honte de ceux qui sont dans un état pire que coupable. Celle-là est difficile à vivre.

Aller à l’essentiel

Qu’est-ce qu’on peut faire contre les mâchoires crispées ?

Les gens disent que quand on a les mâchoires crispées, c’est qu’on est agressif, qu’on a beaucoup de tensions, ou qu’on aimerait mordre comme les chiens. Ce n’est pas cela du tout : quand les chiens ont envie de mordre, ils n’ont pas les mâchoires crispées ! On a des tensions dans les mâchoires parce qu’on ne sourit pas assez, et non pas parce qu’on a besoin d’être agressif et d’extérioriser son agressivité. On ne sourit pas assez, et les mâchoires ne peuvent pas se détendre. Vous savez bien qu’un de nos exercices essentiels est de regarder vraiment les gens et de leur offrir un sourire.

Les seuls moments essentiels

Dernièrement, mes pensées sont allées vers les grandes souffrances de l’humanité passée, et vers les souffrances qui nous attendent dans le futur, et ce type de réflexion m’a amené à me poser la question de ce qui était important ou essentiel dans ma vie. Au bout de cette réflexion, j’en suis arrivé à me dire que les actes extérieurs que je peux poser, ou l’engagement, qui dans certains domaines sont à mon sens importants - ce sont en tout cas dans ma vie des lignes directrices fortes -, ce n’est quand même pas l’essentiel. L’essentiel, c’est la manière de se positionner par rapport à tout ce qu’on vit, comment l’intérieur peut être nourri à travers ces actes extérieurs.

C’est certainement une façon intéressante de raisonner. Il faut choisir entre l’essentiel et l’accessoire, ou plutôt il faut savoir distinguer entre les deux, et accorder plus d’importance à l’essentiel et beaucoup moins à l’accessoire. Concrètement, ceci signifie déjà commencer par avoir de bonnes relations avec tous ceux que je rencontre, au moins avec tous mes proches, tous mes amis, ne pas s’énerver pour des bêtises, ne pas entrer dans des rancœurs ou des rancunes pour des broutilles. Agir ainsi déjà avec tous ceux qu’on aime, c’est quelque chose d’essentiel.

Quand j’ai répondu à propos des mâchoires crispées, la plupart d’entre vous ont entendu des mots : regarder dans les yeux de l’autre et lui sourire. Mais lorsque je le dis, ce ne sont pas des mots ! Si vous réfléchissez bien, vous allez voir que les seuls moments essentiels de votre vie, et il n’y en a pas d’autres, sont les moments où vous avez vraiment pu regarder quelqu’un dans les yeux et où vous l’avez aimé en le regardant, ou bien vous avez pu voir l’amour dans les yeux de quelqu’un qui vous aime. Le reste n’a pas de sens.

Ce qui est essentiel :

aimer et être aimé

Le parfum de l’essentiel

Au début de notre entretien, je vous ai parlé de la compassion, qui est l’état de boddhisattva, c’est-à-dire la capacité qu’a quelqu’un qui s’éveille petit à petit, ou la capacité qu’a un éveillé, de regarder les autres dans les yeux, et de les regarder avec amour. Voilà l’essentiel, et tout ce qu’on va faire ensemble ensuite, est secondaire, accessoire, même si ce sont des actions ou des décisions importantes. La seule chose qui compte, c’est que dans vos yeux, il y ait de l’amour. Alors seulement vous donnez un véritable sens à tout ce que vous faites, vous faites tout par amour. Rappelez-vous, regardez votre vie tout à fait honnêtement pour découvrir ce qui est essentiel pour vous : vous trouverez toujours que c’est d’aimer ou d’être aimé, vous trouverez toujours que c’est l’amour. Même l’amour romantique donne un peu de ce parfum-là, c’est bien la raison pour laquelle les gens courent après “être amoureux”. Ils savent que dans cet état amoureux, il y a le parfum de l’essentiel, le parfum de l’Esprit. Voilà ce qu’il faut chercher et éveiller, et c’est ce qu’on fait lorsqu’on pratique réellement le chemin : petit à petit, on éveille l’amour à l’intérieur de soi et c’est ce qu’on a ensuite dans les yeux. Chez les derviches, c’est à ce regard-là qu’on reconnaît quelqu’un d’évolué. On dit de celui qui est à un haut niveau d’évolution qu’il a les yeux de l’amour. Parce que cet amour se voit… pour ceux qui ont les yeux ouverts ou qui n’ont pas de voiles devant les yeux. Petit à petit, on apprend à voir et à avoir ce regard.

Parmi les ouvrages de l’auteur

Trois tomes de Psychologie Essentielle :

Fragments d’une psychologie de l’essentiel

L’âme entre le corps et l’esprit

La libération de l’être

La suite dans la revue n°34

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N° 35 - L’AVENIR DE L’HOMME

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POUR SE PROCURER LE N° 35

SOMMAIRE

Pour lire un extrait d’article cliquer sur un titre

Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Delannoy, Tewfik Fares

Michel Savage

Antonin Pasquereau

Dr Bertrand Piccard

Idris Lahore

Selim Aïssel

Olivier Clouzot

Pascale Ash

Clotilde Richard

Ennea Tess Griffith

Selim Aïssel

Karin Reuter

Jean-François Noubel

Coline d’Aubret

Hervé Filloux

Dr Clara Naudi

EDITORIAL

Amis lecteurs,

Avec ce numéro 35 se termine la série de quatre magazines consacrés à l’évolution de notre humanité. Sagesse, fraternité, spiritualité, changements de comportements… : avec l’aide de nos auteurs, nous avons fait le tour des diverses options qui s’ouvrent maintenant à nous. Après cet état des lieux et cette ouverture vers des pistes possibles, nous savons que l’être humain possède le libre arbitre et qu’il incombe désormais à chacun de se positionner, de décider, de réagir, en se laissant inspirer par l’enthousiasme et l’optimisme que nous avons voulu vous insuffler dans nos pages.

Nous pensons en effet qu’il est passionnant non seulement de vivre cette période charnière de l’histoire de l’humanité, mais aussi d’en être des acteurs attentifs, responsables, influents, chacun à l’endroit où il vit dans ce vaste monde. Et oui, nous sommes assez intelligents pour appréhender de façon plus objective ce passage d’un niveau à un autre, d’une façon de penser, de vivre et de consommer à une autre, qui soit plus respectueuse de l’environnement, de l’humanité et de la vie toute entière.

Dans ce numéro, nous sommes invités à nous informer, réfléchir par nous-mêmes, faire la paix en nous et autour de nous, méditer, nous relever, nous redresser, nous réveiller ; bref, devenir plus sages… Autant de thèmes abordés par nos auteurs, en toute authenticité et avec finesse et profondeur. Un espace important a été laissé à quelques-uns des sages de notre temps, qui nous ont surpris par leur maîtrise du savoir et, plus fondamental encore, leur maîtrise de l’être. Partez à leur recherche en parcourant ce numéro - vous les trouverez certainement - et laissez-vous surprendre et inspirer.

Nous tenons à remercier les penseurs, philosophes, médecins, consultants et autres experts, de la pertinence de leurs réflexions élaborées sur le terrain (terreau ?) de leur spécialité. Notre directeur artistique s’est lui aussi surpassé, afin de vous laisser, à la fin de cette thématique très spéciale, avec une impression de beauté, de sérénité, des sensations, des émotions, des couleurs, des plaisirs susceptibles de donner des ailes à vos espoirs les plus fous et vos résolutions les plus intrépides.

Maintenant, la vie continue et nous emporte vers demain, mais nous ne pourrons plus regarder de la même façon la Terre, les plantes, les animaux, les hommes qui l’habitent. Nous avons compris que, du plus petit au plus grand, tous les êtres vivants sont reliés de façon intime. Nous ne sommes pas seuls dans l’univers, et le moindre de nos gestes, de nos pensées et de nos émotions influent sur ce et ceux qui nous entourent. Nous pensons même que c’est de cette alchimie quotidienne, nichée au cœur de nos actes les plus simples, que l’avenir dépend.

Et c’est le grand espoir que veut laisser ce numéro, au final : sous l’œil bienveillant d’un destin qui, de toute façon, nous dépasse, nous récolterons le fruit du plus petit de nos efforts. Il y faut juste quelques ingrédients de base : une réelle motivation, un minimum d’informations et, surtout, beaucoup d’amour.

En toute amitié,

Coline d’Aubret

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N°34 - Quels risques pour demain ?

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Sommaire

  • Extinction massive, Francis Sehl

  • Anthropogenèse, Patrick J. Petri

  • Les yeux de l’amour, Idris Lahore

  • Animal ou humain ?, Selim Aïssel

  • Responsable…, Coline d’Aubret

  • L’homme et l’évolution, Ennea Tess Griffith

  • Les microbes, Dr Clara Naudi

  • Des maladies créées par l’homme, Prof. Dominique Belpomme

  • Evolution : génétique et philosophie, Prof. Pierre-Henri Gouyon

  • Le clonage humain, Dr Martine Lefèvre

  • Quels risques pour demain ?, Prof. Luc Montagnier

  • Est-il trop tard ? Prof. Gilles-Eric Séralini

  • La raison du plus faible, Jean-Marie Pelt

  • Silence et immobilité, Pascale Ash

  • Ecologie et spiritualité, Christine Kirstof-Lardet

  • La psycho-anthropologie et son rôle dans le monde, Selim Aïssel

Edito

Amis lecteurs,
Voilà le troisième volet de notre grand dossier sur la fin possible de l’espèce humaine. Cette fois-ci consacré au monde animal. Nous choisissons de nous situer en dehors des messages alarmistes diffusés pas les médias qui font de l’audimat sans rien changer à nos comportements quotidiens. Seule la peur, plus qu’une véritable prise de conscience, remet en cause quelques habitudes (peur pour la santé, peur de la mort…). Nous préférons quant à nous favoriser une véritable réflexion, qui s’adresse à l’adulte responsable qui vit en chacun. Certes, nous ne choisissons pas la facilité, en proposant par exemple une vision élargie de notre monde, où les animaux permettent notamment la manifestation de certaines énergies, qui sont à leur place dans la nature, mais forcément dévoyées quand cette nature n’est plus respectée.

Notre directrice de la rédaction vous offre un bouquet d’interviews inédites. Vous trouverez la suite de son entretien avec le Prof. Luc Montagnier, qui parle des “risques que constituent la surpopulation, les épidémies, maladies chroniques”… Passionnante rencontre aussi avec le Prof D. Belpomme, cancérologue de renom, qui nous parle de ces “maladies créées par l’homme”. Nos lecteurs retrouveront certainement avec joie un ami de notre revue, Jean-Marie Pelt, qui nous propose de chercher des solutions du côté du plus faible. Quant au Prof. Séralini, il se demande, avec nous, que faire concrètement avant qu’il ne soit vraiment trop tard…
Patrick J. Petri affirme que les “conclusions scientifiques modernes confirment les données des spiritualités traditionnelles”, Ennea Tess Griffith nous propose d’évoluer nous-mêmes pour pouvoir aider le monde à évoluer. Et le Dr. Martine Lefèvre nous invite à réfléchir sur le clonage humain, question préoccupante s’il en est !
Nous laisserons le dernier mot à deux spiritualistes : Idris Lahore et Selim Aïssel, s’entretenant avec leurs élèves. Le premier nous invite à une réflexion sur le sens de la souffrance pour nous autres humains. Le second nous interroge : Que voulons-nous apporter à l’âme de la Terre ?

Nous pourrions refermer là ce magazine, en nous sentant nourris jusqu’au fond du cœur et pourtant, il vous reste encore de nombreux autres textes à déguster, en compagnie de Pascale Ash et de bien d’autres. Ce numéro, comme toute la série consacrée à la fin de l’espèce humaine, mérite d’être lu, réfléchi, discuté, partagé. Nous sommes convaincus qu’en refermant ses pages, vous verrez s’ouvrir devant vous des pistes, non seulement de réflexion, mais aussi d’action, que vous n’imaginez peut-être pas encore en lisant cet éditorial. N’hésitez pas à nous donner votre point de vue. Il nous intéresse de continuer avec vous ces partages.
Chaleureusement,
Coline d’Aubret
coline.daubret@wanadoo.fr
sagessemodernite.blogspot.com

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Penser, aimer, faire

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Pour que l’esprit entre dans la matière

 

Idris Lahore

psycho-anthropologue

entretien avec des stagiaires

 

 

Lier le cœur à la pensée

Récemment, vous nous avez avertis que la décennie à venir allait être difficile, et vous nous avez proposé de ne pas prendre cette information à la légère, superficiellement… Comment faire pour prendre intérieurement cette information au sérieux ?

Prendre les choses à la légère, c’est les prendre au niveau de la pensée et rester à ce niveau, alors que la pensée est ce qu’il y a de plus superficiel dans l’être humain ; le cerveau pensant, le néocortex, est le plus récemment formé. C’est la raison pour laquelle on peut toujours trouver des solutions, pas toujours bonnes d’ailleurs, par la pensée logique et raisonnable.

Ne pas prendre les choses à la légère, par contre, c’est non seulement y réfléchir, mais commencer à les ressentir, les faire passer au niveau du cœur, donc les valoriser ou les aimer.

Pour que la pensée crée

Mais comment prendre avec le cœur la gravité d’un devenir ?

En valorisant cette information. C’est parce qu’on la valorise qu’elle peut devenir une action ensuite. Ceux qui ne valorisent pas ne font rien, ils n’agissent pas, ils ne font qu’échafauder des théories qui conduiront à des catastrophes encore plus grandes. Ceux qui prennent l’information à cœur agiront pour participer à la création d’un monde meilleur.

Tout ce qu’on ne saisit que par la pensée reste extérieur à soi. Contrairement à ce que les gens imaginent, le monde de la pensée n’est pas à l’intérieur, mais à l’extérieur, et le cerveau humain, qui est en réalité un ordinateur (un ordinateur biologique un peu plus performant que nos machines-ordinateurs), ne fait que capter et enregistrer des informations. Le cerveau est comme un miroir, il réfléchit, il reflète. Mais les pensées ne deviennent vivantes qu’à partir du moment où elles sont valorisées ou aimées parce qu’elles entrent alors dans le système rythmique de l’être humain, dans son cœur et dans sa respiration. Après seulement, l’être humain peut commencer à agir dans le monde, en utilisant ses membres et ses mains. Tant que l’information reste au niveau de la pensée, elle se réfléchit dans sa tête, parce que le cerveau n’est fait que pour miroiter et qu’il n’est pas capable de créativité. Ce qui est apparemment créé par la pensée n’est pas vraiment création, mais simplement reflet, pensée associative, jeu avec des idées. La création vient quand la pensée entre dans le corps, le cœur, la circulation, la respiration et qu’ensuite, elle devient également mouvement dans les mains. La plupart des gens ne vivent qu’avec leurs pensées, c’est-à-dire leur passé, leurs souvenirs, des mémoires, ce qui revient à dire qu’ils ne vivent qu’avec du vieux. Tant qu’on ne fait pas entrer la pensée au niveau du cœur, elle n’est pas vivante et elle n’est pas créative.

 

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N°33 - La fin de l’espèce humaine 2 ? La nature nous sauvera-t-elle

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SOMMAIRE 

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Chers lecteurs,

Nous vous avions annoncé une série de quatre numéros sur le thème : “La fin de l’espèce humaine ?”. Vous avez manifesté votre intérêt et votre enthousiasme dès le n° 32, au-delà de nos espérances. Nous vous en remercions. Ce numéro 33 est orienté vers la biodiversité, l’écologie, le règne végétal en général, avant d’aborder dans le 34 le règne animal, et dans le 35 la place de la sagesse dans le devenir de l’homme.

Le tour d’horizon proposé ici n’est pas un survol, il se veut plus approfondi, afin de permettre une vraie réflexion, un vrai débat de fond. Nous ne pouvons que remercier nos auteurs de la pertinence de leurs idées, compétences et expériences, mises en mots rien que pour vous. Nous avons tous besoin de comprendre, jusqu’au fond du cœur, ce qui nous arrive depuis des millénaires ; nous avons besoin de donner à nos souffrances actuelles un sens qui nous dépasse. Vous aimerez la vision optimiste et dynamique de nos auteurs, tels Philippe Desbrosses qui veut réensemencer l’avenir, Elisabeth Laville qui œuvre pour le développement durable auprès des entreprises, François Couplan qui réhabilite les plantes sauvages, ou encore Maurice Meyer qui nous éveille aux pièges de certaines filières dites écolo… Comme vous en avez maintenant l’habitude, le regard se fait également systémique, pour aborder la situation sous un angle plus large encore : Idris Lahore, Daniella Conti, Rupert Sheldrake savent si bien nous en parler et nous le faire comprendre avec sagesse et finesse. Puisque nous mettons notre réflexion sous le signe de l’ouverture des consciences, nous faisons également de l’espace pour permettre à cette Conscience de nous éclairer, de nous suggérer des possibles changements… en s’adressant à la partie en nous que l’on peut qualifier de “spirituelle”. Mais la spiritualité n’est-elle pas partout, dans ce que je mange, je pense, je crois, dans la façon de vivre chaque instant de ma vie ? Rien ne peut être trivial alors, et tout peut devenir sacré. Si nous partons de l’hypothèse que tout a un sens à un autre niveau, nous pouvons sortir de notre statut de victimes impuissantes, et devenir acteurs ou collaborateurs attentifs, un peu plus avertis, un peu plus responsables…

Pour terminer, nous avons le plaisir de vous annoncer la création prochaine d’un blog. Pour être encore plus proches de vous, plus réactifs aux mouvements de l’actualité, pour échanger au quotidien dans une plus grande ouverture sur le monde. Science de la Conscience est actuellement vendue en France, au Canada, en Belgique, bientôt en Suisse et au Luxembourg. Elle est également traduite et vendue en Russie. Et elle a l’ambition de se déployer encore, grâce à votre soutien et vos encouragements. Soyez-en remerciés, ainsi que l’équipe qui œuvre à votre service.

Très chaleureusement,

Coline d’Aubret

 

 

 

 

 

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Sauvés par la génétique ?

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Idris Lahore

 

Contexte

Si on situe l’invention de l’écriture en Egypte et en Mésopotamie vers – 3.500, et le début des civilisations vers - 10.000 ans, il est cependant nécessaire de remonter bien au-delà de cette étape de l’évolution culturelle pour comprendre l’espèce humaine, son origine, son évolution et sa destruction future, en étudiant également l’évolution cosmique et l’évolution biologique qui l’ont précédée.

En 2008, Claude Lévi-Strauss, l’un des plus grands philosophes, ethnologues et anthropologues contemporains, célébrera son 100e anniversaire. Déjà en 1955, dans son livre “Tristes Tropiques”, il expliquait que le but de l’être humain n’a pas seulement été de survivre, mais également de mener une vie sociale harmonieuse en y trouvant une forme de paix, de contentement et même de bonheur au plan individuel. Pour y parvenir, selon les lieux et les époques, il a utilisé toutes sortes de moyens différents : le but étant toujours et partout le même, et les moyens adaptés au contexte.

 

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L’origine traditionnelle des représentations euphoniques

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L’origine traditionnelle des représentations euphoniques, ancêtres des constellations familiales

 

Idris Lahore
philosophe et psycho-anthropologue

 

La nuit de la réconciliation

 

Une soirée plus extraordinaire et plus étrange encore était celle du lundi, qui se prolongeait durant toute la nuit, jusqu’au matin. Cette nuit était appelée : « nuit de réconciliation avec les ancêtres », au cours de laquelle, selon les Hakim, on redonnait la paix aux âmes des aïeux. Avant d’expliquer le sens profond de cette pratique, je vais décrire simplement ce que j’ai vu lors de ma première participation à cette nuit des plus mystérieuses.

Une douce et paisible lumière émanait de quelques lampes à huile éclairant la grande salle aux murs blancs, dont le sol était cette fois recouvert de nombreux tapis épais qui ne laissaient apparaître que le cercle de l’ennéagramme. Sur sa circonférence étaient assis neuf Hakim : le Maître, quant à lui, était assis à l’extérieur du cercle sur une table basse en guise d’estrade. Tout le long des murs, des hommes, des femmes et même des enfants étaient serrés les uns contre les autres. Il y avait là une bonne centaine de personnes, visiblement de classes sociales très diverses. A côté de femmes enveloppées dans des tchador, d’autres, dans leurs habits de soie, ressemblaient à des princesses sorties des Contes des Mille et Une Nuits ; des paysans avec leur grossier manteau de laine étaient assis à côté d’hommes habillés à l’occidentale, portant veston, chemise blanche et cravate.

 

Les hommes et la plupart des femmes étaient dans un silence et une présence recueillis, comme un reflet de l’assise immobile et silencieuse des Hakim sur le cercle. Même les enfants semblaient gagnés par cette ambiance de sérénité et l’attention souriante de leur mère semblait suffire à leurs besoins.

 

Soudain, la voix ferme du Maître retentit dans le silence, comme une question. Quelques instants passent et tous les regards sont fixés sur lui. Un homme, qui était assis le long du mur, se lève, l’air grave : il regarde le Maître, se courbe dans sa direction en signe de salut et de respect, puis le regarde à nouveau. Le Maître lui fait signe d’avancer. Arrivé devant lui, encore une fois il s’incline et le Maître lui demande de s’asseoir à ses côtés sur l’estrade. Un court dialogue s’instaure, qui me semble être l’évocation d’un problème. Le Maître fait signe à l’homme de se lever. Celui-ci entre dans le cercle et s’incline successivement devant six des neuf Hakim assis sur la circonférence de l’ennéagramme. Les six Hakim se lèvent, comme s’ils avaient été choisis. L’homme regarde dans la direction du Maître, qui lui fait un autre signe accompagné de quelques mots. L’homme se positionne alors derrière le premier des six Hakim, lui pose la paume des mains contre les omoplates, le pousse vers l’intérieur du cercle et soudain, s’arrête. L’homme regarde à nouveau le Maître, qui lui désigne un deuxième Hakim, et la même scène se reproduit : l’homme se place derrière le Hakim, pose ses deux mains sur le haut de son dos et le pousse à une autre place au milieu du cercle. Il fera de même pour les quatre autres Hakim qu’il avait prié de se lever. Le Maître rappelle l’homme à ses côtés. Les Hakim sont maintenant debout dans le cercle de l’ennéagramme ; l’un regarde le sol, un autre regarde vers l’extérieur, trois autres se regardent les uns les autres et un dernier se met les mains devant les yeux. Soudain, j’entends le Maître dire d’une voix puissante « Allah Hu », ce qui signifie « le souffle de Dieu ». La chose la plus surprenante se passe alors : l’un des derviches sort immédiatement du cercle et quitte la grande salle blanche ; un autre s’écroule sur le sol et s’allonge de tout son long, comme un mort ; celui qui avait posé sa main devant les yeux avance jusqu’au bord du cercle et, tournant le dos à la scène, regarde dans une tout autre direction. Les deux qui étaient proches l’un de l’autre avancent vers celui qui est allongé sur le sol et le regardent, apparemment avec une grande tristesse. Tout ceci se passe comme dans un film au ralenti, et l’impression est que l’espace s’est densifié. Plus personne ne bouge dans l’assistance, pas même les enfants ; comme si chacun retenait son souffle. Tout le monde est comme captivé jusqu’au moment où, soudain, comme obéissant à un même signal, alors qu’il ne s’est rien passé, trois femmes assises au milieu de la foule, le long des murs, se lèvent et en pleurs, se jettent auprès de celui qui semble représenter un mort. L’une enlace ses pieds, l’autre lui saisit une main, la dernière, le visage enfoui dans les mains, se penche au-dessus de sa tête. En même temps, je vois, à côté du Maître impassible, l’homme sortir une grande pièce de tissu de sa poche, s’en servir comme d’un mouchoir et s’essuyer les yeux, saisi d’une forte émotion devant le spectacle dont il est à l’origine. Pendant quelques minutes, comme si le temps se figeait, tous les protagonistes dans le cercle restent dans leur propre mouvement, avant que ne retentisse à nouveau la voix du Maître : « Allah Hu », dit-il en se levant. Il se dirige vers l’intérieur du cercle, fait se lever un à un tous ceux qui étaient agenouillés ou couchés au sol, redresse ceux qui s’étaient courbés, fait revenir le Hakim qui était sorti de la salle et les réunit dans un cercle où tous les protagonistes de la scène que je viens de décrire se donnent la main. Quand tous sont réunis, le Maître, au milieu de ce cercle intérieur, dit un mot et tous ceux du cercle regardent alors vers le sol et commencent à psalmodier avec lui : « Allah Hu, Allah Hu, Allah Hu ». En même temps, mon impression de densité de l’espace se transforme en perception d’une très grande force qui semble faire vibrer et bouger rythmiquement tous ceux de ce cercle intérieur. Petit à petit, tous lèvent les yeux et regardent vers le haut, en continuant à scander « Allah Hu, Allah Hu, Allah Hu » et les visages s’éclairent d’une lumière intérieure, comme si tous avaient trouvé de la joie. Effectivement, ils commencent à se regarder les uns les autres, à se sourire, comme si un problème était résolu. Le Maître fait alors un geste à l’homme qui était assis à côté de lui pour l’inviter à venir se positionner à la place d’un des Hakim qui, lui, retourne s’asseoir à l’un des angles de l’ennéagramme. L’homme, encore visiblement ému, entre dans le cercle et lui aussi est progressivement pris dans cette oscillation d’une énergie de joie qui transforme son émotion ; son visage commence à briller d’un nouvel éclat. A nouveau retentit la voix du Maître. Tous se taisent et d’un signe, il ouvre le cercle. Chacun regagne sa place : les Hakim sur la circonférence, les trois femmes près du mur et l’homme à côté du Maître, qui lui dit quelques phrases encore. Puis l’homme se baisse vers le Maître, lui prend une main, la baise, la porte à son front pendant que, dans un geste plein d’amour, le Maître lui passe l’autre main sur la tête puis, avec une pression sur l’épaule, le relève et d’un signe, lui propose de retourner s’asseoir à sa place près du mur. Dès que l’homme est assis, un autre se lève, s’incline et se dirige vers le Maître. Le même type de scène recommence et se répètera tout au long de la nuit, avec chaque fois un homme ou une femme, choisissant plusieurs des neuf Hakim de la circonférence de l’ennéagramme ; chaque fois, des protagonistes différents se lèveront dans la foule au milieu de ceux qui sont assis près du mur et viendront prendre part à la scène. Tout au cours de la nuit, certains s’endormiront, d’autres se réveilleront et moi, je ne vois pas la nuit passer tellement je suis comme envoûté par ce qui est en train de se dérouler devant mes yeux. Au petit matin, le Maître se lèvera, sortira de la salle accompagné des neuf Hakim, les étudiants du monastère restant jusqu’à ce que les hommes, les femmes et les enfants aient tous quitté le lieu.

 

L’explication de ce qui s’est passé là me paraîtra d’abord encore plus extraordinaire que ce que j’ai vu. Depuis, je sais qu’il n’y a là rien d’extraordinaire, mais qu’il s’agit de la mise en œuvre de facultés tout à fait naturelles que possède tout être humain, lorsqu’il leur permet, dans certaines conditions, de s’exprimer.

 

Le Maître m’expliqua ce à quoi j’avais assisté et que je présenterai plus tard à mes élèves, comme les « représentations euphoniques des mouvements de l’âme » dans le cadre du Samadeva Systémique, dont les Occidentaux connaissent des variantes nommées psychodrames et thérapies ou constellations familiales et dont, à l’évidence, j’ai vu là une des sources. C’était également la composante fondamentale du théâtre au temps de la Grèce Antique.

 

VOUS RETROUVEREZ DE NOMBREUX ARTICLES SUR LES CONSTELLATIONS FAMILIALES DANS LES N° RECENTS DONT LE N°25 QUI EST ENTIEREMENT CONSACRE A CE SUJET

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